‹ La France pendant la RévolutionChapitre 23 sur 23 · S APPENDICE · texte numérisé non relu

S APPENDICE

que réglise étoit un coupe-gorge et que je n'y resterois pas. Je rappelai les ofBcîers : MM. de Glutz, aide-major, de Luze, de La Corbière me suivirent. M. Joseph de Zimmermann, trop avancé dans réglise, me perdit de vue. Le député, en me disant des duretés, Gnit par nous assurer qu'il vouloit nous conduire dans un endroit où nous serions en sûreté. Kn effet, il nous mena au Comité de surveillance où étoient déjà renfermés MM. de Salis, capitaine, de CGffer, capitaine, de Zimmermann, maréchal de camp, d'Eriist, Diesbach, de Steinbrugg, Gibelin, de Zimmermann Gis, et Castella d'Orgemont.

Quelque tems après, le député nous envoya quelques rafraîchissemens ; d'autres vinrent nous considérer comme des bétes curieuses.

Sur le soir enGn, un député allemand, nommé Bruat, vint nous parler avec intérêt et nous dit en allemand : u Je vais faire. « mon possible pour vous sauver. » Il Gt venir un fripier qui nous apporta de mauvaises culottes et redingotes que nous payâmes fort cher. Chacun s'habilla et sortit à la hâte. MM. de Salis, de CGffer et moi sommes sortis les derniers. M. Bruat nous dit qu'il nous conduiroit à minuit par les corridors où il n'y avoit pas de sentinelljes.

Nous sortîmes en effet à minuit, sans trouver de sentinelles, et arrivâmes à la place Vendôme. M. Bruat voulut d'abord nous conduire chez lui ; il changea d'avis, y trouvant du danger. Je le priai de nous ramener chez moi^ présumant qu'on ne soupçon^ neroit pas les Suisses d'aller coucher chez eux. Il trouva mou idée bonne, et en nous quittant, il nous pria de ne jamais parler de lui, si nous étions arrêtés.

Le 11, à quatre heures du matin, un de ses parens vint nous dire de sa part de nous sauver au plus tôt. Nous nous séparâmes en nous embrassant et en nous conGant à la garde de Dieu dans ce pays, de liberté. Par des événemens fort extraordinaires, nous sommes parvenus tous les trois à rentrer dans nos foyers.

Tous les ofGciers blessés ont été massacrés, excepté M. de Hépond qui a pu s'échapper, malgré un coup de fusil qu'il a reçu au travers la jambe. .->

APPEIVDICE. AW$

Tel est le précis des principaux faits que j*ai vas avec les officiers ci-dessus qui se sont trouvés sous mon commandement. D*autres officiers, avec nos braves soldats, se sont battus et ont péri les armes à la main, soit dans le château, soit dans le jardin et à la place Louis XV. Beaucoup de témoins oculaires peuvent en donner le détail.

Signé : Joseph de Zimmermann, colonel d'infanterie; Glutz, aide-major ; Gibelin, sous-aide-major ; de La Corbière ; Roullin ; RÉPOND; DE LuzE, secoud lieutenant.

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