FIGON
mine... humanissimeaccepisti ac fœlicissime approbasti...
Nostra... confessione, ut supra relatum est, sic satis tua prudentia percognita, unum adhuc superest tibi pâte faci end um.
Hoc est, Deus undique tam veteri que novo 1 testamento, prout plurima ac pêne innumera exempla exstant, te invitât, nedum etiam tota tua pauperrima Kiribinse * ecclesia supfliciter obsecrat atque obtestatur, non solum idola sive imagines... quœ in ea existunt atque eriguntur funditus evertas, sed et... ut sunt al tari a et caetera hujus modi, autoritate et facultate tua à Deo accepta, dilacerare jubeas... — Tuœ domination i addictissimus Johannes Figonius atque totius ecclesire gallicanœ Ki ri bina 8.
L'invitation est comminatoire. Mais elle tourna au rebours de ce que son auteur espérait. Loin d'y obtempérer, le comte de Ribaupierre, partisan des mêmes idées tenu en respect par l'empereur, donna des ordres pour que Figon fut éloigné de ses domaines. Et en effet, un personnage du pays, J. Erb, écrivait à Calvin, le 16 juill. i562 : • Voici que retourne auprès de vous Jean Figon, ministre de Christ qui a pieusement et saintement gouverné pendant quelque temps l'église d'Eschery. Je le recommandé à ta charité et à celle de nos frères pour que tu reçoives favorablement cet exilé au nom du Seigneur et tu employés un saint homme au service de Christ et de l'Eglise4. »
1 M. Mnhlenbeck n'a pas su lire : tara veteri quam novo.
* Probablement Kiribina dans le texte.
3 Probablement Kiribinœ. Phrase inachevée.
C'eut donc ce mot, Kiribina, qui déroute toutes les conjectures de M. Muhlenbeck. Rien
cependant de plus simple. 11 s'agit de l'église d'Escltery, qui prononcé avec le oh dur, devient Ebkery, d'où une forme latine barbare, suivant les us et coutumes du moyen âge, mais que Figon n'aura pas inventée. 11 l'aura trouvée dans le pays où il n'était que depuis deux mois. Le travail tout entier de M. Muhlenbeck, texte et commentaires, est marqué au coin de la même légèreté et cela explique un auteur qui s'évertue a rassembler un grand volume de pins de 500 pages sur l'histoire, c'est-à-dire sur les douleurs du protestantisme, pour les bafouer et en rire. Ajoutons qu'il dédouble son homme et trouve un Jean Figon pasteur a Eschery, puis (p. 327), un deuxième Jean Figon pasteur dans le Viennois.
4 Ilunc ergo dominum Jobannem, tametsi pretium operœ non fuerit, commendo tu» fratramqne caritati in Domino, pro veritate exsulantem, ut illum quem ad modum facis in Domino suscipias,
Sur la fin de la même année, 1562, Jean Figon travaillait en compagnie de Vint à l'évangélisation du Dauphiné. Leurs prédications obtinrent un grand succès (voy. Charvet, Hist. de la sainte église de Vienne, 1761). Les papistes Charvet et Chorier aussi bien qne les amis de Calvin (Opéra Calvini, Bruns w. XIX, 153 etc.) s'accordent à louer ses talents, son éloquence persuasive, ses vertus. Le pasteur exilé de la seigneurie de Ribaupierre n'avait fait que passer à Genève, puisqu'il travaillait glorieusement dès l'année 4562, à l'évangélisation du Dauphiné et que les historiens l nous le montrent occupé à son œuvre dans cette province jusqu'à ce qu'il se fit de nouveau chasser de Vienne en 1566.
Ici l'on est encore obligé de se mettre en garde contre l'érudition de M. Muhlenbeck. Les registres de Genève fournissent les trois inscriptions suivantes :
Habitants. Le 2 octob. 1559 a été admis à l'habitation : Jehan Figon, du lieu d'Alègre en Auvergne.
Baptêmes à S*-Pierre. Ce 26"* (février 1565) a esté baptisée Sara, fille de Jehan Figon et de Marie sa femme, présentée par Antoine Chauve.
Décès. Le 20 juillet 1624, Marie, fille de Laurent Figon, veloutier, habitant, 2 ans et 2 mois.
M. Muhlenbeck a pris l'article du baptême pour l'attribuer à l'ancien ministre d'Eschery, tandis qu'il y a toute raison, ce nous semble, de le laissera la famille d'artisans auvergnats venus d'Alègre2. De 1562 à ir>6(» le ministre ne vécut pas à Genève, mais en Dauphiné, où l'absorbaient les travaux de son apostolat.
On ne sait rien sur la fin de sa vie, si ce n'est qu'après son expulsion de Vienne, il retourna dans le pays Messin, car J. Le Bachellé atteste (BtdL I, 163) qu'il fut plus tard pasteur à Badonvillers. Il paraît n'avoir pas cessé jusqu'à la fin de sa vie de composer des vers.