‹ La France protestante (volume 2)Chapitre 101 sur 252 · FAISSES · texte numérisé non relu

FAISSES

sèment [au papisme] et pendant 4 on 5 mois, elle souffrit de maux incroyables; la gangrène se mit enfin à son corps et on la découpa plusieurs fois avant que mourir. A ces 18 furent jointes Marie Mareheval et Marie Guelie, de Tonneins ; ensuite dame Jonquéte, de Nîmes, dont le mari est mort en galère pour la religion ; Claudine et Anne Marnay sœurs, et Marie Lamente, de Bussi en Bourgogne, et Judith Crapois. » C'étaient 25 détenues alors libérées, car quatre moururent en prison. Quittant la citadelle de Dijon, elles y laissèrent c Mme Choubert, la famille Malet, François Bonnet, tous du Dauphiné, les dames Emery et Boisselier, d'Is-sur-Thille ; mais elles trouvèrent sur les chariots prêts à partir : c M. Portai, de S*-Hippolyte en Cévennes , le sr Routière , cordonnier d'Uzès, le sr Armand, M. Duptan du côté de Montauban, M. André Duval, du Dauphiné, le &r Espagnac le fils, d'Alais, dit Flamen (ci-dessus col. 82); les frères Perpétuel et Daniel Perpétuel, des Cévennes ; les d"*s de La Corne, sœurs jumelles, de Dijon; M11* Givord, fille d'un avocat; M'1* Marcombe, fille et sœur d'un ministre de la Bresse, d"es Emery, du Berry, et Isabeau RoUand, du Dauphiné, tirée des prisons de Dijon; M"e Anne Uchard, nièce à Mme Guichenon, tirée du couvent du Bon pasteur de Dijon, où furent laissées trois autres captives. A ces libérées furent jointes en chemin faisant M™* Rigaud et Mrne Guichenon, de Bresse, tirées des prisons de Bourg, avec Mn« Anne Repen et M^e Guichard, femme d'un avocat, tirées des couvents de Mâcon... Notre Jeanne et son amie Olympe arrivèrent (de Genève) à Lausanne, le lundi 26 avril 1688, sous la conduite de M. le baron d'Aubaïs, réfugié, qui paya cordialement le bateau et leur dépense. »

A ce récit concernant Jeanne Faisses est joint dans les papiers d'Ant. Court une Vie de son frère Pierre, écrite par luimôme, et qu'il a intitulée « Livre de mémoire pour l'usage de ma famille.» Il était fils de Jean Faisse, né en la paroisse de Sodorgues en 1595, et d'Anne fille de Jean La Roche, capitaine d'infanterie, propriétaire du Mazel, mort en 1620. Pierre Faisses était un digne homme, très simple, qui était parvenu, non sans peine, à s'élever au titre et aux fonctions de maî-

tre d'école et de chantre, dont il était fier, et qui, lorsqu'à sa grande douleur la persécution le chassa, parvint à gagner la Suisse et eut la consolation d'obtenir, en mars 1700, dans le canton de Vaud, à Saint-Saphorin, le même titre et les mêmes fonctions qu'il avait dans son pays natal. Nous en extrairons un seul chapitre, dans lequel il raconte ce qu'il a vu des commencements du désastre.

Mazaribal, 1685. Funeste année de nos malheurs. Ce fut cet été de 1685 que M. et M"- de Seriéres vindrent de Paris au Mazaribal pour voir leurs parons et emmener leurs trois enfants. Ce fut assurément un été de douceur et de plaisir par toutes ces belles visites et conversations ; mais hélas! que la sortie et l'automne furent un temps de chagrins, de misères et de malheurs les plus funestes que le Christianisme aye peutêtre jamais éprouvé, puisque dans les autres persécutions on en était quitte pour mourir ; mais en celle-ci la mort a été refusée à ceux qui la demandoient pour une grâce *.

Vers la fin de Tété on entendit dire sourdement que du côté de Bourdeaux et vers la Guyenne, les troupes exerçoient des horreurs et des persécutions infernalles contre les gens de la Religion pour les porter a abandonner la vérité. On pria, on jeûna, on plura, mai s trop tard pour appaiser la colère d'un Dieu juste et justement irrité. Les troupes s'approchèrent du Languedoc et des Sevennes. Cependant M. et M"* de Seriéres, leurs trois enfants, M. Faugeron de Ville - Sauvez, de Clerac, proposant et précepteur de ces messieurs, étant partis pour aller a Paris et passant par le Puy y furent arrêtez comme fugitifs jusqu'à ce qu'on eut écrit à Paris et que de Paris on eût envoyé a M. l'Intendant à Monpelier et que l'ordre de M. l'Intendant fut arrivé 'au Puy, après quoi ils partirent, et allèrent à Paris ; mais M. Faugeron proposaut et M. Annibal de Seriéres, cadet de tous ces MM. prirent le chemin de la Hollande et passèrent heureusement par la Flandre sans être arrêtez ; par une espèce de miracle.

