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Si ceux qui sont tombés durant la persécution, ont re

ÀRCHIDIOCÈSE D'ARLES. — Ï8 —

noncé de plein gré à la foi, ils feront sept ans de pénitence, selon le, concile de Nicée , cinq ans parmi les catéchumènes, et deux ans parmi les pénitents qui sont admis aux prières et non à la participation de l'Eucharistie. Mais l'évéque peut les recevoir plus tùt à la communion, selon la douleur qu'ils feront paraître. (C'est ainsi que Rufin rapporte le canon du concile de Nicée en question, mais ce canon inflige positivement douze ans de pénitence).

11. Ceux que les supplices ont obligé de renoncer à la foi, ne feront que cinq ans de pénitence , soit deux ans parmi les catéchumènes, et trois ans parmi les pénitents exclus de la communion. (Les violences des barbares, partie ariens, partie payens qui ravageaient l'empire, donnaient lieu à ces canons).

12. Ceux qui sont morts en pénitence seront admis à la communion et Ton recevra leur oblation après leur mort.

13. Il est défendu aux ecclésiastiques de quitter leurs Églises, sous quelque prétexte que ce soit, et s'il se trouve que quelqu'un demeurant dans une autre Église, soit ordonné par l'évéque de cette Église, malgré son évéque, son ordination sera nulle.

14. Si un clerc prête son argent à usure, s'il se fait le fermier d'autrui, s'il exerce quelque négoce pour un gain sordide, qu'il soit déposé ou excommunié.

15. Il n'est pas permis à un diacre, sous peine de déposition, de s'asseoir parmi les prêtres dans le sanctuaire ou la salle secrète {ra&istu) de l'église, et d'administrer le corps de Jésus- Christ en leur présence.

16 et 17. On doit baptiser les photiniens et les paulianistes, selon les statuts des Pères, mais les bonosiens doivent être reçus par l'onction du chrême et l'imposition des mains , parce qu'ils sont baptisés, aussi bien que les ariens, au nom de la Trinité.

18 et 19. C'est à l'évéque d'Arles d'assembler le concile, comme il le juge à propos. Ceux que quelque inûrmité empêche de s'y rendre, doivent y envoyer des députés, et les autres doivent y venir, sous peine d'excommunication.

20. Les comédiens, et les conducteurs de chars dans les jeux publics sont excommuniés.

21 . Les pénitents qui se marient ou qui ont des commerces suspects sont excommuniés. (Ce canon doit s'entendre des hommes et des femmes soumis à la pénitence publique, et qui se remariaient après la mort de l'un des époux).

22. On n'imposera la pénitence publique aux personnes mariées que de leur consentement mutuel. (C'est qu'elle obligeait à la contineoce).

23. Un évéque qui, sans s'opposer au scandale, souffre par négligence dans son diocèse, que les infidèles allument des flambeaux et révèrent des arbres, des fontaines et des pierres, est coupable de sacrilège. Le seigneur du lieu ou celui qui ordonne ces superstitions, s'ils ne se corrigent, après avoir été avertis, seront retranchés de la communion.

24. Ceux qui accusent faussement leurs frères de crimes capitaux seront privés de la communion jusqu'à la fin de leur vie, s'ils ne font une pénitence proportionnée à la grandeur de leur péché , selon qu'il a été statué dans le grand concile (le 1« concile d'Arles, canon 44).

25. Les moines apostats qui ne veulent point se mettre en pénitence ne recevront point la communion avant de l'avoir subie , et ne seront jamais admis dans le clergé.

26. Les hérétiques en danger de mort qui veulent se convertir, si l'évoque n'y est pas, seront réconciliés par un prêtre avec l'onction du saint chrême.

27. Aucun des ministres qui ont reçu la charge de baptiser ne doit marcher sans le chrême , parce qu'il a été résolu parmi nous d'en faire l'onction une fois. Si quelqu'un par nécessité n'a pas reçu celte onction, on en avertira l'évêque à la confirmation , car, selon l'usage universel , il n'y a qu'une seule bénédiction du chrême, non que l'onction réitérée porte quelque préjudice, mais afin qu'on ne la croie pas nécessaire.

28. Ceux qui meurent dans le cours de leur pénitence ne recevront pas l'imposition réconciliatoire des mains', mais seulement la communion, ce qui suffit pour la consolation des mourants, selon les définitions des Pères qui ont nommé cette communion viatique. S'ils n'en meurent pas, ils demeureront au rang des pénitents, et après avoir montré de dignes fruits de pénitence, ils recevront la communion légitime avec l'imposition réconciliatoire des mains.

