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AUX DISTANCES DE

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Nous connaissons maintenant la structure du fusil Chassepot, et nous pouvons décrire la fabrication des diEFérentes pièces qui le constituent.

Les canons des fusils Chassepot sont en acier fondu et forgé. Lorsque la barre destinée à la fabrication d'un canon est forgée, on la monte sur une machine chargée de percer le Irou qui doit former Târaedu fusil. Pour cola. la barre d'acier est fixée verticalement sur un plateau horizontal qui lui communique un mouvement de rotation autour d'un axe vertical. Au-dessus d'elle se trouve un foret qui ne tourne pas, mais descend peu à peu. La barre d'acier tournant au contact de ce foret se creuse d'une manière régulière. Un filet continu d'eau de savon coule sur le métal, l'empêche de s'échauffer et facilite Ic^efosement. A mesure que le forage avance, on change les forets. Une même machine peut percer 36 canons par jour.

Au forage succède V alésage^ qui a pour but de donner au canon le diamètre intérieur qu'il doit avoir. Cette opération s^exécute aussi mécaniquement. Le canon est monté horizontalement sur un chariot qui le porte à la rencontre d'un foret, ou alésoir, taillé en lime et animé d'un mouvement de rotation ; à mesure que le déplacement du chariot le fait pénétrer dans l'âme du canon, le foret en alèse les parois. Ledernier alésage se fait avec une mèche lisse et le polissage avec un oulil de bois.

Le canon est ensuite dressé^ c'est-à-dire qu'à l'aide du marteau on le rend parfaitement droit. L'ouvrier est guidé dans cette opération par le jeu et la réflexion de la lumière dans Ymtérieur du canon poli , à travers lequel il regarde , après l'avoir dirigé vers une fenêtre de l'atelier; la nature des ombres portées sur la surface

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lie lui indique dans quel sens il doit agir poiip rendre l'âme parfninent recliligno. Les ouvriers clmrf,'i's de ce travtiil dans nos manu- :tures d'armes l'esécuteiit avec une justesse de coup d'œil vraiment rprenante.

Lorsque le canon est dressé on tourne sa surface extérieure à l'aide machines-outils qui le transforment en un prisme à un grand mbre de facettes; un aiguisage JÏ la meule fait disparaître ces ettes et achève de le rendre cylindrique. La rainure hélicoïdale, dont nous avon-i psrli', est creusée par une

Fin. IÎ8. — Mocliiiic icnpier pnur fabrii^ucr le bois du fiuil.

achine à rayer qui déplace, dans l'intérieur du canon, un burin acier auquel elle communique un mouvement en spirale. La rainure Jue profondeur de 3 dixièmes de millimètre et se fait en plusieurs sses.

La culasse est aussi travaillée mécaniquement. On la visse sur la rtie inférieure du ranon appelée tonnerre. Sa fabrication et celle de culasse mobile constituent un travail d'ajustage it la main. Enfin les canons doivent être soumis à trois épreuves qui ont pour t de vérifier leur solidité et leur résistance. La première épreuve est faite avec 1 fl grammes de poudre au lieu 5 grammes que contiennent les cartouches réglementaires; la

deuxième avec un poids peu supérieur à 5 grammes ; la troisième avec la cartouche réglementaire. Pour que ces essais puissent s'exécuter sans mettre en danger la vie des personnes qui en sont chargées, un certain nombre de canons sont montés sur un appareil appelé k/ic (répreuve. Près de ce banc se trouve un mur derrière lequel se place Tessayeur; celui-ci, à Taidc d\m système de leviers, peut produire l'inflammation de la poudre dans les différents canons en agissant sur une corde qui arrive jusqu'il lui. Les armes qui n*ont pas résisté à ces trois épreuves sont rejelées.

Quant au bois de fusil sur lequel le canon doit être fixé, il est aujourd'hui fabriqué mécaniquement par des machines à copier. Nous ne décrirons pas dans tous leurs détails ces appareils qui permettent de façonner les bois de fusil avec plus de rapidité et d'économie que le travail à la main ; mais nous allons essayer d'en faire comprendre le principe.

Le morceau de noyer destiné à la fabrication de la pièce, après avoir été dégrossi à la scie mécanique, est monté horizontalement sur la machine. Parallèlement à lui et à une certaine distance se trouve placé un modèle de cuivre représentant exactement la forme que devra avoir le bois du fusil (fig. i28). La pièce de bois et le modèle sont tous les deux animés d'un mouvement rapide de rotation. La pièce de bois en tournant vient se présenter à Taction d'un burin chargé d'entamer sa surface. Il est certain que la quantité de bois que le burin mamjera dépendra de sa position; plus il avancera sur le bois, plus l'épaisseur mangée sera grande. Or ce burin, qu'un ouvrier ne pourrait arriver à conduire convenablement, est guidé avec une grande précision par le modèle de cuivre. Voici comment: contrôle modèle de cuivre s'appuie un galet qui est relié au burin, et quandle modèle vient présenter une saillie ou une aspérité au galet, celui-ci est rejeté en arrière ; par suite, le burin s'éloigne du morceau de noyer et en enlève une quantité moindre. La saillie du modèle se trouve par conséquent reproduite sur le bois. Si, au contraire, le modèle présente au burin une partie d'un diamètre plus petit, un contre-poids, convenablement disposé, fait avancer le galet contre cette partie; le burin s avançant en même temps contre le bois l'entame plus profondément et en réduit le diamètre. La machine ellemême so charge de déplacer le galet suivant la longueur du modèle et, par conséquent, le burin suivant la longueur du morceau de bois. Nous avons supposé, pour plus de simplicité, qu'il n'y avait qu'une machine à copier chargée de faire le bois ; il y en a deux : l'une fait la crosse, l'autre le devant du bois.

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