XVII. In Epist. ad Roman. ;v
XVIII. De spiritu servitutis et adoptionis ad Rom. vm, 15. — XIX. De gemitu créatmrarum ad Rom. vm, 22, Argent., 1664, in-4*. — XX. De prxscentiâ Dei prmdee- Unantis ad Rom. vin, 29, Argent., 1690, itt-4*. — XXI. De verbis : Quàm sunt tmpsrvestigabiles via ejus ad. Rom. xi, 33.
— XXII. De verbis : Tempori inservientes ad Rom. xii, 11. — XXIII. In Rom. xv, 4. — XXIV. In i Cor., v, 9. - XXV. De Trimiatead i Cor. vm, 6. — XXVI. De lapsu stantium cavendo ad i Cor. x, 12.
— XXVII. De resurrectione non credenad i Cor. xv, 22-29. — XXVIII. De
ieiis loci ad Ephes. n, 3 contra Episeopium. — XXIX. Hominis ratio, hostis Dei ad Colos. i, 21, Argent., 1667, in-4o.
— XXX. De communicatione naturarum $4 majestatis in personâ Christi, Col. n, 9, Argent., 1667, in-4<>. — XXXI. De chirograpko, quod adversùs nos erat, ad Col. n,
14. — XXXII. De satisfactions Christi ad Col. n, 14. — XXXIII. De Christo sedente tu dextrâ Dei ad Col. m, 1. — XXXIV.
De satisfactions ad i Thess. ïv, 1-8. — XXXV. De sufficientid verbi scripti ad n Thess. u, 15. — XXXVI. Ad i Tim. m,
15, Aug. Vind., in-4*. — XXXVII. In i Rm. ïv, 3. — XXXVIII. In i Tim. v, H, 12. — XXXIX. In i Petr. ïv, 11. — XL. De claritate, perfectione et certitudine & Seripturm dissert, ni ad n Petr. i, 19, Argent., 1664, in-4<>. - XLI. De Epis-
tolâ Jacobi. — XLII. Dissert, m in Jacob. v, 14, 15. — XLIII. De vero verte religionis propagande modo, Argent., 1667, in-4<>. — XLIV. Dissert, ni de auctoritate, immutabilitate et transferibilitate S. Seripturm. — XLV. De indépendant id Dei. Peutêtre la même dissert, que celle qui est attribuée à Jean. — XL VI. De bonitate Dei. — XLVII. De providentia Dei. — XLVIII.
De personâ Christi. — XLIX. De voluntate Christi. — L. Dissert, in de fide bonos fructus patiente. — LI. De gratis divins certitudine. — LU. De significations voculse Tcûtc. — LUI. De Pentecoste. — LIV. Irène Sirène, seu Exercitatio ad colloquium Cassellanum, Argent., 1663, in-4°. Cet écrit ayant été attaqué, Faust répondit par Exercitationis ad Colloq. Cas tel. defensio, Argent., 1666, in-4°, et Dissensus exercitationis contra Dissert. coUocutoris CasseUani, Argent.. 1667, in-4®. — LV. Schulpredigt ûber' Prov. xii, U. — LVI. Wahrer Christen Verleugnung. — LVII. Wahrer Christen Vereinigung mit Jesu. — LVIII. Predigt ûber i Pet. ïv, U.
— LIX. Drey sonntsegliche Abend-Predigten. A cette longue liste, il faut ajouter, selon Lipenius : LX. De communicatâ Jesu- Christo secundùm humanam naturam sapientiâ, Argent., 1667, in-4o. — LXI. De teientid divine, Argent., 1668, in-4<>. — LXII. De diabolo, Argent., 1667, in-4o.
— LXIII. Episcopus uxoratus, Argent., 1674, in-4o. Et selon Lelong : LXIV. De serpente protoplastorum seductore, Gen.
m, 1, 2, 14, Argent., 1663, in-4o. — LXV. De inscriptions Evangelii Matthœx : Liber generationis, Argent., 1677, in-4<>. On voit que ces thèses roulent sur des questions fort intéressantes pour la plupart, et les sujets y sont traités avec une grande érudition, à en juger par celles, en petit nombre, que nous avons pu nous procurer. Nous ne connaissons non plus que de nom La vraye réunion des chrestiens en J.-C, recueil de 19 sermons précédés d'un prologue, dirigé contre un livre du jésuite Dey intitulé : La réunion des protestants de Strasbourg à l'église romaine; Strasb. 1687, in-8o.
