SOUFRE
dustrie vînicole en tire un très-p;rand profit pour combattre ladie de la vigne; il est employé dans ce cas k l'état de poudre ne que l'on désigne sous le nom de sotifre en /leurs ou /leur dé
a construit divers ustensiles propres à répandre régulièrement ir de soufre. Depuis 1856 MM. Ouin et Franc ont fait adopter un
Bottes k houppe pour snutk^c dM vigi
ireil très-simple et fort peu dispendieux, dit ôoUe t) houppe; les res 147, 148 eH49 permettent d'en comprendre la construction, compose d'une boite conique de fer-blanc, contenant environ un li-kîlogramme de soufre lorsqu'elle est pleine : la partie supérieure t se fermer à l'aide d'un couvercle à mouvement de baïonnette, est garni de mèches de laine disposées sur cinq cercles concentris, entre lesquels se trouvent des trous ronds, comme l'indique la ire 14». Lorsqu'on secoue cette boite à. demi pleine, le soufre s'en lippe par les trous, et, divisé par les mèches de laine, tombe en igede poussière, qui s'insinue entre toutes les parties des ceps et d^nee sur elles.
ao l.\ni!STRIES PRÊPABATOIHES. )
La bolle h houppe est souvent munie (fig. 160) d'une douîUu
qui reçoit un manche plus ou moins long quand il s'agit d'atteinim
la partie élevée des plantes (ceps de vigne en hauteur, pêchers, ettjii L'opération du soufrage esl rendue plus facile et plus éconocniquaj
par l'emploi du ^^oufflct sans soupape de M. Lavergne (li^. IMu
Lorsqu'on fait manœuvrer ce soufflet, l'air qui afQue dans ladouilleU.
agite la poudre de soufre qui a été introduite par la bonde A cllnjeUi ■
au dehors sous forme de nuage.
La consommation de soufre en potidre faite par les vigneran-i est
devenue tellement considérable, qu'une nouvelle industrie s'est font*
pour snhvoiiir au défaut de la (leur de soufre. Elle consiste à liniviT, à l'aide do meules verticales ou horizon tules, le soufre en canons ouïe soufri' brut de première qualité.
La France consomme actuellement 70 à 80 millions de kilc^T. d« soufre. Ce corps est très-répandu dans la nature ; on le rciiconW combiné avec la plupart dos métaux, mais on l'extrait ordinairemenl des mélanges de terre et de soufre que l'on trouve aux environs do volcans; l'Italie et surtout la Sicile sont les pays qui le fournissent à 11 France. Ce minerai est soumis sur place à un premier traitement qui a pour eifet d'isoler une grande partie des matières terreuses; le produit de l'opération est désigné sous le nom de soufre tirut. A son arrivée en France, une partie de ce soufre brut est employée à II f.ibrication de l'acide sulfurîque; le reste est soumis au raffinage.
Le raffinage s'exécute surtout à Marseille, qui, par sa position géographique, est très-bien située pour recevoir le soufre bnit: il r constitue une industrie importante qui livre ce corps soit h l'état de poudre impalpable appelée /leurs de soufre, soit à l'état de morceaui cylindriques désignés sous le nom de soufre en canons. Le raffinase se fuil en chauffant le soufre à une température suffisamment éleiée
SOUFBE. 221
i]u'ii se vaporise; les vapeurs se séparent des matières terreuses it se condenser dans de vastes diambres en maçonnerie. L'appaoQployo est représenté par la figure 152. soufre brut est d'abord fondu, par la chaleur perdue du foyer, une chaudière supérieure qui communique par un tube avec la e placée sur ce foyer. Cette première fusion a pour but d'opérer aratîon des matières terreuses qui, en vertu de leur poids, tomlu milieu de la masse liquide et vont au fond de la chaudière.