Cependant le temple de Barre subsistoit toujours; il fut un des derniers abbatu

1 « On comença a persécuter a Montauban le lundy 20 aont (1686) que le régiment de La F&re, de 16 compagnies, entra dans la ville, et ensuite des antres ; et on y agit comme si on y étoit entré d'assaut. Les relations font dresser les cheveux d'horreur. »

FAISSES — FALAI8EAU

car il y avoit dans le lieu trois ou quatre compagnies, qu'on y prechoit encore, le bon M. La Motte ministre, étant tout plein de courage et de zèle. On ne Texemta pas du logement des dragons, mais la Providence loi en donna un de la Religion qui s'entretenoit cordialement avec luy et fondoit en larmes pour la désolation des Eglises reformées.

1685. Fuitte pour la Religion. Lorsque je vis qu'il n'y avait point d'autre remède pour sauver son âme et sa religion, que de tout abandonner et prendre la fuite, je mis quelque petit ordre à mes affaires, je cachay mes papiers les plus précieux et mes coffres, du sceu de M. d'Àrnafre de La Salle ; et avec M1Ua ses sœurs, Renarde et Suzon, et M,,M d'Apeillyz mère et fille [I, col. 292] nous allâmes de nuit au prêche à Barre, et le soir nous allâmes coucher de nuit au pont des Vanels, et ne croyant pas y être en sûreté à cause des nouvelles accablantes que Ton nous y debitoit incessamment, nous priâmes le sr Foulcarand de nous conduire de nuit à Villeneuve sur la montagne, où ayant demuré dans un paillier quelques jours, mon frère Laroche qui venoit de me chercher du Pompidou nous y vint joindre ; et aprez nous allâmes de nuit au Oua près des Vanels, où ayant appris que les troupes de M. le m1 • de La Trousse avoient quitté le païs, nous retournâmes de nuit au Maxaribal. Alors je fis charger mes bardes et les apporter chez le sr Boisson, à S*-Jean, pour les faire porter chez moy au lfazel où étant allé de nuit, ma mère n'osa pas me recevoir dans la maison ; et ainsi je retournay sur mes pas chez le sr Boisson, où je mis un peu mes papiers en ordre ; je coppiay l'édit que monseignr le Prince et Electeur de Brandebourg avoit nouvellement donné en notre faveur et autres choses. Après quoi je voulus un peu respirer l'air, ayant demeuré assez renfermé, j'allay a La Faissole où je demeuray alors fort peu ayant dessein de chercher et de trouver mon cher maître et précepteur M. Pierre Durand de La Salle dont la vie, la constance, la mort et la mémoire sera toujours en bénédiction. El avoit abandonné sa belle maison, la plus belle de La Salle et tous ses biens mondains pour sauver sou âme avec sa famille. Ne pouvant trouver M. Durand pour me fortifier et consoler avec luy j'allay à La Salle... où étant chez ma chère sœur de Cabanis j'y demeuray quelques jours caché ; mais parce que son fils Jean Cabanis, mon neveu, n 'avoit pas fait abjuration (ni du depuis,

Dieu mercy), je n'y pouvois pas être en sûreté; aussy j'allay au Mazel ou je restay caché quelque temps, peudaut lequel je travaillai a un Dialogue sur le subjet de la nouvelle Conversion et dans uu second à l'examen de toute la messe, aidé que j'étais par des bons livres. Etc.

FALAIS (Fhéd. -Louis, comte de), colonel en Hollande, désigné pour se rendre en Portugal, 1703. — Jacq. de Bourgogne seigr de Fallait, voy. ci-dessus, III col. 593.

FALAISE, c Rolin Falaiz, tisserant du dit lieu de Falaise, > reçu habitant de Genève, septemb. 1547 ; — < à Roollin Falaize, normand, qui a sa femme malade, 8 sols; à Raolin Falaix 5 sols,» mars 1555 (Bourse franc, de Genève); — R. Falaise, « tisserand de toile, de Normandie, » reçu habitant de Genève, 1er déc. 1572. — Voy. Dorthe, V, 467.

FALAISEAU. Ancienne famille de magistrature de la Touraine.