FAUTEREL (Jehan), ministre à Francheval en 1564. — Hilaire Fautrard, natif de Guernesey (Hilarius Fautrartusex insula Gernezea oriundus) étudiant à Genève, 8 août 1581 ; pasteur de Sl-Martin de Ré en
FAUTEREL
FAVA8
1603. — (Jean), ministre à Rennes en 1603. — (Claude), ministre à Loudun en 1659, fils de feu Jean Fautrard ministre et de Jeanne Clemenceau, épouse au temple de Charenton, en janv. 1659, Marie, fille de Jacob Joly procureur au parlement et de Marie Dasnières ; il était encore pasteur de Loudun en 1673 (Tt 330). — Catherine Fautrier, de La Tour, aux vallées vaudoises, morte à l'hôpital de Lausanne, 1691. Plusieurs Fautrier, d'Orange, assistés à Genève, 1703. — M*e de Feautrier, détenue au fort St-André près Salins, 1700. — Juslus de Fauvart, étudiant à Leyde, chez son père, 1696. — Fauveau, consul de Sl«-Foy, 1612. — Jean Fauvety, du lieu de Malaigue dioc. d'Uzès condamné à Montpellier, 17 mai 1741 : « ...Attendu qu'il a été trouvé le dimanche des Rameaux dernier, par un détachement du régiment de Noailles, caché dans le jardin dudit J. Fauvety, plusieurs livres à l'usage de la R. P. R. nous l'avons condamne et condamnons à rester 3 mois en prison et en une amende de 10 1. au profit de S. M. qui sera payée au s' de la Roque receveur des amendes concernant les nouv. convertis, ensemble aux frais de la procédure que nous avons taxez a 30 liv. Ordonnons que les dits livres consistant en 4 volumes intitulez : Prières pour tous les jours de la semaine par Benedict Pictet; un autre vol. intitulé Les pseaumes de David approuvé par les pasteurs de Genève; un autre, le Pseaume de Doctrine avec un sermon imprimé qu'on trouva sus le dit Fauvety, seront brûlez en présence du sieur de Chazel que nous avons commis à cet effet... » (reg. du Consist. de Nîmes). — Jean Fauvre, de l'île de Rhé, chirurgien, 71 ans, assisté à Londres, 1706. — Pierre Fauxolle, de Picardie, 55 ans, et sa femme, 65, id.y id. — Matthieu Fauvite, de Livron, assisté à Genève, 1700. — De Faux, ministre à Chatelleraut, 1581. — Antoinette Faux, de Romans, t'd.,1690.
FAVAR, nombreuse famille de Puylaurens, dont quelques membres occupèrent les premières charges consulaires de 1570 à 1685. L'un d'eux, Philippe, fils de Mathieu, chirurgien, et de Jeanne Lafon (morte le 3 janvier 1678), étudia la théologie à Genève, 1661, puis à Puylaurens, sa ville natale, et fut reçu pasteur dans le synode provincial tenu à Mauvezin en
1664. D'abord affecté à l'église de S*- Amans-Labastide, il fut ensuite appelé à Cuq-TouJza, en 1684. A la révocation, il passa au catholicisme et mourut pendant une épidémie de pourpre qui régna à Puylaurens en 1692. — Un de ses frères, Favar de Missègle, sortit de France en 1685. — On retrouve les Favar dans les registres du Désert : Jean-Philippe, fils de feu Philippe et d'Elisabeth Dubosc, de Puylaurens, épousa Jeanne Dubosc de Robert, fille de noble Abraham de Robert, sieur Dubosc, et de Claudine de BonnUar, de Sarèze, le 15 juin 1763. De cette union naquirent : 1° Abraham, 15 avril 1763, présenté au baptême an Désert, le même jour, par Jean-Pierre-Frédéric de Robert ;
— 2<> Henry, i«r juin 1764, présenté par Henry Dubosc, sieur Du Pesquier, et par Claudine de Monbartier; — 3<> Marie* Delphine-Frédérique, 1766, qui épousa Pierre Fargues en 1788 : — 4° Antoine* Philippe, 1768 ; - 5o Jean-Philippe, 1771 ;
— 6° Elisabeth, 1772 ; — 7<> Aimé-Henry, présenté par Henry Rech de Laval et Anne de Boncilar, le 16 nov. 1776. — Pierre Favar, ancien capitaine, avait laissé une veuve, Rose de Oineste, laquelle mourut au Grand -Jon, âgée de 86 ans, en 1781 (Pradel). — Jean Favarel sieur de Campa u, fils de feu Jean s' de Molinar et d'Anne de Donadieu, épouse au temple de Charenton, août 1630, Anne fille de Nicolas de Jaquinot premier valet de la garderobe et de Marguerite Mandat. — Jean- Henry Favarger, de Nîmes, étudiant en théologie à Genève, 1707. — Veuve Favart, née Gautier, de Sommières, assistée à Genève avec 2 enfants, 1708.
