‹ La France maritime (volume 2)Chapitre 39 sur 70 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

( Voyez page 144 et suhantes. )

La nécessité absolue pour notre commerce maritime d'une protection permanente sur les mers où ses spéculations appellent nos divers bûtimens; la nécessité d'une sanction exceptionnelle pour des réglemens particuliers dont, sans elle, Tapplioation serait impossible; la nécessité enfin d'une répression prompte et efficace pour la plupart des infractions et des délits maritimes que leur nature n>éme soustrairait constamment à l'action des tribunaux, nous ont fait consacrer plusieurs articles à chacune de ces spécialités; il ne nous reste donc, pour compléter cette série, qu'à résumer dans un coup-d'œil général jeté sur l'ensemble de cette branche importante de notre navigation, les résultats actuels de nos croisières et les avantages que, pour l'avenir, peut en retirer le pays.

Le principe d'où émanent les embarras de nos stations dans les nombreuses nécessités qui les réclament consiste surtout dans leur insuffisance numérique; il est bien regrettable que les exigences impérieuses de là politique n'aient point permis jusqu'à ce jour à nos chambres, et partant à l'administration, de consacrer au développement de nos croisières commerciales une partie des fonds qu'absorbent les autres nécessitésdu budget. Nous devons cependant n^us féliciter encore des résul- . tats que nous obtenons du peu de ressources dont a pu disposer depuis si long-temps l'administration maritime, et c'est ici le lieu de rectifier l'erreur que nous avons commise dans notre dernier article sur cette matière ^ sur. la confiance que nous avaient inspirée les renseignemens qu'on nous avait procurés.

Ce n'est point spécialement à nos colonies,

* La siifte prochainenicnt.

» Page 149, ligne 5. j^j

tdo

ntANCE MARITIME.

mak bien h testas les coloiiles occidentales, que Ton doit attribuer, d'après un relevé statistique publié par plusieurs journaux anglais, Fintroductioa de 300,000 esclaves noirs de 4830 à iSSO. Nos possessions caraïbes sont au contraire celles avec lesquelles les relations de ce commerce barbare ont toujours été les moins fréquentes. Depuis la promulgation de la loi de mars i831, toutes les traces de cette coupable industrie ont même complètement disparu sur les plages de nos Antilles, c Je saisis avec empressement , diit sait, le 38 [décembre 4852, à la tribimo de la

> Chambre des Pairs, M. le ministre de la ma- » rine, je saisis avec empressement cette occa-

> sion pour déclarer à la Chambre, de la manière » la plus formelle, que la traite des noirs a cessé » absolument sur tous les points de notre ter- » ritoire colonial et sous notre pavillon. Si la

> juste sévérité de la dernière loi a concouru f puissamment à ce réiultat, on doit aussi Tat-

> tribuer à Tinfluence de la civilisation et des luf mières, et c'est encore un progrès qu'il est doux t d'avoir à constater. »

Espérons que la paix , en dissipant ces vagues 4)raintes de conflagration où un brusque changement d'équilibre a jeté l'Europe, permettra, par Tamortissement des dépenses, de donner à nos croisières tous les développemens que réclame le oômmerce.

Espérons que nos représentans se convaincront que sans stations il n'est point d'avenir pour notre marine ; que c*est dans ces expéditions que les chefs, comme les matelots, se foraient, non * seulement au service régulier du bord, mais aux évolutions d'escadre, de l'exécution précise desquelles dépend presque toujours le suooès dans les engagemens en ligne.

Espérons enfin que les intérêts des sciences géologiques et astronomiques, que la rectification des erl^eurs géographiques dont nos cartes des plages éloignées abondent» contribueront, BTcc la considération des débouchés que l'étnde de ces pays peut ouvrir à notre commerce, à faire comprendre que la partie du budget consacrée à ces dépenses sera iw argent assez fécond pour qu'il ne soit pas regretté par le pays.

Une C(tmj)(tj5n^

DE LA PÉnOtlSE.