En 1490, nous voyons «Jehan Falaiseau, conseiller du Roi et lieuten. génér. du bailli de Touraine, présider à une enquête sur le droit des époux nobles de se faire mutuellement donation du tiers de leurs biens immeubles l. Ce Jean, maire de Tours Tannée suivante, épousa le 28 déc. de la même année, 1491, Jehanne Bernard, fille d'un ancien maire. De ce mariage naquirent 1° Jean Falaiseau. seig. de Boisjolly, maire en 1555, marié le 17 fév. 1520 à sa cousine Isabeau, fille de Jean Ragneneau, lieutenant particulier à Tours; 2° Catherine, femme de Guill. Sireau qui succéda à son beau-père en la charge de lieutent gén. du bailliage. Jean et Isabeau eurent à leur tour pour fils Jean Falaiseau, avocat du roi au présidial de Tours, marié le 11 août 1555 à Anne Joret, fille de François Joret, seig»" du Vau, de la Coudre et des Berruries; Marie Joret, sœur d'Anne, épousa Claude Barentin, seigr des Berruries, père de Charles Barentin, conseiller en la Cour des Aides, ancêtre direct de M. de Barentin, ministre de Louis XVI, qui eut l'honneur de faire l'ouverture des États généraux de

Nous ne trouvons pas de quelle branche

1 Bibl. n&t. Msa. fr. pièces orig. Tome 1097, dossier 25184, n° 2.

FALAI8EAD

procèdent les Falaiseau qui adoptèrent les principes religieux de la Réformation, mais nous voyons dans les registres de Charenton : Adam Falaiseau, de Blois, médecin, parrain en 1602 d'un enfant de Charles George, procureur au parlement, et de Marie Falaiseau. Cet Adam est porté comme médecin sur un rôle de la maison du roi en 4641 (Z 4341). On trouve plus tard dans les mêmes registres : Jean Falaiseau, sr de la Morandière, époux de Marie M or eau y dont trois fils : Jacques, avocat, Samuel, banquier, et Joseph, avocat.

IL Jacques épousa Anne Jouard, dont 1° Pierre, sieur de Villenelle, avocat; 2° Galliot, baptisé le 9oct. 1650 ; 3° Henri- Jacques, bapt. le 23 septembre 1657; 4° Anne, 1er mai 1659; 5<> Jean-Baptiste, mort en 1669. Ce Pierre épousa Elisabeth Chartier, dont il eut : Jacques, né en 16ii, qui suivit aussi le barreau et se maria, 25 janv. 1674, avec Suzanne Falaiseau, 611e de son oncle Samuel, banquier; 2. Joseph, avocat; 3. Elisabeth, femme de Pierre Grimaudet, docteur en médecine.

III. Samuel Falaiseau [Haag, V 54], « banquier riche, zélé extraordinai rement pour sa religion » et ancien de l'église de Paris (Bib. nat. mss. fr. 9726). Il épousa en 1647 Madelaine Du Four (morte en 1672) fille de Jean Du Four, lieutenant en l'élection de Blois, et de Anne Dayque (reg. de Charenton), mariage d'où naquirent 1© Samuel, le 7 oct. 1648; 2<> Madeleine, baptisée le 5 fév. 1651; 3° Suzanne, née en 1654, femme en 1676 de l'avocat Jacques Falaiseau, fils de Pierre et d'Elisabeth Chartier; 4° Catherine, mariée en 1676 avec Daniel-Charles de Brusses (ou de Bruges !), sr de la Bonninière, dont nous avons dit ci-dessus (III, col. 280), la pitoyable fin, arrivée en Tannée 1700; 5° autre Samuel, bapt. 8 sept. 1658; 6« Jean, bapt. 3 oct. 1660 (mort en 1678); 7o Annk, bapt. 12 janv. 1662 (morte en 1669).

1 Cette duplication, de Bruges et de Brusse, que nous donnent les documents pour le nom d'une même famille, est cause d'une confusion dans laquelle nous sommes tombé ci-dessus, en présentant séparément sur cette famille, et particuliôiement sur cette Catherine, des renseignements qui auraient dû être réunis, savoir au t. III, col. 280 et S26.

Les Archives de la Bastille (édit. Ravaisson, X, 224-29) rendent un bel hommage au zèle religieux d'un Falaiseau de la Ronda, qui fut incarcéré en 1699 pour avoir fait les fonctions de ministre au lit de mort d'un lieutenant de vaisseau nommé M. de Rodon.

