SUR LE DUEL
être employée avec succès contre le duel. Nous venons de voir en Angleterre et en Amérique surtout les sociétés de tempérance introduire presque soudainement dans les dernières classes d'un peuple adonné à l'abus des liqueurs fortes une admirable sobriété. Le vice a cédé à l'amour-propre ; on s'est tenu la parole qu'on s'était religieusement donnée, et en deux années l'usage des eaux-de-vie et du vin. a été réduit de deux cent mille hectolitres : l'ivresse a disparu sous le mépris du peuple même.
Ne pourrions-nous pas, Messieurs, chercher dans des associations de cette nature le remède au mal dont nous nous plaignons? Pour refuser seul un duel, il faut un courage trop héroïque ; pour le refuser d'avance en communauté avec un grand nombre de jeunes hommes associés dans un but moral, il ne faut qu'une ferme et généreuse résolution. La honte disparaît. La responsabilité du refus, en portant sur l'association tout entière, ne porterait sur personne, et ces sociétés de justice et d'humanité, plus utiles et plus religieuses que les sociétés de tempérance qui ne préviennent que des vices, préviendraient le crime de nos mœurs et épargneraient le sang humain. Je demande le renvoi au ministre de la justice.
SUR LA