Le nom de La Pérouse brillera plus d^ne fois dans les pages de la France Mttritime. La part qu'il prit à plusieurs combats honorables pour la marine française sera mentionnée dans tes divers fragmens historiques dont ces affaires formeront

le sujet. Dans la relation qu'on ta Kre, U figure en première ligne, et c'est ce qni a déterminé notre préférence. Il nous a paru convenable d'm* trodttire La Pérouse snr la scène dans une occasion oà il remplit le rôle le plus émineni : dès-k>rs, l'entreprise contre les établissemens anglais de la baie d'Hudson venait se placer sous notre plume. C'est en effet la seule où La Pérouse ait été iBr vesti du commandement en chef, avant que la sagacité admirable de Louis XYI eût dicté à ce prince le choix qu'il fit de lui pour diriger l'espé* dition dont la funeste issue a causé tant de regrets à la nation française, ainsi qu'à tons les amia des sciences et de l'humanité.

La Pérouse se trouvait à Saint-Domingue avec l'armée navale qu'y avait heureusement ramenée le marquis de Vaudreuil après la déMstrense affaire du iâ avril i782. Expédié duCap^'Franpais par o»c amiral, il fit voile le 51 mai po^r U baie aHiidson avec une division ccnnposée du vaisaean de 74 canons U Scûptr$^ qu'il mcntttit, et des deux frégates de 36 canons l'À$M$ et VÉngégeani», commandées par MM. de Langle et La Jaille.

Cette division portait deux oeat cinquante hommes d'infanterie, quarante hommes d'artillerie, quatre canons de campagne, deux mortiers et trois cents bombes. M. de Rostaing, major d'infanterie, commandait les troupes; M. Leœrtain, capitaine d'artillerie, avait la direction de cette arme ; M. de Monneron, capitaine an corps royal du génie, devait, en cas de aiége, en conduire les opérations, et M. de Mansuy, capitaioe-iogénienr des colonies, était chargé de laveries plans des côtes que l'on allait parcourir.

L'époque et le lieu du départ n'avaient pas été convenablement choisis; et La Pérouse, qui, d'après le plan primitivement arrêté, devait partir de Boston le 46 mai, se trouvait en arrière de quinze jours et de plus de cinq cents lieues, et sentait combien ce retard pouvait compromettre le succès do son entreprise, la mer, dans les parages où il devait opérer, n'étant libre des glaces que durant nn espace de temps fort court et variable suivant le plus ou moins de chaleur des étés.

Malgré tous les soins qu'il prit pour accélérer la marche de ses bttimens et abréger la durée de la traversée, ce ne fut que le 17 juillet qu'il eut connaissance de l'Ile de la Résolntion. U se hâta de donner dans le détroit d'Hudson.

Ici les difficultés oommencèrent. Dès la pr^ mière journée on rencontra les glaces, et le lendemain les trois bfttimens s'y trouvèrent tellement enclavés que l'on pouvait communiquer à pied de l'un à l'autre. Il fallait, bon gré malgré, suivre les mouvemens de cetto masse flottante. Lorsque par intervalle elle venait & s'édairciret laissait quel* ques vides, on faisait tonte la voile possible afin de les franchir et avancer d'autant. Il fallut treize jours de cette navigation mm fatigante que daa^

y^ pu <rW;>^«' aveu rvurn. viu.pei^eh-u'n.t-.iify^aM- »,4ï,^;i^

idl

gcreuse pour pûsser le détroit. Uoe (bis entré dans la baie» La Pérousc trouva la mer libre et se flattait d'avoir surmonté tous les obstacles; nais son liabileté et sa persévérance devaient être mises à une nouvelle épreuve* A peine eut*il fait quelque chemin qu*il se trouva enveloppé de l^ruilies très-épaisses» et que les glaces flot* tantes, dont elles annoncent toujours Tappro*che dans les hautes latitudes, revinrent heurter les bâtimcns et les mettre en péril.

Le 5 août^ le ciel s'éclaircit ; mais tout l'espace que la vue pouvait embrasser du haut des mât« ne présentait qu'une immense plaine de glace. Voyant que ses bàtimens ne pouvaient ni avancer, ni reculer, La Pérouse crut qu'il serait forcé d'hiverner ainsi au milieu de la baie. Dans ce cas il n'eài point renoncé à son entreprise. Il aurait attendu que le froid eut pris assez d'intensité pour lui permettre de marcher avec ses troupes et sou artillerie contre les forts qu'il devait at-^ taquer. Cependant, au bout de deux jours» les glaces commencèrent à se séparer, et l'on aper* cevalt les limites de la banquàc dans laqmlle il s'était trouvé engagé. Il résolut de la franchir en forçant de voiles, quelques risques que pussent courir ses bàtimens. il y réussk aussi heureuse^ ment <pi'il l'avait déjà fait dans le détroit, et le 8 au soir il découvrit le pavillon du fort du Prince de Galles» l'un des principaux établissemens de la compagnie aj^;lai88 .

