‹ La France industrielleChapitre 100 sur 170 · On y diilingu; li GLivr · texte numérisé non relu

On y diilingu; li GLivr

apeur d'eau bouillante; en moins de trois minutes les chrysaont tuées par l'élévation de la température.

s avons supposé dans ce qui précède que tout se passait sans nt et marchait au gré des désirs du magnanier; malheureuse- ,1 n'en est pas toujours ainsi : il voit de terribles maladies se er au milieu de ses chambrées, les vers meurent et en quelques s'évanouissent toutes les espérances qu'il avait conçues sur le

produit de sa récolte. Depuis 18i9 surtout, ce terrible fléau a lait 4 bien tristes progrès et a porté la ruine au milieu de contrées jadk^ florisssantcs. M. Jeanjcan,[Iiabile et savant éducateur, faisait le suivant de cette situation, dans un travail couronné par TA du Gard en 1862 : c Le voyageur qui aurait parcouru, il y a quinzaine d'années, les montagnes des Cévennes et qui revi actuellement sur ses pas, serait étonné et vivement affecté des gements de toute nature qui se sont opérés en si peu de temps ces contrées. Jadis il voyait, sur le penchant des collines, des ho: agiles et robustes briser le roc, établir avec ses débris des murs dément construits, destinés à supporter une terre fertile mais pénii ment préparée, et élever ainsi jusqu'au sommet des monts des échelonnés plantés en mûriers. Ces hommes, malgré les fatigues d'i rude travail, étaient alors contents et heureux, parce que Tais régnait à leur foyer domestique. Aujourd'hui les plantations mûriers sont entièrement délaissées; Varbre d'or n'enrichit plus pays, et ces visages, autrefois radieux, sont maintenant mornes tristes; là où régnait l'abondance ont succédé la gène et le malaise. Ce tableau n'a rien d'exagéré, dit M. Pasteur, et la misère est même dans tous nos départements séricicoles.

dette situation ne pouvait manquer d'attirer l'attention dugouve^ nomcnt et dos savants. En 1805, le Sénat fut appelé à délibérer sar liiie pétition de trois mille cinq cent soixante-quatorze propriétaires do nos dr[)aitomonts séricicolos, roclaniant que le gouvernonieiit^înl on aide à lours nialheureusos populations par des déjrrèvemenl* ' d'hnpôts et par la mise à l'étude de toutes les questions qui se rattaclieraient au triste fléau. M. Dumas, que sa grande autorité dans h science et sa connaissance do l'industrie de la soie désio:naient au clioiv de SOS collègues du Sénat, fut chargé du rapport provoqué par cotte pétition. A la suite de ce rapport, M. Pasteur, qui avait déjà acquis une légitime célébrité par ses beaux travaux sur la fermentition, fut prié par le Ministre de Tagriculture d'aller étudier surplace les conditions, les causes du fléau dévastateur et de chercher le remède si désiré. Le savant directeur dos études scientifiques à T École normale partit au mois de juin 18C5 pour Alais, dans le déparlement du Gard, le plus important de tous nos départements pour la culture du mûrier et celui où la maladie sévissait avec le plus d'intensité. Df 1865 à 1869, il poursuivit sans relâche ses études, et eu 1870 il en publiait les résultats dans un ouvrage intitulé : Éludes sur la maladu des vers à soie. Moyen pratique assuré de la combattre et den pff* venir le retour.

)us ne pouvons ici reproduire les détails des travaux de M. Pas- , nous nous contenterons d'en exposer les principaux traits. vant lui la question avait déjà été étudiée par plusieurs savants çaîs et étrangers, parmi lesquelsnousciteronsM.de Quatrefages. s aucun d'eux, il faut le reconnaître, n'était arrivé à la connaisse exacte du mal et surtout à celle du remède qu'il convenait d'y 3rter. M. Pasteur, au contraire, en s'appuyant sur les travaux de devanciers, en discutant expérimentalement leurs conséquences, va à définir le fléau et à le ramener à deux causes principales. Le iroscope, qui, dans ses études sur la fermentation, lui avait déjà rni de si fécondes méthodes d'investigation, devait encore être le icipal instrument de ses recherches.

