Qu'aucun évôque n'usurpe les droits d'un autre évôque
18. Les diacres des villes ne doivent pas tant s'élever, mais déférer l'honneur aux prêtres et leur être subordonnés dans leurs fonctions. (Les diacres ne se contentaient pas de s'arroger le droit d'offrir le sacrifice de la messe. Le maniement des biens de l'Église qu'ils avaient, leur donnait une autorité dont ils abusaient quelquefois).
19. Si un évêque étranger vient dans une ville, on lui donnera place pour offrir le saint sacrifice. (Ce canon signifie que Pévêque du lieu devra par honneur lui céder son droit, pour cette fois , ainsi que le pape Anicet en usa envers saint Polycarpe).
20. Que personne ne s'arroge le droit d'ordonner seul un évêque et ne présume de le faire dans la suite, sans avoir avec lui sept autres évêques. S'il ne peut en trouver sept, qu'ils soient au moins trois.
21. Les prêtres et les diacres doivent servir dans les lieux auxquels leur ordination les a attachés. S'ils veulent les abandonner, et passer en d'autres Églises, ils seront déposés.
22. Si les apostats qui ne se présentent pas pour rentrer dans l'Église, et ne cherchent même pas à faire pénitence,
LA FKANCB PONTIFICALE.
étant surpris par la maladie, demandent la communion, il ne faut la leur donner que lorsqu'ils seront revenus en santé, et qu'ils auront fait de dignes fruits de pénitence. (On peut entendre ce dernier canon , ou du refus de l'absolution solennelle, ce qui n'empêchait pas. l'absolution sacramentelle, ou du refus de l'Eucharistie qui était la marque la plus solennelle de la communion dont elle a conservé le nom).
Tels sont les canons du premier concile d'Arles, le plus illustre qu'on eût vu jusqu'alors dans l'Église. Il- s'y trouva des évêques de toutes les provinces de l'Occident soumises à l'empire de Constantin, de l'Italie , de la Sicile, de l'Afrique, de la Gaule , de l'Espagne et de la Bretagne : on ne convient pas du nombre. Quelques auteurs et quelques manuscrits de ce concile marquent qu'il y avait jusqu'à six cents évêques , ce qui n'est pas vraisemblable. On n'en voit aujourd'hui dans les souscriptions que trente-trois avec les députés de douze absents, mais à en juger par la manière dont les Pères parlent de ce concile , il y a certainement lieu de croire qu'il était plus nombreux. Voici les noms des évêques de la Gaule, selon le rang qui est gardé dans la lettre au Pape, et qui est apparemment celui de la séance. Saint Marin d'Arles est le premier, ce qui fait présumer qu'il présida au concile en qualité d'évôque du lieu; viennent ensuite saint Agrèce de Trêves; Vocius de Lyon; saint Vère de Vienne; saint Rhétice d'Autun; Bétause de Reims; saint Materne de Cologne; Avitien de Rouen; Daphnus de Vaison ; Orienta] de Bordeaux. Les souscriptions marquent encore Mamertin d'Eause, Orèse de Marseille, et les députés des Églises de Javoulx , d'Orange, d'Apt et de Nice.
Les historiens ne nous ont point appris à quelle époque arriva le décès de saint Marin qui eut lieu vers Pan 320. Saxi et Bonnemant affirment qu'il assista au concile de Nicée, tenu en 325, contre les erreurs d'Arius. Cette opinion est insoutenable, puisque Ton sait qu'il n'y eut à ce concile qu'un seul évôque de la Gaule. Il se nommait Nicaise , et est indiqué comme évêque de Dijon. Cette ville n'étant point le siège d'un évêché, le P. Colombi a pensé avec quelque raison qu'il était évêque de Die , et Claude Robert présume qu'il était évêque de Digne. Toutefois, il ne serait pas impossible que ce Nicaise ait été évêque de Langres, et qu'il ait pris le titre d'évêque de Dijon, parce que celte ville était de ce diocèse, et que les évêques de Langres y faisaient souvent leur résidence.
Au rapport des historiens Zozime, Zonaras et Eusèbe, le 7 août 316, naquit à Arles Claudius-FlaviusJulius-Constantin, surnommé le Jeune , second fils de Constantin le Grand et le premier qu'il eut de Fausta , sa seconde femme. Gréé césar Tannée même de sa naissance , il fut plusieurs fois revêtu du consulat. Nommé gouverneur de la Gaule , de la Bretagne et de l'Espagne en 335, il garda ces provinces après la mort de son père, arrivée le 22 mai 337 , et y ajouta une partie de l'Afrique. Mécontent de sa part d'héritage , il réclama de son frère Constant le reste de l'Afrique et l'administration en commun de l'Italie. Constant n'y consentit pas, et son refus devint le signal d'une guerre civile pendant laquelle Constantin fut tué près d'Aquilée au mois d'avril 340.