FAVAS (Jkan de), ou Fabas si l'on prononce à la manière gasconne, gentilhomme des environs de Bordeaux mort en 1548, avait épousé, 19 juill. 1529, Marie dame d'Orries ou Auries (comm, de Ladaux, arr. de La Réole) et de ce mariage étaient nés trois enfants. L'ai né Jkan, jeta un certain lustre sur sa maison en faisant parler dans les guerres de religion de son courage et de ses talents militaires [Haag, V 82]. Il ne reste malheureusement qu'un lambeau (26 pages) d'un grand cahier in-folio dans lequel il avait tracé de sa propre main, sur la fin de ses jours, le récit de ses aventures l. On y voit que,
1 II occupe 45 pages du 1** volume des Pobli-
PAVAS
tout jeune encore, il se rendit en Espagne pour foire la connaissance d'une partie de sa famille qui était de ce pays et que là il fit ses premières armes. Il eut affaire aux Turcs. Blessé et pris sur une galère espagnole, il fut emmené en esclavage à Tripoli ; mais racheté, peu de mois après, il se hftt* de regagner la France. Sa narration continue en usant d'une orthographe insolite, reproduction fidèle de la prononciation gasconne du français et nous fait assister à ses débuts dans la vie évangéliqne :
Je trubé à mon retour que fu ma
mère estoict de la Religion ; que a cause de sella on avoit pillié sa meson et fet forsae ravages à mon bien combien que j'estois fort papiste, aiant esté tous jours noarry parmy les Espaignolz. Ceste diversité de religion je la trubois fort estrange et mesmeman de voir ma dicte mère sy
afectionée comme elle es toit — Fu ma
mère quy avoit ung extrême zelle eu sa religion fezoict tout, tout ce qu'elle pouvoict, pour me convertir [en marge : 1547]. Mes pour lors mon âge et le monde avoict plus do pouvoir sur moy que les sainctes rem on strances de fu ma mère et la vérité de la Parolle de Dieu. Toutesfois voian qu'elle ne pouvoict gaigner sella sur moy, elle m'at&cha par ung sereman qu'elle eust de moy, quy fut que où il adviendroit que la guerre revint je luy promis nonobstant ma religion d'aporther les armes avesques seulx de la Religion ; ce que je luy promis. Elle fat infiniment aize d'avoir arachô ceste promesse, la quelle elle manifesta aussytost a meeieurs de Monguion, de Languoiran, des Rois * et de Beauron qui pour lors estoient suis qui avoict toute créansce dens le païa ; et me truban a Bordeaulx ilz me firet entendre l'as u ran sce que fu ma mère leur avoict donée de moy ; de quoy je lur confirmé. Et encore que je ne fuse de la Religion, si esse quilz se confiaret telleman de de moy quilz me descouvriret beaucoup de lurs afaires
cations de la Soc. des Bibliophiles de Guyenne (1868 in-8»), ou il est l'objet (p. 161-234) d'une mUreuante notice de Mr H. Barckhausen.
1 Ce sont Fi ançois de La Rochefoucauld, baron de Montandre et de Montguyon, Guy de Montierrand, baron de Langoiran et Pons de Solignac, seigneur des Rois (Barckhausen). Voy. cideens, I, col. 647 et suiv. l'arrêt du parlem. de Bordeaux rendu contre eux et 565 autres, en 1569.
