FIGON — FIGUIÈRE
dauphinois ; Tholose, imp. Guion Boudeville, 1556, in-8<>.
II. La course d'Atalante et la victoire dïBippomeine ; a Tholose, chez Pierre Dopoy..., de 1 imp. de Guion Boude ville, juré de l'Université ; 1558, in-8<>, 34 pages.
III. Amitié bannie du monde. Œuvre fait en forme de dialogue, par Cyre Théodore, poète grec : et depuis traduit en vers français par Jean Figon de Montellimar en Dauphiné; Lyon, Gabriel Cottier, 1559, petit in-8°, 30 pages. Dédicace (3 pages en prose) c A très excellent seigneur ingr i. Coignard, conseiller du Roi en son pari. de Tolose.
Cet opuscule, d'environ 450 vers, est la seule œuvre de Figon que nous ayons pu trouver et lire. Elle est bien digne de ce qui a été dit tout à l'heure de la platitude bizarre des vers français du XVIm° siècle. Cependant on peut en citer ce passage où Fauteur rencontrant sa déesse, l'Amitié, loi dit :
Mais je te prie, par le Diou tout poissant, Regarde à moi qui soi» or gémissant.
Vîen visiter ma povre maisonnette :
Ta la verras non riche mais proprette.
Entre dedans, ne vaeflles desdaigner De t*en venir aveoqnes moi disner :
4e boi à toi dedans ma sobre couppe : Voici du pain : pour ton manger en coupe : Voici du sel et de IVau argentine :
Gomme du tien prens en, dame bénigne...
Ajoutons que ce livret renferme aussi un quatrain de A. Figon < au traducteur son frère, > et que le traducteur n'a pas échappé à Fabricius qui le cite dans sa Bibi. graca, t. VI, liv. V, ch. vi, p. 8i6.
IV. Le moyen d'éviter procès, fait pour Futilité des marchands et autres négociateurs, au seigneur Josserand de Monts, gentilhomme dauphinois; Lyon, B. Rigaud, 1574, in-8o.
Y. Pérégrination de l'enfant vertueux, Œuvre contenant le Sommaire des disciplines conduisant a plus haute vertu, avec trois chants royaux en prose; Lyon, Fr. Arnoullet, 1584, in-16.
FIGUES (Isaac), de Nérac, et Marie Cation sa femme, sortant de France et munis d'une attestation de foi obtenue à Genève, assistés à Lausanne pour se rendre en Allemagne, jui 11. 1699. — Le sieur du Figuier, voy. Arthuys. — Jean Figuier, a Montauban, 1562 (III, 498) ; — (Isaac), de Metz, appréteur de bas, réfugié à Huile
avec sa femme, 5 enf. et une servante, 1698; — (François), de Nérac, assisté à Londres, 1702, — Louis Figuier, né à Montpellier en fév. 1819, docteur en médecine, 1841, professeur à l'école de pharmacie de Montpellier, puis à Paris; il professa peu de temps et s'adonna bientôt tout entier à des travaux de vulgarisation scientifique dont voici les principaux : Annales des sciences, Journal de pharmacie et Revue scientifique (1847-54), Histoire des principales découvertes scientifiques modernes, 1851-58; V alchimie et les alchimistes, 1860 ; Les grandes inventions, 1864 ; La terre avant le déluge, 1866 ; Les merveilles de la science, 1866-67; enfin L'année scientifique paraissant régulièrement chaque année depuis 1856. Mm* Louis Figuier(Juliette£ou*car?t)néeàMontpellier en 1829, a publié d'excellents romans, d'un * style très agréable, dont le premier, Mo* de Lavène, parut en 1859, sous un pseudonyme, dans la Revue des Deux-Mondes et fut suivi de plusieurs autres parmi lesquels nous citerons Le gardien de la Camargue (1862) et surtout La prèdicante des Cèvennes (1864).
FIGUIERE (François), de Montpellier,
habit, de Genève, 1557; — ( ) ancien de
Montpellier, 1599 (Bull. II, 92).