RiifliiNigv c]i
idc du tube (le comumnicntion, on fait écouler le soufre fondu la cormip, où il est vaporisû par l'action d'une forte chaleur ; sa ir se rend dans une grande chambre en maçonnerie où elle se »ise.
ur faire le soufre en fleurs, on dirige la distillation de manière a chambre ne s'échauffe pas au-dessus de 1 1 1 degrés. La vapeur arrivant s'y condense à l'état de soufre en [loudre que l'on enlève s porte, lorsque la couche qu'il forme sur le sol a atteint une ■ur de 50 à 60 centimètres.
and on veut au contraire avoir du soufre en canons, on pousse la lation plus activement de manière à échauffer davantage la chamla vapeur de soufre se liquéfie au lieu de se solidifier et le liquide sur le sol de la chambre d'où il est extrait de temps à autre par luverture 0, pour être coulé dans des moules en bois.
ta INDUSTRIES raÉPARATOIRËS.
ACIbKS SULFIRIQUE, NITRIQUE ET CHhORHYDR IOU£«
L*acide sulfurique, désigné aussi sous le nom d'huile de vitriol^ sans contredit le plus important des produits chimiques : ses a| cations, ses usages sont tellement nombreux, que M. Dumas a pu dfa qu*il était possible de mesurer la prospérité industrielle des natk par les quantités d'acide sulfurique qu'elles consomment. Aussi efforts des chimistes se sont-ils constamment portés sur les amélioi tions à introduire dans la préparation de ce corps que Ion obtient! un prix fort peu éle\é (16 francs les 100 kil.).
Voici le principe de sa fabrication : produire un corps gazeoi! appelé acide sulfureux^ en grillant du soufre ou des composés dfc^ soufre et de fer nommés pj/ritesj diriger ce corps dans de vastes réd-. pients et Ty transformer en acide sulfurique en le combinant avec unev certaine quantité d'oxygène, qui est fournie par l'acide nitrique.] L'acide nitrique, en oxydant l'acide sulfureux, perd une partie de80i| oxjgène et<e trouve lui-même transformé en d'autres corps qui scr^ \ent à régénérer Tacide nitrique par l'intervention de l'air et de k' vapeur.
L'acide sulfunuix est produit dans des fours où l'on grille k s<»ufre iMi les pyrites et, de là, dirigé dans une série de chambres dont les parois sont garnies de feuilles de plomb soudées entre elles, le plomb élan! de tous les métaux usuels celui qui s'attaquera le moins. L'acide sulfureux lancé dans les chambres y rencontre Tair, l'acide nitrique et la vapnir d'eau ; de leur léactitju mutuelle résulte l'acide sulfuriciue, qui coule sur le sol incliné des cliambres. On l'en extrait pcmf le soumettre à une évaporation qui le prive de la plus grande partiede l'eau qu'il renferme.
La ligure 153 représente l'appareil employé dans l'industrie. Sui la gauche de la figure et à la partie inférieure, on voit les fours destinés à produire l'acide sulfureux; au-dessus est la chaudière où se fera la vapeur d'eau nécessaire à l'opcTation, vapeur qui arrive park petit tube que l'on voit déboucher au bas de la première chambrée gauche où un gros tuyau amène l'acide sulfureux. Dans la plupail des usines, les fours à pyrites sont assez loin des chambres et relia avec elles par un gros tuyau que le gaz sulfureux est obligé de {wr courir. Pendant ce trajet il se refroidit et arrive dans l'appareil à uiH température convenable. Dans la première chambre se trouvent de tablettes inclinées sur lesquelles coule de l'acide sulfurique qui e«
AUDËS .SLIU'UiliyUE, NrTHtQUE ET OHtOHHVDBtQUE. M3
dans un réservoir supérieur et dont nous verrons la prove- •e& tablettes sont suppnint'es inaintenont dans la plupart des i : on se contente de conduire Pnciâe en ([uestion sur le sol
mière chambre; dans la seconde coule, sur des escalier.^ de
l'acide nitrique né-
h la réaction. Ces
sont souvent remar une colonne de
superposées et l'a- ■iquc se dé\erse de IIS l'autre. IjH chammte, qui nVstqu'in- TOcnl représentée,
coup plus vaste ijuc s. C'est Ift que sp out la réuclion de lalfureux, de lacidc
de la vapeur deau.