A. Pasteur affirme que tontes les misères [de l'industrie séricicole vent «Mre attribuées à deux maladies distinctes tantôt associées, tôt isolées : la pébrine et la flacherie.

japébrine, qui doit son nomàM. de Qualrefiiges, consistait surtout, vant ce naturaliste, en une espèce de grangrcne intérieure qui se élait par l'apparition de taches à la surface de la peau. M. Pasteur rouvé que l'existence de ces taches n'était qu'un des côtés accesresdela maladie, qu'un ver malade était toujours taché, mais que taches pouvaient exister sans qu'il y eût maladie. Le signe caracistîque de la pébrine est, d'après M. Pasteur, rexistence dans le ps de l'animal de corpuscules qu'on avait trouvés avant lui, mais \i il a défini la naturo et le rôle.

ja pébrine est excessivement contagieuse; elle se propage d'un ver autre, soit par les feuilles, soit par les piqûres que se font les vers montant les uns sur les autres, soit par les poussières fraîches des gnaneries. M. Pasteur a fait à ce sujet les expériences les plus cluantes. Beaucoup de personnes avaient craint que cette contan ne fût un obstable insurmontable à laguérison du mal, puisque )n elles des vers provenant d'œufs parfaitement sains pourraient î atteints par la maladie et mourir avant d'avoir pu faire leur on. C'est là qu'est peut-être le plus important résultat des travaux M. Pasteur : il a démontré d'une manière péremptoire qu'un œuf a et exempt de corpuscules donnerait toujours un ver capable de rson cocon ; ce ver pourrait, dans le cours de son existence, être eint par la pébrine, mais cette maladie ne ferait pas chez lui de ogres suffisants pour l'empêcher de filer sa soie. Tout revient donc employer une graine saine, des œufs dépourvus de corpuscules, îtte induction, à laquelle il avait été conduit dès le début de ses avaux, fut vérifiée par les expériences les plus formelles. Il préleva.

^n 18(56, quatorze échantillons de graines de diverses races faits Saint-Hippolyte (Gard), et, après les avoir étadîés, il envoyait, ft'vrier 1867, à M. Jeanjean, maire de cette ville, un pli cacheté fermant ses pronostics sur les résultats que Ton devrait obtenir cc^ quatorze graines. Ce pli ne fut ouvert qu'après l'éducation de 1887, et les prévisions de Tillustre chimiste se réalisèrent dans 13 surlA; encore avait-il fait quelques réserves au sujet de ces d cas exceptionnels.

Voici la méthode proposée par M. Pasteur pour l'étude des praî que Ton peut employer à la reproduction des vers à soie :

Quand on a une chambrée qui n'a pas été atteinte par la pébrinecC qu'on jupe que les cocons sont bien formés, ce qui a lieu en\ironsix jours après le commencement de la montée^ on prélève sans choii un demi à un kilogramme de cocons que Ton place dans uoe chambre chauffée, nuit et jour, à 25 ou 30 degrés Réaumur et entretenue à un certain déféré dhumidité par un large vase plein d*eiu placé sur le poêle ; on hiUe ainsi le développement des papillon*. Dès qu'ils commencent à sortir, on les broie, un à un, dans un mnrtier avec quelques gouttes d'eau ; on examine au microscope une goutte de la bouillie, et Ion note l'absence ou la présence de corpuscules, en indiquant, dans ce dernier cas, le nombre approximatif des corpuscules aperçus dans le cliamp d«» rin.strument. Si la portion des papillons corpusculeux ne dépasse pus 10 pour 100 dans les races intlii:ènes, on pont livrer au graina.ije toute la chambrée d'où proviennent les î papillons.

M. Pasteur préfère l'examen des papillons à celui des œuf>, il le trouve plus sûr et plus facile pour l'expérimentateur. ;

Tt'ls st)nt les principaux points de cette méthode d'investicatiini; S nous avons \oulu seulement en exposer le principe, en montrer ratilitc \ et doinier à ceux que celte question intéresse l'idée de lire et d'étudier attentivemiint le remarquable ouvrage de M. Pasteur.

Ajoutons cependant que M. Pasteur, frappé de ce fait que les ravages de la pébrine étaient bien moins terribles dans les ilépartemcMits de petite culture que dans ceux où l'éducation se faisait dans de plus grandes proportions, a pu attribuer le développement delà maladie à l'agglomérat ion des vrrs à soie. Il conseille aux d^•pa^t^ ments du Lot, de la (.orrèze, du Tarn-et-Garonne, de l'Aude, de?

