AUX ÉLECTEURS DE MAÇON
cratie était celle de la capacité et de la vertu , et que tout gouvernement qui consacrait des classes privilégiées consacrait riniquité devant Dieu et l'absurde devant les hommes I
De carlisme ; et j'ai prêté serment au nouveau gouvernement de mon pays, et j'ai dit que la nation avait le premier droit sur ses enfants, et qu'un citoyen devait tout sacrifier aux nécessités de sa patrie, excepté ses affections et son honneur !
Enfin, de n'être pas un homme de Juillet! et je n'ai point à m'en excuser! Je ne veux être, je ne suis ni un homme de Juillet, ni un homme de 1815, ni un homme de 1830, mais un homme de toutes les dates progressives et de tous les systèmes utiles à son pays !
D'où vient donc cet acharnement de réprobation dans ma ville natale contre moi? D'où vient que chaque fois que j'y rentre pour vojgr avec vous, un ajournement me repousse, ou une diatribe politique me salue? Je sais trop pourquoi : ce n'est pas à moi de vous le dire ; mais écoutez !
A Rome, dans le temps des proscriptions populaires, un des proscripteurs poignarda un patricien dans la rue ; le coup ne fut pas mortel. A peine le patricien fut-il guéri de sa blessure qu'on le cita devant les décemvirs. 11 y parut avec l'inquiétude de l'innocence quand elle a ses ennemis pour juges, et reconnut son assassin dans^on accusateur. De quoi m'accuses-tu? lui dit-il. Je t'accuse, répondit le dénonciateur, je t'accuse de Ji'être pas mort du coup que je t'ai porté!...
Voilà la justice des partis! ils vous frappent dans l'ombre; vous survivez ; ils vous accusent de survivre et s'irritent de leur impuissance. Mais leur impuissance est leur supplice. L'innocence n'avait autrefois qu'un vengeur : la postérité. Elle en a trois maintenant : la postérité, la presse et la conscience des gens de bien. Depuis que la parole est libre, la vérité est devenue infaillible.
Électeurs ! nommez-moi ou ne me nommez pas , qu'importe! J'honore moi-même mon concurrent; je ne mendie pas la faveur : mais je veux votre estime, et c'est pourquoi j'ai répondu *.
1. M. de Lamartine nommé par deux collèges, Bergues et M&con, opta pour Bergues.
Chambre des DépuTés. — Séance du 30 décembre 1834.
A Touverture de la session de 1835, le ministre de Tintérieur, M. Thiers, avait demandé un crédit de 360,000 francs pour la construction d'une salle judiciaire dans le palais du Luxembourg à l'occasion du procès d'avril, porté devant la Chambre^es pairs. Le ministre, qui avait fait de la résistance le programme du cabinet du 19 novembre, déclara, dans l'exposé des motifs, que le gouvernement avait désiré l'amnistie, mais qu'actuellement elle lui paraissait impossible. La commission avait cherché à enlever au projet de loi son caractère de circonstance en proposant d'allouer une somme de 1,280,000 francs pour l'édification d'une salle définitive des séances de la Chambre des pairs. M. de Lamartine, allant au fond de la question, y retrouva le système de politique répressive qu'il avait dénoncé au pays. 11 adjurait la chambre nouvelle de se prononcer par le vote contre la rigueur que réclamait le ministre pour la générosité que demandait la France.
Messieurs,
Après le magnifique et consolant tableau que M. le ministre des finances * vient de dérouler de notre prospérité matérielle, il est affligeant pour nous d'avoir à détourner vos regards sur le sujet qui nous occupe, sur les discordes des partis et sur les sévérités du pouvoir. Et cependant un mot, un seul, vous suffirait, selon nous, pour compléter le tableau, pour changer