deux autres s'a- ! rabriciition. ËiiGn, itcr que les produits provenant de la dé*m de l'îicide nitrique ippen tau dehors sous e gaz, ce qui serait te pour l'industriel el l produire des effets s dans le voisinage ue, on force les p;az, ir de la dernière e, h traverser une
que l'on voit sur In le la fiptire. Elle est
de coke sur lequel e l'acide sulfurique
qui ri^ncontre les s nitrcux et les dissout. C'est cet acide charge de gaz nitreux, utilisables pour l'oxydation do l'acide sulfureux, que l'on enjà la première chambre, le sulfurique c-ft employé k la fabrication des autres acides
itui) des ntuns, des sulfates industricli, des bougies stéarî-
2^4 IiNDUSTRIES PRÉPARATOIRES.
ques, h Taffinage de l'argent, au décapage des métaux, à répuratîon des huiles, etc., etc.
Les acides chlorhydrique et nitrique^ dont les usages sont moins nombreux que celui de lacide sulfurique, sont fabriqués, le premier par l'action de l'acide sulfurique sur le sel marin ou sur le sel gemme, le second en décomposant par l'acide sulfurique l'azotate de potasse (salpêtre) ou l'azotate de soude. Nous n'insisterons pas sur leur préparation.
SOUDES ET POTASSES
La soude artificielle, ou carbonate de soude, a des usages 1res- i nombreux et très-importants. Elle sort, à l'état brut, aux savonniers, aux blanchisseurs, aux fabricants de verres à bouteilles. Raffinée, clic est emplojéc dans la fabrication des glaces, de la verrerie fine, des savons de toilette. La teinture et le blanchissage, Timpression des tissus, en font aussi une consommation considérable.
La soude était autrefois extraite des cendres de certaines plantes croissant dans la mer ou sur ses bords : on la fabrique aujourd'hui par la calcination d'un mélange de charbon, de craie et de sulfate de soude. Ce dernier corps est obtenu par l'action de l'acide sulfurique | sur le sel marin ou sur le sel gemme, réaction qui donne lieu en j môme temps à l'acide chlorhydrique. '
La découverte du procédé de fabrication de la soude artificielle a exercé sur les progrès d'un certain nombre d'industries une influence ; si considérable, que nous devons donner quelques détails sur les circonstances dans lesquelles elle s'est produite.
I/ancienne Académie des sciences avait depuis longtemps fondé un prix de 2400 francs pour la conversion du chlorure de sodium en carbonate de soude. Des essais infructueux avaient été tentés dès 1777 par le P. Malherbe, par Macquer et Montigny, puis par Guyton de Morveau qui, associé avec Carny, avait fondé au Croisic un établissement où il appliqua, sans grand succès, un procédé dans lequel il faisait agir la chaux et l'air sur le sel marin. De son côte, de la Méthc* rie proposait, en 1780, de calciner le sulfate de soude avec le charbon; il espérait obtenir ainsi le carbonate de soude. Ce fut cette supposition inexacte qui conduisit Leblanc, alors médecin de la famille d'Orléans, à la découverte du procédé qui est encore pratiqué aujourd'hui. 11 essaya d'appliquer l'idée de la Mélherie, mais il en reconnut bientôt l'inexactitude, et imagina d'associer le carbonate de chaux au sulfate de soude et au charbon. C'était là quêtait la sota-
SOUDES ET POTASSES. 2*5
lion de ce grand problème, solution si importante pour les progrès ie notre industrie, puisqu'elle nous affranchissait des puissances étrangères, et en particulier de l'Espagne, qui nous fournissaient la plus grande partie des soudes consommées. S'associant alors avec le duc d'Orléans, Dizé et Shée, Leblanc tenta de rendre sa découverte industrielle; une usine fut fondée à Saint-Denis, et le 23 septembre 1791, sur le rapport de iarcet, Desmaresl et de îervières, il obtenait un ) re ve t d'invention de piinze années.
