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CHAPITRE Vil

EXTRACTION DES MÉTArX TSUELS AUTRES QUE LE FER

Nous insisterons fort peu sur les industries métallurgiques autres que la métallurgie du fer, attendu qu'elles n'ont en France qu'une assez minime importance; quelques-unes même n'y sont pas représentées.

PLOMIl.

Le plomb s'extrait d'un minerai que Ton désigne sous le nom de

galène et qui est une combinaison de plomb et de soufre. La galène '\

renferme souvent de l'argent; aussi le traitement qu'on lui fait subir ■

a-t-il ordinaircMuent un double but : l'extraction du plomb cl celle \

de l'argent.

Si le minerai n'a pas une gangue trop siliceuse, on se contente de le griller dans un four où passe un courant d'air; le soufre brûlé par l'air se dégage sous forme de gaz, appelé acide sulfureux^ et le plomb reste sur la sole du fonr ; quand, au contraire, la gangue est siliceuse, cotte méthode n'est pas applicable, parce qu'une partie du plomb se combinerait avec la silice de la gangue et passerait dans les scories à l'état de silicate de plomb. On chauffe alors dans des fours à sole inclinée le minerai mélangé à une certaine quantité de fer; ce dernier métal décompose la galène et lui prend son soufre pour se transformer en sulfure de fer ; quant au plomb mis en liberté, il s'écoule au dehors.

Le plomb obtenu par ces deux méthodes est appelé plomb dœiivrt; il contient le plus souvent une certaine quantité d'argent que l'on extrait par une double opération. La première appelée joafîsso/inaje, du nom de son inventeur, M. Pâtisson, consiste à fondre le plomb d'oeuvre et à le laisser refroidir lentement; dans ce refroidissement, une partie du plomb pur se sépare en se solidifiant et se dépose au fond du bain où on le prend avec des écumoirs ; le reste du plomb forme avec Targent un alliage qui demeure plus longteuaps liquide.

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Ea répétant plusieurs fois cette opération, on arrive à concentrer la presque totalité de l'argent dans une masse de plomb plus petite, que l'on foumet à une seconde opération nommée affinage par coupellalion.

L'afDnage par coupcllation consiste à fondre l'alliage métallique daus

ni.iu de Loupcllahon

nn fourneau (âg. 91) dont la sole, appelée coupelle, est concave et recouverte de marne ; pendant la fusion on iance à la surface du bain on courantd'air qui osyde le plomli et le transforme en un corps qu'on livre au commerce sous le nom de Ulhartje et qui sert à la fabrication du minium. Quant à l'argent, il devient liquide ainsi que le plomb, mais n'éprouve aucune altération et reste au fond de la coupelle.

En France, la galène se trouve ù l'état de filons, d'où elle est extraite par exploitation souterrainne. Ces fiions sont très^nombreux, mais ne sont exploités régulièrement que dans un très-petit nombre de localités. Nous citerons les mines de Pontpean (Finistère) , de l'Argentières (Hautes- Alpes), de l'oullaouen et de Huelgoat (Finistère), du département du Gard, de Vialas (Lozère), de Ponlgibaut (Puy-de- Dôme), du Grand-CIot et de la Grave (Isère). (On pratique dans les mines du Grand-Glot la méthode d'abatage par le feu, dont nous

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EXTRACTION DES MÉTAUX USUELS AUTllES QUE !.E FEIÎ. 127

i ce développement a eu pour conséquence de nous afTiuncliir du Mopole de nos voisins d'outre-MancIie.

Le principal minerai de cuivre est une pjritc cuivreuse, ou sulfure nble de cuivre et de fer ; l'oxyde de cuivre et le cuivre carbonate instituent des minerais moins abondants.

l^rmi les rare» mines de cuivre que possède la France, nous cite-

Fie. 9i. — Fabrication dea tujaui Je plomb.