C'est ainsi que ce jeune homme qui avait su résister si fermement à une mère vénérée (ses précieux mémoires sont bien regrettables) entra peu à peu, par la voie d'une conviction qui eut tout le temps d'être mûrement réfléchie, dans le protestantisme, dont il devint un des vaillants soutiens. U y avait longues années déjà qu'il guerroyait dans les rangs huguenots lorsqu'il se jeta, n'ayant à sa suite que 420 cavaliers et 100 fantassins dans Mont-de- Marsan (1569), disposé à défendre vigoureusement cette place contre Monluc qui la menaçait. Mais il avait affaire à un adversaire d'une activité merveilleuse, qui dans un moment où sa vigilance s'était relâchée, lui enleva la ville et le força à s'enfermer dans le château. Quelques jours après, Favas fut réduit à capituler. « Pour ce que je voyois, raconte Monluc, que M. de Savignac et le capitaine Fabien voûtaient faire sauver Favas, et qu'ils vouloient lui faire bonne guerre, parce qu'il étoit en réputation d'estre bon soldat, je leur dis qu'ils allassent capituler, comme bon leur semblerait, je signerois leur capitulation, combien que j'eusse bonne envie d'en faire une depesche. Voilà pourquoy, quand ils se furent départis de moy, je fis partir après eux un gentilhomme, pour aller parler secrettement aux soldats et à quelques capitaines, que comme on parlementerait, qu'ils regardassent d'entrer par un costé ou autre et qu'ils tuassent tout. » Cet ordre, digne de celui qui le donnait, fut si bien exécuté que vingt-cinq gentilshommes seulement échappèrent au massacre. Favas fut du nombre. Désespéré de cet échec, il quitta la France et alla combattre de nouveau les Turcs sous le drapeau de don Juan d'Autriche. Après la bataille de Lépante, il rentra dans sa patrie, et l'année suivante, 27 janv. 1572, il épousa Louise de Chassaigne, veuve de Gaston d'Arzac, seigneur de Castets.
Quatre ans plus tard, nous trouvons Favas commandant à Bazas pour le roi Henri III. Un de ses cousins, le sieur de Gasc, de Bordeaux, recherchait en mariage une jeune fille de cette ville. Le beau-père s'opposa nt à une alliance que la mère approuvait, Favas le fit assassiner; puis, pour se soustraire au châtiment de son crime, il s'empara de la ville, et se soumit à l'autorité du roi de Navarre, à qui il reu-
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dit de très grands services, en reconnaissance desquels ce prince lui fit accorder une abolition spéciale par l'art. 28 du traité de Fleix.
En 1577, Favas, de concert avec Sully, prit La Réoie par escalade, le 6 janv., et la livra au pillage. Nommé gouverneur de cette place, il ne cessait, raconte d'Aubigné, de courir les environs, tenant les catholiques en haleine, prenant une part active à toutes les entreprises où il y avait un danger à affronter, et incommodant fort Bordeaux. Il enleva en leur logis six enseignes de Basques dans le pays de Benauges, battit à Targon les troupes du sénéchal du Quercy, détruisit les bandes du sieur de Lardimalie qui avait inutilement tenté de s'emparer de Bazas, emporta en plein jour et incendia Pontdaurat, se rendit maître de Langon, attira Lardimalie dans une embuscade, le tailla en pièces, et se saisit d'Ambarez.
L'histoire ne nous apprend pas quelle part Favas prit à la guerre dite des Amoureux, à laquelle il s'était vainement opposé dans le conseil du roi de Navarre. Nous ne le retrouvons qu'en 1586. En cette année, le parlement de Bordeaux qui le haïssait autant qu'il le redoutait, supplia Matignon et Mayenne de mettre le siège devant Castets. On avait déjà tiré plusieurs centaines de coups de canon contre les murailles, lorsque la nouvelle que Favas s'avançait à la tête de 400 arquebusiers pour secourir son château, décida les catholiques à entrer en négociation. La garnison sortit vie et bagues sauves, Castets fut remis à Mayenne, et Favas reçut i 2,000 écus d'or à titre d'indemnité. Le vaillant capitaine continua à guerroyer sous Turenne et Vivans contre l'armée des Ligueurs qu'il harcela sans relâche sur les deux rives de la Dordogne. L'année suivante, il assista à la bataille de Coutras où il se comporta bravement. On raconte que voyant l'escadron du comte de Soissons tourner bride, il rallia les fuyards en leur criant : < Vous vous égarez, l'ennemi est de ce côté. Prenez donc le chemin le plus court pour aller à lui. » Quelque temps après, au retour de l'assemblée de La Rochelle, où il avait accompagné le roi de Navarre, il enleva aux Ligueurs Vic-Fezensac et Nogaro ; puis il alla rejoindre Henri IV qu'il suivit dans toutes ses campagnes
jusqu'à la reddition de Paris, en 1594. Quelques mois après, il fut renvoyé dans le midi avec La Force. En 1597, il prit part aux travaux de l'assemblée de Sainte-Foy qui le nomma membre du Conseil élu conformément au Règlement de Saumur (Tt.