Mais bientôt les événenenls de la Révolution rançalse amenaient te sépiestre des biens du duc l'Orléans et celui do i'uùne dans laquelle il était Dtéressé. Les complicaâoBS politiques extérieuf*s nous privaient en même tem|is des soudes sspagnoles, et l'industrie française aux abois ne sawit plus ofi trouver les éléments essentiels à son travail. Le Comité de saint public demanda aux inventeurs de procédés relatifs à la conversion du sel marin en soude de faire à la patrie le sacrifice de leurs travaux et de leurs découvertes. Leblanc répondit le premier à l'appel du Comité en autorisant la publication de Bwprocédé, et chacun put le mettre librement en pratique. Los biens du duc d'Orléans furent vendus ainsi que l'usine de Saint>Denis; plus tard cependant elle fut rendue à Leblanc pour l'indemniser du dommage qu'il avait subi; mais il ne put réunir les capitaux nécessaires h l'exploitation de sa découverte, et le malheureux inventeur mourait, *nl806, aux prises avec la misère I Après lui, Payen, puis Carny, appliquaient le procédé Leblanc, le premier à Paris, le second à iHeuïC, sur le sel gemme. Quelques modifications faites par d'Arcet i la forme des fours en assurèrent le succès, et aujourd'hui l'in- ^trie demande encore à ce procédé presque toute la soude qu'elle
iifi INDUSTRIES PREPARATOIRES.
consomme. Nous en exposcron;? très-sommairement les différentes phases.
La calcination du sulfate de soude, de la craie et du charbon, se fait dans des fours représentc*s par la Ggure ISA. Ces substances sont introduites dans le four par les ouvertures ç et g\ étalées sur la sole et chauffées par la flamme du foyer a ; la chaleur détermine la formation du carbonate de soude et d'un produit insoluble; le mélange est brassé pendant Topération à l'aide de ringards introduits par les ou- \ertures rfet d'. Lorsque la réaction est terminée, on fait écouler, par la porte /, le carbonate encore liquide dans de petits wagonnets de fer, où il se solidifie sous forme de masse noirâtre, que Von concasse et dont on soumet les morceaux à un lessivage méthodique qui enlève tout le carbonate de soude et laisse le résidu insoluble. Lor^que Teau est saturée de carbonate de soude, on Tenvoie dans des hassines de fonte, où le sel cristallise.
Les poUisses du commerce servent dans la fabrication des verres de Bohème, dans la cristallerie, dans la confection des savons, dans le chamoisagft des [)eaii\, en affriculture, etc., etc.
Leur origine est très- variée. Les potasses d'Amérique et de Russie sont extraites des cendres provenant de la combustion des bois à l'air; ces cendres constituent un mélange de substances diverses que Ton traite [)ar l'eau, qui dissout la potasse qu'elles renferment; l'évaporation d(;s lessives ainsi obteiuies laisse un résidu que Ton appelle 5tf//« et qui, par la calcination dans des fours, devient blanc et constitue la potasse d'Amérique ou de Russie.
On eni[»loie souvent aussi, tantôt les potasses provenant de la décomposition, par la chaleur, du tartre renfermé dans les lies de vin, tantôt celles que Ton extrait des résidus que laisse la distillation des mélasses fermentées, qui ont servi à la fabrication del'eau-de viede betteraves. Ce dernier mode d'extraction est très-appliqué dans les déi»arlements du Nord et de l'Aisne. On évalue à 2485 tonnes de 1000 kilogrammes la production de la France en potasse de betteraves.
Les eaux provenant du lavage des laines brutes contiennent aussi de la potasse. Reims et Elbeuf, où se lavent des quantités considérables de laines, possèdent des usines qui traitent ces eaux et en extraient la potasse; leur production annuelle surpiisse 250 tonnes.
l'IIClLKKIKS KT AM IDONNERIES.
