‹ La France protestante (volume 2)Chapitre 117 sur 252 · FAY · texte numérisé non relu

FAY

dans U Correspondant, 1849. — Eloge de J. F»rr« prononce à l'ouverture de U Conférence de« s*ooats, le 27 nov. 1882, par Georges Dagoilbon; Paris, Pujol, 1882, in-8°.

FAY ou de Fay, nom d'une famille noble du Vivarais qui était divisée en deux branches au milieu du xvi^e siècle [Haag, V88].

I. Branche de Péraut. M. de Saint- Allais a publié une généalogie de cette branche ; mais, comme d'ordinaire, il ne dit rien de ceux de ses membres qui embrassèrent la religion protestante. Dans son Histoire littéraire de Lyon, Colon ia parle des deux Perrault du Vivarais qui eurent part aux entreprises des Huguenots sur Lyon. Il s'agit, selon nous, 1° de Jean de Fay, sieur de Virieu, second fils de Noël de Fay, seigneur de Péraut, et de Françoise de Saint-Gelais-Lansac; 2° de François de Fay, baron du Péraut, neveu, diton, du seigneur de Virieu.

Jean de Fay était seigneur de Virieu du chef de sa femme Louise de Varay. Golonia nous le montre prenant une part active aux mouvements des protestants dès Tannée 1561 ; cependant nous ne rencontrons son nom parmi ceux des chefs huguenots que dans la troisième guerre. En 1568, il occupa Annonay avec Changy, et l'année suivante, il combattit à Moncontour à la tête d'un régiment d'infanterie. Fait prisonnier à la Saint-Barthélémy et sauvé par Canssac, il abjura, en sorte que nous le retrouvons plus tard combattant les protestants sous les ordres du duc d'Uzès.

Son neveu, François, baron de Péraut, resta fidèle, au contraire, à la cause qu'il avait embrassée. Au premier appel de Condé, il partit pour le rejoindre à la tête d'une des cinq compagnies levées par Nîmes. Quelques mois après, Condé l'envoya dans le Dauphiné avec Saint-Auban, chargés des instructions nécessaires pour prévenir la trahison de Des Adrets. Selon l'Album du Vivarais, il se saisit, en 1562, du château de Colombier. Selon Aubaïs, il se rendit, en 1563, à Montpellier pour prendre le gouvernement de cette ville à la place de Rapin. En 1567, il hit, ainsi que Virieu, un des chefs d'une tentative sur Lyon, qui échoua ; puis il alla rejoindre Condé dans l'Ouest, et fut blessé, selon Bèze, au siège de Poitiers. Il mourut vraisemblablement de ses blessures; au

moins n'est-il plus question de lui depuis cette époque. Son fils (peut-être Henri de Fay, baron de Fay, dont la fille épousa Abel de Calvière), s'empara, en 1574, des châteaux de La Barge et de Serrières, de la ville de Mal levai et du prieuré de Charnas; mais il ne sut pas les défendre contre les catholiques qui les reprirent bientôt, rasèrent La Barge et Péraut, et emmenèrent prisonnières la mère et la sœur du jeune baron, qui réussit à se maintenir dans le château de Qui n te n as et servit dès lors sous les ordres de Pierre-Gourde.

Nous supposons que c'est son fils qui hit gouverneur de Beaucaire pendant les guerres de Rohan ; mais nous n'avons pu découvrir par quels liens se rattachait à cette famille Jules-César de Fay, baron de Péraut, capitaine dans un régiment d'infanterie, depuis 1636 ; colonel, depuis 1647, d'un régiment de son nom qu'il commanda à La Bassée, à Ypres, à Lens ; maréchal de camp en 1649, et retiré du service depuis 1654. Nous n'avons même aucune preuve qu'il professât encore la religion réformée.