313). La même année, il emporta Agen par escalade ; mais ses soldats s'étant dispersés pour le pillage, il fut attaqué et obligé de se retirer, toujours combattant* jusqu'à Lésignan.
En récompense de ses services, Favas avait été nommé gentilhomme ordinaire de la chambre du roi, maréchal de camp, capitaine de 50 hommes d'armes, gouverneur du Condomois et de l'Albret. En avril 1605, Henri IV érigea en vicomte sa terre de Castets-en-Dorthe. Il mourut en 1614, ne laissant qu'un fils, nommé Jean comme son père. Ce fils a joué un rôle considérable, mais fatal, dans le parti protestant.
Député par la basse -Guienne à l'assemblée politique de Grenoble, Jean de Favas, vicomte de Castets, s'y montra un des plus exaltés. Il fut chargé par ses collègues d'une mission dans la Guienne et le Béarn. Du Pleuis-Mornay affirme qu'il s'agissait seulement de recommander la vigilance et la prudence aux huguenots de ce pays, et d'exhorter les gouverneurs des places de sûreté à les 'mettre en état de défense. Si tel était le but de la mission du vicomte de Castets, il fut dépassé. Dans une assemblée tenue à Villefranche, on résolut d'armer pour s'opposer aux mariages espagnols, et Favas s'empressa de rassembler des troupes à Casteljaloux, dont il était gouverneur. Instruit de l'arrivée de la reine-mère, il se mit en campagne pour lui disputer le passage ; mais, raconte Fontenay-Mareuil, le duc de Guise ayant fait marcher toute sa cavalerie contre lui, « il en eust tant de peur qu'il tourna visage avec toute sa compagnie, et rentrant dans la ville ne parust plus despuis. »
Député de nouveau à l'assemblée politique de Loudun, Favas fut porté avec Châteauneuf, Vérac, Monnereau, Chalas et Malleray, sur la liste des candidats à la députation générale, et malheureusement le choix du gouvernement se fixa sur lui.
Au rapport du même Fontenay-Mareuil, Favas, comme député général des églises réformées, se trouvait en grande considération à la Cour et tirait beaucoup d'argent
FàVAS
du roi. Cette position brillante ne satisfit pas son ambition ; il demanda pour son fils le gouvernement de Lectoure, et les ministres ne semblant pas disposés à le lui donner, il s'imagina qu'il vaincrait leur résistance en leur suscitant des embarras. Il écrivit donc à La Rochelle que la Cour n'avait point l'intention de tenir les promesses faites à l'assemblée de Loudun et que le moment était venu pour elle de convoquer l'assemblée générale, suivant le pouvoir qu'elle en avait reçu. Les magistrats de La Rochelle, sentant la responsabilité qu'ils allaient assumer, ne voulurent rien précipiter. Ils consultèrent Du Plessù-Mornay qui leur conseilla sagement de s'adresser d'abord a Lesdiguières et à Châtillon, pour les inviter à réclamer du Prince et de Luynes l'exécution, de leurs promesses. Rohan donna le même conseil ; malheureusement ils ne furent pas écoutés, et Favas, qui n'était dirigé en toute cette affaire que par sou intérêt personnel, l'emporta sur les seigneurs les plus prudents du parti. L'assemblée fut donc convoquée, quoique la Cour eût, dans l'intervalle, donné satisfaction aux griefs légitimes des protestants, en remettant un gouverneur protestant dans la ville de Lectoure, en nommant deux conseillers de la Religion à la Chambre de l'édit de Paris et en confirmant pour quatre ans aux réformés la garde des places de sûreté. Les choses ne tardèrent pas à être portées à l'extrême, et Favas y contribua plus que personne par ses imprudences et ses faux avis, comme l'assemblée ellemême le lui reprocha plus tard.
