EXTÏL\CTION DU SEL OU CHLORURE DE SODIUM
marais salants sont répartis sur les côtes de la Méditerranée, dans les départements de TAude, des Bouches-du-Rbône, de la Corse, du Gard, de l'Hérault, des Pyrénées- Orientales et du Var.
Les marées étant presque toujours nulles sur les côtes de la Méditerranée, il faut, pour que les salines puissent être facilement alimentées par la mer, que les bassins où commence Tévaporation soient au-dessous du niveau de celle-ci. On utilise pour cela des étangs peu profonds qui se succèdent d'une manière presque continue depuis H) ères jusqu'à Port-Vendres.
Les premiers bassins d'évaporation sont partagés en grands compartiments nommés partènemenis ; ils sont séparés par de petites chaussées appelées pièces et communiquent par des canaux ou buzets. L'eau dépose d'abord les matières qu'elle tient en suspension et se concentre par l'évaporation : il serait à désirer que, par la pente même, elle pût parcourir une distance sufflsamment longue pour arriver saturée à l'extrémité ; mais cela n'est pas possible, et on la conduit alors dans de grands puits dits puits des eaux vertes^ où elle est reprise par des machines hydrauliques qui l'élévent et la déversent dans de nouveaux bassins d'évaporation nommés chauffoirs oupartèîiements intérieurs. Dans les premières phases de l'évaporation, Teau dépose du carbonate de chaux, du sesquioxyde de fer et du sulfate de chaux. Puis le liquide des divers partènements se réunit dans un réservoir commun appelé pièce maîtresse, d'où il passe dans des puits dits puits de l'eau en seL II est repris par des pompes qui le déversent dans des bassins plus petits et plus profonds appelés tables salantes^ où il laisse déposer le sel. Ce dépôt est annonc* l>ar l'apparition d'une teinte rouge due à l'existence de myriades d'êtres microscopiques et par l'odeur de violette dont nous avons déjà parlé. Les cristaux qui se déposent forment à la fin de la campagne une couche de 5 à 6 centimètres, qu'on enlève au moyen de pelles plates et qu'on amasse en tas appelés yerbes. Cette opération est appelée levage. Le sel s'égouttc et le chlorure de niii- ^nésium déliquescent s'écoule peu à peu. Le sel ainsi obtenu est très-pur.
Les eaux sont renouvelées tous les deux ou trois jours, mais le levage ne se fait qu'à la fin de la saison, tandis que dans les salines de rOuest les pluies nécessitent un levage beaucoup plus fréquent, >ans quoi le sel se dissoudrait dans le liquide étendu par les eaux pluviales.
Dans les salines du Midi, les eaux qui ont laissé déposer le chlorure de sodium, dites eaux mères ^ étaient autrefois rejetées à Ir. mer.
M. Ijalard a indiqué les moyens de les utiliser et d'en extraire du sul- Tatf; (h soude et des sels dépotasse. Les indications du savant chimiste sont d<îV(^nuos la base de procédés qui sont maintenant appliqués en ^rand et contribuent à la prospérité de l'industrie que nous venons de décrire.