II. Branche de Changy. Le 17 avril 1560, Michel de Fay, sieur de Changy, et son frères Jacques, dit le jeune Changy, se saisirent de l'église de Saint-Romain à la tête des protestants de Romans, et y firent célébrer le culte réformé; mais les jcatholiques ne tardèrent pas à les en chasser et le parlement de Grenoble envoya sur les lieux une commission , dans laquelle figuraient deux apostats, le conseiller Laubespin et l'avocat du roi Ponsenas, pour faire le procès aux coupables. Roberlè, qui avait logé le ministre, et Matthieu Rebours, qui avait gardé rentrée du temple avec une arbalète et une épée, furent condamnés à être pendus et traînés au lieu du supplice sur une claie. Un portefaix, nommé Chevillon, fut fouetté par les carrefours et envoyé aux galères. On raconte que pendant l'exécution, il encourageait le bourreau, en lui disant : Frappe, mon ami, frappe bien fort, châtie cette chair qui a été tant rebelle à Dieu. Les deux frères ne se laissèrent pas décourager par le malheureux résultat de leur entreprise. Peu de temps après, accusés d'avoir pris part à la tentative du jeune Maligny sur Lyon, ils furent grandement persécutés par Saint-André.

Jetés en prison, ils eurent à subir • de pi-

FAY — FAYAN

teux traitements, » parce qu'ils confessèrent hautement leur religion, tout en niant d'avoir participé & l'entreprise ; et comme les Guise les soupçonnaient d'intelligence avec C onde f ils se disposaient à les faire amener à Orléans pour les confronter avec le prince, lorsque le roi François II mourut. Quelques mois après, ils furent de nouveau arrêtés traîtreusement par Saint- Chamond, leur cousin germain, et ils ne recouvrèrent la liberté qu'à la prise de Valence par Des Adrets, qui confia au plus jeune des deux frères le gouvernement du Valentinois. L'alné alla rejoindre Condé à Orléans. Renvoyé à Lyon comme commandant de l'infanterie, il n'hésita pas, pour éviter des divisions funestes, à céder la place à Blacons et se retira à Valence. La reconnaissance ne l'empêcha pas de s'opposer vigoureusement, ainsi que son frère, aux projets d'accommodement de Des Adrets.

Il est difficile de décider duquel des frères les historiens parlent sous le nom du capitaine Changy, qui assista à la levée du siège de Grenoble en 1562; qui, en 1568, se saisit du château de Pérault et facilita à Saint-Romain le passage du Rhône; puis occupa Annonay avec Virieu, et à la tête d'un corps de troupes levé dans le Forez et le Haut-Vivarais, alla rejoindre d'Acier à Alais; qui enfin raournt au siège de Poitiers.

FAYE (Estiennk), t natif du dioc. de Poitou, » reçu habitant à Genève, 1549.

— Ennemon de Fayes « gentilhomme d'auprès Grenoble, » id. 8 septemb. 1572.

— Jean Faye, de Cheilas en Vivarais, venant de Berlin, reçoit à Genève une assistance pour retourner en Brandebourg,

FAYAN (Jean), que nous avons mentionné ci-dessus col. 269, n° 886, à son rang, mérite un plus ample détail. Placé en 1687, sur le bâtiment nommé La Guerrière, où se trouvaient des galériens protestants, ce calme et sain voisinage fit sur son âme une impression profonde qui le conduisit à un désir ardent d'être des leurs. Cependant ce rat seulement en 1694 qu'il se décida à prévenir l'aumonier de la galère qu'il voulait vivre et mourir dans leur religion. Les efforts et les mauvais traitements furent en vain prodigués pour le ramener. Il arriva, au mois de mars

1700, qu'on le fit comparaître devant un évêque pour être interrogé.