FIGUIÈBES (Louis), proposant au synode des hautes Gévennes, mai 1756. Il était originaire de Saintonge et fut un vaillant pasteur du désert [Haag, V UOj. Un jour, en 1759, à la suite d'une assemblée, comme il s'en retournait au Mas d'Azil, escorté par son troupeau, il rencontra près de Roquebrune le marquis de Gudanes qui était à sa recherche (Arch. nat. E 3521) à la tête d'un détachement. Le premier mouvement fut de fuir, mais les femmes, faisant honte aux hommes, remplissent de pierres leurs tabliers et s'avancent résolument vers l'ennemi sous la conduite du belliqueux pasteur. Leurs maris les suivent et le marquis fut obligé de fuir de toute la rapidité de son cheyal. Figuières se réfugia dans les bois de Gabre, mais le peuple entra en triomphe au Mas d'Azil. Les bons offices du comte de Martignac prévinrent les suites terribles d'une échauifourée qu'il eût été facile de transformer en une tentative d'insurrection.
Figuières après avoir longtemps exercé le ministère dans le comté de Foix (Bull,
FIGUIÈRE8 — FILHET
Vil, 463; XII, 444), mourut dans un âge avancé aux Bordes-sur-Arise en 1782. Il fut enterré furtivement dans la plaine tout près du cimetière des protestants. — Un autre Figuière, de Rodilhan près Nîmes, catholique converti et déterminé huguenot, vers 1740 (voy. Paul Rabaut, ses lettres, par Ch. Dardier, 1884, t. I, p. 20).
FILHET (Gilbert ou Philibert), sieur de la Curée, gouverneur de Dieppe, puis lieutenant du roi à Vendôme [Haag, V 110]. L'historien dieppois, Davaî, nous le peint comme un gentilhomme de bonne et ancienne maison, doué d'excellentes qualités, vaillant, sage et modéré, équitable et d'une probité exemplaire. Le témoignage de l'écrivain protestant est confirmé par celui de l'historien de Thou qui qualifie Gilbert Filhet de < Vir non minus virtute quam nobilitate clams. »
La Curée était gentilhomme ordinaire de la chambre du roi. Il avait embrassé avec ardeur le parti du prince de Condé et avait assisté en qualité de colonel-général des argoulets, à la bataille de Dreux où il avait été fait prisonnier. Le connétable dans la maison duquel il avait été nourri, l'envoya à Dieppe, comme successeur de Gausseville, qui commandait déjà à Fécamp, lorsque Coligny l'avait nommé gouverneur de Dieppe à la deman de des habitants fatigués des allures par trop militaires de Montgommery. Quelques années plus tard, 1579, ce Gausseville fut tué au siège de St-Michel-en-Lherm. La Curée arriva à Dieppe fort peu de temps avant la publication de Tédit de pacification qui mit un terme à la première guerre civile. Les protestants dieppois se soumirent avec empressement à un traité qui les privait de toutes les églises dont ils s'étaient mis en possession, non sans légitime motif, a ce qu'il semble, puisque la grande majorité des habitants de Dieppe avaient embrassé la religion réformée ; seulement ils députèrent Mathias Heude ou Eudes sieur de Veilles, à la reinemére, et Nicolas Le Comte, de la maison de Dracqueville, au prince de Condé, pour demander qu'on leur laissât au moins l'église de Saint-Jacques. La Cour ne voulut pas y consentir ; toutefois à la sollicitation de Condé, elle leur permit d'exercer publiquement leur culte dans la Maison des charités, et par une exception unique, elle maintint La Curée dans son gouverne-
ment, quoiqu'il fit ouvertement profession de la religion protestante. Il est vrai que la réaction fit de si rapides progrès, qu'il fut bientôt remplacé par le fameux Sigognes, contre le vœu des catholiques euxmêmes, dont Filhet s'était fait estimer par sa modération. Ce fut sans doute comme dédommagement que Jeanne d'Albret le nomma son lieutenant au pays de Vendômois.
La Curée mit tous ses soins à purger le Vendômois des bandits qui l'infestaient; mais il s'attira par là même la haine de gentilshommes catholiques qui les tenaient à leur solde pour l'exécution de leurs vengeances particulières. Une conspiration, dans laquelle entrèrent les principaux seigneurs du pays, et à laquelle, dit-on, Pévêque du Mans ne resta pas étranger, s'ourdit contre lui, en 1564, et un jour que La Curée traversait la plaine de Couture pour aller voir son frère Jean, sieur de La Fosse, une bande d'assassins, cachée dans le château de Ronsard, fondit sur lui et l'égorgea. Peu s'en fallut, lit-on dans l'Histoire de Vendôme, que les meurtriers, dans leur enivrement n'attaquassent Jeanne d'Albret elle-même, qui voyageait accompagnée seulement de douze gentilshommes.