IV. Joseph, avocat an parlement de Paris, épousa Anne Falaiseau et ne vivait plus dès 1665. Il eut pour enfants 1° Joseph, né en 1644, sieur de Bois-Joly, lieutenant au régiment de Picardie; 2° Anne, femme, 1659, du ministre Daillc.

La Révocation dissipa cette famille. Adam Falaiseau, de Blois, ancien de l'église de Paris, et sa femme Françoise Pineau, aussi de Blois, tous deux d'un grand âge, furent persécutés avec acharnement et finalement expulsés du royaume avec leur fil le Elisabeth, et se retirèrent à Berlin auprès de leur fils Pierre, laissant en France leur bru, Anne Chauvin de Varengeville, qui commença par se convertir et indigna d'abord sa famille (IV, col. 271), mais qui, plus tard, n'en gagna pas moins, elle aussi, la terre étrangère (arch. de l'égl. de la Haye); sa belle-soeur Elisabeth, femme d'Etienne Le Forestier, mourut à Berlin en 1706. — Le banquier Samuel se convertit. Nous ne voyons pas en effet qu'il ait été exilé comme ses collègues, tandis que nous trouvons son nom au bas de l'acte d'abjuration signé par les principaux négociants de Paris. La persévérance de sa femme ne tint pas non pins très longtemps contre la réclusion qui lui fut infligée dans le couvent du Saint-Sacrement (E 3372) : elle abjura en 1686. — Un Falaiseau avait été enfermé à la Bastille, pour la Religion, en 1699 (E 3385).

Le fille de l'avocat Jacques et d'Anne Jouard, Pierre Falaiseau *, sieur de Villenelle, né le 13 fév. 16W, avait gagné le Brandebourg dès l'année 1682. Il avait précédemment déjà séjourné en Angleterre. L'Électeur, peu de temps après son arrivée à Berlin, le renvoya à Londres (dès 1682) avec le titre de son Chargé d'affaires. L'acccueil peu bienveillant que lui fit le ministère anglais, occasionna, entre les deux gouvernements, une cor-

1 Le frère de sa mère, Jacquea Jouard, sieur du Maignou fut de* convertis Mais Aune Jouard elle-même se sauva à Berlin, où elle mourut en

FALAISEAU — FALANTIN

respondance fort vive, à la suite de laquelle Falaiseau dût retourner à Berlin.

Quelques années après, l'Electeur l'accrédita auprès de la cour de Suède qu'il espérait détacher de l'alliance de la France. Sons le règne suivant, il fut nommé résident du Brandebourg auprès du roi de Danemarck, fonctions qu'il remplit de 1693 à 1698. Il fut ensuite envoyé en Espagne; mais croyant avoir des sujets de mécontentement, il donna sa démission et retourna en Angleterre, où il mourut.

Cest probablement à l'un de ses fils que Ton doit un Abrège de l'histoire d'Angleterre (celle de Rapin Thoiras), publ. à La Haye, en 3 vol. in-4° et en 40 vol. in-12 (Voy. Erman et Reclam, III 31, et IX 112).

Le Livre du recteur signale à l'acad. de Genève, en décembre 1684 : Micael Falaiseau turonensis, philosophiam studens.

Cinq officiers du nom de Falaiseau au service de Hollande de 1720 à 1793. Enfin un M. de Falaiseau, dont le bien patrimonial était en Touraine, appelle sur sa famille, en 1754, pour postuler quelque faveur, l'attention du généalogiste Blondeau de Charnage (Bib. nat., Pièces orig.).

FALANTIN (quelquefois Falentin ou Falenty), famille noble de la ville du Masd'Azil, au comté de Foix. Armes = d'argent à un pin de sinople portant aux deux côtés une pomme de pin d'or.

I. Noble Jean de Falantin, faisant profession de la religion réformée, épouse, 12 avril 1547, d"e Jeanne d'Escaig. Par son testament, passé au Mas-d'Azil, 14 avril 1574, il déclare vouloir être enseveli « au cimetière du dit lien selon Dieu et l'église réformée, » et maintient sa veuve, Jeanne d'Escaig, dans la jouissance de tous ses biens si elle ne se remarie pas ; il institue héritiers ses fils Pierre et Jean, après avoir doté Marie, sa fille. Autre testament du môme, en date de déc. 1595, confirmant ces dispositions, sauf ce qui concerne sa femme, décédée.

