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QUINCAILLERIE

L'industrie de la quincaillerie est des plus complexes; outre la clouterie, la boulonncrie et la visserie, elle comprend la fabrication d'une inflnité d'objets qui, différant par la forme, les dimensions et Tusage , se fabriquent dans les mêmes centres de production et sont livrés à la consommation par les mêmes intermédiaires. Il nous serait impossible de décrire ici les procédés de fabrication de tous ces objets, parmi lesquels ont peut citer les ustensiles de ménage (fer battu, casseroles, cuillers, fourchettes de fer, etc.) ; les articles en tôle vernie, tels que les plateaux de limonadier, les vases de fonte émaillée, les limes, les marteaux, les enclumes, les scies, les faux, les serrures, les verroux, les charnières, etc. Nous n'arrêterons noire attention que sur la fabrication de quelques-uns de ces nombreux produits.

ChOUTERlE

De temps immémorial on a fabriqué les clous à la main sur tous les points de la France, mais c'est surtout dans les pays producteurs du fer que cette industrie a dû se concentrer. Nous citerons le département des Ardennes, les villes de Valenciennes, Saint-Amand, Condé, Lille, dans le département du Nord; Saint-Chamond , Firminy, dans la Loire; la Mure et Yzeaux, dans l'Isère; Tinchebray et ses environs dans l'Orne; enfin le département de TAriége. L'invention des clous dits pointes de Paris ou clous d'épingles et les applications de plus en plus répandues des procédés mécaniques ont fait une concurrence redoutable à la clouterie à la main, mais elle n*en a pas moins conservé une importance réelle : la production annuelle de la France est encore maintenant de 15 à 16 millions de kilogrammes, dont les Ardennes fournissent environ la moitié.

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Les clous se font ordinairement avec du fer ; nous en diiftinguerons ' quatre espèces principales : 1° les clous forgés; 2° les clous d'épingles ou pointes de Paris; 3* les clous découpés dans la tôle de fer; 4° les clous fondus.

Les clous forgés se font avec du fer en verge de bonne qualité. L'ouvrier cloutier a toujours un certain nombre de verges qu^il fait chauffer dans le feu d'une petite forge à la houille (fig. 105 et 106). Le soufflet de la forge des Ardennes est le plus souvent mis en mou- . veraent par un chien qui, placé dans une roue creuse, marche à l'intérieur et lui imprime un mouvement de rotation qu'un mécanisme très-simple communique au soufflet. Chaque ouvrier cloutier a ordinairement plusieurs chiens se succédant dans ce travail qu'ils exécutent avec une grande docilité. Lorsque la verge est chauffée au blanc, l'ouvrier la prend, forge, sur l'enclume on place P, l'extrémité chauffée, l'allonge, l'étiré et la façonne en pointe. Puis, à l'aide d'un ciseau fixe B sur lequel il l'appuie, il en coupe une longueur suffisante pour faire un clou, sans cependant détacher le morceau entièrement de la verge, qui lui servira à tenir le clou pour le placer dans la clouiière et y façonner la lôte.

La cloutière est une plaque de fer située à l'extrémité de l'enclume et garnie sur sa face supérieure d'une table d'acier bien dressée; elle est percée d'un ou de plusieurs trous et doit avoir une épaisseur plus petite que la longueur du clou ; les trous ne sont pas assez larges pour laisser passer facilement la partie supérieure du clou. Le cloutier place le clou dans le trou, la pointe en bas, et, par une pesée exercée sur la verge, la détache à l'endroit où a été donné le coup de ciseau ; puis avec le marteau il rabat sur les bords du trou la partie de métal qui excède la cloutière et façonne ainsi la tête.

Quand la tête doit être ronde, comme dans les clous à souliers, elle se fait par étampage, c*est-à-dire que l'ouvrier, armé d'une plaque d acier, nommée éiampCj présentant sur l'une de ses faces une cavité ayant la forme que doit avoir la tête, pose cette cavité sur la partie supérieure du clou, et, d'un coup de marteau frappé sur l'étampe, force le métal à prendre la forme de la cavité.

Lorsque le clou est fini, l'ouvrier, par un coup sec donné sur la poulie, le fait sauter hors de la cloutière et recommence l'opération.

Ce travail est en général exécuté avec une grande dextérité; un bon cloutier fait plusieurs clous par chaude et arrive à en fabriquer 15 et 20 par minute.

