PHILIPPE I" (125M
Bien qu'élu à l'archevêché en juin 1251 , ce n'est qu'à la date du 23 novembre 1251, qu'on trouve le nom de Philippe comme archevêque d'Aix $1 dut son élection à Charles d'Anjou, dont il était chancelier, et qui, par son mariage avec Bôatrix, héritière du comté de Provence, devint, le 19 janvier 4246, souverain de ce pays. Il n'était encore qu'archevêque élu , quand il traita et signa l'acte d'accord entre ce prince et la ville de Marseille, qui, jalouse de son indépendance, n'avait point voulu reconnaître l'autorité de Charles d'Anjou en qualité de comte de Provence. En 1252, il consacra avec Benoît, évêque de Marseille, Arablard,
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évôque de Digne, Foulque, évôque de Riez, l'autel de l'église de la chartreuse de Montrieu, au diocèse de Toulon , et tous ensemble attestèrent, dans la charte de cette consécration, que saint Lazare de Bélhanie a été le premier évôque de Marseille. Cet acte constate également que l'autel consacré renfermait des ossements de ce saint, des ossements et autres reliques de sainte Madeleine, et un fragment du chef de sainte Anne , mère de la sainte Vierge. (Manuscrits de Pciresc , registre 74, page 552, Biblioth. de Carpentras; — Défense de la foi de Provence, par Bouche, p. 89; — Pitton, Annales de l'Eglise dMia?,pp. 149-150).
En 1253, Philippe rendit une sentence par laquelle, du consentement de Foulque, évôque de Riez, il restitua à Guillaume d'Esparron, une partie du domaine de Montpezat que Bérenger V, comte de Provence, avait donné à son Église. Cette môme année, il reçut du Saint-Siège le pouvoir de ratifier la division des prébendes faite dans l'église de Fréjus, sous l'évêque Bércnger. C'est ce que nous apprenons du cartulairc de cette cathédrale. Deux ans après (1255), l'archevêque donna à la cathédrale de Sisteron, quelques églises de son diocèse.
Philippe reçut ordre du roi saint Louis, de faire restituer à Delphine, femme de Roquefeuil, tous les biens qui lui avaient été enlevés dans les sénéchaussées de Beaucaire et de Carcassonne. Ce mandat lui fut commun avec Pons de Saint-Gilles de l'Ordre des Frères-Prêcheurs ; Robert de Beaucaire, de l'Ordre des Frères-xMineurs, et Gui Fulcodi ou Foulcoie, qui, plus tard, monta sur la chaire de Saint-Pierre. Tous ensemble rendirent une sentence à cet égard, le 15 juillet 1256. Deux jours auparavant, Philippe avait rendu avec les mômes personnages une sentence qui ordonnait de restituer, au monastère de Silvanez, divers domaines que lui avaient enlevés les officiers du roi de France.
Enfin, après un épiscopat de cinq ans et huit mois , Philippe, suivant le Nécrologe d'Aix, passa à une meilleure vie le samedi 10 février 1257. On l'inhuma dans la petite chapelle de Notre- Dame d'Espérance; mais en 1629, on transféra son tombeau près du portail de la cathédrale.
Presque aussitôt après le décès de Philippe , les chanoines de Saint-Sauveur s'assemblèrent pour lui donner un successeur, et réunirent leurs suffrages sur un d'entre eux, appelé Hugues, Cette élection ne fut point agréable à Charles, comte de Provence , qui pria le pape Alexandre IV de ne pas la confirmer, et contraignit Hugues à se démettre de son droit. On le trouve
AltCHIMOCÈSE D'AIX. 69
mentionné comme archevêque élu dans un acte daté de Tarascon , le mardi 11 décembre 1257. « Qu'il soit notoire à tous, présents et avenir, y est-il dit, que noble seigneur Gautier de Saciata , chevalier, sénéchal de Provence et de Forcalquier, au nom et à la place d'illustre seigneur le roi Charles, fils du roi de France, comte et marquis d'Anjou, de Provence et- de Forcalquier, et de dame Béatrix, sa femme, comtesse et marquise desdits comtés, a donné et livré au seigneur Roger d'Hyères, ici présent et acceptant, tout ce que le vénérable seigneur Hugues, élu d'Aix, ou l'Eglise d'Aix, eurent ou paraissaient avoir à Bonnes et dans son territoire et dépendances, vassaux, juridiction, seigneurie dudit lieu , domaine et tous autres droits quelconques, appartenant en ce moment ou autrefois audit élu, ou à ladite Eglise , ou aux successeurs dudit élu , et cela pour la somme de cinquante livres de rente annuelle, que ledit seigneur comte et ladite dame comtesse étaient tenus de donner audit Roger d'Hyères, en échange d'Hyères, suivant acte reçu par Guillaume Gazel, notaire public. Fait à Tarascon, etc. »
Cet Hugues n'ayant point été institué archevêque d'Aix , nous ne pouvons le compter au nombre des prélats de cette Eglise.