II. Contrat de mariage de noble Jean Falentin, du Mas-d'Azil, « pour être célébré en face de l'église chrétienne réformée avec honnête fille Jeanne de Sen- Umeh. > Second mariage avec Hélène de Cas- Ut. Il est appelé capitaine Jean Falenty, dans un acte du 13 mai 1619, et avait en partie la seigneurie d'Ailhères. Son testa-

ment est du 2 janv. 1648, et il meurt, 29 août 1651, laissant de son 1er mariage : Pierre, Anne et Suzanne. Dans son testament, il prend diverses dispositions en faveur de sa fille Anne, mariée à Pierre Rudelle, marchand au Mas-d'Azil, et de sa fille Suzanne, fiancée à Théophile d'Hollier, docteur en médecine.

III. Pierre Falentin, seigr d'Ailhères, épouse, 20 avril 1626, d"* Françoise de Castet de Mir amont; 2<>, le 21 déc. 1633, d*>« Anne de Barricave. Il meurt le 6 oct. 1668 et est inhumé au cimetière du Masd'Azil, avec l'assistance du consul Rouch et du ministre M. Baricave. De son premier mariage naquit, Jean F., seigr de Sentenac et du second Charles F., seigr de Gabre.

IV. Jean, seigr de Sentenac et d'Ailhères, épouse, 26 oct. 1663, « en face de l'église chrétienne réformée, » d"* Bernardine d'Usson, fille de nob. François d' Usson, #seigr de Bonrepos, Bonac, Bozac, etc. (voy. II, col. 863). De 1663 à 1667, il servit comme lieutenant de cavalerie dans le régiment de Madaillan; il était mort avant septemb. 1696.

V. Charles, s»- de Gabre, fils de Pierre et d'Anne de Barricave, épouse Françoise d'Escaig.

VI. Salomon, fils de Jean et de Bernardine d'Usson, épouse, le 17 mai 1702, Anne de Falantin, fille de Charles sieur de Gabre, sa cousine, et obtient à cet effet une dispense du pape.

Ils sont donc, à ce moment, convertis.

Cette généalogie qui est officielle (car elle porte la signature de d'Hozier *, nous l'avons seulement abrégée), passe complètement sous silence un fils de Pierre Falantin et d'Anne Baricave, savoir Paul F., sieur de la Rivière, qui fut pasteur. Il naquit vers 1635, acheva ses études théologiques à Montauban, se trouva l'un des argumentateurs de la thèse d'Armand Martel : De duplici cordis oflicina, en 1668, et la même année alla se perfectionner à l'acad. de Genève, où il s'inscrivit en ces termes : Paulus Falantinus azilopolitanus apud Fnxenses, à la date du 26 novembre. Il fut admis au ministère évangélique par le synode tenu à Sl-Antonin le 15 septemb.

1 Bibl. nat., pièces orig., tome 109*7, dossier 25,187 et carrés d'Hosier.

FALANTIN — FALGUEROLLES

1672, consacré le 6 nov. suivant par son oncle le ministre Jean Baricave, et donné pour second pasteur au Mas-d'Azil, sa ville natale. Il en conserva le titre jusqu'en 1685, mais il passa une grande partie de ce temps soit à Toulouse, pour y desservir la petite communauté protestante qui s'y trouvait encore, soit à diverses reprises en qualité de chapelain auprès du maréchal de Schomberg qu'il accompagna dans la Flandre en 1674, et pendant la campagne d'Espagne, 1675. Feu Michel Nicolas possédait une lettre adressée le 21 déc. 1675 par le maréchal « à MM. du consistoire du Maz-d'Azil • pour les remercier • d'avoir consenti que M. de La Rivière ait servi auprès de lui pendant la campagne dernière, et pour les prier de consentir encore qu'il vienne servir une nouvelle campagne auprès de lui, ayant été choisi par le Roi pour aller servir dans une autre armée. » A la Révocation, Paul Falantin se réfugia en Angleterre, y obtint la naturalisation en 1691, et fut pasteur de l'église française de la Savoye (Agnew, I, 50, II, 318).

FALAVEL (« un certain) et son fils, > réfugiés et assistés à Lausanne, déc. 1684; (Scipion) avec plusieurs enfants, id. fév. 1713; (Jean) et Judith Chatelan, sa femme, id. 1740; — Jean-Marc Fallavel, étudiant à l'académie de Lausanne, mai 1736. — Marie Falavin, de Manosque, assistée à Gen., 1693. — Anthoine Falch t escollier,» reçu habitant de Genève, 1559. — — Gui 11. Falcon, « cordanicr, natifz de La Volte » (près Valence), id. janv. 1553. — De Falcon, voy. La Condamine.— • Etienne Falconet, de la petite Bal me. armurier, reçu habitant de Lausanne en contribuant 5 florins, » 8 août 1575; il était arrivé le 3 mai 1574. — Falesche, maître d'hôtel du roi de Navarre, tancé par Catherine de Médicis parce qu'il n'aimait pas la messe (Mèm. d'Aubignè, p. 24). — Pierre Falgarette ou Falgueret de Milhaud, assisté à Genève d'argent et d'habits, 1705; il entre dans la garnison de Genève, 1707. — Élie-Guill.