L'evêque lui demanda qui lui avoit conseillé de changer sa religion. Il lui répondit que c'était la parole de Dieu et que par elle il ne croyoit pas faire son salut dans l'Eglise romaine. — Qu'est-ce qui voua en empêche, que vous ne puissiez pas faire votre salut dans notre religion? — C'est presque tout, dit-il. — Mais encore qu'estce qui vous empêche f — Cest le purgatoire, l'invocation des saints, l'adoration des images et la présence réelle du corps de J.-C. dans l'eucharistie. — Il faut donc bien croire, disoit l'evêque, que c'est le corps de J.-C. puisque lui-même l'a dît. — Il faut donc croire, répondit le prosélyte, qu'il est un cep, à cause qu'il a dit qu'il en était unf Le prélat ayant vu cette ferait résolution le menaça et lui dit que M. l'Intendant avoit grand tort de ne l'avoir pas fait pendre il y a longtemps. Et se retournant tout courroucé il reprocha aux aumosniers leur négligence. Ou le ramena à la galère ou on continuoit à dire qu'on l'alloit mener au parlement d'Aix pour lui faire son procès. Ce cher fidèle a été tout disposé à mourir au Seigneur.

Il échappa cependant. De la Guerrière, on le fit passer sur (a Magnanime, ou on l'attacha au banc < de la douze, » banc des scélérats où pleuvaient les coups; puis comme il persistait et que cette fermeté était de mauvais exemple, on l'envoya au château d'If, avec un autre prosélyte opiniâtre nommé dVubigni. Le 3 septemb.

1700, il écrivait à un de ses amis resté sur les galères de Marseille.

Je vous diray comme la divine Providence de mon Seigneur et de mon Dieu que j'adore m'a introduit dans un lieu de ténèbres à le regarder des yeux de la chair, mais aux yeux de l'esprit ce lieu m'est un

temple du Dieu vivant Je m'embarquai

sans avoir rien que mon pseaume (car on m 'avoit enlevé mon nouveau Testament et quelques autres livres de dévotion) et qui me servira à chanter les louanges de ce bon Père des miséricordes. Quand je fus arrivé à Château d'Y, on commanda le sergent de garde avec deux mousquetaires pour m 'amener à la grande tour ; et quand j'eus passé huit portes, on me fouilla auparavant que de me fourrer dans ce lieu affreux ; mais il ne m'ôta rien que mon couteau, mes ciseaux et des aiguilles etc. Enfin quand j'eus passé

FAYAN

FAZY

la dixième porte, je rencontray un de nos frères en nostre S. J.-C. qui me fit peur de le voir si maigre et let yeux enfoncez dans la ttte, avec une barbe bien longue. C'étoit le tieur Jean Moynier, fidèle confesseur. Il m'a grandement consolé et édifié, quoy que je sois encore deux portes au dessous de luj. Voilà ou les ennemis de mon salut m'ont réduit de ne vouloir adorer leurs dieux. Je prie le grand Dieu qui a créé le ciel et la terre qu'il lui plaise par son infinie bonté de traitter nos ennemis en sa miséricorde...

Fayan resta près de neuf ans dans son cachot du château d'If, d'où il passa (pendant près de deux années) à l'hôpital des forçats. Là, sans avoir rien abandonné de ses croyances, il eut la bonne fortune d'être désigné pour la libération à condition de s'engager comme soldat dans les troupes royales. Il était de garnison à Villefranche en octobre 1712 et bientôt obtint son congé.

Papiers d'Ant. Court * la Bibliotb. de Genève.

— Bull XVTI, 338.

FAYARD (Pierre), de Bourdeaux, ourrier en bas, réfugiera Magdebourg, 1700.

— Gervais Fayel, natif de Rouen, reçu habitant de Genève, septemb. 1559.. — • La mère de Christol Fayet pendue à un chesne, puis descouppêe à coups d'épée, à S*Quintin, » en Provence, 1562 (Orespin);

— (Ambroise) , ministre de La Rochelle, 1865-72; — (Jeanne), de Saintonge, 60 ans, veuve d'un officier, assistée à Londres (3 1. 10 sh.), 1702 ; l'était encore en 1710;

