FUSIL CHASSEPOT
Le Tusil adopté aujourd'hui pour l'infariterie française est le fusil Chassepot, que l'on fabrique à Saint-Étienne et à Châtellerault.
Cette arme se compose essentiellement d'un canon auquel est vissée, à la partie postérieure, une espèce de boite ou culasse qui peut s'ouvrir et dans laquelle glisse un appareil de percussion appelé fu/as5e mobile. La culasse mobile se compose (lîg. 126 et 127} d'un cylindre creux capable de remplir la culasse Qxe; dansée cylindre se trouve une aiguille, longue de H centimètres environ et iixée àl'extrémité d'une
lige dont l'antre extrémité est rÉunic à une pièce C appelC'e le chien. La tige est entourée d'un ressort à boudin s'appuiant, d'une part, sur un écrou qui forme le fond du cylindre, et, d'autre part, sur un maiic/ion établi dans le cylindre et percé d'un trou destiné à laisser passer l'aiguille. L'extrémité antérieure de la culasse mobile est formée par une virole garnie d'une rondelle R de caoutchouc (c'est la It^te mttii/e) servant à bien fermer le canon du fusil, et se prolongeant par un petit cylindre creux, ou dard, qui pourra laisser sortir l'aiguille. Ajontons enfin que la culasse mobile est garnie latéralement d'un levier M qui sert à la manœuvrer.
Quand le soldat veut charger le fusil, il tire à lui le cliîen qui ramène l'aiguille en arrière et comprime par suite le ressort à boudin; à ce moment une pièce R', reliée à la gâchette G, entre clans une encoche pratiquée an-dessous du chien et le (i\c dans la postlion qu'on lui a donnée ; l'aiguille a suivi le chien dans le mouvement en arrière et est rentrée dans la culasse mobile.
Agissant alors sur le levier M qui est horizontal, le soldat le place
verticalement, ce qui fait tourner la culasse mobile de 90", et tirant ensuite à lui ce levier il recule la culasse mobile qui découvre Touverture postérieure du canon, oîi il place la cartouche. Celle-ci se compose d'un étui au fond duquel se trouve du fulminate ou poudre capable
de s'enflammer par le choc ; au-dessus de ce fulminate est une certaine quantité de poudre ordinaire, et enfin, au-dessus de celle-ci, une balle conique présentant vers sa base un petit ronflement. Quand la cartouche est placée, le tireur pousse en avant la culasse mobile dont la rondelle R vient boucher le canon, et, en faisant basculer la poignée, ferme le fusil. Il met alors en joue, et en agissant sur la gâchette il fait basculer la pièce R' qui tenait le fusil armé; le ressort à boudin, qui se trouvait comprimé, se détend, ramène le chien en avant, et pousse l'aiguille de 9 millimètres environ en dehors de la culasse mobile; l'aiguille venant frapper lefulminate Tenflamme. L'inflammation se communique à la poudre et les gaz produits par la combustion font avancer la balle. Le renflement que porte celle-ci s'engage dans une rainure hélicoïdale qui la force à prendre un mouvement de rotation, dont reflet est de donner au tir plus de justesse et plus de portée.
Lorsqu'on ne doit pas tirer immédiatement après la charge, au lieu de plac<»r le levier horizontalement, on lui donne une position un peu inclinée, c'est ce qui s'appelle mettre le fusil au repos. Dans cette position la culasse mobile vient présenter au chien un vran de siïreté^ contre le fond duquel il vient buler, sans pouvoir aller plus loin alors même qu'on toucherail à la gâchette.
Les extraits suivants d'un rapport adressé à Napoléon III, le 26 mai 18(58, parle maréchal Niel, alors ministre de la guerre, donneront une idée des ré?uUats obtenus a\ec le fusil Chassepot :
FiG. \t\
FUSIL GHASSEPOT. 195
€ Quelque récente que soit encore, surtout pour beaucoup de corps d'infanterie de ligne, Tépoque de la mise en service du nouveau fusil, les épreuves déjà faites permettent cependant d'asseoir, dès à présent, l'opinion sur sa valeur réelle comme arme de guerre.
> Sa portée réglementaire efficace est de 1000 mètres et peut facilement atteindre 1100 mètres.
» Le projectile, animé d'une vitesse initiale de 410 mètres à la seconde, parcourt une trajectoire assez tendue pour qu'à la distance de 230 mètres elle ne s'élève pas à plus de 0'",60 au-dessus de la ligne de mire, tension qui constitue l'une des conditions les plus favorables à l'efficacité du tir.
» Par suite de la simplicité et de la promptitude du chargement que Thomme peut exécuter avec la même facilité dans toutes les positions, à genou, assis, couché aussi bien que debout, les soldats arrivent à tirer, par minute, 7, 8 et même 10 coups en visant, et jusqu'à 14 coups sans viser.
> Il n'est pas inutile de rappeler ici que, pour l'ancien fusil d'infanterie, le maximum de portée efficace n'a jamais dépassé 600 mètres avec une vitesse initiale de 324 mètres par seconde seulement, et c'est i peine si, dans les conditions normales d'un tir régulier, le soldat bien exercé pouvait tirer plus de deux coups par minute avec une arme dont le chargement par la bouche, ne pouvant s'exécuter que dans la position debout, le contraignait en outre à se découvrir en toutes circonstances.
» Ainsi, augmentation considérable, presque double de l'ancienne, dans la portée du tir, accroissement du double de vitesse du projectile, tension beaucoup plus grande de la trajectoire ; telles sont, jointes ^ une rapidité de tir inconnue jusqu'alors, les qualités essentielles que ^vèle tout d'abord la pratique du fusil modèle 1866.
» Au point de >iie de la précision, ses avantages ne sont pas moins ^îitisfaisants.
> J'ai fait faire avec soin le relevé des séances consacrées au tir à la Cible dans les différents corps, depuis qu'ils sont en possession du nouveau fusil.
» Le tableau ci-après indique le nombre moyen de balles, sur 100, ^iises dans la cible aux différentes distances, d'abord avec l'ancien %il, puis avec le nouveau, pour chacune des catégories de troupes ^Correspondant aux époques successives de l'armement. »
LM)I STRIES PKÉPARATOIHES.