On rencontre en abondance dans les organes d'un grand nombre
FÉCULERIES ET AMIDOiNNEfUES. ^7
égctaux une substance que l'on désigne d'une manière générale le nom de matière amylacée.
Ile existe plus particulièrement dans les graines des céréales (blé, , seigle), dans celles des légumineuses (fèves, haricots, pois, len- ;), dans les tubercules de pommes de terre, est du blé et de la pomme de terre que Tindustrie extrait la maî amylacée, qui prend le nom (ïamidon lorsqu'elle est extraite du et celui de fécule quand elle provient de la pomme de terre. Cette 3lc industrie est pratiquée sur différents points de la France: s, Saint-Denis, Nancy, Essonnes , Poitiers, sont les principaux res de production.
amidon du blé sert presque exclusivement à la confection de Tem-
employé pour apprêter le linge blanchi. La fécule sert à la fabri-
m des sirops de fécule et à Talimentation ; la teinture et Timpres-
des tissus l'emploient pour certains apprêts et pour épaissir les
eurs. Elle peut être transformée, par une température de 210 de-
environ, en une substance appelée dexlrine^ soluble dans l'eau,
ni est elle-même utilisée dans l'apprêt des tissus, pour parer les
le chaîne destinés au tissage des étoffes, pour la fabrication des
jettes gommées, et celles des bandes agglutinatives employées par
lirurgiedans la réduction des fractures.
'amidon se trouve uni dans le blé à une substance appelée gluten ïCrt à la fabrication des pâtes alimentaires. On l'extrait par deux iodes principales. La première consiste à abandonner à lui-même Qélange de blé concassé et d'eau ; une fermentation s'établit dans asse et, sous son influence, le gluten se transforme en matières }Iesqui se dissolvent dans l'eau, tandis que les grains d'amidon ini intacts. Il n'y a plus alors qu'à effectuer la séparation d'une ière complète, en jetant le mélange sur des tamis de toile métalî où il est agité au milieu de l'eau. Ce liquide entraîne les grains lidon et laisse sur le tamis les matières grossières, comme le son. 3 opération ne donne pas un produit d'une pureté suffisante ; i l'amidon est-il lavé plusieurs fois, égoutté d'abord sur une toile, sur une aire en plâtre. La dessiccation est achevée dans une e, et, par suite du retrait qu'occasionne la chaleur, il se divise en illes prismatiques assez régulières; cette forme est une garantie i pureté de ce produit, car on ne peut l'obtenir avec la fécule. Le èdéque nous venons de décrire est insalubre à cause des gaz qui îgagent pendant la fermentation, et a de plus l'inconvénient de lire le gluten du blé ; mais il peut être employé pour les fari-
i2R ISnilSTIlIES PRÉPAUATOIRES.
nés avariées d'où il n'est pas possible d'extraire celte substance.
La seconde miSthode par laquelle on extrait l'amidon du blé consiste à pétrir, sous un fllet d'eau, une pftte de farine. Par l'action Je ce pétrissage et du courant d'eau, l'amidon est entraîné et tepluten reste sur le pétrisseur. L'appareil employé est dû à M. Martin de Grenelle et s'appelle fimidoimière.
11 se compose (Qf,'. 155)d'une augeà deux comparlimenU dont le fond est une toile métallique; dans toute la longueur de chaque ninipartiment et à une petite distance du fond peut se mouvoir un cylindre cannelé. La pâte de farine, prise entre le cylindre et le fond de l'auge
laisse échapper l'amidon, qui se trouve entraîné par un filet rrra" continu à travers les mailles de la toile métallique.
