SAINT MENELPHALE (vers
Saint Menelphale, que les auteurs de la Gallia christiana ont eu le tort d'éliminer de leurs listes des évôques d'Aix, fut, à notre avis, le prélat qui, avec Armentaire, évêque d'Antibes , conféra l'onction épiscopale à un autre Armentaire, qu'après la mort de saint Albin, évéque d'Embrun, un parti puissant voulut placer sur le siège de cette dernière ville. L'ordination de cet intrus, dont cependant les mœurs étaient pures et la piété sincère, avait été faite par deux évôques seulement, sans l'autorisation accoutumée du primat à défaut du métropolitain, et sans avoir demandé le consentement des suffragants de la province des Alpes-Maritimes. Saint Hilaire , métropolitain d'Arles , assembla donc, le 29 novembre 439, à Riez, un concile auquel assistèrent avec lui treize évôques, et où il fut décidé que les deux évôques qui avaient procédé à l'ordination irréguliôre d'Armentaire , ne pourraient plus assister à aucune ordination d'évôque, ni à aucun concile provincial. Toutefois, comme ils reconnurent leur faute, les Pères du concile leur accordèrent leur communion.
Menelphale, en effet, ne paraît dans aucun concile de son temps , et l'Eglise d'Aix pourrait à peine le revendiquer pour un de ses évôques , si elle ne possédait une inscription antique , qui donne raison a notre conjecture. Cette inscription, que Pitton rapporte dans ses Annales de l'Eglise d'Aix, est ainsi conçue :
v//ic ossa sanctorum Menelfalii episcopi , nec non Annentarii ab ecclesia B. Laurentii transvecta, posita sunt. Transitus Menelfalii X Kal. maii , Armentarii vero nonis octobris.
On voit par cette inscription que la voix du peuple a canonisé Menelphale aussi bien qu'Armentaire son successeur. Leurs cendres étaient autrefois en vénération , et le soin qu'on prit de transférer leurs reliques de l'église de Saint-Laurent , le premier cimetière des chrétiens de la ville d'Aix , dans l'église
Digitiz
de Saint-Sauveur, en est un témoignage authentique. M. l'abbé Léon Sibour professeur d'histoire ecclésiastique à la f iculté de théologie d'Aix , plus tard , évéque de Tripoli in partibus , et auxiliaire de M«r Sibour, archevêque de Paris , mort le 18 novembre 1864, à Antibes, composa en 1837 ùn mémoire sur cette inscription , mémoire qui a été lu seulement dans une séance de l'institut d'Aix. Cette inscription placée dans le passage conduisant de la sacristie du chapitre à l'autel, contre le mur à droite, allait disparaître à jamais sous des armoires que Ton posait en cet endroit ; heureusement on arriva à temps pour la sauver. On la trouve aujourd'hui derrière le grand autel de Saint-Sauveur, à côté du monument élevé à Peiresc.
Saint Menelphale mourut le 22 avril , et le Martyrologe de l'Eglise d'Aix en fait mention ce môme jour, mais nous ne voyons pas qu'on lui ait jamais rendu un culte public.