Heureusement le duc de Montpensier, à qui ils s'en ouvrirent, s'opposa à leur projet.
La veuve de La Curée, qui était fille de de François Errault, sieur de Chemans près Duretal, garde-des-sceaux sous François I«r, se rendit aussitôt à la Cour avec Jean Filhet, et plusieurs amis de sa famille, pour demander vengeance de ce lâche assassinat. Ce fut seulement au bout de plusieurs semaines, qu'on admit qu'il y avait eu meurtre et qu'on ordonna d'arrêter les coupables ; mais au moment où la justice allait prononcer, un ordre du roi leur rendit la liberté, et défense fut faite à Jean Filhet de poursuivre les meurtriers de son frère, sons peine de voir raser ses maisons.
Ce Jean Filhet serait-il le même que La Curèe-Bedeuil qui servit au siège de Poitiers sous Coligny? et ce dernier est-il différent du La Curée qui contribua, sous les ordres de Châtillon, à chasser les Ligueurs du faubourg de Tours ? Enfin La Curée qui, avant la bataille d'Ivry, assista aux prières que Henri IV fit faire dans sa tente par un ministre protestant, est-il
PILHET — FINE
identique avec l'un ou avec l'autre ? Quoi qu'il en soit, il est certain que la famille Filhet n'embrassa pas tout entière le protestantisme, pnisque nous trouvons un Gilbert de La Curée mêlé à la conjuration d'Àngoulôme contre d'Epernon, et que nous voyons figurer son nom au bas de la supplique de Saint-Cloud dans laquelle les seigneurs catholiques offrirent à Henri IV leur adhésion, mais à condition qu'il se convertirait.
FILLEUL (Jean), menuisier de Sancerre, martyr en 1554 [Haag, V lli]. Filleul s'était mis en route avec son ami Julien Lèveillé, pour aller rejoindre leurs femmes qu'ils avaient envoyées à Genève. Rencontrés par le prévôt des maréchaux du Bourbonnais, ils se laissèrent séduire par ses dehors de bonhomie, et lui avouèrent le bat de leur voyage. Ils furent arrêtes surle-champ et jetés dans les prisons de News. Après un interrogatoire sommaire sur l'usage des sacrements et le purgatoire, le prévôt les mena à Saint-Pierre-le-Moustîtr, et les livra au lieutenant-criminel qui les condamna à faire amende honorable et à être brûlés vifs. Le parlement de Paris ayant confirmé la sentence, sur appel, en ajoutant à l'arrêt que s'ils ne se rétractaient, ils auraient la langue coupée, les deux martyrs accueillirent l'annonce de leur mort prochaine par le chant du ps. VI et du cantique de Siméon, et marchèrent au bûcher avec un courage inébranlable, après avoir subi la mutilation prescrite par l'arrêt (Crespin).
FILLIOUX (Gabriel), prieur fiscal de Ctuny [Haag, V 112], surprit, le 30 nov. 1575, avec le secours de Garnier, de Fournier et de quinze autres protestants, le château de Lourdon, en chassa les moines qui s'y étaient retirés, pilla les trésors de l'abbaye qu'ils y avaient transportés, et conserva sa conquête jusqu'à la conclusion de la paix , en 1577. S'il faut en croire Ducourneau (Hist. de Bourgogne), il fit même venir un ministre et établit un prêche dans le château.
FILHOL, famille noble du pays Messin, réfugiée en Prusse à la révocation de l'Édit de Nantes. François de Filhol sieur de Gainas capitaine d'infanterie au régiment du Roi, épouse à Courcelles, en 1680. Marie fille de Samuel Duclos sr de Bistraf (ou Distroff?) conseiller et médecin ordi-
naire du Roi (voy. V, col. 647) ; union d'où naquirent : 1° Isaac, le 10 nov.
1681, mort en 1682, qui avait été présenté au baptême par Isaac de Filhol (écrit ailleurs Tilhos) seigneur du Mas en Agenois ; 2? Marie-Dorothée, née le 10 fév.
1684 ; 3° Je an- Alexandre, né le 6 juin
1685 présenté par Jean de Filhol écuyer, s' de Lalbonnière (Cuvier). — Il n'est pas douteux que ce François de Filhol ne soit le même appelé ci-dessus (III col. 640): Tilio, d'après Erman et Reclam (IX 54).