Pendant quelques mois encore, Favas resta à la Cour « pour trouver le moyen de faire ses affaires; > ce fut seulement quand les hostilités s'ouvrirent, que ne s'y croyant plus en sûreté, il partit pour La Rochelle où on le vit arriver, le 22 avril 1621, nous raconte Castelnaut, « tout malade et mélancolique, et avec cela bien étonné. > Il avait promis au roi d'employer toute son influence pour amener l'assemblée à se séparer, et il ne négligea rien, au contraire, pour aigrir les esprits et les porter à la guerre. Il y réussit si bien qu'il fit rejeter d'une manière presque offensante la médiation offerte par Du Plessis-Mornay, Rohan et La Trémoille. Pour le consoler de la perte d'une pension de 26,000
livres, qui fut naturellement supprimée, l'assemblée lui maintint ses appointements de député général et lui fît obtenir la charge de lieutenant du maire de la ville.
Pendant quelques mois, les députés des églises et le vicomte de Castets marchèrent en parfait accord. S'il assistait rarement aux séances de l'assemblée qui l'avait nommé avec Lescun, Clemenceau, Menuau et La Taulle, membre d'une commission chargé de recevoir les avis secrets, Favas, par contre, déployait une grande activité dans la direction des opérations militaires. Au mois de juin 1621, pendant le siège de Saint-Jean-d'Angély, il tenta avec La Noue et Bessay une diversion dans le bas Poitou, à la tête de 1200 hommes ; mais il fut battu par Praslin et se retira précipitamment après avoir pillé ou rançonné quelques bourgades. Il ne fut pas plus heureux dans deux autres entreprises, l'une sur le château de La Gremenaudière, l'autre sur Nouai lié. Ces revers constants étaient bien propres à calmer l'étrange engouement dont l'assemblée s'était prise pour lui ; cependant, ce qui commença à altérer la bonne harmonie, ce fut la nouvelle apportée sur ces entrefaites, que par ordre de son père, le jeune Favas avait rendu sans résistance Castets et Castel jaloux où il commandait, quoique ces deux places de sûreté ne fussent nullement menacées, éloignées qu'elles étaient de plus de douze lieues de la route que le roi devait prendre pour marcher contre Montauban. L'indignation de l'assemblée était d'autant plus légitime que, très peu de temps auparavant, Favas s'était engagé à retenir l'armée royale au moins un mois devant Castets. si les églises consentaient à l'indemniser de la ruine probable de son château, et une convention avait été signée à cet effet. Dès lors de graves soupçons s'élevèrent contre lui ; on se persuada qu'il n'attendait qu'une occasion propice pour faire sa soumission en laissant l'assemblée se tirer comme elle pourrait du péril où il l'avait précipitée. Cependant la conquête de l'Ile d'Oléron qu'il fît, au mois de nov., de concert avec Soubise et Saint- Surin, dissipèrent pour un instant les méfiances. Afin d'éviter une collision entre Soubise et Favas, l'assemblée nomma ce dernier lieutenant-général dans la basse Guieune et l'envoya dans le Médoc avec
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des troupes, au mois de janv. 1622. Aussitôt le parlement de Bordeaux rendit un arrêt qui le condamnait à perdre la tête sur l'échafaad et à la confiscation de ses biens ; mais cette sentence n'empêcha pas Favas de se saisir de Soulac et de l'ile d'Argenton, de ravager tout le Médoc et de brûler jusque sous les murs de Bordeaux les maisons des conseillers qui venaient de le condamner. Cependant la fortune l'abandonna. Battu à Saint- Vivien, il s'enferma dans Soulac qu'il travailla activement à fortifier, et écrivit à l'assemblée pour demander des secours. Gomme on ne pouvait lui en envoyer, on le rappela. Irrité de cette espèce de destitution et plus irrité encore de l'accueil hostile de la populace de La Rochelle qui lui lança de la boue et des pierres, Favas, d'une humeur fière et impérieuse, affecta de ne plus paraître aux séances ; bien plus, il somma l'assemblée de lui payer ses appointements de député général avec les arrérages, quoiqu'il sût parfaitement combien grands étaient les embarras pécuniaires. La Compagnie répondit, 14 avril, qu'elle n'avait pas entendu précisément s'obliger à lui payer son traitement, mais seulement s'employer à le lui faire payer ; que cependant, < dans le désir de le gratifier, > elle le comprendrait dans les distributions des députés de Tordre de la noblesse. En même temps, elle l'invita à venir rendre compte de sa conduite dans le Médoc. Au lieu d'obéir, comme son devoir l'y obligeait, Favas partit le lendemain pour l'île d'Oléron. Quelques jours après, instruit du danger que Royan courait, il vola à son secours avec quelques hommes et s'opposa à la capitulation que Saint-Surin voulait signer, ce qui retarda, mais de quelques jours seulement la reddition de cette ville. 