Fahjous, de Mon tau ban, étudiant à Genève, 1729.

FALGUERAS, ministre de Capdenac en 1596, de Cardaillac en 1603 ; — (Jean), de Sl-Antonin, en Languedoc, fils de Jean et de Marthe Ra vaille, épouse à Charenton, eu juillet 1638, Marthe Se-

vin, fille de feu Barthélémy Stvin, notaire royal du bailliage d'Orléans; au mois de janv. 1640, ils ont un fils, Samuel, mais la mère meurt le 4 nov. suivant. En septemb. 1648, l'époux devenu veuf se remarie avec Blanche Laigneau, veuve de Jean Le Bonnier, sr de la Haye. Jean Falgueras était commis de Menant, secrétaire du Roi et Laigneau, son beau-frère, était une espèce de médecin empirique, au dire de Tallemant des Réaux. Falgueras faillit être à Paris la victime d'une absurde accusation de sortilège; il a raconté lui -même son aventure, qui pouvait aisément devenir tragique, mais qui heureusement ne fat que burlesque, dans un Journal et histoire d'une abominable accusation faite et découverte le vendredi 12 fèv. 1655. Nous ne pensons pas que ces » quatorze pages de minute, » comme dit Tallemant, aient été imprimées [Haag, Y 53].

FALGUEROLLES (Hippolytk), seigneur de Falguerolles [Haag, V 55], mort après 1569, laissa de son mariage avec Charlotte de Vignolles de Saint-Bonnet cinq enfants : Sauvkur qui suit; Claude, auteur d'une seconde branche ; André, David et Isabeau.

I. Sauveur de Falguerolles épousa la dame de Foulquier, qui lui donna un fils nommé David. Ce David, conseiller du roi et général en la cour des aides et finances de Montpellier, prit pour femme Marguerite de Valet, et en secondes noces Angeline de Fizes qui était veuve en 1635 (min. de Cabanis not. à La Salle). De la première union il eut Jean, Jacques et Henri de Falguerolles. Du mariage de Jean avec Claire de Tourtoulon de Valescure, contracté en 1646, naquirent David, mort jeune; François, capitaine de cavalerie dans le Royal-Roussillon, qui se retira en Hollande à la révocation de ledit de Nantes et y mourut; Jean, natif de Manoblet, qui passa aussi dans les pays étrangers, selon le Dict. de la Noblesse de La tîhenaye des Bois; mais ce généalogiste altère ici la vérité. Jean de Falguerolles (ci dessus col. 267, n«859) périt misérablement à l'hôpital de Marseille, le 20 sept. 1695. Arrêté comme coupable d'avoir assisté à une assemblée religieuse, en 1692, il fut mis eu jugement et condamné aux galères, le 13 mars 1692. Sa femme fut enfermée dans un couvent, ses trois en-

PALGtJEROLLES — FALGUIÈRËS

fonts réduits à l'abandon, sa maison rasée et ses biens confisqués. En 1694 et 4695 elle était à Genève avec deux de ses enfants, malade et assistée par la Bourse française. Les malheurs de sa famille, les affreux traitements auxquels il fut luimême soumis, rien n'ébranla la constance de Jean de Falguerolles, et il refusa avec fermeté de racheter sa liberté par une apostasie. Les tortures physiques et morales ruinèrent rapidement sa santé; il tomba malade et fut envoyé à l'hôpital, où il languit longtemps, ne cessant de donner jusqu'à son dernier soupir, des preuves éclatantes de sa foi et de sa résignation. Son cadavre fut inhumé dans le cimetière des Turcs. Un seul de ses enfants est connu ; c'est Charles, qui fut régent de sixième à Genève, et admis à la bourgeoisie, le 16 août 1722. En 1747, le Conseil lui accorda sa retraite en lui conservant ses appointements, « en considération de son âge, de ses infirmités, de son peu de fortune et de divers traits qui faisoient honneur à sa piété et à sa générosité. »