— Claude FiUol, « de S t- Privât de Vallon gue en Languedoc, serrurier, > habit, de Genève, mai 1559 ; — (Pierre et Jacques) réfugiés de Péri gueux, 1686 (M 667). — Etienne Fillon * de Bony sur l'Oyse, dioc. d' Auxerre, » id. 1553 ; — (Pierre), ministre de Céligny (Genève), 1596; d'Aimargues, 1596-1 605; Nayes, 1605-1607; Aiguesvives, 1607-22; mort en 1622 ou 1623.
— (Jacques) sr de Chesnevert commissaire de l'artillerie, fait baptiser à Charenton son fils Henry ; parrain Henri de Briquemault baron de St-Loup, marr. Judith, de Morniès, janv. 1677. — (Judith), du Poitou, veuve d'un bourgeois, 63 ans, assistée à Londres, 1702. — Jean Fillion, de S<- Maixent, assisté à Genève d'un viatique pour l'Allemagne, 1698. — t La d1'6 femme du s"* Antoine Filon d'Ayraargues près Nîmes, lieutenant réformé, » réfugiée
à Berlin, 1698. — ( ) de Fillon accusé
d'avoir fait les fonctions de prédicant et d'avoir résisté à la maréchaussée de Fontenay-le-comte, 1747 (E 3433). — Suzanne Fillonnière, de la Touraine, « fille d'un marchand grosseur, > 51 ans, assistée (4 liv.) à Londres, 1707. — Jeanne Filoeel, id. (10 sh.), 1710. — Nicolas Fillot, d'Orléans, admis à l'habitation à Genève, 15 janv. 1573. — Daniel Filsant, établi à Harlem, 1666. — Daniel Filteau, « de Xaintonge, tailleur, 25 ans, » assiste (12 sh.) à Londres, 1706. — Jean Filzière, de Saumane en Gévennes, assisté à Lausanne, 1688.
FINE (Judith), de Tholignan, assistée à Lausanne avec 3 petits enf., 1688 ; (Jean) et sa femme, de Moulines au val de Queiras, assistés à Genève, 1702. — Claude Fines, ministre à Caveyrac, 1570-86. — Pierre Finel, ministre à Pompidou, 1568 ;
— Guillaume Finel, de Bayeux, « peignier, » réfugié à *Magdebourg, 1698. —
FINE — FISCHART
Charles Finet, natif de Paris, habit, à Genève, mai 4551 ; il était orfèvre et avait pour femme Marie Neyret née à Compiègne ; ponr frère Jacques Finet, ministre en 1566 à Mauvesin et à Sainte-Foi de 1573 à 1610 ; atteint de la peste, il fait son testament à Genève et sa femme en 1568 (A. Santeur not. II 143, III 7). Jacob Finet, d'Amiens, chargé de 8 enf., assisté (2 1. 14 sh.) à Londres, 1705. — M™ Ftnguerlin, de Lyon, retirée à Lausanne fait don de 208 liv. pour garnir les lits de l'évéché (hôpital des réfugiés), 1711. — François Fiquel, de Grenoble, mercier, habit, de Genève, 4 septemb. 1572; — d"e Fiquel, d'Orange, assistée à Genève, 4 écus, 1704. — Jacques Fiquet, (ils de Georges, docteur es droits à Grenoble, épouse à Genève Nicole Julian, 1559. — Anthoine Firminy, « ribantier, natif de Draguignan, » habit, de Genève, 1557. — La veuve de David Firon coutelier à Metz, avec 4 enf. et une servante, réfugiée à Berlin, 1698.