^»8 celles de Ghessy et de Saint-Bel, près de Lyon, où l'on trouve la Irrite cuivreuse, l'oxyde de cuivre et le cuivre carbonate.

Plusieurs usines, en France, se livrent à l'exploitation du minerai Nnu de l'étranger et particulièrement du Chili, ou à l'aftinage du Mrre brut importé par les Chiliens. Nous citerons spécialement les Mnes des Ardennes, de la Seîne-Tnférieure, de l'Eure, du Pas-de- C^ais, de l'Orne, del'Aveyron, du Rhône. La production en 1869 a ^ de 218 591 quintaux métriques, d'une valeur de A3 ÂIO 067 fr.

La métallurgie du cuivre étant assez compliquée, nous n'en indi- ^oeroDS que le principe. Ouand il s'agit de cuivre oxydé ou de cuivre ^ariwnaté, on le chauffe avec du charbon qui met le métal en liberté. Duaod, au contraire, le minerai est la pyrite cuivreuse, c'est-à-dire Itsuirure double de cuivre et de fer, on le soumet à une série de gril-

lages et de fusions dont Teffet est d'éliminer peu à peu le fer, qiii passe dans les scories, et de donner naissance à un produit appelé matte blanche^ beaucoup plus riche en sulfure de cuivre que le rainerai. Par le grillage et la fusion on transforme celte matte en cuim brut^ que l'on affine ensuite dans un four où, sous Taction de Tair, tous les métaux étrangers s'oxydent et passent dans les scories. Le produit obtenu est nommé cuivre rosette : il contient encore un peu d'oxyde qui le rend ca>sant; une nouvelle fusion en présence du charbon l'en débarrasse et le transforme en cuivre rouge, que Ton coule dans dos moules de fonte avant de le livrer à l'industrie.

Le cuivre est, dans un grand nombre de cas, employé à l'état d'alliages, dont les plus importants sont le laiton ou cuivre jaiwe elle b70?ize.

Le cuivre jaune est un alliage de cuivre rouge et de zinc, qui remplace souvent le cuivre rouge : il est moins altérable <i l'air. Le laiton destiné à être travaillé sur le tour, doit être un peu sec afin de ne pas graisser les outils; pour lui donner cette qualité, on y introduit un peu de plomb et d'étain (il se compose de 01 à 65 de cuivre, de 36 à 38 de zinc, 2,15 à 2, 5 de plomb et 0,25 à 0,40 d'étain). Celui qui doit être travaillé nu marteau renferme environ 70 de cuivre et 30 de zinc.

Le laiton se prépare en fondant ensemble dans des creusets ou sur la sole d'un four à réverbère le mélange des métaux qui doivent entrer dans sa composition. Lorsque l'alliage est fondu, on le coule dans des moules de granité, dont l'intérieur est garni d'une couche d'argile grasse très-mince.

Le cuivre pur se prèle difficilement au moulage, parce qu'il se forme dans sa masse et à sa surface des soufflures qui gâtent la pièce coulée; on corrige ce défaut en l'alliant avec l'étain. On a ainsi l'alliage qui porte le nom de bronze, et qui est employé pour la fabrication des objets d'art, des cloches, des canons, etc. Sa composition varie suivant sa destination ; le bronze des canons contient 90 parties de cuivTe et 10 d'étain, celui des cloches 78 de cuivre et 22 d'étain, etc. Le brontt destiné à l'art statuaire doit avoir un ensemble de qualités qu'on ne peut atteindre qu'en alliant ensemble le cuivre, le zinc et l'étain.

Le bronze ne se fabrique pas à l'avance : au moment de couler l'alliage dans des moules, on fond ensemble les métaux qui doivent entrer dans sa composition. Il présente une propriété remarquable: refroidi lentement, il devient dur et cassant; chauffé au rouge et refroidi brusquement par immersion dans l'eau froide, il devient malléable, ductile et facile à travailler. La trempe a donc sur lui une action contraire à celle qu'elle produit sur l'acier.

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