Pyrénées-Orientales, des Hautes- et Masses-Alpes, de se li\rerau i:rai" nai-e en opérant sur des œufs primitivement sains. Il pense queees départements pourraient suffire à approvisioimer toute la France. H indique, du reste, dans son ouvrage une méthode d'éducation ccllu-

qui consisterait, pour les départements de grande culture, à îr dans des compartiments séparés les vers destinés à l'entretien espèce.

uant à la flacherie, ou maladie des morts-flats^ M. Pasteur la iidère comme tout à fait distincte de la pébrine; lorsque les vers lOnt atteints, ils ne mangent plus ou très-peu, restent étendus sur ord des claies et meurent bientôt. Leur corps noircit, se pourrit i vite, exhale une odeur fétide et a Taspect d'un boyau vide et té. •

a flacherie est une maladie des organes digestifs provoquée par le îloppement de productions organisées, de vibrions, de ferments, y déterminent une véritable fermentation. Elle peut être acciden-

et provenir, ou bien d'une trop grande accumulation des vers divers âges de Tinsecte, ou d'une trop grande élévation de temture au moment des mues ; elle peut être héréditaire et avoir pour e un affaiblissement général de l'espèce produit par la pébrine. amen de la poche stomacale des chrysalides permettra de relaître, par la présence des vibrions, celles dont les papillons leront des œufs qui produiront plus tard des vers susceptibles •e atteints de flacherie. M. Pasteur ajoute d'ailleurs que l'examen fers au moment de la montée, leur agilité, leur état général, fourni des données sufflsarament sûres au point de vue de la flacherie diqueront si Ion doit ou non les employer au grainage. Il affirme

est toujours possible de combattre la prédisposition d'une race

maladie par des précautions hygiéniques bien comprises, et nfin, par l'éducation cellulaire, on pourra régénérer facilement race quelconque, que celle-ci soit atteinte de flacherie ou de pée.

»s idées de M. Pasteur, quoique appuyées sur les expériences les

frappantes, ont rencontré à leur apparition une assez grande ;tance : il a eu à soutenir plus d'une polémique. Faut-il le reter? Non, puisque cette résistance l'a peut-être poussé à des inigations plus minutieuses et destinées à lui permettre d'établir sa rie sur des bases inébranlables. Qu'on me permette de citer ici ait qui m'est personnel et qui montre à la fois l'opposition que Pasteur a rencontrée et le retour de ses contradicteurs à des idées

justes.

orsqu'en octobre 1869 je suis allé dans le Midi étudier la filaî de la soie, j'avais déjà suivi avec le plus vif intérêt les travaux de Pasteur dans les Comptes retidus de i' Académie des sciences; je stionnai à ce sujet un honorable industriel dont je visitais l'éta-

blissement et lui demandai son opinion sur Tutilité de ces tni\'aiii, que je m'étais contenté jusque-là d'admirer. Je le trouvai fort sceptique et il me parut résumer en lui l'opinion de beaucoup des» confrères. Je me permis de n'être pas de son avis et de lai dire combien l'emploi du microscope me paraissait devoir être fécond dans l'étude de cette maladie mystérieuse qui jetait la désolation dans la contrée qu'il habitait. Au mois de février 1872, j'eus occasion de lui écrire pour lui demander de vouloir bien compléter les renseignements techniques qu'il m'avait fournis avec tant d'obligealicesurh filature de la soie ; je lui demandai aussi s'il avait conservé la même opinion sur les travaux de M. Pasteur.

Voici ce quïl me répondit : « Quant au système Pasteur, vous toib rappelez que je lui ai été d'abord peu favorable, mais la réalité cl l'évidence des résultats obtenus m'ont rendu un de ses partisans. Je serais très-désireux de voir vulgariser sa méthode, dont on n'a pas tiré tout le parti qu'on peut en tirer, parce qu'elle est souvent mal appliquée. De là déceptions probables pour les éducateurs qui s'en prendront au microscope, lequel n'aura guère été cor.sulté. »

