EXTBACTION ET TRAVAIL DU MARBRE
polir; c'est ce qui pennet de l'employer pour te confection des objets d'ut et l'ornementatioD de nos habitations. Sa coloration dépend des substances qui accompagnent le carbonate de chaui et se trouvent disséminées dans sa masse.
La France est certainement un des pays les plus riches en marbres : ^ possède de nombreux gisements de cette substance et quelques*
FiG. iO. — Treuil àet cwrièrea.
Uns fournissent des espèces comparables, pour la qualité et ta beauté, aui marbres si célèbres de la Grèce et de l'Italie. Malgré cette richesse de notre sol, l'industrie du marbre n'a pris en France de sérieux développements que depuisquetques années; jusqu'au commencement de ce dècle, l'exploitation des carrières avait lieu sous la direction et aux frais de l'État, qui se réservait les marbres nécessaires pour ses travaux et vendait le reste aux marbriers. Les particuliers ne se sont d'abord engagés qu'avec timidité dans une industrie oh les capitaux avancés doivent rester longtemps improductif, par suite du temps
tt INDUSTRIES EXTRACTIVES
assez long qui s'écoule entre le moment où commence le travail d'extraction et celui oîi le marbre est livré à la consommation. La multiplication des voies de communication et le perfectionuementdes moyens de transport ont aidé au développement de cette industrie, qui est maintenant très-prospère.
On peut diviser géographiquement les marbres français en six groupes principaux :
1* Le groupe du Nord^ qui comprend les carrières et les ateliers situés dans les départements du Nord, du Pas-de-Calais, desÂrdennes et de la Meuse. Les carrières du département du Nord (Marpont) fournissent un marbre de couleur foncée. Les marbres de Boulogne sont plus clairs, de couleur grise coupée par des veines blondes; ils coinprennent les variétés désignées sous le nom de marbre Napoléon, marbre lunelle et marbre n/^n^. Le département delà Meuse fournil un marbre appelé chaline ou marbre de VArgonne^ qui est très-compacte, très-dur, difficile à tailler, mais prenant bien le poli. C'est une lumachelle^ c'est-à-dire un marbre formé de coquillages enveloppés dans une p&te calcaire.
2" Le groupe de VOuest comprend des marbres très-beaux, compactes, exempts de défauts, prenant bien le poli et pouvant s'exploiter en très-gros blocs. U en existe plusieurs variétés de couleur grise, noire, rose et rouge. Nous citerons les carrières de Sablé et de Jouécn-(]harnie dans la Sarthe, celles de Neuvillette et de Grez-en-Bouère dans la Mayenne.
3*" Le groupe du Centre comprend les carrières du département du Lot, de Lot-et-Garonne, de la Côte-d'Or, de la Nièvre et de l'Allier. Los produits des carrières de Lot-et-Garonne peuvent être mis au nombre des plus beaux que nous possédions en France : ce sont des marbres jaunes d'une très-belle couleur, avec des teintes très-chaudes tirant tantôt sur le violet, tantôt sur le rose et présentant des veines blanches ou grises. On peut joindre à ce groupe les carrières du Jura.
A"" Le groupe des Vosges^ dont les principales carrières sont celles du Chipai et de Laveline (marbre blanc), Vackembach (marbre Napoléon ou brun rougeàtre veiné de blanc et de gris), de Russ (marbre brun vert).
V Le groupe des Alpes comprend les marbres des Hautes-Alpes diint les carrières principales sont celles de Chorges et de Laur (noir veiné de jaune), Guillestre (marbre violet), Saint-Crépin (très-beau marbre noir), les marbres noirs de l'Isère, les marbres jaunes et rouge violacé des Basses-Alpes.
EXTRACTION ET TRAVAIL DU MARBRE. ti
6* Le groupe des Pyrénées est le plus important de toute la France, tant pour l'abondance que pour la qualité et la variété des espèces. Ace groupe appartiennent les marbres blancs de Saint-Béat (Haute- Garonne), les marbres si variés de couleurs de la vallée de Gampan, deBarousse (Hautes-Pyrénées) , delà vallée d'Aspe, les marbres rouges de Caunes dans TAude, etc.
La Corse et l'Afrique fournissent aussi des marbres très-estimés.
Le prix des marbres dont nous venons de donner la nomenclature est très-variable : en blocs, il varie de 80 fr. à 800 fr. le mètre cube.
Les carrières de marbre sont le plus souvent exploitées à ciel ouvert. Quand il s'agit de marbre ordinaire et en couche épaisse, l'extraction se fait à l'aide de coups de mine, et les blocs détachés par l'explosion de la poudre subissent dans la carrière un premier sciage, qui a pour but de les débiter et de les rendre d'un transport plus facile. Il s'exécute à l'aide de scies en fer et sans dents. On interpose, entre la scie et la pierre, du grès pulvérisé que l'on arrose et qui, se trouvant pris entre la scie et le marbre, use celui-ci.
