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» trouver des frères et des situations lucratives, » c'était un véritable Eldorado.
» M. l'abbé Lelong nous a montré le Canada fran- » Çais sous son vrai jour.
» L'amour des Canadiens pour la France est un » mythe. Les habitants de la nouvelle France n’ont » Pour nous que de la politesse. Et quand ils nous » invitent à aller au Canada, c'est pour nous faire » cultiver leurs terres qu’ils abandonnent pour les » professions libérales. C’est une véritable traite des » blancs.
» L'opinion que M. Lelong nous a donnée du » Canada, n'est pas celle que feu Mgr Labelle et » M. Mercier ont essayé de nous faire partager.
» J'aime mieux me rallier à l'opinion de M. l'abbé
» Lelong, qui ne parle pas en Canadien, mais en » Français ayant résidé en Canada... »
C'était un extrait du rapport fait, le mardi 28 avril, la Société Sainte-Geneviève, des travaux de l'année 1590-1891, par M. l'abbé Murco, vicaire à Saint- Thomas-d’Aquin, à Paris.
Après avoir lu, je vous regardai, Monseigneur, avec une angoisse pénible, cherchant dans vos yeux, si pleins de bonté, à deviner ce que vous pensiez de ces paroles si injurieuses aux Canadiens.
Cette angoisse ne dura qu’un instant, car vous cûtes la bonté de me dire: « Mais lisez donc ce que j'ai mis en marge! » Et je lus, écrit de votre main, le mot « Odicux! ».
Vous dire le bonheur que j'éprouvai à la lecture de ce mot, véritable cri de votre cœur français, tombé de votre plume amicale, est impossible et J'y renonce. Cependant, laissez-moi vous dire que ce mot nous a fait du bien, à mes compagnons de voyage et à moi,
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et que tant que nous vivrons, nous vous bénirons pour avoir bien voulu venger le Canada de cette sanglante injure, si peu méritée, lancée sans réflexion, et j'aime à le croire, sans le vouloir, par deux prêtres français.
C’est pour répondre à cette calomnie, et sur votre bienveillante invitation, Monscigneur, que je suis ici ce soir. Je vais essayer de le faire avec plus de calme que je n’en ai; et je tâcherai de ne point mettre dans mes paroles l’amertume dont mon cœur de Canadienfrançais est rempli.
Le rapporteur, M. l’abbé Murco, déclare « aimer » mieux se rallier à l'opinion de M. l'abbé Lelong, » qui ne parle pas en canadien, mais en français » ayant résidé au Canada, » que d'accepter l'opinion » que feu Ms' Labelle et M. Mercier ont essayé de » lui faire partager. »
Il y a, dans ces paroles, l’aveu assez étrange d’un homme qui parle d’une chose qu’il ne connaît pas : M. l'abbé Murco n’a pas résidé au Canada comme M. l'abbé Lelong. Comment peut-il aimer mieux se rallier à l’opinion de celui-ci qu’à celle d’un prélat illustre et à la mienne? Ce sont deux témoins contre un ; deux témoins qui connaissent à fond ce dont ils parlent, contre un témoin qui ne sait rien du tout. Combien de temps l'abbé Lelong est-il resté au Canada ? Moins de deux ans, me dit-on. Où a-t-il été durant son séjour? Au séminaire de Saint-Sulpice, à Montréal, me dit-on encore. C'est-à-dire dans une communauté composée, en bonne partie, de français venus de la vieille France. Assurément, ce n’est point chez ces Messieurs, tous amis dévoués du Canada, qu’il a recueilli cette impression mauvaise et erronée. J’insiste sur ce point, car, interrogez qui vous voudrez au Canada, et l’on vous dira que les français du
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