FOULQUE ou JEROME FOULCON (1U3-I
Foulque ou Jérôme Foulcon, né à Àix, était chanoine de Saint- Sauveur quand les suffrages de ses confrères l'appelèrent, en 1113, à succéder à l'archevêque Pierre. Déjà il avait remplacé Benoit dans la dignité de prévôt de la cathédrale. Jusqu'à lui, il n'y avait eu que douze chanoines dans cette Eglise, Foulque rendit, en 1115, une ordonnance qui portait à vingt le nombre des canonicats , et le pape Honoré II la confirma par un bref du 21 décembre 1129, 6e année de son pontificat. L'archevêque d'Aix en avait déjà obtenu la confirmation par lettres du 10 janvier 1123, données à Béziers par le légat du Saint-Siège en France , Conrad , évôque de Porto et Sainte-Ruffine.
Le pape Gélase II, couronné à cette époque comme successeur de Pascal II, ne tarda pas à devenir la victime du zèle qu'il montra pour la liberté de l'Eglise, que l'empereur Henri V voulait réduire en servitude. Contraint , après de sacrilèges attentats contre lui , de chercher en France un refuge , il débarqua à Saint-Gilles, où l'archevêque d'Aix se trouva au nombre des prélats qui le reçurent et lui firent cortège jusqu'à l'abbaye de Cluny. Ce souverain Pontife mourut le 24 janvier 1119 dans ce monastère, et Foulque assista aux funérailles solennelles qui lui Mirent faites, et à l'élection, le 1er février suivant, de son successeur, Gui de Bourgogne , archevêque de Vienne, sous le nom de Calixte H. Foulque accompagna le nouveau chef de l'Eglise i et au mois de mars suivant, il était à Romans en Dauphiné • concluant avec Pierre, abbé de Montmajour, une transaction que signèrent Aripert, évêque d'Avignon; Béranger, évôque d'Orange; Laugier d'Agoult, évêque d'Apt; Augier, évôque de Riez; et Léger, évêque de Gap. Le 8 juin de cette même année 1119, il siégeait au concile présidé à Toulouse par le Pape, et y souscrivait à une sentence rendue par Calixte II en faveur de
l'abbaye d'Aniane et qu'on trouve au tome VI , page 25-, du Spicilège de dom d'Achéry. Au mois d'octobre suivant, il prit part aux actes du concile de Reims, et revint ensuite à Vienne avec le Pape qui, en sa présence, donna à Guillaume, comte deForcalquier, l'absolution de l'excommunication qu'il avait encourue pour avoir enlevé à l'abbaye de Montmajour la ville de Pertuis , qu'au préalable, il avait enfin restituée.
Raimond-Bérenger, comte de Barcelone, ayant acquis la Provence par son mariage avec Douce , héritière et souveraine de ce comté , Foulque alla à Barcelone pour lui rendre hommage et se plaindre à lui de quelques usurpations faites par des seigneurs sur l'Église d'Aix. Le comte et sa femme firent droit à la requête de l'archevêque et rendirent , le 6 mars 1125 , en sa faveur, une sentence contre les détenteurs injustes du bien de l'Eglise. U résulte du Nécrologe de Saint-André d'Avignon et de plusieurs titres anciens, que Foulque mourut le vendredi 29 juillet 1132, après avoir sagement gouverné son diocèse pendant près de dix-neuf ans.
On trouve, en 1132, D , élu d'Aix, présent à l'hommage
que Raimond-Geoffroi, vicomte de Marseille, rendit a Bernard , archevêque d'Arles , pour les terres qui relevaient de son Eglise. On ne peut dire que les mots E foetus Aquensis peuvent, dans cet acte , être traduits par élu de Dax , comme l'ont prétendu certains historiens. L'évêque de Dax était, à cette époque, Guillaume du Falga, et sa présence était bien inutile en Provence. On ne saurait non plus objecter que si D. . . eut été archevêque d'Aix, il n'aurait pas été nommé après Léger, évêque d'Avignon. Cette objection n'est point sérieuse , comme archevêque élu seulement, ou même confirmé, D... ne pouvait avoir le pas sur un évêque sacré. Nous ne savons si ce prélat élu occupa effectivement le siège métropolitain d'Aix.
Sous l'épiscopatde Foulque, Corissait à Aix, Raimond Albert, Audebert ouAlbéric, chanoine gardien de cette Eglise. N'ayant pu suivre les premiers croisés dans leur expédition , il entreprit d'en écrire l'histoire sur les relations de témoins oculaires. Cette histoire s'étend depuis 1095, époque de la tenue du concile de Clermont jusqu'à 1120. Reineccius la fit imprimer sans nom d'auteur sous le titre de Chronicon Hierosolymitanum, Helmstadt, 1584, 2 vol. in-4°, et Bongars l'a insérée dans son recueil des historiens des croisades, intitulé : Gesta Dei per Francos, Hanau, 1611, 2 vol. in-folio. C'est à tort que le P. Lelong a
ARCHIDIOCÈSE D'AIX.
prétendu que cet écrivain était chanoine d'Aix-la-Chapelle, et non pas d'Aix , en Provence. .