THOMAS DE PUPPIO
Fils de Jean de Puppio , conseiller maître en la chambre des comptes d'Aix, et de Anne de Merindol, Thomas, après avoir succédé en la charge de son père, s'en démit pour embrasser la carrière ecclésiastique et devint chanoine de Saint-Sauveur. Déjà à celte époque, il avait, comme jurisconsulte, une réputation étendue, et il avait publié, sur le droit civil et canonique, divers ouvrages qui sont demeurés dans l'obscurité , comme la plupart de ceux que le XIV« siècle a produits. Elu en 1398 à l'archevêché de sa ville natale , il ne reçut ses bulles de provision de Benoît XIII ou Pierre de Lune qu'au mois d'août 1399; et le 31 de ce mois, il fut solennellement installé en présence du roi Louis II, comte de Provence, à qui il prêta serment de foi et hommage pour le temporel de son Eglise. Peu de temps après, il se rendit a Rome, où le papeBoniface IX, pour l'attacher à son parti, consentit à lui donner le pallium. En revenant dans son diocèse, Thomas de Puppio passa par Milan, où il acheta plusieurs livres curieux , notamment une très-belle Bible écrite sur vélin et enrichie de bon nombre de miniatures précieuses. Il paya ce manuscrit cinquante florins d'or, et à sa mort le légua avec beaucoup d'autres au chapitre de Saint-Sauveur.
Quoique ce prélat ait, pendant plus de vingt ans, gouverné le diocèse d'Aix , les historiens ne nous ont transmis sur lui. que d'assez vagues détails. Le 31 décembre 1-407, il unit, en qualité de délégué du Saint-Siège, Pabbaye des religieuses de Saint-Pons de Gemenos à celle de Saint-Pierre de Lamanarre au diocèse de Toulon. Les actes du concile tenu à Pise en 1409, que dom d'Achery a publiés dans son Spicilcge, tome VI, page 362, le mentionnent comme un des archevêques qui se firent représenter à cette assemblée. Cette même année , on avait tenu à Aix un concile des trois provinces d'Aix , d'Arles et d'Embrun, pour désigner les sujets qu'on devait envoyer au concile de Pise. Par un acte du 26 octobre 1415 , Thomas reconnut l'exemption du couvent de Saint-Maximin , et , pour engager plus cflicace-
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ment les fidèles à la réparation de ce monastère, de son église et des bâtiments de la Sainte-Baume, il accorda, le 24 novembre 1416, quarante jours d'indulgence à ceux qui feraient quelque aumône à cette fin. Il rappelle dans ce dernier acte le concours de pèlerins qui allaient des diverses parties du monde à la Sainte- Baume, célèbre par la pénitence de sainte Madeleine.
I^ans un synode diocésain qu'il présida , Thomas réforma plusieurs abus, et fit quelques changements aux statuts du chapitre. Il permit notamment aux chanoines, aux bénéûciers et aux prêtres habitués de Saint-Sauveur de se confesser à tout prêtre approuvé dans le diocèse, tandis que jusqu'alors ils étaient obligés de s'adresser à l'archevêque ou à l'archidiacre.
Thomas de Puppio se lit représenter au concile de Constance comme les autres évêques de la Provence, et mourut le mardi 17 septembre 1420, et non pas février, comme on Ta lu défectueusement dans le Martyrologe , qui constate qu'il légua à son Eglise tous ses biens et tous ses livres, et aux archevêques ses successeurs la part qui lui revenait dans un domaine , à Puy-Ricard. Son neveu , Nicolas de Mérindol qu'il avait pourvu d'un canonicat , lui fit élever un tombeau dans le baptistère de Saint-Sauveur, en une chapelle sous l'invocation de Sainte-Marguerite.
Sous l'épiscopat de Thomas de Puppio , le pape Alexandre V donna, en U09, les bulles de fondation de l'Université d'Aix, dont l'archevêque fut créé premier chancelier. Nous en avons parlé dans notre notice préliminaire.
Thomas de Puppio, en la personne duquel s'éteignit la famille de ce nom , portait pour armoiries : Ecartelé, au 1« et au 4* dê gueules, au sautoir d'argent , accompagné de 4 molettes d'éperon d'or , qui est Puppio ; au 2e et au 3e d'azur, à une hirondelle d'argent, qui est Mérindol.