On s'avança la sonde k la main jusqu'à la distance d'une lieue et demie, la prudence ne permettant pas d'approcher davantage avant d'àvoir fait faire une reconnaissance exacte des abords de la forteresse et des défenses qu'elle présentait^ On s'assura ainsi que les bàtia»ens pouvaient s'embosser à une très-petite distance du fort» La Pérouse, convaincu que^pielques bordéesdu Scq^^suffiraientpour bouleverser le fort, si les ennemis entreprenaient de résister, wuhu auparavant savoir s'ils étaient disposés a la ré* sistance.

En conséquence» il fil tous les prépai^îs nécessaires pour opérer une desoente ^endaat ia nuit. Cette opération, quoique eontrariée par le vent et la marée, s'effectua sans opposition de la part de fennemi; et, malgré des moyens de défense qui semblaient lui pennetlre de réwster vigoureusement, il ouvrit les portes du fort à la première «omnaiioft. Le gouverueur et la garnison se rendirent à discrétion. La Pérouse fit surle^^hamp brûler cet éubUtseneat.

€etle première partie de ion entreprise étant acoomplte, La Péreuse mit à la voile le 11 janvier pour aller attaqwr Le fort dTork. Il ne parant à s'en approcher cpi'en trioin(dbant de toutes les difficultés que présente h navigatien sur une côte inoonnue, remplie de bas-fonds et pamemée d'écueits. Le SO août, après avoir cooru des dangers de toute éapèoe> U Sctffkt et ks àmx fré*

gâtes jetèrent l'ancre en 'vue du fort, à environ cinq lieues de terre.

N'ayant rien à craindre par mer des ennemis, La Pérouse laissa ses bàtimens à la garde de M. La Jaille, et, accompagné de M. de Langle, partit avec les embarcations qui portaient les troupes et l'artillerie, afin de diriger lui-même les opérations contre le fort, qu'il avait résolu d'attaquer du côté de terre.

Le fort d'York a été construit sur une lie nom* mée Ile Des Hayes, située à l'embouchure d'une grande rivière qu'elle divise en deux branches; celle qui passe devant le fort s'appelle la rivière Des Hayes» et l'autre la rivière de Nelson. La Pérouse ayant appris que tous les moyens de dé-* fense étaient établis sur la première, à l'embou* chure de laquelle était en outre mouillé un bâtiment de la compagnie d'Hudson, armé de 26 c^ nons, se décida à tourner la position et à aborder l'ile par k rivière de Nelson.

Le 21, le débarquement eut lieu avec une grande difficulté» à cause de la nature du terrain» le ri** vage étant couvert, jusqu'à la distance d'un quart de lieue dans les terres, d'une vase molle où l'on enfonçait quelquefois jusqu'aux genoux; on eut surtout une peine extrême à mettre l'artillerie à terre. Du point où l'on était descendu il y avait# pour gagner le fort» quatre lieues à faire, dont une partie en traversant des bois et des maraiâ où il n'existait aucun chemin. A^ant de se mettre en mardie» il fallut que les ingénieurs s'<)Ocupa»» sent d'en tracer un à la bouesole» el Les troupof s'établirent au bKouac Dans ia nuit» il survint un coup de vent qui causa à La Pérouse de vives inquiétudes sur le sort de ses bàtiuieus» U clier* cha à les rallier de sa personne, mais ne put y parvenir que le lendemain, dans un moment de calme, qui fut suivi d'un second coup de vent plus violent que le premier. Durant quelques jours, les tempêtes se succédèrent presque sans interruption. Les bàtimens de la division éprouvèrent de fortes avaries, rompirent des câbles et perdirent des ancres, et l'Engageante fut sur le point de se perdre corps et biens.

Pendant ce temps les troupes étaient arrivées, après une marche des plus pénibles, devant le fort d'York, qui leur fut livré saus résistance. Un troisième établissement, le fort Scvern, se rendit également à la simple approche des troupes fran* çaises.

Ces deux derniers forts furent détruits comme Pavait été le premier.

