‹ La France industrielleChapitre 99 sur 170 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

La soie nous est fournie par le bombyx du mûrier, que l*on de ordinairement sous le nom de ver à soie. Cet animal, dont onél des quantités considérables dans les départements du Midi, et culièrement dans les Cévennes, est nourri avec des feuilles dem( dans des établissements agricoles appelés magnaneries.

C'est encore à Olivier de Serres, dont nous avons déjà parlé à] propros du sucre de betteraves, que la France doit son industrie séfri cîcole; ce fut, en effet, ce grand agriculteur qui engagea les Arfé*! chois à cultiver le mûrier, dont les feuilles devaient servir à la nourriture des vers à soie. Il publia en 1599 un ouvrage intitulé: ftte cueillette de la soye par la jiourriture des vers qui la forment, « Sott but était, disait-il, d'initier les peuples à tirer des entrailles de la terre le trésor de soye qui y est caché et, par ce moyen, mettre en évidence des millions d'or y croupissant. > Cet ouvrage fit une profonde impression sur le roi Henri IV, qui, malgré la résistance de Sully, fil faire par Olivier, dans le jardin des Tuileries, des essais dont le succès fut complet. Ils ne triomphèrent pas cependant des préjugés de Sullf, car M. Wolowski raconte que le roi fort mécontent vint un jour mr son ministre, et lui dit : a Je ne sais pas quelle fantaisie vous a prise de vouloir vous opposer à ce que je veux establîr pour mon co^tent^ ment particulier et enrichissement de mon royaume et pour oster l'oisiveté parmi nos peuples. » Sully répliqua : c S'il plaisait à Vostre Majesté d'escouter en patience mes raisons, je m'asseure qu'elle serait de mon opinion. — Oui-dà, répondit le roi, mais aussi je veux que vous entendiez après les miennes, car je m'asseure qu'elles vaudront mieux que les vostres. » Sully, après avoir exposé les motifs qui te portaient à considérer comme nuisible aux intérêts de la France rim* portation de l'industrie séricicole et après avoir écouté la réplique du roi, se soumit en disant : « Puisque telle est votre volonté absolue, j«

'en parle plus; le temps et la pratique vous apprendront que la rance n'est nullement propre à de telles babioles. »

Ces babioles devaient être pour la France une source féconde de chesses et lui produire annuellement un revenu de plus de 30000000 de francs I En 1820, on comptait déjà dans le départelent de TArdèche 1 600000 mûriers ; en 1834, 2000 000, et sans la laladie qui décime les vers à soie depuis vingt ans, on en comptelit aujourd'hui plus de 3 000 000.

C'est à la Voulte, près des rives du Rhône qu'on commence, dans

bas Vivarais, à voir se développer la culture du mûrier; c'est dans

plaine du Pouzin (Ardèche) qu'on admire les plus beaux types B cet arbre qui, comme on l'a dit souvent, est l'arbre d'or des évennes et du bas Dauphiné.

Le mûrier commence à végéter vers les premiers jours d'avril; les ers à soie éclosent dans le courant de mai. A cette époque les filaures du Vivarais et de la haute Provence suspendent leurs travaux Kmr permettre aux ouvrières d'aller cueillir la fenillée ou de travailler »mme magnanières dans les chambrées^ Elles partent à la pointe iu jour pour lamûrieraie ^ détachent les feuilles des pousses et les iéposent dans de grands sacs de toile blanche maintenus ouverts à raide d'un cerceau. Quand la feuillée arrive dans les magnaneries, Mila met sous des hangars pour la soustraire à l'action de la pluie et iDx ardeurs du soleil.

Les magnaneries ou chambrées sont des chambres dans lesquelles )n a installé, par étages superposés, des claies {levadous, canis) bnnées de roseaux réunis par des écorces de châtaignier (fig. 220) ; îes chambres doivent être disposées de manière à pouvoir être îhauffees et ventilées.

Quand le cultivateur juge, d'après l'état de végétation des mûriers, [u'il est temps de faire éclore les œufs pondus l'année précédente, il net ceux qu'il croit bons dans des boîtes qu'il porte dans une petite iambre ou ^/wre, dont la température devra, d'après Dandolo, être, e premier jour, de 14 degrés environ, puis portée sucessivement à 82 degrés, pendant les douze jours que durera cette incubation artiicielle. Lorsque les œufs prennent une couleur blanche, ce qui odique une éclosion prochaine, on les recouvre avec des feuilles de Mipier percées de trous; les vers, à mesure qu'ils naissent, traversent îes trous et on les recueille en leur présentant de jeunes rameaux de nûrier sur lesquels ils montent. On les porte alors à la chambrée, on es met sur du papier, et on leur donne un peu de feuille tendre coupée rès-menu.

INDlSTrilES îtV Vh'rrE-ME.NT ET UE U TOILETTE.

