DES ASSEMBLÉES LOCALES
La plupart des personnes qui ont particulièrement étudié ces matières sont d'accord pour remplacer par des conseils cantonaux nos conseils actuels d'arrondissement. Eufm le conseil général ne doit pas seulement statuer sur plus d'objets, constituer librement son bureau , être affranchi , sur beaucoup de points, de la nécessité de la sanction administrative pour les délibérations qu'il a cru devoir prendre (sauf le cas d'impôts excessifs ou d'engagements financiers téméraires que la tutelle parlementaire servirait à empêcher), il doit encore être représenté dans l'intervalle de ses sessions par une commission permanente, élue dans son sein pour un temps limité, et chargée de veiller en son absence à Texécution fidèle de ses résolutions. Les agents administratif^ du département relèveraient de cette commission, et seraient nommés et payés par elle. Ainsi serait diminué le patronage excessif dont l'administration est investie, et ceux qui aspirent aux fonctions dépaiiementales n'auraient plus les yeux uniquement tournés vers le pouvoir. Élu pour six ans,
et renouvelable par moitié tous les trois ans, le conseil général serait en communication plus fréquente et plus facile avec Topinion dont le concours lui serait désormais nécessaire, puisque ses pouvoirs seraient plus étendus. II va sans dire que les magistrats de -.tout ordre seraient inéligibles au conseil général, et ne seraient pas exposés au soupçon de garder sur leur siège de juge le souvenir involontaire de leurs luttes électorales.
Il y a, de plus, certains intérêts communs entre des départements voisins que peuvent rapprocher leur constitution géographique, leur industrie, l'usage et Tentretien de certaines voies de communication, ou de certains établissements d'utilité publique : cette heureuse communauté d'intérêts peut donner lieu à des réunions périodiques d'un certain nombre de conseils généraux ou de délégués de conseils généraux qui formeraient un conseil régional^ chargé de délibérer sur les voies et moyens nécessaires pour assurer l'accomplissement de l'œuvre commune. Il est
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facile de déferrarner Je sujet de «es déHbéralioDS et de les restreindre à leur objet légitime, qui est d'agrandir Taction et l'utile autorité û^ assemblées départementales sans diminuer l'aatorité, supérieure à toute autre, du Parlement national. Ces réunions de plusieurs conseils généraux en conseil régional auraient encore un autreobjet que nws expliquerons plus tard quand nous IraileroQs de la formation de la Chambre haute.
L'ensemble de ces réformes aurait pour principaux résultats de changer la commune, le canton, le déparlement en autant d'écoles pratiques de la vie publique; de donner satisfaction sur place par des travaux utiles et par la juste distinction qui en serait la suite, à des ambitions légitimes qui se consument aujourd'hui dans le mécontentement et l'obscurité, ou qui assiègent inutilement les avenues encombrées du pouvoir central ; d'intéresser enfm un grand nombre de citoyens à la bonne administration de la chose publique, et de répandre, par la pratique ou
p^r l'exemple, les salutaires habitudes de libre discussion et de responsabilité personnelle jusque dans les rangs les plus humbles de la nation.