La Pérouse fit embarquer sur les bàtimens de la division autant de pelleteries et de marchandises de traite qu ils purent en prendre» et mit à la voile, emmenant avec lui les trois gouverneurs et les garnisons anglaises.

Le défaut absolu de résistance de la part de l'ennemi enleva à cette expédition tout l'éckt qu'elle eût pu avoir comme Ait 4'tnnes ; mm tH

obstacles et les périls dont elle fut accompagnée, et rextrômc habileté ainsi que le courage invincible qu'il fallut déployer pour surmonter les uns et affronter les autres, lui assignèrent un rang distingué parmi les plus belles entreprises de la marine française.

C'est en vain que Ton objecta dans le temps, pour rabaisser la gloire de La Pérouse, qu'il n'avait fait que ruiner une compagnie de marchands anglais. Aujourd'hui l'on est parfaitement convaincu que les pertes de ce genre retombent toujours sur la nation en général ; qu'attaquer l'Angleterre dans son commerce, c'est lui porter les coups les plus sensibles, et que la prise d'un de ses riches convois lui sera toujours plus funeste que la perte d'une grande bataille navale.

* L'expédition de la baie d'Hudson avait été décidée en décembre 1780, et devait avoir lieu dans l'été de 1781; mais, par une fatalité qui s'est trop souvent attachée aux opérations de la marine militaire de France, elle fut retardée d'un an. Ce délai, qui, de bien des manières, pouvait la faire échouer, est une chose qu'on a ignorée jusqu'ici. Ce qu'aucun historien non plus n'a pu dire, faute de le savoir, c'est que le plan de l'expédition avait été conçu par La Pérouse lui-même. On trouvera ci-après ce plan tel que La Pérouse l'avait tracé de sa main, avec des observations de M. de Fleurieu et une note marginale du ministre de Gastries. C'est aux travaux de la section historique créée il y a quelques années au dépôt de la marine, qu'on doit ladécouverte de ces pièces, et d'un grand nombre d'autres documens intéressans enfouis depuis plus de quarante ans au milieu d'une masse effrayante de papiers qui pourrissaient dans les galetas de l'hôtel de la Marine.

Projet tracé de la main de La Pérouse.

Si Texpédition dont nous nous sommes entretenus m'est confiée, il faut que le commandement du Fier, ou du Sagittaire, ou de VAmphion, ou du Sérapis " , me soit donné. Le dernier vaisseau est celui qui convient le mieux.

Ce bâtiment doit être doublé en cuivre, et, à moins qu'il ne soit hors de service, je réponds qu'une réparation de huit ou dix jours dans un bassin le rendra propre à tenir la mer encore trois ans, le doublage de cuivre conservant beaucoup les vaisseaux.

Je partirai de Brest avec une frégate, et j'escorterai jusqu'à Boston le convoi destiné à approvisionner l'escadre de M. de Ternay.

J'aurai embarqué sur mon vaisseau six petits canons de campagne, deux petits mortiers de huit pouces et quelques outils nécessaires à im siège. On croira à Brest que ces différons objets

* C'était le vaisseau que le fameux Paul Jones avait pria l^nx Anglais, aY«c son corsaire U JBonhommefiickard.

sont destinés pour M. de'Rochambeau, et on ignorera à Rhode-Island qu'ils sont à bord de mon bâtiment.

Je suppose que je serai arrivé à Boston le 15 mars. Je me joindrai ensuite à M. de ïernay lé plus tôt possible, si les ennemis ne s'y opposent point; mais on ne doit pas perdre de vue que, de Rhode-Island à Boston, l'on communique comme de Paris à Compiègne.

Je remettrai à MM. de Ternay et de Rocham* beau un paquet qu'ils auront ordre de n'ouvrir que le 15 mai. Ces lettres contiendront Tordre au général de mer de me détacher avec deux frégates, et au général de terre d'y embarquer cinq piquets d'infanterie de cinquante hommes^ avec trente hommes d'artillerie commandés par un bon officier de fortune qui ait fait la guerre.

Ce détachement sera commandé par un colonel que le ministre désignera à M. de Rochambeau. On lui donnera deux capitaines de grenadiers qui aient fait la guerre, et un ingénieur un peu intelligent.

Ces troupes embarcpiées le 16 mai, je partirai le même soir, si les vents le permettent, et je concerterai avec les généraux de ne faire l'embarquement que lorsque les vents seront bons.