— Mme Fayet, enfermée au couvent de la Trinité à Noyon, 1699 ; —(Louis) dit Guin, né à Vénenobres, consacré par le synode dn bas Languedoc le 26 mai 1739; le synode du 2 mai 1743 lui accorda un congé d'un an « pour aller dans le pays étranger perfectionner ses connoissances . • Il exerça le pastorat dans diverses églises de sa province, mais en se plaignant souvent de la difficulté qu'il avait à toucher son modeste traitement (350 1.) et en aggravant les difficultés qu'il rencontrait par le cas de conscience qu'il se faisait de ne point faire de baptême dans les maisons particulières, mais seulement dans les assemblées; aussi une assemblée qu'il présidait à S*-Jean-de-Ceyrargues, le 26 mai 1754, fut surprise et maltraitée par les

soldats; il exerça ses fonctions dans les églises de Garrigues, Gatigues, Lussan, Bouquet ; il était pasteur à Ribaute en 1760, à Galvisson en 1761 et 62; en 1786 et 87 les synodes lui accordèrent une pension viagère de 1501. à raison des services qu'il avait rendus à la province en des temps fâcheux (Dardier, Paul Rabaut, ses lettres, etc.). — « M. Loys Fayote avocat de Senlis, > reçu habitant de Genève, 16 oct. 1572 ; (Catherine) du Dauphiné, malade à l'hôpital de Lausanne, 1689; (Suzanne) de Peyroles près SuJean de Gardonnenque, morte au même lieu, 1691; (Jacques) marchand de Nimes, et autre Jacques, greffier à Nimes, réfugiés à Berlin, 1698. — Pierre Fayon • faiseur d'instrumens de musique, de Nozeret en Bourgogne, > reçu habitant de Genève, 7 septemb. 1572. — - Nicolas Fayot, de Dijon, espinglier, id. 15 mai 1574. (Pierre), de la Brie, « porteur de chaize, > réfugié avec sa femme et 6 enf. à Berlin, 1698. — Barthélémy Fazel, nommé consul de Beda-rieux par les protestants de cette ville, en 1664 ; son élection est cassée (Proc. verb. des Etats de Languedoc).

FAZY, primitivement Fazi, famille du val de Queyras en Dauphiné et de Briançon, réfugiée à Genève à l'époque de la révocation de l'Édit de Nantes. Elle était d'origine italienne. Fazi est un diminutif de Boni fazi o, comme le nom des artistes florentins Lippo et Lippi était une abréviation de Filippo et de Filippi, et de même tant d'autres. On trouve un Thomas Fazy, « de la vallée de Queyras communauté de Molines, » mort à l'hôpital de Lausanne en 1701 et un Fazy Fazy (c'està-dire Boniface Fazy) du même lieu, figure sur les listes d'assistés, à Londres, de 1702 à 1710. Le premier membre de cette famille qui se fit recevoir, le 13 février 1702, habitant de Genève, Antoine Fazy, était un riche industriel qui apporta dans sa nouvelle patrie la fabrication des indiennes et des toiles peintes. Il créa à Genève, dans le quartier des Pâquis et des Bergues, un grand établissement que ses descendants exploitèrent après lni, qui subsista pendant tout le XVIIIme siècle et ne périclita que lors de la réunion temporaire de la petite république au grand empire napoléonien et du blocus continental. Il mourut en 1731, ayant été marié trois fois : 1° avec Priscille

FAZY

Dupuy ; 2« le 27 janvier 1 705 avec Suzanne Bouverot de Pont-de-Veyle en Bresse, morte en 1718 ; 3° avec Claremonde Rousseau, tante du célèbre Jean-Jacques. « J'allais presque tous les dimanches, dit celui-ci dans ses Rêveries d'un promeneur (ch. 4) passer la journée chez M. Fazy qui avait épousé une de mes tantes et qui avait là une fabrique d'indiennes. * Il raconte encore qu'en jouant avec le rouleau du calendrage il eut deux doigts de la main presque écrasés.

