‹ La France pendant la RévolutionChapitre 22 sur 23 · A48 APPENDICE · texte numérisé non relu

A48 APPENDICE

nous crie : a De la part du Roi, je vous ordonne de cesser le feu tt et de vous retirer à TAssemblée nationale. » M répéta plus loin le même ordre, partout où les Suisses se battoient encore dans les cours avec les Marseillois, car ceux-ci, s^étant cachés dans le château en grand nombre, venoient d'en sortir au moment où ils virent notre foiblcsse et que nous n'avions plus de munitions. Je ralliai, ^avec MM. de Reding, de Salis, capitaine, de CCffer, capitaine, de Zimmermann, maréchal de camp, son fils^ de Glutz, aide-major, de Luze, Gibelin, Ignace de MaiUardoz,de La Corbière et d'autres officiers, nos soldats pour la retraite. En rentfant sous la porte du vestibule, je trouvai une pièce de canon chargée ; je la fis pointer contre la porte Royale, et j'ordonnai à un grenadier de lâcher un coup de fusil sur la lumière, si on venoit à nous poursuivre. Je donnois cet ordre, lorsqu'un grenadier me jette rudement contre un officier, en me disant : « On pointe sur vous. » Dans le moment, le coup part et enlève la marche sur laquelle j'étois placé auparavant. • MM. de Reding et de Glutz, aide-major, derrière le vestibule du côté du jardin, voulurent entraîner un canon sous le vestibule, et M. de Reding fut blessé. Lorsque nous le vîmes par terre, nous le crûmes mort ; il n'avoit que le bras cassé. Sa fin tragique €st assez connue'.

Je traversai le jardin avec MM. Joseph de Zimmermann, de Glutz, aide-major, de Luze, de Gross, de Gibelin, Ignace de Maillardoz et d'autres officiers. De toutes parts on tiroit des coups de fusil et de carabine sur nous. Je reçus une balle à travers mon chapeau, et je vis tomber le malheureux M. Gross, ayant la cuisse cassée. Je le fis emporter par deux soldats à une certaine distance.

En arrivant dans le corridor de l'Assemblée, plusieurs députés vinrent me dire qu'il falloit que je misse bas les armes, ne pouvant pas rester armé dans l'enceinte de l'Assemblée. Je répondis que, Payant refusé jusqu'à cette heure, je ne pouvois suivre leur •conseil ; que je ne mettrois bas les armes que par ordre du Roi.

* Voy. sur lui le tome I" f?- -"** ^e, p. 330.

APPENDICE. m

M. de Menou, maréchal de camp, me dit que le Roi étoit dans une loge de l'Assemblée ; je priai un député de vouloir bien m'y conduire, ce qu'il Gt. Je trouvai toute la famille royale, MM. de Choiseul, d'Hervilly, le prince de Poix et d'autres personnages de la Cour. Je dis au Roi : « Sire, on veut que je mette bas les « armes. Malgré le peu de monde qui me reste, je ne le ferai « que par vos ordres. » Le Roi répondit : « Posez vos armes, u bien entendu, entre les mains de la garde nationale ; je ne « veux pas que de braves gens comme vous périssent tous< »

La Reine, Madame Elizabeth, et d'autres qui étoient dans la loge du Roi, s'informèrent avec beaucoup d'intérêt si je n'étois pas blessé. Je me retirai pour me rendre dans la chambre où étoient MM. Joseph de Zimmermann, de Glutz, aide-major, de Luze, de La Corbière, Ignace de Maillardoz, d'Ernst et le restant de nos soldats, environ cent hommes. A peine fus-je entré dans la chambre, que le Roi eut la honte de m'envoyer un billet signé de sa main et dont voici les propres mots :

u Le Roi ordonne aux Suisses de poser à l'instant leurs armes a et de se retirer dans leurs casernes.

u Louis. »

Je fis poser en conséquence les armes dans un coin, malgré les difficultés de quelques soldats qui, quoique sans munitions, dirent : « Nous pouvons encore nous défendre avec la bayontf nette. »

Des députés vinrent nous dire de nous rendre à l'église des Feuillans, parce que nous étions trop exposés où nous étions, et qu'il falloit, pour notre sûrelé, que les soldats ôtassent leurs habita, pour qu'on n'aperçût aucun habit rouge dans le passage. Quelques soldats ayant suivi ce conseil, nous nous mîmes en marche pour nous rendre aux Feuillans. Tout le long de la route, nous fûmes accablés d'injures et de menaces. En entrant dans l'église des Feuillans, quatre sentinelles me dirent qne j'étois le plus coupable, ainsi que les autres officiers, qu'on alloit nous conduire toQ^iflMHHy[^wilicijpalité. Je dis au conducteur

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