AUX ÉLECTEURS DE MAÇON
20 juin 1834 K
Messieurs,
On vient de répandre contre moi un écrit dont la signature a pour garantie l'anonyme, et dont chaque parole est une calomnie de mes opinions.
Je ne brigue pas les suffrages, mais je n'accepte pas les flétrissures.
On m'accuse d'alliance républicaine; et ce sont les républicains qui m'attaquent !
On m'accuse de perfidie ; et j'ai pensé tout haut devant mes amis comme devant mes ennemis !
De fanatisme religieux; et j'ai demandé dans mes écrits <5omme à la tribune la seule garantie définitive d'une tolérance universelle, l'indépendance mutuelle de l'Église et de l'État !
D'obscurantisme ; et j'ai proclamé que le salut de la France était tout entier dans l'instruction prodiguée gratis au peuple!
De monopole jésuitique; et j'ai établi en principe et en droit la libre concurrence de tous les cultes et de tous les enseignements I
D'absolutisme ; et j'ai dit que la raison était la seule souveraineté légitime, et la liberté le seul moyen de gouvernement!
D'aristocratie ; et j'ai écrit que le christianisme avait triomphé de toutes les aristocraties oppressives, que la seule aristo-
1. La session de 1834 close le 24 mai, la Chambre des députés fut dissoute le lendemain , et les collèges électoraux convoqués pour le 21 juin.