A la sortie de la cloutière les clous sont jetés dans un vase de tôle D appelé darbot que l'on voit sur la figure 105.

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on y façonne la tête du clou. A cet effet, Touvrier place le clou la ointe en bas, entre les mâchoires d'un étau, en laissant sortir udessus d'elles assez de fer pour faire la tête. Ces mâchoires se iraient à vis àTaide d'un levier que le cloutier manœuvre avec l'un e ses pieds ; puis, de l'autre pied, il agit sur un marteau assez lourd ispendu au-dessus de l'étau et le laisse tomber de tout son poids. i bout de fil de fer excédant les mâchoires s'aplatit et forme la tête 1 clou.

Ce procédé de fabrication est le plus souvent remplacé maintenant r d'ingénieuses machines dont nous donnerons seulement le prin- )e.

Le fil de fer est placé sur une espèce de dévidoir d'où il se déroule k^niquement pour entrer dans la machine. A chaque tour d'une inivelle mue parla vapeur, le fil s'avance d'une quantité constante; ns ce mouvement, il vient présenter son extrémité à l'action d'un irteau mû mécaniquement et dans le sens horizontal ; le choc de ce irteau forme la tête par refoulement du métal. Un autre mouveînt amène le fil entre deux couteaux qui, le coupant sous un angle [u, font la pointe du clou et le détachent.

Celte fabrication est tiès-expéditive, et le prix de revient du clou •riqué dépasse de fort peu le prix du fer qui a servi à sa fabrication.

Les clous à souliers ou béquets se font par quantités énormes dans Moselle, les Vosges, le Doubs, le Jura et aussi dans les Ardennes, un industriel de Charleville, M. Gailly lils, a installé, il y a plusieurs lées, un établissement important qui fabrique mécaniquement xcellents clous à souliers. Le fer est employé à l'état de iil. La chine en diminue la grosseur à l'endroit qui doit former la tige, aissc au contraire intacte la partie où la tête doit être prise; on ient ainsi un clou à tige fine et à grosse tête, qui a le double avane de ne pas déchirer le cuir et de préserver convenablement la lelle. Le même procédé et d'autres qui s'en lapprochent plus ou ins sont en usage dans les Vosges et en Franche-Comté.

)n appelle clotis découpés les clous fabriqués avec des bandelettes

oupées dans la tôle de fer. La fabrication peut être faite à la main

mécaniquement.

}uand on opère à la main, la tôle est divisée en petites bandelettes

ntues de la longueur d'un clou ; on saisit ensuite chacune d'elles

is un étau, en laissant sortir des mâchoires la partie destinée

lire la tête, qui se forme d'un seul coup par la chute d'un marteau.

i56 INDUSTRIES PRÉPARATOIRES.

La clouterie mécanique en tôle date de 1826, époque où elle a été importée d'Angleterre dans les Ardennes; elle s'y est développée graduellement, et aujourd'hui ce département compte dix fabriques d'importance diverse qui produisent annuellement plus de 4 millions de kilogrammes de petits clous dits semences^ bosselles^ clous à ardoisesy béquets^ etc. Grâce à Tinvention récente d'une machine automatique qui dirige la bandelette de tôle à découper et la retourne sans le secours de l'ouvrier, cette industrie peut maintenant lutter plus facilement avec la concurrence anglaise ou belge.

Une branche, aussi florissante qu'intéressante, de la clouterie mécanique en tôle est la clouterie à chaud comprenant la fabrication des grands clous employés dans la construction : les clous à navires ou à bateaux, les clous à caisses, etc. La clouterie à chaud est d'origine américaine; elle fut importée d'abord en Angleterre, puis introduite en 1857 dans les Ardennes, où elle a pris une certaine importance dans l'usine de Saint-Marceau.

On prend le fer en barres plates de 2 millimètres et demi à 12 millimètres d'épaisseur, et on le découpe en bandelettes de longueur variant avec les dimensions des clous à obtenir. Ces bandelettes sont chauffées au rouge dans des fours i courant d'air forcé, puis portées à la machine, où se pratiquent trois opérations succer sives : le découpage^ qui divise le fer en barrettes; le laminage^ qui forme la lame du clou au moyen d'une molette en acier servant à allonger régulièrement le métal; enfin le rabatage^ qui fabrique la tête par le choc d'un marteau. Une machine de ce genre donne de 20 000 à 50 000 clous en douze heures ; la production de l'usine est d'environ 1 500 000 kilogrammes par an.