De son premier et de son deuxième mariages, Antoine Fazy eut plusieurs fils, notamment Jean-Salomon (1709-1782), qui épousa une d|le Marie Trembley, dont le fils aîné, Jean-Louis, fut le grand-père de Jean- Jacob, dit James Fazy, tandis que le second, Jean, industriel de mérite, inventa les montres à compensateur et rat horloger de la Cour à St-Pétersbourg. Le petit-fils de Jean, Louis-Philippe Fazy, né en 1808, épousa, l'an 1841, M"* Hélène Meyer, fille d'un ancien consul d* Angleterre à Varsovie, enseigna pendant longtemps avec succès la littérature française à Genève, à l'École secondaire des jeunes filles, et publia en 1844 un Choix de prose et de poésie, puis en 1860 un Cours d'histoire de la poésie. De ses trois fils l'aîné, Henri, né en 1842, et devenu fort jeune un député radical influent, a siégé depuis 1866 presque sans interruption au Grand Conseil et a rempli de 1870 à 1875 les fonctions de conseiller d'État ; dans le domaine de l'érudition, il s'est fait connaître par divers travaux insérés dans les Mèmoi* res, soit de l'Institut genevois, soit de la Société d'Histoire et d'archéol. de Genève.

Au milieu de cette famille nombreuse et modeste, une place hors de pair appartient à Jean-Jacob dit James Fazy qui a été souvent appelé le dictateur de Genève et qui de l'aveu d'un de ses plus vaillants adversaires (le Journal de Genève, 17 nov. 1878) « remplit l'histoire de la République à peu près tout entière de 1841 à 1864. •

Né à Genève le 12 mai 1794, fils de Jean-Samuel Fazy, industriel, et de Marie Fazy, il fréquenta les classes inférieures du collège de sa ville natale et termina une éducation quelque peu décousue dans rétablissement morave de Neuwied sur les bords du Rhin. Les intérêts et les traditions de sa famille le destinaient au com-

merce des toiles peintes : son apprentissage se fit d'abord à Bolbec, puis à Lyon, mais les événements de 1814, en rendant à la petite république de Genève son indépendance, le ramenèrent dans ses murs.

Libre désormais de suivre la vocation de son choix, il étudia les lettres, l'histoire, l'économie politique, figura parmi les fondateurs du Journal de Genève à côté de l'avocat Cougnard, des D" Gosse et Mayor, des poètes Chaponnière et Petit-Senn et publia en 1824 une nouvelle allégorique, soidisant traduite de l'arabe : Les VoyagesifErtèlib [Liberté] traduite du poète EUensahirad (Genève, in-12); puis une tragédie ea trois actes et en vers, La mort de Lévrier, dont la représentation fut interdite par lé syndic Vernet à cause de la vivacité et de la fréquence des allusions politiques. f Les rigueurs de la censure, et le désir d'essayer ses talents dans une plus vaste sphère d'action, conduisirent Fazy à Paris où il se lança immédiatement après son arrivée, dans les polémiques ardentes soulevées par l'opposition libérale contre le gouvernement de Charles X et combattit dans les rangs les plus avancés, tantôt en partisan isolé, tantôt après s'être concerté avec quelques amis affiliés comme lui au carbonarisme. Les vicissitudes de la lutte le mirent souvent en rapport avec les chefs les plus écoutés de la gauche : La Fayette, Lafitte, Armand Carrel. Divers journaux parisiens le comptèrent au nombre de leurs fondateurs ou de leurs collaborateurs : en 1827 il lança avec quelques amis < la France chrétienne, » bientôt supprimée par la censure et publia dans • Le Mercure de France au XIXme siècle » les Lettres d'un Américain. Aux approches de 1830 il eut Tidée originale de créer une feuille en partie double dans laquelle, pour échapper aux rigueurs du pouvoir, les doctrines libérales étaient mises en regard des thèses rétrogrades. L'éducation républicaine dont Fazy était redevable à son origine, et la profonde impression qu'avaient produite sur lui les ouvrages économiques de ses compatriotes Sismondi et Etienne Dumont, en firent dès ses débuts un fervent défenseur de ces théories du < laissez faire, laissez passer, » auxquelles, pendant sa longue carrière, il demeura toujours fidèle. Une série de franches et incisives brochures contre les privilèges, selon lui exorbi-

FAZY

France, et le régiattention publique

de J.-fi. Say. A Dm privilège de la Idèrê comme nuitinmerciales: Paris, $ aux portions, ou iques et politiques \ux Quarante pori, 1821. — Opuscudes privilèges, des

conversions sur le « France; Paris, lieux des finances is, 1830. - Priniuslrielle pour le Usses en France, es classes productif tr remède; Paris, applications pratiil intervenait plus liée par une broits du jour intitue ou abus de la sa- $ le gouvernement 28, in-8°.

