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DU HAUT SÉNÉGAL

* vu o*iotts(I ) (rota-Mcucra sriao), nn u»« * varsxa L'africain,

Ut DEPART.

0 chauffeurs, intrépides chauffeurs, plus noirs encore que votre charbon 1 Quilifa, l'honnbadiara, félissa! bas les coussatfs.. (principal vêtement) (2) !

(1) Griotlt. Ce» chanteurs publics forment une classe réprouvée qui cm t'allie 4 aucune autre; cependant les Nègre» le* redoutent beaucoup, à came du privilège qu'ils ont de chanter les louange» ou de déverser le blâme : malheur 4 qui ne Ira paye paa bien !... Les chefs surtout leur font beaucoup de cadeaux; il y en avait trois 4 bord de l'Africain : leurs chants et leur musique sont nécessaires pour aaimer dans le» divers travaux les uislelots noirs indolents par nature. L'équipage était exclusivement coin»

Cosé de ce* derniers, a cause de la mortalité qui uYciuic les lauca dans le fleuve.

(2) Coussave. Ce vêlement se compose tout simplement d'une large lèse de toile ou de coton, au milieu de laquelle Us ont une ouverture pour passer la télé ; les deux extré-

préparer-voust... nous allons visiter nn lointain pays.... longue sera la course, fatigant sera le voyage... faites briller dans vos chevaux-vapeur, comme disent les Toubabi (les Européens), l'inépuisable vigueur de Borak ; Borax , noble jument du vrai prophète, qui franchit avec elle le pont large comme un cheveu et arriva dans les ciels divers, où les justes hument la félicité divine au milieu des faouris au tissu d*ébène!... et chauffez bien ! car le charbon ne manquera pas à vos larges pelles ! l'huile et le suif fondu seront versés à flots pour entretenir le moelleux de la machine.... veillez le niveau d'eau des chaudières surtout, mes noirs démonsl... sinon, le baroum takar (5) ( roi de la fumée ou le capitaine do l'Africain) nous Ta souvent répété, nous danserons tous en l'air sans tam-tam (grossier tambour des Griottes)!... Adieu JVVdr ( Saint- Louis, chef- lieu de nos établissements)! toi dont les pieds reposent sur le sable!... toi dont les cases, blanches comme du lait de chèvre, semblent sortir du fleuve quand le voyageur t'aperçoit de loin, adieu...! Au delà de Gala m, là où le Sénégal précipite son cours impétueux en franchissant les rochers du Félou, le baroum N'dar (roi de Saint-Louis on le gouverneur) et le baroum takar vont transporter une partie do ta puissance militaire et commerciale.... Les chaudières grondent, l'ancre est levée par lesfoptots (matelots nègres), aux sons joyeux de mon tam-tam..,. La vapeur siffle... les roues s ébranlent... nous sommes partis!... Rapaces (domestiques noirs ) du baroum-takor ! versez on coup do tangara (4) ( eau-de-vie très-forte ) aux braves chauffeurs, et ils nous feront faire vingt miUesî... versez un autre coup de tangara, et Us nous feront taire trente nouveaux nulles J

TRIBUT BC MAIWGOT.

Dans quel labyrinthe d'Iles vertes et boisées le Sénégal va, vient, tourne et revient avant de baigner la sablonneuse N'dar...! la pirogue peut se laisser aller au fil du courant en s'aidant à peine de b pagaye (avirons des nègres)... là elle contourne un fourré de bois... ici un pré aux herbes touffues... plus loin elle s'enfonce sous

mités de la lèse retombent ensuite devant et derrière jusqu'aux genoux environ.

(3) Baroum takar. Ce qui frappe le plus Icj Siégres dans le bateau a vapeur, c'est la fumée qui s'échappe à gros flocons du tuyau ; par suite, ils ont identifié fumée et bateau, et n'appellent plus ce dernier que takar, qui signiUe fumée dans la langue jotove : le capitaine est donc * leurs yeux le baroum takar, c'est-à-dire le roi de la fumée.

(4) Sangara. Le* chauffeurs généralement »»•« mauvais sectateur» de Mahomet, sont avide» de cette mauvais eaudc-vic très forte, uié!augéc de |ioivre : il est vrai qu'ils ont be»nin d'un violent stimulant pour travailler dans une machine où le thermomètre accuse GO et Si* centigrades ; In corps nu, ruisselant de sueurs, ils chantent meut lu refrains dttgrioftci pour s'animer.

une voAte épaisse dont les arbre* encore vierges n'ont jamais bissé pénétrer les rayons do soleil... mais tremblez!... ces Iles attrayantes, ces ilarigoti ( nom de ces Iles marécageuses ) sont formés d'un impur limon qui attaque la vie de l'homme... là, règne la fièvre dévorante, qui imprime le mortel frisson à tous les membres et les ronge jusqu'aux os !...

Quels sont ces cris de Bagnas ( cris de joie de cette fête ) que poussent les la plots en se livrant a leurs danses lascive»!... Dagnas ! ah ! c'est le marigot des maringouins!... allons, mes élèvesgriottes, faisons résonner nos tam-tams des airs» les plus dansants... Bagnas talions ! Toubabs(\es Européens), payez-nous le trihutd'usage!... acheteznous le droit de passer ce marigot, comme vous achetés aux laptott de France le droit de passer le père Tropique!... Merci, généreux Toubabs, merci!... voici, pour vous chauffeurs, laptott! voici des pièces àeguinée (toiles bleues «le l'Inde)!., voici des têtes de tabac!... pariagez-vous les morceaux de ces guinées et faiies-en des coussaves flottants...! Bagnai! versez un coup de sa n gara à nos chauffeurs, et nons ferons vingt milles..! à un second coup de sangara nous ferons vingt antres milles.

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