La fabrication des clous à cheval est un peu plus compliquée, à cause du rciiflement destiné à former la tôte.

Les clous fabriqués dans la tôle découpée n'ont jamais les arêtes bien nettes, celles-ci sont toujours plus ou moins rugueuses. Quandils sont destinés aux constructions, on a soin de leur laisser les aspérités qui augmentent l'adhérence du fer avec le bois; pour les autres clous, on les fait disparaître par Yébarbage. Cette opération consiste à les mettre avec un peu de gravier dans des tonneaux auxquels on imprime un mouvement de rotation autour de leur axe. En roulant les uns sur les autres les clous se polissent mutuellement.

Si Ton veut les blanchir, on les agite dans des tonneaux avec des rognures de cuir.

Ou soumet quelquefois les clous à l'opération de la galvanisation, qui les recouvre d'une couche de zinc destinée à les prot^er de

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roxydation. Il suffît pour cela de les plonger dans du zinc en fusion.

Les clous fondus se font avec de la fonte de fer. Ils sont d'un usage assez restreint et se fabriquent par coulage dans des moules.

Jusqu'à ces dernières années, on obtenait aussi par la fonderie les clous dorés pour tapissier^ qui étaient composés d*unc tête hémisphérique creuse et d'jine tige pointue. Ils avaient le caractère d'irrégularité des objets fondus, Tinconvénicnt de présenter d'une part des tiges peu résistantes qui se cassaient lorsqu'on les inïphmtait dans les meubles, d'autre part des têtes dont les bords î\ bavures coupantes pouvaient altérer les étoffes qu'ils pressaient. M. Carmoy est parvenu à • é\iter ces inconvénients par un procédé de fabrication qui consiste à faire la tête du clou à l'aide d'un disque de cuivre, de fer ou d'acier auquel on donne la forme voulue, et à y fixer ensuite une pointe de Paris.

Cette fabrication comprend trois opérations principales : un découpage et deux étampages. S'il s'agit de clous à tête en cuivre dont la tète hémisphérique doit avoir une épaisseur d'environ un quart de millimètre, M. Carmoy fait découper dans une planche d'un millimètre d'épaisseur de petits disques circulaires ou fïans^ puis, à l'aide d'une matrice présentant une rigole annulaire dans la région centrale, il exerce sur eux une forte pression qui aplatit le disque et force le métal à entrer dans la rigole. On comprend qu'à la suite de ce premier étampage, le disque circulaire est transformé en une pièce dont les bords sont plats et dont le centre présente une saillie creuse (fig. 107).

Cette pièce/ est ensuite placée sur le bord d'une matrice m ayant la forme hémisphérique que l'on veut donner à la tête du clou ; dans la saillie creuse qui surmonte le flan, on pose, verticalement et la tête en bas, une pointe de Paris c. Au-dessus de la matrice se trouve un poinçon convexe p qui a extérieurement la forme que doit avoir intérieurement la tête du clou et qui présente, suivant son axe, un canal cylindrique dans lequel pourra se loger la pointe de Paris. Lorsque avec une force suffisante on fait descendre le poinçon, il appuie sur le flan, le force à entrer dans la matrice et à en prendre la forme; en même temps, il rabat les bords de la saillie circulaire sur la tète de la pointe de Paris, qui se trouve ainsi sertie et fixée jîolidement à la demi-sphère. Ajoutons que pendant que le poinçon élampe le clou, la pointe est maintenue en place par un ressort à boudin que représente la figure.

158 INDUSTRIES PnËPAliATOlRES.

Tel est le principe de cette fabrication : pour que cette inv devint pratique, il était nécessaire d'avoir un appareil qui se seit d'exécuter avec rapidité et précision les opérations qui venons de décrire. C'est ce qu'a fait M. Colas, de Bclleville, leur d'une ingénieuse machine qui met les disques en positii

Flan. Flan élanipé.

Fie. 107. — Fabriratiun .

Clou fabriqué.

s clous de tapissier.

les matrices, pose les pointes de Paris, étaïupe et enlève !■ fabriqué pour faire place à un autre. Celte machine faj •20000 clous par jour, tandis que le travail à la main en prod plus 6000.

On opiiclle boulon une pièce, ordinairement en fer, qui ri''iinir doux morceaux de buis ou de métal. II se compose d'ut cytindriipio de for dont l'une des extrémités A (fig. 108) est

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