11 retourna ensuite à La Rochelle où la lutte ne tarda pas à s'engager de nouveau entre lui et l'assemblée, plus vive et plus passionnée que jamais. A l'attaque de Favas qui avait fait assigner au présidial le président de l'assemblée pour le faire condamner à lui payer ses appointements de député général, la Compagnie répondit en faisant dresser contre lui un acte d'accusation en forme. Elle lui reprocha d'avoir poussé les affaires à l'extrême dans son intérêt et, depuis sou arrivée à La Rochelle, de s'être montré « froid et retenu aux affaires
les plus importantes, • refusant de manifester son opinion, se plaignant sans cesse du préjudice que lui causait son absence de la Cour, et pressant rassemblée de le dédommager de la perte de ses pensions. Dans l'espoir de le satisfaire, rassemblée lui avait conféré la lieutenance du maire de La Rochelle et lui avait continué son traitement de député général. On lui avait donc donné le double des appointements des députés de la noblesse. Peu de temps après, Favas se disant appelé dans la basse Guienne, on lui avait accordé le titre de lieutenant-général en cette province. L'assemblée s'était même engagée à l'indemniser de la ruine de Gastets, si cette ville tenait non pas deux mois, comme il le promettait, mats un mois seulement, et il l'avait rendue sans résistance, ainsi que Casteljaloux. On l'accusa, en outre, de s'être approprié tout le butin de Soulac, d'avoir affecté des allures d'indépendance, d'avoir refusé, à son retour, de rendre compte de sa mission. Plus tard, il est vrai, il s'était présenté devant l'assemblée, mais pour lui réclamer de l'argent, et, comme elle ne pouvait lui en donner, il l'avait fait assigner en la personne de son président par -devant l'assesseur et lieutenant criminel de la ville. On lui reprocha ensuite d'avoir cherché à décourager les défenseurs de Royan (ce qui n'était pas exact), et d'avoir fait saisir les deniers destinés au secours de cette ville. En conséquence, rassemblée le déposa de sa charge de député général, 17 mai 1622, et révoqua tous les pouvoirs qui lui avaient été accordés (Brienne, n» 225). La nouvelle de la mort du jeune vicomte de Gastets, qui arriva à La Rochelle sur ces entrefaites, lit suspendre la publication du décret de destitution. Ce reste d'égards toucha Favas qui promit, le 8 juin, de donner satisfaction à l'assemblée ; mais il revint bientôt sur sa résolution, en sorte que, le il juillet, rassemblée fit signifier le décret de déposition aux magistrats de La Rochelle par trois de ses membres, Saint- Simon, Hespèrien et La M Met i ère de Paris. Ce fut alors que la municipalité rochelloise, qui avait jusque là témoigné la plus grande déférence à Favas, intervint dans la lutte. Le corps de ville, sans tenir compte du décret de l'assemblée et comme pour la braver, le maintint dans ses fonctions de lieutenant
PAVAS
du maire, et les troupes refusèrent d'obéir à La Noue que l'assemblée lui avait donné pour successeur. De son côté, rassemblée irritée aggrava la peine du réfractaire, en le déclarant « déserteur de l'union des églises » et en exhortant • tous ceux qui désiroient demeurer en ladite union de ne luy adhérer en façon que ce soyt, ains de rejetter toutes propositions qui leur pourroient estre faictes de sa part. » Ce décret fut envoyé aux provinces et aux consistoires, qui furent invités en même temps à procéder contre lui selon la Discipline ecclésiastique et les arrêts des synodes nationaux. Dès qu'il en reçut l'avis, le consistoire de La Rochelle se hâta d'y obéir en frappant le coupable d'excommunication.