Les cocons dans lesquels on a tué les chrysalides sont ensuite portés à la coconnièrej qui est un appartement très-haut, où se troutentdes étagères formées par des claies en jonc appelées canissars. Ils sont disposés sur ces claies par couches de 15 centimètres d'épaisseur environ. On les y laisse pendant trois mois, en ayant soin de les retourner tous les deux jours avec de grandes précautions, pouréviter l'humiditc qui est très-nuisible à la qualité de la soie, pour faciliter la dessiccation et chasser les mites. Au bout de ce temps les cocons sont secs et sont donnés à des femmes chargées d'en faire le triage^ do mettre de côté les doubles j c'est-à-dire ceux oîi il y a deux y«P8 qui ont enchevêtré leurs fils; la présence d'un seul double peut perdre tout un lot de soie au dévidage; une bonne ouvrière arrive à faire jusqu'à dix-neuf catégories. Lorsque les cocons ont été bien'désséchés, ils peuvent être conservés indéfiniment pour alimenter les filatures.

Le travail exercé dans ces établissements se divise en deux partie? principales : le tirage de la soie et le moidinage.

Le tirage consiste à dévider les cocons en réunissant plusieurs fit ensemble.

Les appareils employés pour cette opération sont excessivement simples; ils se composent d'une bassine en cuivre C (fig. 224 et 225) placée sur une table devant laquelle l'ouvrière est assise. Celte bassine renferme de l'eau chauffée à 90 degrés environ par un jet de

FÏLATUW

peur que l'on peut interrompre à volonti:;. En face de l'ouvrière et I avant de la bassine est une tige verLicale T refoiirbée et bifurquée )rès la courbure ; chaque branche porte un petit anneau d'agate ou vbin (fig. 226, A). Derrière l'ouvrière est une esptee de diîvidoir D

F -» 1 - Il 1 I [, d 1 s e

ommé tour, qui est mû mëcaDiquemcnt et sur lequel s enroulera la ; soie; devant lui e phce un appareil appelé tiembleiir RR qui se impose d'une tige horizontale soutenant des birbins et animée d'un louvement de^a et Ment parallèle a laxe de rotation du toun Ceci posé , vojons quelles sont les opérations exécutées par la leuse. Il faut d'abord qu'elle retrouve le bout du Gt de soie ; or, les OQches extérieures du cocon sont iri-égul ières, de qualité inférieure, i constituent ce qu'on appelle le frizon; l'ouvrière doit commencer

par s'en débarrasser. A cet effet, elle jette dans sa bassine une certaine quantité de cocons : les couches extérieures soumises à l'eau chaude (température 85 à 90 degrés) se désagrègent : c'est Vébouillantay. Au bout de quelques instants, h Taide d'un petit balai de bruyère nommé escoubette^ elle bat les cocons au milieu du liquide : c'est l'opération du battage. Les fils de soie s'attachent au brins du balai

et l'ouvrière tient bientôt tous les cocons suspendus à Teitrémité de son escoubette. Prenant alors d'une main le faisceau de fils, elle tire de l'autre jusqu'à ce que chaque fil sorte parfaitement net; à côté d'elle se trouve un vase rempli d'eau froide où elle trempe les doigts de temps en temps pour pouvoir supporter le contact de l'eau chaude daus laquelle plongent les cocons. Le frizon étant un déchet que l'on vend comme soie de qualité inférieure, il importe d'en faire le moins possible; c'est en cela que consistele talent de l'ouvrière dans cette dernière opération, que Ton appelle débavage. Lorsque le frizon est enlevé et que le fil sort bien net, on procède au dèidage; mais comme la soie est trop fine pour servir au tissage, l'ouvrière prend cinq ou six cocons dont elle passe les fils dans un desbarbins, celui de droite par exemple ; elle en fait autant pour celui de gauche. Dans le passage à travers le barbin les fils, se refroidissent et la matière gélatineuse en se solidifiant soude les six brins ensemble. On comprend qu'il suffirait d'attacher chacun des deux fils ainsi formés sur un dévidoir pour que les douze cocons se dévidant ensemble donnassent lieu à deux écheveaux composés chacun d'un fil à six brins.

Mais la soie ainsi obtenue ne serait pas régulière; elle ne serait m lisse ni arrondie. L'ouvrière obvie à cet inconvénient par une opération appelée croisurey qui consiste à prendre les deux faisceaux so^ tant du barbin et à les tordre sur eux-mêmes avec les doigts. Après la croisure que l'on voit en A (fig. 225) les deux fils sont ^écartés l'uï* de l'autre et passés chacun dans un des barbins du trembleur. U

Fie. 225. — Tirage de la soie.