Quand le marbre est plus fragile, d'une qualité supérieure et qu'il y a par suite intérêt à ne pas donner lieu à des fragments nombreux et petits» on débite les blocs sur la roche elle-même et on les en détache à l'aide de la scie et de coins enfoncés au marteau dans des entailles pratiquées à la pointeroUe. II est évident que lorsqu'on veut employer ce dernier procédé, il faut ou que l'exploitation déjà commencée ait donné lieu à des excavations qui permettent le mouvement de la scie, ou qu'on ait creusé des entailles plus ou moins profondes destinées à isoler le bloc.
Les blocs extraits et débités dans les carrières sont ensuite transportés à l'usine oii doit se faire le polissage du marbre. Us y subissent d'abord un second sciage qui les divise en tranches plus ou moins épaisses.
Cette opération se fait souvent à l'aide de ch&ssis garnis de plusieurs lames de scie et mis en mouvement soit p^ar une chute d'eau, soit par une machine à vapeur. Ces châssis (fig. 21) sont de grands rectangles de bois dans l'intérieur desquels on monte, parallèlement aux grands côtés, des lames de scie, dont l'intervalle dépend de l'épaisseur que l'on veut donner aux tranches de marbre. L'un des petits côtés du cadre est articulé avec une tige mise en mouvement de va-et-vient horizontal par la machine motrice. L'ouvrier qui dirige cette opération jette de temps en temps dans les traits de scie un peu de grès pulvérisé qu'il arrose avec de l'eau. Ce travail est plus ou moins long suivant
la dureté du marbre ; en général, la scie ne s'enfonce pas de plus d'un
centimètre par heure.
On comprend que ce sciage ne parvienne pas à donner des surfaces parfaitement planes; elles sont en général plus ou moins irréguliëres et doivent être dressées. Quand il s'agit de petits morceaux, l'ouvrier dresse les surfaces en frottant les plaques de marbre l'une contre l'autre; elles s'usent réciproquement et les inégalités s'apIanissenL En grand, ce travail est exécuté mécaniquement, soiten taisant frotter
FiG. il. — Htehine i «cier le mirbra.
deux plaques l'une contre l'autre, soit en frottant la plaque à dresser avec une plaque de fonte. Dans le second cas, on emploie souvent U machine que nous allons décrire.
Sur un massif B en pierre (fig. 22) on dispose horizontalement, et & l'aide de pl&tre, la plaque de marbre M que l'on veut dresser. De chaque cAté de ce massif s'élèvent deux montants verticaux qui sont réunis par deux traverses horizontales, à travers lesquelles passe un axe vertical de rotation A. Cet axe, mis en mouvement par une ma* chine à vapeur, communique, & l'aide d'un mécanisme que montre la figure, un double mouvement de rotation & une plaque de fonte P, octogonale etarmée sur sa face inférieure de disques de fonte, qui sont en con tact avec la pierre à dresser. Voici en quoi consiste ce double mouvement de rotation. En même temps que la plaque octogouole se déplace circulalrementsurlapierreàdresser, elle tourne sur elle>mAme,iuitour
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du tourillon /, si bien que son mouvement peut être comparé à celui de la main d'un ouvrier qui nettoie une glace ou une vitre. La plaque
FiG. 32. - Miichii
polir 1p marbre.
octogonale armée de disques de fonte est représentée à part (fig. 23), Pendant le dressage on jette sur le marbre de l'eau et du grès dur à gros grains. Au bout d'une heure et demie en général, le dressage étant terminé, on procède au doucissage, qui est un commencement 'de polissage; il s'effectue avec du grès h. grains plus fins et plus tendres. Le polissage se fait ensuite à l'aide de la même machine, dans laquelle on substitue à la plaque garnie de disques de fonte une plaque garnie de tampons de chancre. Le grès est remplacé par du plomb râpé et par de l'émeri plus ou moins fin. ,. ... „, , ,- ,
Vf . . ' , , , , t".. ïJ- — Plaque A polir le
Le polissage se fait encore a la mam dans miu-bie (vue en desious). beaucoup d'établissements. L'ouvrier frotte
d'abord à l'eau avec des morceaux de g;rès; il continue avec un grès artificiel appelé rabat, puis il emploie la pierre ponce, qui efface les r^es du rabat. A la ponce succèdent l'émeri, le plomb r&pé et la
en général, le aressagc
t6 INDUSTRIES EXTRACTIVES.
potée d'étain, que les ouvriers promènent successivement à la surface du marbre, à l'aide de tampons formés de bandes de toile roulées en cylindres.
Le polissage mécanique demande beaucoup moins de temps que celui qui se fait à la main : aussi l'emploie-t-on de préférence dans les grandes exploitations.
Quand le polissage est fini, on nettoie les surfaces et l'on augmente le brillant à l'aide de l'encaustique.