29. Il faut accorder la pénitence , même aux clercs qui la demandent.

30. L'on ne doit pas livrer ceux qui se réfugient dans les églises. Il faut les réconcilier avec leurs maîtres , et ceux qui les maltraiteront après leur sortie de l'église, seront excommuniés.

3i. Les clercs qui, dans les causes ecclésiastiques, ont recours à l'autorité séculière, seront excommuniés. On traitera de même les clercs qui ayant des procès entre eux , les portent , malgré Févéque , à un tribunal laïque, au lieu de les faire terminer par le jugement des évéques.

Le 32* canon et les canons suivants jusqu'au 46e inclusivement sont les mêmes que ceux du premier concile d'Orange. Il y a seulement cette différence entre les deux conciles, par rapport au 45« canon, qu'au lieu que le concile d'Orange n'avait défendu d'élever au-dessus du sous-diaconat que ceux qui auraient eu deux femmes, celui d'Arles y ajouta ceux qui auraient épousé une veuve. Le concile tenu en 474 à Valence, voulut môme qu'on déposât ceux qui auraient été ordonnés de la sorte.

47. Ceux qui retiennent les oblations des défunts, ou diffèrent de les donner à l'Église , seront excommuniés comme sacrilèges ou meurtriers de3 pauvres.

48. Celui qui ne voudra pas s'en tenir à une sentence prononcée par Tévêque, pourra en appeler au concile.

49. Celui qui a été excommunié par l'évôque doit être exclu , non-seulement de la compagnie et de la table des clercs, mais encore de celle dea autres fidèles.

50. On ne doit pas permettre à ceux qui ont des inimitiés publiques de se trouver à l'église avec les fidèles, jusqu'à ce qu'ils se soient réconciliés.

51. Les lois des empereurs sur les enfants exposés seront observées , et le dimanche , le diacre avertira le peuple qu'on a recueilli un enfant exposé, afin que ceux qui voudront le reconnaître, puissent le redemander dans l'espace de dix jours. Celui qui, après ce temps écoulé, inquiétera les personnes par lesquelles aura été recueilli l'enfant, sera excommunié comme un homicide.

52. Les filles qui, ayant voué à Dieu leur virginité, se marieront après l'âge de vingt-cinq ans, seront excommuniées avec leurs maris, mais néanmoins, on leur accordera la pénitence lorsque les uns et les autres la demanderont.

53. Si un esclave se donne lui-môme la mort , son maître n'en sera point responsable.

54. Pour exclure des élections la vénalité et la brigue, les évéques nommeront trois personnes , et ce sera l'une d'elles que le clergé et le peuple de la ville pourront choisir pour évôque.

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(On voit par cette nouvelle manière de procéder à l'élection d'un évôque, que, dès le V« siècle, des abus obligeaient déjà l'Église à restreindre le droit des élections).

55. Si quelque laïque se retire auprès de l'évôque d'un autre diocèse pour se faire instruire des devoirs de la religion, il appartiendra à celui qui l'aura instruit et pourra en recevoir l'ordination.

56. Les métropolitains n'entreprendront rien contre le grand coucile. (C'est ainsi que dans le 6e canon , on nomme le concile de Nicée, et dans le 24e, le premier concile d'Arles. Mais ici c'est le second concile d'Arles qui se donne, ce semble, à lui-même cette dénomination , parce qu'il était national , ou du moins de plusieurs provinces).

Tels furent les règlements du second concile d'Arles qui , certainement , est le môme concile dont les évôques écrivirent au pape saint Léon, en 451, une lettre synodique relativeà la lettre de ce môme souverain Pontife à Flavien de Constantinople. Cette lettre est écrite , au nom de U évôques, à la tôte desquels on voit Ravennius, qui fut sans doute le président du concile. Viennent ensuite Rustique de Narbonne, Venérius de Marseille, Constantin de Gap, Maxime de Riez, Valérien de Cimiez, Nectaire de Digne , et quelques autres encore dont on ignore les sièges. Les historiens n'en ont assigné quelques-uns que sur la foi d'un ancien manuscrit aux mains du président Savaron , et que nous avons lieu de croire très-fautif. C'est ainsi qu'on y trouve nommé un Étberius, évôque de Maguelone, que nous ne saurions admettre dans la série des prélats qui ont occupé ce siège, transféré plus tard à Montpellier. Quant à l'année delà tenue de ce concile , on pourrait aussi inférer de son 34° canon, que les Pères qui s'y trouvaient ont voulu s'opposer à une loi de l'empereur Valentinien, promulguée le 16 avril 452, à l'exécution de laquelle s'opposèrent plusieurs évôques, parce qu'ils la regardèrent comme une plaie faite à l'Église.