II. Claude de Falguerolles remplit à Nîmes les fonctions du ministère, de 1557 à 1586. Il épousa Jeanne de Verchaut, qui lui donna six fils et trois filles, Jeanne, Anne et Isabeau. L'aîné des fils, Pierre, mourut' jeune. Le second, Jean alla étudier à Genève en 1588 (Johannes Falguerolus Falgueroliensis, occitanus sevenensis) et fat consacré au saint ministère le 22 septembre 1591 dans l'église de Nîmes qu'il desservit jusqu'en 1599. Nous ignorons la date de sa mort. Peut-être est-ce lui qui assista à l'assemblée de Loudun, en 1619, comme député des Cévennes. La destinée du troisième, Jacques, est inconnue. Le quatrième, Paul, inscrit au livre du recteur (Paulus Falguerolius nemausensis) en 1598, fut ministre de Saint- Hippoly te dans les Cévennes, puis se laissa séduire et abjura en 1634, moyennant uue pension de 400 liv. et fut porté au rôle des apostats par le synode d'Alençon (1637). Il devint maître des requêtes de la reine-mère. Sa femme, Isabeau de Barjac ne lui donna qu'un fils, Guillaume. Celui-ci marié en 1644, à Isabeau de Bue fut père de Joseph, capitaine dans le régiment de Picardie, en 1672, et commandant du fort de Melazo à Messine; de Pierre, capitaine dans le même régiment, en 1677, qui sortit de

France à la révocation (M 667) ; de Gaspard, qui servit aussi dans le régiment de Picardie avec le grade de lieutenant.

Le cinquième fils de Claude fut André de Falguerolles marié en 1624 à une d|,ft d'Artoul dont il eut seulement deux filles, Jeanne et Jaquette.

Le sixième, Guillaume, né en 1585, s'établit à Paris et y épousa Elisabeth de Marbaut en mars 1630. Il en eut Elisabeth née le 5 janv. 1631 ; Blanche, fév. 1632, femme en 1647, de Pierre de Julien, conseiller en la chambre de l'édit. de Castres ; Guillaume, 24 fév. 1633 ; Jacques, 2 avril 1634; Jkan-Bapt. 11 nov. 1635; François, lOdéc. 1636; Madeleine, janv. 1638, qui épousa en 1654, Jacques de Lacger ; enfin Françoise, bapt. le août 1640 (parr. Philippe Marbault, trésorier provincial de Textraord. des guerres ; marr. Blanche Marbault femme du sr de Croissy). Le père de toute cette famille fut enterré au cimetière des SS. Pères le 30 juin 1653. Il était conseiller maître d'hôtel du roi.-^- Son fils aîné, Guillaume, épousa en 1657 une de ses cousines Jeanne de Falguerolles et mourut (après 1665) laissant Jacques, mort jeune ; Louis, qui abjura, et Madeleine femme de Claude Thomas de Im Barihe.

Nous ne savons à quels points de cette généalogie rattacher : un Falguerolles, ancien de la ville de Cros, au synode de Meyrueis en 1654 (Tt 247); Jean de Falguerolles marqué (M 667) comme ayant émigré à la Révocation ; Charles, étudiant à Genève (Carolus Falgueroles gai lus in narbonensi provincia) en 1703; Suzanne, 36 ans, infirme, assistée à Londres (3 1. 8. 6) en 1706; François, marié dans l'église de Wheler-street à Londres, en 1718, avec Marguerite Bertault (voyez Burn); ni enfin M,le de Falguerolles, • fameuse protestante, » ainsi que nous la trouvons qualifiée, qui, prise par un corsaire sur un vaisseau hollandais, en 1695, fut enfermée dans la citadelle d'Amiens, en attendant la décision du roi, et reconduite à la frontière (E 3381). Il parait aussi que la conversion des Falguerolles restés en France fut peu sincère ; c'est ce que nous porte à croire la correspondance que l'un d'entre eux entretenait avec Antoine Court (mss. de Court, Corresp. 1726-28).