FILATURE DE LA SOIE. 38i

poisure a pour effet, par la friction des deux faisceaux l'un sur l'autre, e donner de l'adhérence aux divers brins d'un même faisceau et 'arrondir les deux fils en même temps. Le mouvement du trembleur mpôche que le fil ne s'enroule toujours au même endroit du tour, et le épartit sur une largeur égale à celle dont il se déplace latéralement.

La soie d'un même cocon n'ayant pas la même grosseur et la même ïnuité dans toute sa longueur et devenant moins forte et moins nereuse quand on arrive à la fin du dovidage, il est évident que le fil Brait lui-même moins fort et moins nerveux à certains moments; our éviter cette irrégularité, on a soin de ne réunir que les fils de ocons n'étant pas au même degré de dévidage, de manière que les Isplus fins provenant des cocons avancés soient renforcés par les Us des cocons dont le dévidage ne fait que commencer.

La soie obtenue par les opérations que nous venons de décrire est ppelée soie grége; elle n'est pas encore propre au tissage ; il faut en "égulariser la surface et lui donner de la solidité par la torsion. C'est Me but du moulinage^ qui comprend plusieurs opérations.

On commence par mettre la soie dans des cuves en marbre où, iprès l'avoir arrosée avec de l'eau de savon, on l'abandonne pendant îngt-quatre heures. Ce mouillage a pour effet de lui donner une sou- >lesse qui lui est nécessaire pour ne pas casser dans les opérations •uivantes. Elle va ensuite au dévidage. Pour cela les flottes ou éche- ?eaux sont placés sur un dévidoir très-léger appelé tavelle^ d'où l'on lévide la soie pour l'enrouler sur une bobine nommée roquet. Dans 'intervalle qui sépare le roquet de la tavelle, le fil passe à travers ^ns espèce de pince garnie intérieurement de drap sur lequel sa surface s'égalise et se polit; cette pince arrête les aspérités, les bouchons. Comme l'ouvrière qui a tiré la soie des cocons n'a pas lié ensemble 'es bouts des fils provenant des différents groupes de cocons, celle qui préside au dévidage est surtout occupée à les réunir par des nœuds qu'elle fait avec une grande dextérité. Du dévidage les roquets vont su purgeagej où l'on fait passer le fil dans une série de pinces qui sont garnies de drap et enlèvent toutes les défectuosités. La soie se dé- ^ule du roquet pour s'enrouler sur une bobine et, dans l'intervalle 9ui les sépare, passe à travers les pinces. Ce mouvement, comme ^us ceux qui vont suivre, est produit mécaniquement.

On procède ensuite au doublage^ qui consiste à réunir sur une Diême bobine deux, trois ou quatre brins (Lyon emploie ordinaireïûent des fils formés de deux brins : c'est ce qu'on appelle les deux ^ôuts). Après le doublage \ient la torsion^ qui tord sur eux-mêmes les fils ainsi obtenus pour leur donner de la résistance.

Pour comprendre comment s'exécute cette torsion, il faut se reporter à ce que Ton doit faire pour tordre deux fils ensemble. D suffit évidemment de les placer à côté Tun de l'autre, de fixer Tune des extrémités du faisceau ainsi formé, de saisir l'autre extrémité dans une pince et de faire tourner celle-ci sur elle-même.

L'appareil sur lequel s'exécute la torsion se compose essentiellement (Og. 226) : 1° d'un cylindre A, appelé roquelle^ tournant autour de son axe et sur lequel s'enroulera la soie tordue ; 2^* de la bobine R venant du doublage; S"* d'un fuseau ou tige métallique pouvant Vm^ ner dans une crapaudine ou carcagnolle M et passant librement dam^ le trou que présente la bobine suivant son axe. Quand la bobine est placée, on fixe sur le fuseau un anneau de bois g appelé coronelle^ qm . porte des ailettes de fil de fer terminées chacune par un anneau h nommé barbin. Après avoir cherché le bout du faisceau de fils sur II . bobine, l'ouvrier le passe dans les barbins et l'attache à la roqudle. Celle-ci se mettant en mouvement fera tourner la bobine autour do fuseau, dévidera le fil / et l'enroulera. Si le fuseau était immobile, k fil s'enroulerait sans être tordu ; mais comme il tourne lui-même, les barbins dans leur mouvement de rotation autour de la bobine feront l'effet de la pince tournante dont nous avons parlé, et le fil se tordr» d'une quantité qui dépendra de la vitesse des roquclles et de celledu fuseau. Pour prendre un exemple supposons que pendant que laroquelle enroule 1 mètre de fil, le fuseau fasse un tour, ce mètre de fil sera tordu une fois sur lui-même; s'il en fait 80, la torsion sen 80 fois plus grande : on dit alors que X apprêt est 80. Pour donner une idée des dimensions et des vitesses des différentes parties de l'appareil que nous venons de décrire, nous dirons qu'avec des roquelles de 3(5 centimètres de circonférence et faisant 72 tours à la minute, pendant que les fuseaux en font 2073, on donne au fil l'apprfl 80 que nous avons pris pour exemple.

