BERMOND CORNUTT
Issu d'une maison noble , originaire du comté de Forcalquier, mais établie depuis longtemps à Aix même, où plusieurs de ses membres avaient reçu la sépulture, dans l'église métropolitaine de Saint-Sauveur, Bermond Gornuti était archidiacre de Fréjus, et, en 1202, prévôt de l'Église d'Aix, ainsi qu'il résulte d'une transaction conclue entre le comte de Forcalquier et quelques seigneurs, et à laquelle il souscrivit en qualité de noble et de prévôt. Sacré en 1205 évôque de Fréjus, il donna, l'année suivante, une maison à R. (peut-être R. de Féraud), prévôt de cette Église , comme le constatent les cartulaires de la chartreuse de Laverne et de la cathédrale de Fréjus. Il termina pendant son épiscopat quelques différends qui s'étaient élevés entre les chartreux de Laverne et le chapitre cathédral ; assista , en septembre 1209, au concile d'Avignon, et passa en mai 4212 à la métropole d'Aix.
Le charlrier de l'église de Saint-Sauveur le mentionne en janvier 1213, indiction I™, comme ayant souscrit à une reconnaissance d'échange d'Isnard, seigneur d'Entrevennes , et de Douceline, dame de Pontevez, pour les biens que cette dernière possédait au village de Paraçols. Dans la quinzaine de Noël 1214, le cardinal Pierre de Bénevent, légat du Saint-Siège, convoqua à Montpellier une assemblée nombreuse de prélats , à laquelle on donne le nom de concile. Bermond Cornuti s'y trouva, dit Pierre de Vaux-Sernai , auteur de Y Histoire des Albigeois, avec les archevêques de Narbonne, d'Auch, d'Embrun et d'Arles, vingt-huit évêques, des abbés, etc. Ce concile s'ouvrit le 8 janvier 1245, et l'on y dressa quarante-six canons pour la réformation de la discipline ecclésiastique, la dénonciation des hérétiques et de leurs fauteurs. Bermond fut un des juges arbitres qui eurent à se prononcer pour l'héritage du comté
de' Forcalquier, entre Garsende, mère de Raimond-Bérenger et Guillaume de Sabrau, comte de Forcalquier, Il concilia aussi en 1216, un différend qui s'était élevé entre les religieux de Montmajour et Raimond de Baux , relativement à la possession de Miramas.
Sous l'épiscopat de Bermond Cornuti, plusieurs fondations pieuses eurent lieu à Aix, entre autres, en 1213, celle de l'hôpital du Saint-Esprit, pour les enfants trouvés, en 1218, celle du couvent des Dominicains qu'on logea d'abord au quartier des Fontettes, et en 1220, celle du couvent des Frères Mineurs , ou Cordeliers conventuels, situé hors de la ville. Les libéralités de Raimond-Bérenger IV, comte de Provence , favorisèrent extrêmement ces diverses fondations.
Bermond Cornuti, suivant le Nécrologe de Saint-Sauveur, mourut le dimanche 14 janvier 1224, après onze ans d'administration, et dix-neuf ans d'épiscopat à Fréjus et à Aix. Nous ferons remarquer cependant que le Nécrologe de Fréjus, suivi par Claude Robert et par les frères de Sainte-Marthe, indique sa mort au 6 ou au 7 avril.
Ce prélat portait pour armoiries : de gueules, à Vorle d'argent.
Le P. Jean Columbi, de la Compagnie de Jésus, assure, d'après un acte tiré du chartrierde l'Église d'Apt, qu'en 1221, Bertrand, archevêque d'Aix, fut juge d'un différend entre Rostaing d'Agoult , Bertrand de Simiane et Gaucher, évôque d'Apt. Il dit ensuite dans son appendice aux Nuits de Blanchelande (Noctes Blancalandanae) qu'il a lu ce qu'il a écrit de Bertrand, dans des actes authentiques notariés , et scellés dans le chartner de Charles de Simiane , marquis de Plainnes, et ne fait aucune mention du cartulaire d'Apt. Si sur ces actes se trouve véritablement le nom de Bertrand, comme l'a lu Columbi, nous pensons que cet archevêque n'est autre que [Bermond, dont les copistes ont estropié le nom en l'écrivant Bertrand. C'est certainement l'opinion la plus probable , puisqu'il n'est nullement question d'un Bertrand dans les dyptiques de l'Église d'Aix, à cette époque.