‹ La France protestante (volume 2)Chapitre 127 sur 252 · FIGON · texte numérisé non relu

FIGON

lier, natife de Tholose, » reçu habitant de Genève, mars 4559; le même < Figarol cm Figuerol, de Thoulouse, » établi dans le pays de Vaud en 1566. — Isaac Figeac et sa fille Esther, 8 ans, assistés à Londres, 170t. — Gabriel Fignels, du Vigan, assisté à Genève d'un viatique pour l'Allemagne, 4699. — Jacques Figol, de Grenoble, habitant de Genève, septemb. 1572. FIGON (Jean), poète, et en même temps prédicateur de la Réforme, né à Montélimar. Il était probablement an jeune homme d'une vingtaine d'années, lorsqu'on imprima à Toulouse, en 1556, sa première composition poétique, laquelle avait remporté à l'académie des Jeux floraux le prix de FEglantine ou second prix. Un de ses amis ' lui écrivit à cette occasion :

Bien tost après que Ronsard par son hymne Eut le rameau floral, victorieux !

ApoUoa rat de Figon earieax, Bt faiy donna la florale Egiantine.

Or eette fleur, eette branche argentine, Des Toksains ordonnée pour pris Ta niet asonstrer, Figon, en estre digne Moastrant le bien qu'as des Muses appris.

II nous est impossible aujourd'hui de concevoir à première vue la platitude et l'incohérence de la presque totalité des ▼ers français éclos au soleil du .XVIm* siècle. Pour comprendre que nos pères de ce temps-là, qui cependant ne manquaient pas de goût, supportassent ce raboteux langage et l'aient aimé, il faut faire un effort d'esprit et se rappeler qu'alors les gens capables de tenir la plume pensaient en latin. Les esprits doués d'aspirations poétiques se figuraient le vers bon et gracieux si, en substituant par une opération mentale aux mots français qu'ils employaient des équivalents latins sous-entendus, le génie latin se trouvait content.

Quoi qu'il en soit, Figon embrassa la Réforme peu de temps après sa victoire aux Jeux floraux (Rochas, Biogr. du Dauphiné). On imprima encore à Toulouse un second poème de lui, en 1558; puis en 1559 c'est à Lyon qu'il fait paraître son troisième ouvrage, son poème sur l'Amitié. (Test aussi Tannée où Farel se rendit à Metz pour se joindre à une députation envoyée par les Messins aux princes allemands (ci-dessus col. 406). Figon qui était

1 Un inoonna nommé P. Paschal. Nons trou- ▼ods cette pièce a la fin de Y Amitié du inonde.

allé rejoindre en Suisse l'illustre réformateur son compatriote, fut probablement emmené par lui ou appelé par lui à Metz, car les anciens registres de l'église de S**- Marie-aux-Mines font foi que < maistre Jean Figon lui fut envoyé de l'église de Metz » au mois d'octobre 1561 ' pour remplir les fonctions pastorales à Ëschery en l'absence du pasteur Arnaud Ban (ci-dessus I, col. 739). Peut-être y serait-il resté, mais la vallée de S^-Marie et les districts circon voisins étaient alors en proie à des dissensions nées, au sujet du culte des images, entre les sentiments conservateurs des luthériens et les impatiences iconoclastes des calvinistes. Jean Figon, en fidèle disciple de Farel et des autres pasteurs de la Suisse, était un ennemi des images, et il adressa, en janvier 1562, une lettre au seigneur du pays, le comte de Ribaupierre, pour solliciter ou plutôt pour exiger la suppression non seulement des statues et des peintures, mais aussi des autels et autres accessoires de l'antique idolâtrie.

Cette lettre a été publiée (p. 152) par extrait dans une récente Histoire de la communauté réformée de S^-Marie -aux -Mines; avec notes et commentaires par Eug. Muhlenbeck (Paris et Strasb., 1881, in-8<> de xrv et 517 p.). Voici l'extrait avec le commentaire de l'éditeur, lequel montre dans l'un comme dans l'autre, qu'il mérite lui-même peu de confiance :

Cette pièce farcie, dit-il, de citations bibliques1 n'aurait pour nous qu'un assez médiocre intérêt, puisqu'elle ne fait que répéter toutes celles que nous venons de voir, si elle ne débutait et ne se terminait pas par une expression d'une latinité tellement originale qu'elle déroute toutes les conjectures.

Ad generosissimum illustrissimumque principem, dominum comitem a Râpes tain. — Kiribinse ecclesise nostrœ confessionem tibi antea ab œgregio viro fideli verbi De.i ministro Francisco Morellano8 eihibitam ac data m, fideli memoria te tenere nobis perspicuum est, excellentissime princeps, nec nimis eam, prout prudentite et ingeuii acu-

1 Registres cités en 1643 par le pasteur Jean Le Baohellé dans une lettre & Paal Ferry, Bull. I, 162.

1 Apparemment les passages qu'il a remplacés par des points.

* François de Morel, seigneur de Colongeu, appelé A S^-Marie-aux-mùies en 1557.

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