‹ La France protestante (volume 2)Chapitre 100 sur 252 · FAILLY — FAISSES · texte numérisé non relu

FAILLY — FAISSES

teurs de chaises, réfugiés avec leurs familles à Berlin, 1698. — Faisan, quatre pasteurs dauphinois de ce nom sont signalés à l'époque de la Révocation ; le plus ancien exerçait ses fonctions à Pont en Royans en 1660, puis à Livron et à Besodun ; un autre, Jean, né en 1653 était pasteur aux Tonils ; Alexandre Faisan La Serve, né en

1662, n'était encore que proposant en

1663, lorsqu'il fut inquiété pour avoir prêché en des lieux interdits; tous trois se retirèrent en Suisse. Le quatrième, après avoir exercé à Aouste, 1671-72, à Vercheny, et en 1685 à Espenel, consentit à l'abjuration. — D"e Faisan, réfugiée de Die, 72 ans, assistée à Genève, 1695. — Pierre Faisant sr de La Roche, né à Grateloup, Bailli d'Insange (Hinsingen) en 1685, colonel des milices du pays Messin, résidant à Courcelles en 1703, avait épousé à Metz en 1674 Suzanne, fille d'Aug. Friartlinyer. En 1703, celle-ci est enfermée à la Propagation de la foi, à Metz, probablement pour avoir favorisé le mariage à l'étranger de sa fille, que l'on enferme au même couvent.

FAISSES (Pierre) du Mazet, en la paroisse de Sain te -Croix de Caderles, dans les Cévennes, avait comploté de quitter son pays où on le persécutait pour la religion et de s'enfuir en Suisse avec sa sœnr puînée, Jeanne Faisses, et un plus jeune frère, Laroche- Faisses, lorsqu'une sentence de mort, pour avoir pris part à une assemblée religieuse, vint le frapper et l'obliger de partir sans sa sœur, au mois de juin 1686. Jeanne, fut réduite à s'associer une amie, Olimpe Fillion, fille d'un apothicaire d'Aymargues, et plusieurs autres femmes protestantes, pour gagner la Suisse sous la conduite de guides douteux. Ces malheureuses furent arrêtées à Nantua, puis conduites à Belley, pois à Dijon, et livrées alors à la misère, aux tortures sans relâche des prisons préparées pour vaincre leur constance. Jeanne souffrit dix-neuf mois sans se laisser ébranler et finit par fatiguer la patience du gouvernement qui l'expulsa miséricordieusement à la frontière suisse, avec une trentaine de ses compagnes placées dans les mêmes conditions (19 avril 1688). On conserve à la Biblioth. de Genève, dans les Papiers d'Ant. Court (n° 4*1) le Récit de la captivité de Jeanne Faisses et de sa

mort cinquante jours après son arrivée dans ce « pays de liberté, > à Chavornay, près Lausanne, le 14 juin 1688. Sa lamentable histoire, imprimée dans le Bull, de la Soc. de l'histoire du Protestantisme fr. (XXVI et XXVII) fournit les noms d'un grand nombre d'autres victimes que l'on doit se faire un devoir de recueillir. Il arriva de Belley trente prisonnières à Dijon le 29 déc. 1687. Elles trouvèrent lans les prisons de la Conciergerie < le sr Pierre Durand, de La Salle en Cévennes, qui y fut condamné aux galères et conduit pour cet effet à Marseille où il a été cruellement traité pour ne vouloir assister à la messe qu'on célébroit dans la galère et ensuite transporté à l'Amérique '. . . Mi,e de La Croix, de Chalon sur Saône, dont la mémoire mérite de vivre dans les siècles à venir, s'est absentée de sa maison et de sa famille pendant plusieurs mois pour rendre service aux pauvres prisonniers de J.-C. ». Le 3 mars 1687, Jeanne, avec son amie Olympe Fillion et Suzanne Lambert, furent condamnées à être rasées et enfermées à perpétuité dans l'hôpital de Dijon. • Là elles trouvèrent neuf autres sœurs au Seigneur de divers endroits qui y avaient été déjà jugées : Marie Caussard, parisienne; Jeanne et Marie Lopin ; Marie Sabourin, de St-Ambroix ; Jeanne, femme à M. Trouchaud, de Montpellier ; Jeanne Gruas, âgée de 18 ans, fille unique à M. Gruas, apothicaire de Montélimar; Marie Gubert, de Montpellier ; Isabeau Ollier et Marie Lombard, toutes deux d'An nonay. . . Quinze jours après furent jointes à ces douze, deux sœurs Marie et Louise Bellœil, de Barjac en Languedoc. Quelque temps après y arriva Fleurie Careyron, du côté de Chalençon en Vivarais, compagne de lit de notre Jeanne; elle y mourut dans la persévérance vers le mois de nov. suivant. Le lendemain arrivèrent encore à leur chambre Sara Vieux, du Dauphiné, Esther et Isabeau Chessier, de Baume en Dauphiné.

La pauvre Isabeau étant malade fut descendue à la chambre des malades et séparée pour jamais de sa sœur qui fendoit l'air de cris. Elle y fut réduite malheureu-

1 De la Martinique, il réusstt a se réfugier en Hollande. — Conf. t. V col. 1007, lig. 3 a 6.

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