J'arriverai à la baie d'Hudson lorsque les glaces auront débouché, vers la fin de juin.

Si, comme je l'espère, je suis assez heureux pour m'emparer du fort, je le détruirai en entier. Je donnerai aux sauvages ou je brûlerai tous les effets de traite que je ne pourrai emporter, et j'enverrai en France les pelleteries sous l'escorte d'une des deux frégates, sur laquelle sera embarqué le commandant en chef de l'expédition, qui apportera lui-même à Paris la nouvelle de sa propre conquête.

Il arrivera en France à la fin d'août ; je retournerai avec mon vaisseau etline frégate à Boston ou à Rhode-Island, et je rendrai à M. de Rochambeau les deux cent cinquante hommes qu'il nous aura prêtés pour trois mois.

Je remettrai , avec le plus grand plaisir à M. de Ternay le commandement de mon vaisseau, et reprendrai celui d'une frégate.

hk PiROtJSE.

A Paris, le l""' décembre 1780.

Observations de M. de Fleurieu.

D'après ce que M. de La Pérouse vient de me . communiquer de la part de Monseigneur, il n'est pas possible d'expédier tout de suite les ordres relatifs à l'expédition dont il s'agit.

Il parait nécessaire que l'entreprise soit concertée en partie avec M. le prince de Montbarey, puisqu'il faut que ce ministre adresse à M. le comte de Rochambeau des ordres analogues à ceux que Monseigneijur adre^aersi^à M. de Ternaji

FRâKCE

a8n qtie le gênerai de terré destine Icà deux cent cinquante Immmos (Tîrtfanterlc et trente tte TartiHeHe qui doivent être tirés du corps qtt'fl commande, et qu'il nomme le colonel et les officiers supérieurs qui doÎTent commander l'expédition pour la partie qui concerne la ter^.

Taurai Thonneur d observer à Monseigneur qite celte entreprise exige un envoi de six pièces de campagne, de deux mortiers, etc. , et des outils nécessaires* pour se retrancher, si besoin est.

Il sera nécessaire de faire la demande de ces pièces de campagne et de leurs accessoires au département de la guerre : la marine n'a point de bouches à feu de cette espèce*

Au resté, Mohseigneur voudra bien observer que, comme l'expédition ne peut avoir lieu qu'autant qtie le vaisseau de 50 canons sera arrive à l'Amérique, tous les ordres relatifs à cette entreprise peuvi^^nt être remis au commandant du vaisseau ; ce qui donnera du temps pour les préparatifs à ordonner, sans en annoncer l'objet.

Le chevalier de Flëurieu *.

Versailles, 1 1 décembre 1780.

Note du minisUre de Caêtrieà.

J'aurais préféré que M. de La Pérouse eût tout emporté avec lui ; mais, s'il y avait du retard dans les expéditions qui doivent partir jeudi ou vendredi, il n'y aurait en effet rieu de perdu, puisque ropérallon dépend du bâtiment qui doit partir à la fin de ce mois : ainsi, dites à M. de La Pérouse de partir, et qu'à une des deux époques il recevra les ordres convenus.

Gastries»

(Voir à k t^ancbe, le/zrr gimii^ des écritures de La Pérouse , du chevaUcr de Fleurieu et du miaistre de Castries.)

La Pérouse était un de ceà gûeirîers ati cœur noble et humain qui n'oublient jamais les égards dus au malhear. 11 en donna une preuve bien remarquable dans la campagne que nous \x;nons de raconter* Ayattt été informé qu*à son approche un grand nomirtre d'Anglais avalent quitté les étabHssemens de la compagnie, et s'étaient enfuis dans les bois pour éviter d'êt're faits prisonniers de guerre, il ftll touché des privations et des dangers auxquels cette résolution les avait exposés. Songeant que les fugitifs n'avnieut ni provisions de boudie pour pouvoir subsister, ni armes pour se défendre contre les attaques des sauvages, ce brave et géiftéréux ennemi leur laissa en partant des vivres, de^ armes et des mtmitîons : cette action rendit La Pérouse cher au cœur des Anglais.

' Ce fut M. de Fleurieu qui dirii^eà les opérations navales sous le minifitèrc de M. le maréchal de Castries; et la n'putatioti qu'acquit ce ministre, tant en "France qu*à Tétratig«rvtiut au choix qu'il Mftit su faire d'un «uMi liaMle CollaBorateur.

Page 1