‹ La France pontificaleChapitre 31 sur 148 · PONS DE LUBIERES (113SM · texte numérisé non relu

PONS DE LUBIERES (113SM

Lubières était une lie assez considérable du Rhône près de Tarascon, laquelle avait donné son nom à une très-ancienne famille noble de Provence qui se confondit, le 18 juillet 1521 , dans la maison de Benaud , par le mariage de Jeanne de Lubières avec Jean de Benaud , second du nom , seigneur de Castelar et de Villeneuve, lieutenant du roi en Provence. Pons de Lubières monta peut-être en 1132 sur le siège métropolitain, mais ce n'est qu'en 1153, que Ton commence à voir figurer son nom dans des actes publics. C'est à lui et non à un prétendu Pierre que le pape Anaslase IV , écrivit cette année, de terminer quelques différends qui s'étaient élevés entre le chapitre d'Aix et les religieux de Saint-Victor de Marseille. L'autographe de cette lettre pontificale était adressé ad P. Aquensem archiepticopum , et un copiste a expliqué cette initiale par le nom si commun de Pierre, Petrus, ce qui a donné lieu à plusieurs historiens de croire qu'entre Foulque et Pons, il faudrait placer un archevêque , appelé Pierre.

C'est par la même raison qu'il faut attribuer à Pons un acte de 1143 , par lequel il permit aux Juifs qui habitaient la ville d'Aix, d'y ériger une synagogue et d'y posséder un cimetière. Cette autorisation leur fut donnée à la condition d'une redevance annuelle de deux livres de très-bon poivre, payable le jour de Pâques, entre les mains des archevêques d'Aix. En 1153, Pons concilia quelques différends qui s'étaient élevés entre Geoffroi, évéque d'Avignon et les chanoines de sa cathédrale , et souscrivit à une charte de Boniface en faveur de l'abbaye de Saint-Victor de Marseille.

En 1147 , Raimond de Baux avait, avec son autorisation, fondé à trois lieues et demie d'Aix, sur la Durance et entre les villages de Rognes, de Janson et de la Roque d'Antheron, une abbaye que vinrent peupler des Cisterciens de Morimond. On lui avait donné le nom de Sylvecane, de sa situation dans un endroit marécageux, couvert d'une véritable forêt de roseaux. Pons se montra fort libéral envers le monastère naissant , c'est ce qui résulte d'une charte que sa brièveté nous permet de citer tout entière :

« A tous présents et à venir, savoir faisons que Monseigneur Pons, archevêque d'Aix, a donné à Dieu et a l'abbaye de Sylvecane, à dom Guilbert son abbé et aux religieux qui y remplissent les fonctions du saint ministère , et à tous leurs successeurs, de concert avec l'archidiacre Raimond, et tout le chapitre, les dîmes de tout le labourage qui a été fait par eux, dans la terre que Pierre de Lambesc, Rostaing de Cadenet, et leurs héritiers, leur donnèrent, savoir, la Palud, Villelaure et Cadenet. Les témoins sont Guillaume Hugues , évôque de Saint- Paul-Troi's-Châteaux ; Raimond Audebert, sacriste et chanoine'; Pierre de Joucas, chanoine; Guillaume le Moine, chanoine; Hugues d'Ansouis, chanoine; Pierre Petit, chanoine; Geoffroi Quartier, chanoine; Hugues de la Motte, chanoine; Béranger d'Esparron, chanoine; Humbert d'Auron , Guillaume de Tripoli , Pierre, clerc ; Ulric, leur hôte; Guillaume d'Alphant, Geoflroi d'Artaud, de la ville d'Apt; Bertrand de Saint-Michel, Foulque de Puy-Ricard, Guillaume de Puy-Ricard, Rodolphe Carpentier. Cette donation a été faite en présence de Monseigneur Pons de Lubières, archevêque d'Aix, dans sa maison au dit Puy-Ricard, l'an de l'Incarnation 1158, indiction V. Girard, secrétaire du môme archevêque a écrit cette charte. »

Cet acte est le seul où le nom de Pons se trouve complètement inséré. Après cette date, on ne trouve plus rien de ce prélat.

Page 1