L'amidon ainsi préparé n'est pas suIGsaranient pur; il Milieu' encore quelques parcelles de gluten dont on le débarrasse par une fumentalion qui dure moins longtemps que dans le procédé que nous avons décrit plus liautjpuis il est lavé, égoutté et desséché 4 l'élu**-
Ce procédé a l'avantage d'i^trc pins saliibre que le précédent, d'isoler et de conserver intact le glnten, qui trouve aujourd'hui un déboiicl)* dans la fabrication des pâtes alimentaires; mais i] exige l'euipldJe farines de bonne qualité et ne permet pas d'opérer avec des rarine* fiypriées, dont le gluten ne pourrait se rassembler.
FËCULERIES ET AMIDONNERIES. . 229
L'extraction de la fécule contenue dans la pomme de terre se compose d'opérations purement mécaniques ayant pour efTet d'isoler ce principe du tissu cellulaire qui le retient dans ses mailles. La proportion de fécule existant dans les i)ommes de terre varie suivant les circonstances. L'espèce de pomme de terre, la nature du climat, l'époque m£meoù s*exécutele travail, sont autant de causes qui amènent des >^ations dans le rendement. Une pomme de terre qui a commencé àgermer contient moins de fécule qu'avant la germination, attendu qu'une partie de la fécule insoluble s'est transformée en dextrine sohble qui se dissout dans les eaux de lavage. M. Payen a démontré que la composition moyenne d'ime pomme de terre est la suivante :
Eau 7i,0U
Férule l20,(M)
Épidcrmc, tissu, cellulaire 1,()5
Matières albuminoïdos 1 ,5()
Asparagine 0,1:2
Matières grasses 0, 10
Sucre, résine, essenro 1 ,07
Sels minéraux 1 ,rM)
L'extraction de la fécule comporte les opérations suivantes : Il est nécessaire de débarrasser d'abord les pommes de terre des matières argileuses et des pierres qui lesaccompagnentordinairement. On les laisse à cet effet tremper dans Teau pendant plusieurs heures; ce trempage étant insuffisant, on les jette ensuite dans une trémie E (%. 156), d'où elles passent dans un cylindre C à claire-voie formé de lames de bois montées sur un châssis de fer et légèrement incliné. Ces lames sont assez éloignées l'une de Tautre pour laisser passer les matières terreuses, mais trop rapprochées pour livrer passage aux pommes de terre. Le cylindre tourne autour de son axe avec une vitesse de 24 tours par minutais et plonge à moitié dansl'oau que renferme l'auge A ; il est muni intérieurement d'une espèce de vis hélicoïdale, appelée colimaçon^ qui, tournant en sens inverse, fait frotter les pommes de terre les unes contre les autres et contre la claire-voie. ducylindre: ce frottement les nettoie. La vis les conduit ensuite, par Tintermédiairc d'un plan incliné, dans une caisse appelée épieireur^ au fond de laquelle se meut une fourche formée de griffes qui ramassent les tubercules et les jettent sur un second plan incliné, tîindis que les pierres retombent dans les intervalles des griffes. Du plan incliné les pommes de terre tombent dans une boîte R où, se meut une râpe cylindrique, ou dévoraleur^ armée, parallèlement à son axe de
230 I.NDlST(tlES PȃPAIl.\T(MRE!:.
rotation, de petites lames de scie qui déchirent la pomme déterre et la réduiserit en pulpe ou gâchis. Cette rtpe tourne avec une vitesse de 700 à 800 tours par minute. La pulpe se rend dans un conduit ou caniveau, d'où elle est chassée par un courant d'eau dans ua résenoir commun F; elle cfjnstitue un mélange formé par la fécule et par le tissu cellulaire du tubercule. Pour séparer la fécule on soumet ce mélange à un tamisage. Autrefois celte opération se faisait à la
mnin, mais aujourd'hui on l'cvécute avec des appareils raéraiiiques <|ui produisent benucoiip plus.
