‹ La France pontificaleChapitre 98 sur 148 · ABBAYES DE I/ABCHIDIOCÈSE D'AIX · texte numérisé non relu

ABBAYES DE I/ABCHIDIOCÈSE D'AIX

On ne conserve aucun souvenir d'un monastère dans le diocèse d'Aix avant le dixième siècle. Cependant le Père Guesnay, dans son Cassicn illustré, rappelle l'existence d'un certain monastère de Saint-Maxirain, qu'il fait remonter, sans aucune preuve, au neuvième siècle. Le silence du Père Mabillon , qui n'en a trouvé aucune trace dans les anciens monuments de l'Ordre de Saint- Beuoît, ne permet pas d'adopter l'opinion du Père Guesnay, dout on connaît d'ailleurs le peu d'exactitude. Il est vrai que l'abbaye de Saint-Victor de Marseille possédait anciennement, et peut-être dès le sixième siècle, des biens à Saint-Maximin j mais les moines n'établissaient pas des monastères partout où ils avaient des possessions; il paraît seulement que, dans le onzième siècle , ils en bâtirent un dans cette ville. Charles II , roi de Sicile et comte de Provence, le donna, en 1295, aux Frères-Prêcheurs , et le pape Boniface VIII , à la prière de ce dernier, confirma cette donation, comme le rapporte amplement Honoré Bouche , dans son Histoire de Provence , et comme on le lit aussi dans : Disquisitio disquisitionis de Magdalenâ Massiliensi advenà (Paris, 1643, in-8*).

Le premier monastère qu'on trouve dans ce diocèse est la celle Sainte-Pcrpétue , dont on fit, plus tard, une abbaye de religieuses , car elle est ainsi quelquefois appelée ; nous en parlerons plus loin.

Une histoire manuscrite , des grands-prieurs de Cluny, fait mention d'une abbaye , située sur les bords de la mer, et sous l'invocation des saints martyrs Gervais et Protaîs. Vers 1 an 1081, un chevalier, appelé Ponce de Fos, lui fit , avec l'approbation de Rostaing, archevêque d'Aix, et de ses frères, une donation que confirma Yves de Saint-Leine , prieur de Cluny ; mais c'est mal à propos que l'auteur de cette histoire attribue

cette abbaye au diocèse d'Aix, car elle appartenait à celui d'Arles.

Il ne nous reste donc à parler que de deux abbayes; Tune, Sylvacane, abbaye d'hommes, de l'Ordre de Citeaux; l'autre, Artecelles, abbaye bénédictine de femmes.

SYLVACANE.

L'abbaye de Sylvacane, Ordre de Cîteaux de la filiation de Morimond , fut fondée, dit-on, en 1147, et unie , dans la suite , au chapitre de l'Église métropolitaine de Saint-Sauveur, par une bulle d'Eugène IV, datée du 22 janvier 1440, après que les débordements de la Durance en eurent détruit les bàtimenls. Son fondateur fut Raimond des Baux; car il est dit dans une notice de l'archevêché d'Arles, que le noble homme Raimond des Baux, pour le soulagement de son âme et de celle de ses parents, donna à Dieu et à l'abbé, ainsi qu'aux moines de Sainte-Marie de Morimond, un lieu appelé Sylvacane, pour y construire un monastère selon les règles de l'Ordre de Cîteaux. Si ce que dit Rufli, dans son Histoire de Saint-Victor de Marseille, est vrai , cette abbaye était beaucoup plus ancienne et existait môme avant l'institution et l'extension de l'Ordre de Cîteaux. On trouve en effet dans la notice consacrée à l'abbé Richard , qu'un de ses vicaires, nommé Guillaume, donna à un autre Guillaume, abbé de Sylvacane , l'église de Saint- Victor de Gonlard , avant l'année 1112. Cependant Richard n'était point abbé de Saint- Victor en cette année, mais bien Otton, époque à laquelle l'Ordre de Cîteaux naissait à peine. Mais ce que l'historien Rufli a attribué à Guillaume, vicaire de l'abbé Richard, devenu archevêque de Narbonne , doit s'entendre de l'abbé Guillaume qui siégeait en 1150.

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