Le pape saint Léon répondit à la lettre synodique des évôques des Gaules, et lorsque ses légats furent de retour du concile de Calcédoine. Sa lettre est encore adressée à Ravennius : « Nous voulons, lui écrit-il, que par le soin de votre charité, notre joie soit connue de nos frères d'Espagne afin que personne n'ignore la victoire que la foi a remportée sur l'hérésie d'Eutychès dans le concile de Calcédoine. » Saint Léon écrivit en môme temps à Ravennius sa lettre 76« par laquelle , selon la coutume , il l'a-

verlit que la fête de Pâques de celte année 452 , serait célébrée le 23 mars, et il le charge de transmettre cette indication à tous les autres évôques des Gaules. Le 40 juin suivant, le Pape proclamait de nouveau la primatie de l'évêque d'Arles, en écrivant à Théodore , de Fréjus, qui Pavait consulté sur quelques points de discipline concernant la pénitence. « Avant d'avoir recours au Saint-Siège, lui dit-il , il faut d'abord recourir aux primats, puis s'en rapporter au premier des évôques. »

Ce même évôque de Fréjus, Théodore, pénétré de la sagesse d'un règlement du concile de Calcédoine qui prescrivait aux moines d'être pqu rais aux évêques, prétendit un droit de surveillance sur le monastère de Lérins qui appartenait alors à son diocèse. Fauste, qui en était abbé , ayant soutenu peut-être avec trop de hauteur les privilèges de son monastère, Théodore l'interdit des fonctions de sa charge, ce qui causa un grand scandale et troubla la paix de cette solitude, plus que n'auraient pu faire les invasions des Barbares. Ravennius, instruit de ce différend, voulut le terminer, et convoqua à ce sujet un concile à Arles pour le 30 décembre 455, selon P. Sirmond , ou 461 , suivant d'autres auteurs, plus éloignés de la vérité historique. Il y invita les évôques de la province, les moines de Lérins, et en particulier Rustique de Narbonne. Ravennius le présida, bien que ce dernier prélat fût plus ancien que lui dans Pépiscopat. Il se trouva à cette assemblée treize évôques. Ceux dont on connaît les sièges, outre ceux que nous avons nommés, sont : Nectaire de Digne, Flourou Florus de Saint-Paul-Trois-Cbàteaux , Constance d'Usez, Asclèpe d'Apt, Maxime de Riez, Chrysaphe ou Chrysanthe de Sisteron. Les évôques s'étant assemblés dans le sanctuaire de l'église Constantienne , et ayant examiné les plaintes des parties, ordonnèrent que l'évôque Théodore serait prié de recevoir les satisfactions de l'abbé Fauste, de lui pardonner s'il avait commis envers lui quelque faute, de le remettre au plus tôt à la tète de son monastère et de continuer les secours charitables faits à celte communauté par PÉglise de Fréjus. Mais on régla que cet évôque ne s'arrogerait pas d*autre3 droits sur le monastère que ceux que Léonce, son prédécesseur, s'était attribués, c'est-à-dire, que les clercs et les ministres de l'autel ne seraient ordonnés que par lui , ou par celui à qui il confierait ce soin ; que ce serait à lui de donner le saint-chrême au monastère , et d'y confirmer les néophytes; que Pon ne recevrait pas dans le monastère et à la communion des clercs étrangers, sans

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Tordre de l'évêque , mais que tous les moines qui n'étaient pas dans les ordres seraient seulement soumis à l'abbé chargé de les gouverner. Ce règlement servit dans la suite comme de modèle aux privilèges accordés aux moinés par les évéques. C'est ainsi que le troisième concile d'Arles termina les contestations qui troublaient la paix de l'abbaye de Lérins. Nous avons encore k lettre que Ravennius écrivit à ses collègues pour les inviter à cette assemblée. Elle est suivie, dans le Recueil des conciles, de la lettre synodique où est relatée en abrégé l'affaire qu'ils avaient à examiner.

Les historiens sont partagés sur l'époque du décès de Ravennius i les uns la Ûxent en 46 1 , les autres , parmi lesquels les auteurs de la Gallia christiana nova, l'indiquent entre les années 456 et 461. Ce qui est certain, c'est que Ravennius était mort avant le pape saint Léon , qui passa à une meilleure vie le 4 novembre 461 , puisque saint Hilaire , son successeur, donna avis de son élection à Léonce, alors évéque d'Arles. Entre ce dernier «t Ravennius, la Gallia place l'épiscopat à'Augûstal que d'autres auteurs au contraire n'admettent pas.

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