De la Loire-Inférieure
sion sur la pétition du conseil municipal de Vitré, contre les Frères de l'instruction chrétienne ; et je commence par déclarer que je le demanderais également sur toute pétition restrictive de la liberté d'enseignement, à quelque communion qu'appartinssent les pétitionnaires. Cette pétition. Messieurs, n'est pas de notre époque ; c'est une de ces tentatives arriérées de réaction que tous les esprits éclairés, de quelque opinion qu'ils soient, ont unanimement répudiées. Elle ferait rougir Fesprit de 183/i ! C'est un acte de tyrannie et d'oppression qu'on vous propose de sanctionner ! Elle ne prouve qu'une chose. Messieurs, c'est qu'il est des hommes en France qui, après quarante ans d'éducation politique, n'ont pas encore épelé l'alphabet de la liberté 1 Je ne crains pas qu'une semblable pétition trouve faveur dans cette Chambre; elle a trop de lumières et de tolérance pour ne pas vouloir la liberté pour tous, pour ne pas comprendre que là où elle n'existe pas pour tous elle n'existe pour personne.
Tandis que le cri public demande la multiplication de l'enseignement pour les classes laborieuses, tandis que de toutes parts, sous toutes les bannières d'opinions opposées, on est d'accord sur une seule nécessité, l'instruction populaire, quand tout proclame l'urgence des lumières, quand la religion comme l'humanité, la philanthropie comme la politique, forment partout des associations et des écoles pour arracher le peuple à l'ignorance, à cette ignorance qui égare et qui stupéfie comme les ténèbres; quand nous applaudissons tous à ces généreux efforts qui seront l'honneur de notre siècle, et que nous les secondons de nos votes comme députés et de nos vœux comme citoyens, que vient-on nous demander, Messieurs? De chasser du sol deâ hommes qui ne font d'autre vœu que de consacrer leur vie à la propagation de la morale évangélique, des hommes qui ne demandent que la liberté du dévouement, que le droit de se sacrifier gratis ou pour un prix qui n'est pas de ce monde, à l'enseignement des classes pauvres ! Et que veut dire cette pétition. Messieurs, si ce n'est qu'il faut violer toute liberté, toute volonté jusque dans son plus inviolable sanctuaire, jusque dans le cœur et dans la conscience du père de famille? Messieurs, si les pétitionnaires de Vitré eussent visité ces contrées