Ajoutons que la torsion donnée à le soie varie suivant les usages auxquels on la destine. La soie qui doit servir à faire la trame des tissus ne subit ordinairement qu'une seule torsion sur plusieurs fil? réunis : ordinairement deux fils, mais quelquefois trois ou quatre; l'apprêt en est faible et varie de 16 à 120 tours. Quant à Vorgansin qui est destiné à la chaîne, il reçoit deux apprêts : le premier, ou filage^ s'exécute à bout simple, c'est-à-dire sur un seul fil et donne une torsion de A 50 à 600 tours faits de droite à gauche; le second consiste à tordre ensemble deux, trois et même quatre fils déjà tordus; la torsion varie de 350 à 500 tours et va de gauche à droite.

Nous n'avons décrit que les organes essentiels du métier à îordr*

Le. Noufi ajouterons que ce métier se compose àe plusieurs étages ^acun desquels sont montés par rangées les organes dont nous tas de parler ; les fuseaux sont mis ea mouvement par une cour-

LL (fig. 226 et 227) ^ ^

passant autour du ier, les touche tous et ' communique le moulent d'un tambour T

à la \apeur ou par une e hydraulique. Quant : roquelles, elles sont les par des cylindres BB i frottent sur elles et iment autour d'un axe rallèle à leur axe de rolan. Le nombie des fuuix compris dans un Stier h tordre la soie rie; il est souvent de ; par étage et le nombre ■■ ceux-ci est trois ou utre, ce qui fait 2â2 fuani dans le premier cas

336 dans le second.

La torsion terminée, il

î reste plus à faire que le /laitage, qui consiste à disposer la soie en -heveaux ou flottes ; c^W» opération s'exécute sur un appareil nommé

Fig. iiG. — Tursiuii ilu la

FiG. 3â7. — Plan du moulin pour la torsion de la suie.

"itletir, composé de dévidoirs ou guindres. Les flottes sont ensuite îïsminées, triées et placées par petites masses appelées mafteattx. On ■ûit avoir soin de réunir solidement entre elles les extrémités du fil lui tonne l'écheveau, afin qu'elles puissent être facilement retrouvées 'près les opérations de la teinture.

La soie fabriquée dans les Cévennes et dans tout le MiJi par procédés que nous venons d'indiquer est vendue aux fabri d'étoffe, à Lyon spécialement. Ceux-ci, avant de la livrer au tisse: la font teindre, car toutes les étoffes de soie pure sont tissées en fil soie teinte. Nous ne pouvons décrire les opérations de la teio pour chaque genre de nuances, mais nous allons exposer les pii paux points du traitement auquel le teinturier soumet la soie.

La première opération qu'elle subit est la ct/iVe, qui a pour but dissoudre la matière gélatineuse qu'elle renferme. Pour cela onla en matteaux dans des sacs de toile que l'on place ensuite dans cuves remplies d'eau de savon bouillante. Le poids de savon em est de 25 à 30 pour 100 du poids de la soie. La mise en sacs a effet d'éviter les coups de bouillon^ c'est-à-dire d'empêcher qaeTag tation du liquide en ébullition tumultueuse ne froisse les fils etsurti ne les mêle. La cuite donne à la soie cette roideur'qui la 'rend quantc et cette rigidité qu'on recherche dans les étoffes. .