» ordonnances de juillet la protestaiccompagna, le 28, >lution victorieuse.

, toute place, fut-

au premier occuà racoiiler avec sa Ile qu'il avait été s Tondes sécrétai-

provisoire, mais >rtir pour quelques

séances, il s'était , et il ajoutait son pétiteur qu'il n'éicer. Ses amis crunaître les services 1 avait pu rendre offre de la préfec-

le pamphlétaire, on, refusa et préconspirer la chute ement de laquelle [ues mois auparai journal, des plus le concert avec un 'houret, et qu'il fil i La Révolution de as à combattre le Philippe, mais con-

testa le droit législatif de la deuxième Chambre sous le prétexte qu'elle ne représentait pas le peuple français, issue qu'elle était d'un suffrage beaucoup trop restreint. La cour d'assises de la Seine le condamna à trois reprises (janvier, février, août) c pour attaques contre l'autorité constitutionnelle et la Chambre des Députés ; » mais l'habile pamphlétaire réussit à se soustraire soit aux quelques mois de prison, soit aux plusieurs milliers de francs d'amende prononcés contre lui. Sa famille comptait soit à Paris, soit à Genève, des amis influents qui obtinrent sa grâce. « Je vous l'accorde, » leur aurait répondu Casimir Périer « mais je souhaite que vous n'ayez pas à vous en repentir. •

De retour à Genève, Faxy combat le régime conservateur établi en 1814, d'abord dans V Europe centrale; puis i\ réclame dans la Revue de Genève entre autres réformes, le suffrage universel, un conseil municipal librement élu, pour la ville, et la démolition des antiques fortifications de Genève. En même temps il accueille la collaboration de Mazzini, défend la révolte du prince Napoléon à Strasbourg (1836) et soutient, pour les exaltés de Zurich et de NeuchAtel, • le droit à l'émeute. »

L'Europe centrale fut suspendue en 1834 à la suite de réchaffourée des Polonais qui sous le commandement du général Ramorino projetèrent d'envahir la Savoie et s'avancèrent de Genève à une lieue plus loin, à Auncmasse, mais qui désarmés après le premier engagement avec les troupes sardes, reculèrent en désordre jusque sur Je territoire suisse. Fazy profita de ses loisirs forcés pour revenir à la littérature et composa un roman, Jean d'Yvoire, pale imitation de Walter Scott remplie d'allusions politiques et le premier volume d'un récit de l'Histoire de Genève (jusqu'en 1706) auquel manque la première condition d'une œuvre de cet ordre, l'impartialité. En 1841 un club politique, l'Association du 3 mars, où s'était plus ou moins imposé James Fazy, réussit à faire prévaloir des demandes de réforme, celles entre autres relatives au suffrage universel et à une municipalité librement élue. Un rassemblement tumultueux (22 novembre), entoura l'Hôtel-de-Ville et contraignit le gouvernement genevois a. voter la convo-

FAZY — FÉBURE

cation d'une Assemblée constituante ; les défenseurs de l'ancien régime y conservant la majorité, Fazy maintint et accentua les réclamations du parti radical. Un nouveau soulèvement eut lieu le 13 février 1843 auquel le colonel Dufour, chef des troupes du gouvernement, résista avec vigueur, mais les syndics, comme en 1841, capitulèrent devant l'insurrection.