FALGUIÈHES, ministre à Cal vi net en

PALGUIÈRES — FARCY

Armagnac, 1603. — (M"«) réfugiée à Lausanne, inspectrice de l'hôpital nommée le 15 juin 1694. — Philippe Fallet, de Grenoble, tailleur, habitant de Genève, 8 septembre 1572. — Daniel Falipon, du Dauphiné, réfugié à Francfort sur l'Oder avec femme et enf., 1698. — Hugues Fallot ou Falot, ministre à S^-Marie-auxmines, 1626-1635; — Frédéric Fallot [Haag, V 56] ancien conseiller du duc de Wurtemberg-Montbéliard, abandonna la religion dans laquelle il était né et fit connaître les Motifs de sa conversion à la religion catholique dans un écrit que le Catalogue des manuscrits de Hœnel, signale à la bibliothèque de Besançon; mais il ne s'y trouve plus depuis longtemps. C'est ,1e même Fallot sans doute qui, en 1743, fut impliqué dans une affaire de faux et exilé en 1746 à Besançon (E 3581). A la même famille appartenait l'honorable Gustave Fallot, né à Mon tbéliard, élève de l'Ecole des chartes en 1833, sous-bibliothécaire de l'Institut de France et secrétaire du premier Comité des travaux historiques du minist. de l'Instruct. publique, mort prématurément (en 1836), laissant à un ami, M. Ackermann, le soin de publier un travail qu'il avait composé sur les formes grammaticales de la langue française au XIII*** siècle (Paris, impr. roy., 1839, in-8<>). — Fallot, sobriquet du pasteur Laurillard, vers 1780.

FALOQUIER (Pierre de), sieur de la Calmette, membre de l'assembl. de Lunel, 1613. — Louis Falou ou Fallou, de Château d un, maréchal-ferrant, réfugié à Berlin avec sa femme et 4 enf., 1698. — Marie Falque, de Grenoble, réfugiée à Berlin, 1698. — Evemont Falquet, pasteur à Rozans en 1596, mort en 1601; — (Pierre), pasteur à Aubusson, 1607-1617; à Decise de 1619 à 1636. — Quatre officiers nommés de Famars, au service de Hollande de 1734 à 1766. — Martin Famier • du Briançonnois, » habitant de Genève, 1559. — Philibert Famy, de Chastillon en Michaille, assisté à Lausanne, 1712. — Catherine Fanet, de Caen, 60 ans, assistée à Londres (4 sh.), 1705. — « Geraldus Fanganus, loci de Villepodio Gravesi diocessis tholosane, » étudiant à Genève, 1562. — Jean Fanger, ministre à Pau, 1588-91 ; il avait épousé une fille de Bernard d'Escot, alors ministre de Bielle,

colloq. d'Oloron ; Pierre Fanger, son fila, écolier boursier au collège d'Orthez en 1611, fut ministre à Nousty, 1620; à Couches (colloq. de Vicbiel) 1626-33; à Thèze, 1634. — Antoine Fangouf des Cévennes, sergier, réfugié à Berlin, 1700. — Pierre Fanier, de Vant en Rouergue, habitant de Genève, oct. 1559 ; — Anne et Françoise Fanier, de Marseille, réfug. à Berlin, 1700. — Antoine de Fanjeaux, docteur en médecine et pasteur de Paylaurens (1591 - 1606), dans son testament, daté du il fév. 1596, fait un legs « pour l'instruction de la jeunesse qui doit estre la pépinière de l'Eglise de Dieu. > — Fanjou, étudiant à Genève (Marcus Fanioucius galloburgundus) en 1616. Un Fanjoux était professeur de philosophie à Saumur lors de la suppression de l'acad. en 1685. — FaneuU, famille inscrite souvent sur les registres de l'église réformée de La Rochelle. Benjamin Faneuil, né en 1593, marchand, épouse en 1616 Suzanne de Lepine et meurt en 1677. Un autre Benjamin Faneuil, né le 5 déc. 1654, s'expatria lors de la Révocation, en 1686, et il était en 1706 un des principaux membres de l'Eglise française de New- York; M. Ch. Weiss parle dans son Hist. des réfugiés d'nn « Faneuil-hall » offert à la ville de Boston par le fils d'un huguenot français. « Faneuil-Hall est devenu célèbre comme berceau de l'indépendance américaine, > dit le Dr Ch. W. Baird, dans son Histoire des réfugiés français en Amérique (traduct. de A.-E. Meyer et de Richemond ; Toulouse, 1886, in-8o, page 477). — Une dn« Faneuil fut enfermée au couvent de Pons en 1699 (M 674), et une autre, Esther- Marie, au couvent des Ursulines de La Rochelle en 1764. — Fanton (1600-1661) médecin à Loudun, dont Nie. Aubin, pasteur de cette ville , dans son histoire du martyre d'Urbain Grandier (ci-dessus I,col. 552) rend un très honorable témoignage, ajoutant qu'il a si bien élevé sa famille dans la religion réformée qu'il n'est demeuré pas un seul de ses descendants en France. — François Faranges, de Montpellier, mis à Pierre-Encise, 1705. — - Moïse Faravel et son fils, de Fourcinet en Dauphiné, assist. à Lausanne, 1698. — Françoise Faravelon, de Roybon, id. à Genève, 1703. 1 . FARCY , famille normande [Haag, V 56] . = Arma : d'or fretté d'azur de 6

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