U'csl \h que vas'accom[ilir la vie du ver à soie, qui sera parti eu ciw\ Ages : le premier Age dure einiron tiiiq jours, au bouti t\\\eh le ver cesse do manger, s'endort et change de peau, c'est la le «octtiid ftjto est de quatre jours : la couleur des vers, qui était n

k U fin*t« (HTMairr *fÇ, **l »Ie««iie d'un gri^ clair; sur leur ilcw > |Mni «K-iiv li^ms i\^trt«^ «oiUxUes à des parentb^scïi et jUacéet tut* l'uue \if iMiirf. Dtinnt ks «k«u pramiers A^es la tenipëratun U cbMutir£« a dû Miv ^ IS A lï> dcftrtâ. Un itouvcau sommeil et li iwwwU* «m* MfiuvM wt 4$« 4d miâtate, {«endaiit lequel la (em mtMN «ta BiMiMBMie 4e 17 à 1S «kgrés : les vers ont graudi bei Cttup, laur voift wt pht» ndè. pAiticaBèrenicnt Is t^le ; leur cntili Mlii\w bboc ^KunAirv; U$ puwtsâcsit n'avoir plus de poil. Le q irijvne 1^ |irtot<h^ «ussi d'une moe, dure fept Jours. Jusqu'id

nUTDBE DE U SOIE. 37f

lanières ont distribué plusieurs fois pnr jour de la feuille coupée MI moins menu; à partir du milieu du quiitrièmc âge, on peut Bpenscr de haclier les feuilles. Après le réveil qui mil di.jque

clirysaljde, papillon, c

1, les ouiiriôrcs lèvent les vers en leur présentant des rameaux de îer et les répartissent dans des espaces de plus en plus grands à ure que leur ftge avance; il est évident que sur une surface déliiiée peut vivre, au premier âge, un nombre de vers à soie plus idcpi'nutiuatrième. Enfin, après une quatrième mue arrive le ciume â^e, (jui est le plus long et le plus décisif : il dure dix jours, Uidint ce temps les magnnnières doivent redoubler d'activité pour r les vers, les nourrir et maintenir les chambrées dans un

état hygiénique parfait ; la température ne doit plus être que de grés. Jusqu'au sixième jour, qui est le vingt-huitième de la y vers, son appétit va croissant, puis il décroît et Ton diminuée jour la quantité de feuilles. Au dixième jour apparaissent des ca res qui indiquent que la montée est proche, que les vers à soie vonl lorsqu'on met les feuilles sur les claies, ils montent dessus sa • manger, ils lèvent le cou (flg, 221) ayant Tairde chercher qu autre chose, la transparence de leur corps augmente, la peau di t^t très-ridée, etc. ; enfin ils paraissent avoir pris leur vo niaxinuun. Dandolo a remarqué qu'au bout du trentième joi pèsent neuf mille fois plus qu'au moment de leur naissance et ( sont doMMuis quarante fois plus grands.

Los luaiiuanières disposent alors entre les claies des tiges debni ou do ^onèt ^^lîir. 222); le ver moule sur ces branches et fabriqua

cocon. Pour cda, ' glandes placées sui flancs de l'animal eta tissant près de la boi laissent suinter ui quide visqueux qui par deux trous Irèsprochés appelés filièr iiô. m. - (jaies d« lig^-^ de bru.uTo. situés près de la lèvr

férieure (fig. 223). ( quide a la propriété de se SiJidiûer au contact de l'air. Si le verap en un point fixe la goutte qui sort de ces deux trous, elle s'y alta et si alors il éloigne la tète, le liquide sort des filières sous fonr deux fils qui se soudent en se solidifiant. C'est par un mouvei ci^nlinuel de la tête que le ver à soie, après avoir fixé le bout ^ aux branches de bruyère, fabrique un réseau dont il s'envelop qui so compo>e de couches suj^erposées et agglutinées; ce n'j appelé coctm^ constitue une prisi»n dans laquelle l'animal s'est formé lui-même. Quar.d !o ci^on est ache\o, ce qui a lieu au bo quatre jours en\iron, le ver à s<»ie se transforme en un être noi do forme o\oîdo et nommé chrysalide. Celle-ci, après quinze à jours, se transforme elle-même en un papillon, qui, pour sortir pris^m, est oWigx^ do percer les parois du cocon en frappant defc oonln* une jvi^rtion qu^il a mouillée. A leur sortie les papillons poi lo5i trufs qui doivent ser\ir à la propagation de l'espèce.

Mai>on Oiunprt^nd que la sortie de Tanimal a pour effet de 1 loii (lU qui forment les parois du cocon, et la soie des cocons \

nUTURE DE LA SOIE. 373

ëlre Utilisée ; aussi ne laisse-t-on arriver & l'état de papillon nombre de chrysalides nécessaire à l'entretien de l'espèce. aux autres, oti les fait mourir dans les cocons, c|ue l'on ur des tablettes disposées dans une armoire où l'on injecte

Fie. 223, — Appareil lécréieiir de In s(

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