FÉLICE
I. FÉLICE (Charles), de Montélimart, en apprentissage d'orfèvre à Genève, 1684. — c Sieurs Charles et Jean Félice, marchands de Montélimart, tolérés icy avec permission de vendre leurs marchandises jusques an bon vouloir » (Manuaux de Lausanne, 3 juin 1686). — Félice, de Montélimard, établi à Payerne dès 1686 (Manuaux de Payerne).
9. FÉLICE (de), famille remarquable par ta fidélité à la profession ecclésiastique. Son plus ancien auteur à nous connu ne fut cependant que philosophe et publiciste. Né à Rome en 1723 il était professeur de sciences mathématiques et naturelles, lorsqu'elle aventure romanesque (voy. laBiogr. Michaud, art. du pastr Marron, 1815, et la Bîogr. générale de F. Didot) le força, dit-on, à prendre la fuite. Il se retira dans le canton de Berne et y embrassa le protestantisme. Les ouvrages par lesquels il débuta dans la carrière d'écrivain furent des dissertations latines sur Futilité de l'aréomètre (1753) et les effets de l'attraction (1757). Quelques années plus tard (1763) il publia un Discours sur la manière de former l'esprit et le cœur des enfants. En 1769 il fonda un établissement typographique à Yverdun, imprimerie d'où sortirent un grand nombre d'écrits, principalement de sa plume, parmi lesquels on remarque un cours de Droit de fa nature et des gens (1769), puis un Ta- Mm* philosophique de la religion chrétienne, en 4 vol. in-12, 1779, et surtout V Encyclopédie d'Yverdun, immense travail en 48 vol. in -4° et 10 vol. de planches, dont il commença la publication en 1770 et qui ruina sa famille. Son activité littéraire ne s'arrêta qu'à sa mort, arrivée en
n eut, outre trois filles, six fils dont deux sont à mentionner ici : 1° Fortuné- Bernard, né à Berne le 11 octob. 1760. (Test à Berne qu'il fit ses études. En 1786, après avoir obtenu la place de ministre dans le régiment suisse de Lullin de Château vieux, en résidence à Paris, poste qu'il n'occupa que peu (ou point), il devint vicaire du pasteur Touchon à Bâle, puis professeur à l'Institut électoral de Frankenthal. Quelques années plus tard il fut nommé pasteuràKaiserslautern,àOtterberg, puis (1804) à Friederichsdorf qu'il quitta an commencement de 1807 pour aller à
Lille succéder au pasteur Boissard. Il déploya dans cette dernière ville une grande et fructueuse activité. Son diocèse comprenait les départ, du Nord et du Pas-de- Calais, où il présida à la naissance de communautés protestantes et de temples dont plusieurs existent encore. Il mourut le il mars 1832. — 2° Frédéric-Charles, né en 1775, pasteur de l'église du Val de SuImier, qu'il quitta en oc 1. 1801 (?) pour passer à celle de Metz, où il fut le premier ministre nommé après la restauration des cultes en France. Il y joignit, eu 1804, le titre et les fonctions de professeur au lycée de la ville ; mais une mort prématurée vint le surprendre, et affliger son troupeau : il avait prêché deux fois le jour de Pâques 1809 et il mourut le lendemain, 8 avril.
Guillaume- Adam de Félice, fils de Fortuné-Bernard, né à Otterberg le 12 mars 1803, fit ses études théologiques à l'acad. de Strasbourg de 1821 à 1825, et il écrivait en même temps dans les Journaux et Revues des articles historiques et philosophiques. Son premier ouvrage publié en 1822, fut une traduction de l'ouvrage allemand de Bretschneider, intitulé Calvin et l'église de Genève; il obtint en 1824 le prix d'un concours ouvert à Paris par une dissertation sur L'esprit et le but de l'Institution biblique (traduite en suédois). Nommé pasteur à Bolbecen 1828, il fut choisi pour occuper à la Faculté de théologie de Montauban (1838) la chaire de morale et d'éloquence sacrée qu'il occupa jusqu'en 1870. Sa santé épuisée par un travail incessant le forçait à la retraite. Il se retira à Lausanne où il mourut le 23 oct. 1871. Voici son portrait tracé par la main de l'un de ses meilleurs élèves, M. le pr N. Recolin : • Ses cours étaient préparés et dits avec beaucoup de soin ; sa parole était remarquable pour la lucidité de la pensée et la pureté de l'expression ; on aurait voulu quelquefois qu'il y eut dans son élocution plus de laisser-aller et de rapidité. L'éloquence sacrée était enseignée par lui avec le goût et l'autorité d'un maître : ses leçons de prudence pastorale portaient l'empreinte d'un esprit plein de sagesse et de maturité ; le cours de morale chrétienne se distinguait par la finesse des observations et l'unité des principes auxquels le professeur aimait toujours à remonter... Comme prédicateur