‹ La France pontificaleChapitre 36 sur 148 · GUI DK FOS · texte numérisé non relu

GUI DK FOS

Originaire du diocèse d'Arles , et issu d'une des branches de la maison des vicomtes de Marseille qui eut en partage les terres de Fos et de Bormes, Gui de Fos est certainement le prévôt de Saint-Sauveur dont le nom figure au bas de la charte donnée le 29 mai 1179 par Raimond-Bérenger, comte de Provence, en faveur du monastère d'Artecelle. Elu au mois d'août 1186 à l'archevêché d'Aix, Gui fit, en 1 188 renouveler un traité amiable conclu en 1 1 80 par l'intermédiaire de Guillaume de Giraud, évêque de Vence , entre Fredol d'Anduze , évêque de Fréj us , Hugues, prévôt, et le chapitre cathédral de cette ville. Il le confirma de nouveau en 1190, et Raimond de Grimaldi , évêque d'Antibes, y apposa alors sa signature.

Au mois de décembre 1194 , il eut le bonheur de terminer un différend qui divisait les religieux de Saint- Victor de Marseille et ceux de Sylvecane. Deux ans après, et au mois de mars 1197, il rendit une ordonnance qui décida que 60 sous royaux valaient un marc d'argent. Cette même année, il jugea un différend relatif au partage des oblations entre les paroisses de Cadenet et de Verunes, et eut pour assesseurs dans cette cause, Geoffroi, prévôt d'Apt , Rostaing, Guillaume et Bertrand de Cadenet. Guillaume de Sabran, comte de Forcalquier, ayant refusé de comparaître en justice à la requête de Foulque de Chabannes, abbé de Montmajour, celui-ci obtint des lettres pontificales qui désignaient Gui de Fos et Bermond , évêque de Cavaillon , pour l'amener à faire satisfaction : ces prélats excommunièrent solennellement le comte et mandèrent à l'archevêque d'Embrun, et aux évêques d'Apt et de Sisteron, d'avoir à faire exécuter, dans leurs diocèses respectifs, la sentence d'excommunication. Guillaume . de Sabran fut en outre condamné à restituer à l'abbaye de Montmajour le domaine de Pertûis dont il s'était emparé.

En 1202, le pape Innocent III chargea Gui de Fos de re cevoir la démission de Guillaume du Pont, évêque de Fréjus, et d'exhorter le chapitre de cette Église à élire un prélat capable d'exercer les fonctions pastorales. Alphonse, comte de Provence, lui confirma, en 1203, indiction VIe, le don de la vallée de Rians que lui avait faite R. de Guiran, et sous Sanche, aussi comte de Provence, Gui confirma l'acte par lequel Douce , dame d'Esperel, s'était donnée à l'abbaye d'Artecelle, elle et tous ses biens, à l'exception du village de Favas.

Hugues Raimond , évéque de Riez, légat du Saint-Siège , tint, le 6 septembre 1209, à Avignon, un grand concile oiï furent appelés les évôques des provinces de Vienne , d'Aix , d'Arles et d'Embrun. Gui de Fos y assista avec ses suffragants, et en y condamnant les Albigeois et tous leurs adhérents, l'on prit de justes mesures pour empêcher les progrès de l'hérésie. Au mois de décembre suivant, Pierre, seigneur de Lambesc, qui avait dépouillé de leurs biens quelques religieux de l'abbaye de Saint- Victor de Marseille, après les avoir injustement emprisonnés, fit amende honorable en présence de l'archevêque Gui de Fos et de Hugues de Riez, légat du Pape, et restitua à l'abbé Guillaume de Pierres les domaines qu'il avait enlevés au monastère.

Le nom de Gui de Fos se trouve dans des chartes anciennes d'exemption des religieuses d'Hyères , et sur un titre d'exemption accordé par Pierre, roi d'Aragon, à l'abbaye de Saint-Pons, le 13 décembre 1209, pour tout ce que la prieure et les religieuses de ce monastère pourraient acquérir dans tout le comté de Provence. L'année suivante , Gui de Fos et Bermond , évêque de Cavaillon , adressèrent un mandement aux fidèles des divers diocèses de la Provence pour leur déclarer qu'en vertu des ordres du pape Innocent, ils promulguaient de nouveau les sentences d'excommunication, qu'au nom de l'autorité apostolique, ils avaient déjà promulguées contre Guillaume de Sabran, comte de Forcalquier, pour l'usurpation de Pertuis et des Condamines de Graveson, qui appartenaient à l'abbaye de Saint- André-lès-Avignon. Ils signifiaient que cette excommunication devait être maintenue jusqu'à ce que le comte eût fait toutes les satisfactions désirables.

Le cartulaire de Fréjus renferme quelques autres actes où se rencontre le nom de Gui de Fos qui mourut le lundi 12 mars 1212, après avoir légué au chapitre de Saint-Sauveur tout le bien patrimonial qu'il possédait à Aix,lc château de Peyrolles

ARCHIDIOCÈSE D'AIX

qu'il avait acheté un an auparavant, de Hugues de Cavaillon, pour le prix de 36,000 sous royaux couronnés, et l'église de Bonnes. Il avait gouverné le diocèse pendant vingt-cinq ans et sept mois, ainsi qu'il est dit au Nécrologe du chapitre. On l'inhuma dans son église métropolitaine devant l'autel de Corpus Domini.

Gui de Fos portait pour armoiries : de guevles, au lion eFor.

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