Après la cuite, la soie est renvoyée au lavoir et delàpa^eà teinture si elle est destinée à des couleurs foncées. Quand die rester blanche ou recevoir des couleurs claires et délicates, die su d'abord l'opération du blanchiment dans des chambres déplombe on la suspend pendant deux ou trois jours et où l'on fait brûler du soufre. Le gaz acide sulfureux produit par la combustion du soufre détruit la matière colorante naturelle du textile.

Lorsque la soie doit être amenée à l'état de soie dite soupk^ on b savonne pour la nettoyer et on l'assouplit dans un bain d'eau k»uillante contenant de l'acide sulfureux.

La teinture des soies à Lyon a subi depuis dix ans environ une véritable révolution : à l'exception des noirs, des cramoi.sis, J^^» ponceaux et des gris, ou couleur mode, elles se teignent a\ec ci> dissolutions de matières colorantes dérivées de l'aniline. Latcintiif^ se fait dans des chaudières en cuivre chauffées à la vapeur; les mat* tcaux pîissés dans des butons placés sur le bord des cuves sunt manœuvres par les ouvriers dans des bains acidulés par l'acide sulfariqH''»

Cette manœuvre, qui consiste à 'déplacer méthodiquement la h"»^ dans le bain, demande une grande habileté de la part de l'ouvrier.

Après la teinture la soie est lavée, puis elle subit Topératlun d<?'^ charge. Ce traitement regrettable, qui est passé dans les habiludei*'^ l'industrie lyonnaise par suite des exigences du consommateur, ^ pour but de charger l'étoffe de matières qui lui donnent du iioid^'^ soie se vendant au poids, il est évident que plus on la charge, pl"»^ peut abaisser le prix des étoffes. On la plonge dans un bain de su<^^

FIUTUHE DE I.A SOIE, lort avec une porliuii du bain qui a servi à teintfre : un passage à •ssoreuse, machine semblable aux turbines employ(5es dans la Fabri- Hion du sucre, la débarrasse de l'eau en excès et laisse à sa surface e cristallisé qui en augmente le poids. Cette pratique rend les s tachantes à l'eau.

a soie est teinte, on lui donne le brillant dt'sirablc par

'(^ration du chevillage^ qui consiste à passer les matteaux duns des ittviUesdo 70 centimètres environ, filées horizontalement contre un DUT (lig. 12'A). On leur fait subir une traction, puis en passant une 'lieville mobile dans rcxtri^mitë du raatteau opposé à la cheville fixe, in tord le malteau en tirant sur lui. Cette opération, qui s'exécute le dus souvent à la main, cxi^e une grande habitude de la part de ouvrier ; elle peut aussi être exécutée par d'infrénienses machines que Mus avons vues fonctionner chez MM. Guinon, Marnas et Bonnet Je Lyon) ; la ligure 229 en représente les principaux organes. Dci chevilles en acier poli A sont disposées horizontalement et etivenl tourner autour de leur axe : elles reçoivent les matteaux. Au- Essous de chacune d'elles est une cheville coudée T qui peut tourner ar elle-même dans un conduit vertical, à l'intôrieur duquel elle peut

886 INDUSTRIES Ut! VÈTEHEST ET DE L.\ TOH.EITE.

aussi glisser de ba? eii haut. La partie coudée étant entn^e dans Itï malteaitx, si l'on fait tourner les chevilles verticales, elles lordeulli soie qui, se raccourcissant par la torsion, les soulève, et coraniei supportent un poids de 100 kîl. les raattcatiT sont ici, coim*

Fie. S39. — Ctim'iUage Piécaniquo

dans le clie\il1age h la main, soumis iX la fois h la torsion el ï traction. Par le jeu môme de la machine les chevilles coudé» * mettent ensuite à tourner en sens inverse et descendent pour recommencer encore le môme mouvement.

La soie étant une substance tiès-hygromêtrique, il importe ç* l'acheteur sache ce qu'elle contient d'eau. Aussi toutes les soies vfiidues sont-elles livrées, à Lyon, à un établissement dit Cotufiliondtk noie, dans lequel on détermine la proportion de Gl contenue dans c» poids déterminé de la marchandise. A cet effet, on prélève plusîeur» échantillons que l'on pèse et que l'on expose ensuite à l'action d'un* ^ éluve chauffée à 102 au 103 degrés. La différence de p ' " "'" ~ après Tûtuvage donne la proportion d'eau.

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