Energiquement soutenu par le corps de ville, Favas aurait pu prolonger ce dangereux conflit ; mais on doit le dire à son honneur, il ne le voulut pas, et malgré les instances de la municipalité, il donna volontairement sa démission de lieutenant du maire. N'ayant pu l'en dissuader, les magistrats rochellois le firent remercier de sa fidélité et de son zèle, en le priant de ne pas priver la ville de son assistance bienveillante. Favas continua donc à assister au conseil. L'assemblée s'en étant plainte, on lui répondit sèchement que le maire était libre de convoquer qui il voulait. Quelque temps après cependant, le conseil de ville lui ayant accordé les certificats les plus honorables et la promesse d'une protection efficace pendant la guerre et après la paix, il alla s'établir avec quelques troupes dans la Tour de Cordouan d'où il levait des contributions sur le littoral et inquiétait Royan. Lorsque la paix fut conclue, le conseil de ville lui envoya Jean Bernon pour lui annoncer qu'il pouvait revenir à La Rochelle, où il se rendit, après avoir fait sa soumission au roi.
Malgré les démarches des Rochellois, il ne fut pas rétabli dans sa charge de député général ; mais il reçut en échange le brevet de conseiller d'Etat. Dès lors il se retira des affaires publiques et passa le reste de ses jours dans ses terres où il mourut, le 29 juillet 1654. Beaucoup d'ambition et un peu d'avarice l'avaient entraîné dans des fautes, que le parti protestant expia durement. Il est impossible de ne pas blâmer sévèrement sa conduite ; mais
sa vie prouve qu'il ne se rendit au moins pas coupable de trahison, comme on l'en accusa.
Jean de Favas avait épousé, 2 août 1592, Catherine, fille de François de Gauthier, sieur de Camiran, maître des requêtes, et de Bertrande de Gasc. Outre deux filles, nommées Maris et Bertrande, et mariées, la première à Jean de Gontaut, comte de Cabrerès, puis au sieur de Viçose, et la seconde au comte Olivier de Poudenac, il en eut un fils, Jean, vicomte de Cas têts, qui se signala, en 1621, par la défense de Monheurt et de Nérac, et en 1622, au siège de Tonneins-Dessus. « Par suite de la mauvaise nourriture et de la fatigue qu'il avoit soufferte, lit-on dans les Mémoires de Castelnaut, il tomba malade à Clairac et mourut quelques jours après son ami et compagnon d'armes Monpouillan. •
Resté veuf, Jean de Favas contracta, en 1614, un second mariage avec Marthe de Pierre-Buffière, fille du gouverneur du Limousin, et il en eut Jeanne, femme de Pierre de Caumont baron d'Aymet.
Voy. H. Barckhausen, Publications de la Soc. des bibliophiles de Guyenne, t. I. — Anatole Barthélémy, Biblioth. de l'Ec. des chartes, t. VII, p.
2. Il y eut dans la même contrée, la sénéchaussée de Bordeaux, plusieurs autres familles du même nom de Favas, notamment celle de Pierre de Favas ou Fabas, écuyer, seigneur de Garquanieulx et de Carens. Celui-ci était catholique ; mais un capitaine huguenot nommé Favas fut massacré en 1568 à Olive! , avec le capitaine La Gausse, par la garnison d'Orléans (Crespin). Il y eut aussi un Favas ministre de Morlas , dont il est parlé dans les actes de plusieurs synodes nationaux. Supplanté dans son église par Rival, il eut beaucoup de peine à s'y faire rétablir, malgré les décrets des synodes de Charenton et d'Alençon, qui censurèrent fortement Rival, La Fite, Gillot et Bellard à cause des bruits calomnieux qu'ils avaient répandus sur son compte, et blâmèrent sévèrement le consistoire de Morlas d'avoir souffert un schisme qu'il pouvait éviter par la douceur. — Un Favas, de Sommières, perruquier, réfugié à Berlin, 1698 (Dieterici); — Marie Favas, de Montagnac, morte à l'hôpital de Lausanne en 1716.
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