La pulpe aqueuse es t reprise dans le réservoir F par la pompe P qui la lance dans un tuyau F (tig. 150), d'où elle tombe dans un tamisT de toile métallique, tournant à l 'intérieur d'une auge liémicylindrique. Un intervalle do quelques centimètres reste libre entre la loilem^Ul* lique et le fond de l'auge. La pulpe est soumise dans cet appareil au mouvement de rotation du tamis, h l'action d'un fllet d'eau qui vien' •déboucher dans son intérieur, enfin à celle do brosses unes flottant contre les parois intérieures du tamis et lournanl en sens contraire. Sous cette triple influence, la séparation s'opère : la fécule passe aw l'eau h travers la toile métallique pour se rendre dansun second tsmis T' ncmblahie au premier, mois h mailles plus fines et capables derftenir les débris de tissu cellulaire qui nuraient pu passer h travers If premier. La pulpe qui est restée sur les tamis T cl T tombe dans un réservoir commun 0, où elle sera reprise plus tard pour être fourni!'
FÉCULERIES ET AJUIIOSNERIES. 231
à un nouveau tamisage qui séparera les dernières traces de fécule. Quanl à l'eau qui a traversi; la succession des tamis, dont le nombre peut aller jusqu'à quatre, elle s'écoule dans des rigoles inclinées U U, où elle dépose peu h peu la fécule en même temps que des matières terreuses qui vont être séparées par l'opération du dessablage. Pour cela, la matière déposée dans les rigoles est reprise à la pelle et jetée dans de grands cuviers pleins d'eau où on l'agite. Ou laisse ensuite
- Exlractioii de la fiiculo.
r^ioser le liquide et, après quatre heures, on constate qu'il s'est formé un dépôt présentant plusieurs couches: à la partie iiiférioure se trouve on produit blanc, c'est ia fécule la plus pure, à la partie supérieure un produit coloré par de petites parcelles de son. On siphonne l'eau sur- Mpeante et l'on enlève à la surface du dépôt les portions les plus foncws qui constituent ce qu'on nomme le premier gras de fécule. Cette matière estdestinéeà être traitée à pari. La fécule qui forme la couche inférieure est de nouveau tamisée, dessablée, égouttée d'abord dans des laquets percés de trous et garnisd'une toile grossière, puis séchée sur aneaire en plâtre qui absorbe l'eau. A cet état elle constitue ce qu'on •ppetle la fécide verte qui contient une quantité d'eau variant de 3S a 45 pour 100, Quand on veut l'avoir plus sèche, on l'expose pendant dii-huit à vinut heures dans des éluves \\ air chaud, dont la tempeïsture, qui au début ne doit pas dépasser 50 degrés est ensuite viveiDent portée à 70 degrés et même à 80 degrés. La fécule destinée aui usages alimentaires est, après dessication,
soumise à un blutage, puis mise en sacs ou en paquets. Bien sèche, elle doit faire entendre un craquement particulier lorsqu'on vient à la presser dans le sac qui la renferme.
FABRICATION DU GLUCOSE.
La confiserie et la fabrication des liqueurs consomment aujourd'hui de grandes quantités de glucose et de sirop de glucose. Le glucose est un sucre obtenu par l'action de l'acide sulfurique sur la fécule: il se fait ordinairement dans les féculeries. Pour cela la fécule est délavée dans l'eau et introduite dans une cuve où l'on ajoute de l'acide sulfurique. On fait bouillir le liquide et, au bout de cinq heures, la transformation est opérée : le glucose est dissous dans l'eau, mais il faut priver le liquide de l'acide sulfurique qu'il renferme. A cet effet on y verse de la craie qui s'empare de l'acide et forme avec lui du sulfate de chaux ou plâtre ; celui-ci est insoluble et se dépose au fond des bacs où l'on fait rendre la dissolution de glucose. Après une journée de repos, on enlève le liquide clair que Ton filtre et que Ton clarifie, puis on le soumet à une évaporation qui, chassant l'eau à l'état de vapeur, donne le glucose comme résidu. Cette évaporation est faite par des procédés analogues à ceux que nous verrons employés dans les sucreries.