Les discussions de l'Assemblée fédérale suisse fournirent au démolisseur les derniers arguments dont il avait besoin pour s'emparer d'une forteresse déjà démantelée. Si peu sympathiques qu'ils fussent aux Jésuites et à la ligue ultramontaine appelée Sonderbund, les Conseils de Genève voulaient la stricte observation des traités de 1815 et ne reconnaissaient pas à la Diète helvétique le droit de s'immiscer dans les affaires intérieures des cantons (vote du 3 octobre 1846 : 34 voix contre 27). Dix -sept députés radicaux donnèrent immédiatement leur démission ; la Revue de Genève, organe de James Fazy, accusa le gouvernement genevois de prendre fait et cause pour les Jésuites et le populaire tumultueusement assemblé annula le décret du 3 octobre. Un mandat d'amener ayant été lancé contre Fazy, une lutte sanglante s'engagea dans les rues et avait déjà coûté la vie à quelques citoyens lorsque le Conseil d'État abdiqua ses pouvoirs (8 oct.). []ne nouvelle assemblée fut convoquée le lendemain sur la place publique, au Molard, où jadis péroraient Froment etFarel, proclama un gouvernement provisoire avec Fazy pour chef. Les ultramontains genevois, dans leur haine contre la Rome protestante, donnèrent leur voix à l'astucieux politicien et firent cause commune avec les ouvriers socialistes. Les citoyens radicaux, convoqués en Conseil général mirent tous les f légats à la charge des magistrats démissionnaires et du commandant des troupes pour les châtier d'avoir osé résister à 1 l'émeute. Une assemblée dite Constituante nommée eu 1846 transforma Genève dans le sens le plus radical. L'auteur de cette révolution, qui s'était fait nommer rapporteur de l'œuvre nouvelle, la défendit avec l'audace et la fécondité de ressources qui lui étaient habituelles.

M. Fazy devenu président du Conseil d'État et chargé du département des finan-

ces exerça, de 1846 à 1861, sur ses concitoyens une autorité dictatoriale. Le Grand Conseil lui vota le 2 mars 1850 un don national de 200 toises de terrain sur chacune des rives du lac. Cependant un changement de l'opinion dans le sens libéral fut amené par le gaspillage des finances, par les concessions excessives à l'Église romaine et à son trop habile directeur, M. le curé Mermilliod, par les scandales auxquels se laissa entraîner M. Fazy dans sa vie privée et l'installation dans son hôtel d'une maison de jeu. Sa domination croula définitivement le 22 août 1864 à la suite d'une émeute sanglante, organisée par ses partisans insurgés contre un vote du suffrage universel.

Les vicissitudes de la politique cantonale, le dépouillèrent à partir de 1872 de toute influence même sur ses anciens partisans. En 1874, il ne fut même pas réélu membre du Grand Conseil.

L'Université rot le dernier refuge du vieux lutteur. On lui conféra la chaire de professeur de droit constitutionnel, honorable retraite accordée à son indigence.

Ses leçons ont été réunies sous le titre de Intelligence collective des sociétés. H mourut le 6 nov. 1878 sans que les infirmités corporelles eussent pu affaiblir la verdeur de son esprit ni sa confiance dans l'avenir de ses idées. Le pouvoir exécutif décréta que ses obsèques auraient lieu aux frais de l'État; son nom a été donné à un boulevard de la ville et un beau buste en bronze, sans inscription, lui a été élevé par ses amis dans une promenade publique, au jardin de S1- Jean (Strûehlin).

FÉBURE (George), « de Leigue près Chastillon sur Seine, » reçu habitant de Genève, 2 septemb. 1572; — Jaques Fébure c de S. Niceot près Troye, ministre, » id. 15 nov. 1592. — Fr. Febvre, de Ne vers, id. sept. 1557. — Paul Fèdon, étudiant en théol. à Nîmes, 1615. — Abdenago Fègouex, d'Orléans, sergier (a esté à la messe), » hab. de Genève, 20juill. 1573. — Constant Feitrier, de Marseille, marchand, id. 29 déc. 1572. — « M. Antoine Feùsier [Teissier?], conseiller historiographe de Ni s m es, avec la d"e sa femme, 3 enf. et une servante, » réfugiés à Berlin, 1698 (Dieterici). — Paul Feizan, de Cours en Vivarais, procureur, 66 ans, et Marie Delu sa femme, réfugiés à Lausanne, 1740.

Page 1