TABAC
Uon. Le liquide pénètre les feuilles, prend une couleur brunâtre et échappe par des rigoles qui le conduisent à un réservoir où il est pris par les ouvriers et versé une seconde fois sur les feuilles. Il est isuite vendu à raison de 30 centimes le litre aux agriculteurs, qui en servent pour guérir la gale des moutons. Après la mouillade, qui ure trois jours, on laisse reposer la masse pour que Thumidité s'y épartisse bien également, et Ton transporte les feuilles dans Tatelier ù elles doivent être hachées.
Le hachage a pour but de réduire les feuilles en lanières larges *un centimètre environ. Il est fait à Taide d'un appareil dont Torgane rincipal est un tambour armé de six lames tranchantes, obliques, et nimé d'un mouvement de rotation rapide (120 tours par minute). Les «quets de feuilles sont poussés, par un ouvrier, dans une auge abouissant à deux cylindres cannelés qui les saisissent et les présentent .l'action du tambour. Cette machine hache facilement 1200 kilogr. le tabïic en une heure. Le mouvement de rotation du tambour imprime .l'air une vitesse qui entraîne les lanières dans des sacs placés à l'ori* ice de la machine pour les recevoir.
Ce tabac ainsi haché est ensuite portéidans dévastes salles oîi Ton m fait des meules carrées appelées masses^ contenant chacune de iO à 50 000 kilogr. La fermentation ne tarde pas à s'y établir; elle a wur résultat de décomposer la matière azotée que renferme le tabac îtde donner lieu à une certaine quantité d'ammoniaque qui, s' emparant de l'acide naturel combiné à la nicotine, met ce dernier corps en iberlé. La nicotine, avec l'excès d'ammoniaque, communique au ^abac l'odeur que recherchent les priseurs. La fermentation élève la «mpérature jusqu'à 75 et 80 degrés. On surveille attentivement, à aide du thermomètre, cette élévation de température, car un excès le chaleur pourrait amener la carbonisation et la combustion du ■ûbac. Quand le développement de chaleur est trop grand, on fait à la pioche des tranchées dans les masses de manière à permettre la circuation de Tair, qui les refroidit. 11 ne faut pas moins de six mois pour îue le tabac ait acquis les qualités nécessaires à l'usage auquel on le fetine. Au bout de ce laps de temps, les masses, qui sont installées ^u rez-de-chaussée des manufactures, sont démolies; pendant la ferfnentation, les lanières se sont agglutinées et forment des mottes que on désagrège en frappant dessus, puis on monte le tabac au troisième 'tage, où il est versé dans des trous munis de manches de toile qui e conduisent au second étage et le déversent dans les appareils de àpage.
Ces appareils sont des moulins dont la construction ressemble à celle
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des moulins à café. Dans udb cloche conique (fig. 178) renversée et garnie de lames verticales, se meut d'un mouvement alternatir une noix verticale munie de lames hélicoïdales : le lahac pris entre les lames de la cloche et celles de la noix se pulvérise. La poudre ainsi obtenue est formée de grains inégaux ; elle tombe, par une ouverture que porte chaque moulin, dans un canal où se meut une tïs d'Archimède, qui l'entraîne et îi conduit au premier étage dans unt espèce de grande armoire. Une chaîne à godets, ou espèce dedngue, vient y puiser le tabac et le transporte au troisième étape, où i) est soumis à l'action de tamis animés d'un mouvementde va-etvient. Les grains qui sont à li grosseur voulue passent à travm les mailles dn tamis et tombent dans des sacs destinés à les recevoir; les autres sont repris par une vis d'ArcIiimède qui les conduit de nouveau aux moulins. On a calculé qu'un fragment de tabac, avant d'arriver à passer à travers le tamis, devait faire eaviron dix fois le voyage circulaire que nous venons de décrire : ainà 45 OOOkilogr. de tabac livrés»
moulin en une journée ne dcsinent dans te même temps que 500 hilogr. de poudre. Après le tamisage, le tabac, qui est alors nommé rdpé sec, est abandonné pendant deux mois, à l'abri de l» lumière, dans des cases de bois de cliène : puis il subit une scoonde mouillode effectuée avec 18 pour 100 d'eau contenant 15 pour JM de sel; de sorte que la première et la seconde moiiillade incorporent environ 5 kilogr. de sel dans 1 00 kilogr. de tabac. 11 est alors appelé râpé humide et mis de nouveau dans des cases fermées, oii il subit une seconde fermentation : la température s'y élève jusqu'à Û5 degrés. Au bout de trois mois on le change de case, en le remuant avec s«ini et après un an de seconde fermentation, le râpé a acquis les qualités