‹ La France industrielleChapitre 37 sur 170 · EXTRACTION DES MÉTAUX USUEI^ AUTRES QUE LE FER. V · texte numérisé non relu

EXTRACTION DES MÉTAUX USUEI^ AUTRES QUE LE FER. V

Le zinc s'extrait de deux minerais qui sont le sulfure de zinc ou blende et le carbonate de zinc ou calamine. On les ramène tous deux à rélat d*oxjde de zinc, le premier par un grillage à Tair qui brûle le soufre et oxyde le métal, le second par une calcination qui lui fait perdre son acide carbonique. L'oxyde de zinc, provenant de lune ou de l'autre de ces opérations, est mélangé au charbon, pu's chauffé dans des cornues. Le charbon s'emparant de Toxygène de l'oxyde forme aveclui des produits gazeux et met le zinc en liberté; le métal se vaporise et va se condenser dans un récipient communiquant avec la cornue. Le zinc obtenu par la réduction du minerai est dit brut\ il doit être refondu avant d'être livré à rindustrie.

La métallurgie du zinc est fort peu importante en France; la blende et la calamine se rencontrent cependant on plusieurs endroits, notamment aux environs d'Alais (Gard), de Figeac (Lot), de Seintein, près d'Aulies (Ariége), près de Pierrefitte (Hautes-Pyrénées), et enfin à Ponpéan (Ille-et- Vilaine). En 1869, la France a produit 47 27J quintaux de zinc, d'une valeur de 2 819(592 fr.

ALUMIML'M

Uahiminhim peut être regardé comme un métal d'origine toute française. M. Wôhler, chimiste allemand, était parvenu en 1843 à l'obtenir en petits globules d'apparence métallique, sur lesquels il put constater les principales propriétés de ce corps. Mai?, comme le dit M. H. Debray, dans un article publié dans le Dictionnaire de chimie de M. Wurtz, « oiY était bien loin de se douter à cette époque que raluminium pût devenir un métal usuel : cette découverte, résultat d'une étude plus approfondie du métal obtenu à l'état de pureté parfaite, était réservée à M. Henri Sainte-Claire Deville (1854). La préparation industrielle de l'aluminium a présenté de très-grandes difticultés, parce qu'il fallut créer trois autres industries annexes qui fournissent les matières nécessaires à cette opération, c'est-à-dire l'alumine, le chlorure d'aluminium et le sodium. Ces difficultés sont heureusement surmontées, et la fabrication de l'aluminium est aujourd'hui une opération constante et régulière.

» Les recherches de M. Deville, commencées au laboratoire de

l'École normale, furent d'abord continuées à Javel. C'est de cetlc^

usine que provenait le métal des lingots et des divers objets d'alumi-

nium qui figuraient à Texposition universelle de 1855. L'année suivante, M. Deville, associé à MM. Debray, Morin et Rousseau, établit, dans Tusine de MM. Rousseau, à la Glacière, les procédés qui, perfectionnés à Nanterre sous la direction de M. 'Morin, sont employés aujourd'hui dans les usines où Ton fabrique ce métal.

» Il faut ajouter qu'en 1855 le docteur Percy présenta à la Société royale de Londres un échantillon d'alurainiura extrait de lacryolithe, fluorure double d'aluminium et de sodium que l'on trouve seulement au Groenland. M. H. Rose a publié sur ce sujet un mémoire détaillé, et, en 1856, les frères Tissier fondèrent h Anfreville, près de Rouen, une usine où l'aluminium fut préparé par ce procédé pendant plusieurs années. »

L'aluminium est un métal blanc, légèrement bleuâtre, quatre fois et demie moins dense que l'argent. Il est ductible, malléable, doué d'une grande sonorité, inaltérable à l'air à toutes les températures; il ne noircit pas, comme l'argent, au contact des émanations sulfureuses. Il ne s'allie pas au mercure, mais peut s'unir h la plupart des métaux, et forme, avec le cui\re un alliage appelé bronze (Talumùmim^ dont la découverte est due à M. Debray, alliage ([ui est formé de DO parties de cuivre pour 10 d'aluminium et jouit de propriétés précieuses. Ce bronze est d'une belle couleur jaune, susceptible d'un beau poli, d'une lénacito supérieure à celle du fer, capable d'ôtre martelé à chaud, et très-peu altérable à l'air. A la fonte, il se comporte comme le meilleur métal fusible ; il se laisse facilement travailler et se prête à toutes les opérations mécaniques qu'on peut avoir à lui faire subir. On fabrique aujourd'hui avec le bronze d'aluminium des couverts, des luontres, des chaînes de montre et un grand nombri' d'objets pour l'orfèvrerie religieuse (chandeliers d'autel, ostensoirs, etc.).

Quant a l'aluminium, il est employé pour tous les usages où l'on a besoin d'une grande légèreté unie h une grande ténacité. On s'en sert pour la fabrication des longues-vues, des lorgnettes de spectacle, etc.

Nous n'indiquerons pas les différentes phases par lesquelles a passé la fîibrication de l'aluminium entre les mains de M. Sainte-Claire Deville et de ses collaborateurs. Nous dirons seulement qu'aujourd'hui on prépare ce métal à Salyndrisen chauffant, dans des fours déforme spéciale, un mélange de sodium, de cryolithe et de chlorure double d'aluminium et de sodium. De la réaction mutuelle de ces différentes substances résulte l'aluminium, qui reste liquide sur la sole du four. On l'extrait en le faisant passer, par une rigole convenablement

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