FIRN (Antoine), de Haguenau, curé de Saint-Thomas de Strasbourg [Haag, V 112], entretenait, depuis plusieurs années, un commerce coupable avec sa gouvernante, lorsque la Réforme commença à s'introduire dans cette ville, apportant des idées de piété sérieuse. Fini monta en chaire, 18 oct. 1523, déclara en présence de tout le peuple, qu'il voulait réparer sa faute, et il épousa cette femme trois semaines après. La bénédiction nuptiale leur fut donnée par Zell> prédicateur de la cathédrale, qui, dans une allocution chaleureuse, expliqua et justifia la conduite de son collègue. L'évéque irrité de cette audacieuse violation des lois canoniques, commanda au chapitre de déposer le prêtre qui avait osé prendre épouse, et en même temps, il pria le Sénat de ne pas mettre obstacle au châtiment. Quelques conseillers engagèrent Firn à renoncer à sa cure par amour de la paix, mais il ne voulut point « pécher contre la vérité éternelle. » Le Conseil lui déclara qu'il ne ferait rien pour le maintenir en place, mais qu'il le garantirait, comme bourgeois de Strasbourg, contre toute espèce de violence. Le chapitre déposa donc le curé de Saint-Thomas et lui donna un successeur; mais le dimanche suivant, Firn se rendit à son église, comme d'habitude, fit descen-
dre de la chaire son remplaçant et s'acquitta de ses fonctions, sans se soucier de la sentence du chapitre. L'évéque eut de nouveau recours au Sénat, qui manda le prêtre récalcitrant et lui offrit une pension en échange de sa démission. Firn répondit qu'on lui avait ordonné de prêcher purement l'Évangile, que l'Évangile lui avait appris que rien n'est plus contraire que la fornication aux commandements de Dieu, et que c'était pour cette raison qu'il s'était marié; qu'il ne pouvait d'ailleurs renoncer au service de Dieu, ni contrister les cœurs pieux par sa retraite ; qu'il ne voulait pas d'argent, mais qu'il voulait servir jusqu'à la fin. Le Sénat répondit, en conséquence, à l'évéque, qu'il serait dangereux de punir les prêtres mariés et de laisser en paix les conenbinaires ; que le peuple pourrait se soulever, et qu'il n'y avait rien de mieux à faire que de s'adresser à la diète de Nuremberg pour qu'elle prit des mesures à cet égard. Les appréhensions dn Conseil n'étaient pas vaines, car depuis que Firn avait reconquis sa chaire, nne foule de bourgeois en armes gardaient l'église lorsqu'il prêchait, de peur qu'on ne lui fit violence. L'évéque qui, dans toute cette affaire, avait montré la plus bienveillante modération, promit de suivre l'avis dn Sénat; mais lorsqu'il apprit que l'exemple de Firn était devenu contagieux, il perdit patience et excommunia les prêtres mariés. Firn méprisa les foudres du prélat et continua de desservir l'église de Saint- Thomas jusqu'en 1530, qu'il fut nommé à la cure de Saint-Nicolas. Il mourut en 1545. C'est aussi lui qui le premier, le 16 fév. 1524, introduisit à Strasbourg l'usage de la langue vulgaire dans la célébration de la messe.
FISCHART (Jean), dit Mentzer, docteur en droit [Haag, V 113], avocat à la chambre impériale de Gotzlar et bailli de Forbach, en 1586, était très vraisemblablement originaire de Strasbourg, où il passa la plus grande partie de sa vie, qui est d'ailleurs peu connue. On croit qu'il mourut en 1597. Écrivain satirique et burlesque, Fischart a joui de son temps d'une très grande réputation en Allemagne; mais on s'accorde à reconnaître qu'il est resté bien au-dessous de Rabelais, qu'il avait pris pour modèle, et qu'à l'exception de quelques passages de ses écrits frappés au coin
PISCHART — FISCHER
d'une franche gaité, son esprit comique ne consiste guère que dans l'emploi de plaisanteries grossières, d'expressions bizarres et d'équivoques insipides. Il avait composé plus de trente-sept ouvrages ; mais ils n'ont pas été tous imprimés. Le savant Adelung n'en connaissait que trois.
I. Fodagrammisch Trotsbuchlein yStr &sh. , 4591, 1604, 1623, in-8<>. —Publié sous le nom d' EUosposclerus, trad. grecque de Fischart.
H. Flœhhatz, Weiber-Traz, Strasb., 1804, 1610, in-8o. — Sous le nom d'Ellospoiclerus.
III. Philosophisch Ehezuchtbûchlein , Strasb., 1597, 1607, 1614, in-8<>. — Ouvrage posthume.
Nous pouvons y ajouter.
IV. Von ausgelassenen wiithigen Teuffelsheer der Besessenen, Hexen etc. Strasb., 1881. — Trad. de la Démonologie de Bodin.
Y. Bienenkorb, piquante satire contre l'Église romaine, publiée, en 1582, sous le pseudonyme de JesuwaU Pikhart, et réimp. par Josué Eiselein à Saint-Gall, 1847, in-8<>.
VI. Der heylig Brotkorb. Der heil. Rômischen Reliquien : das ist Joh. Galvini nothwendige Vermanung von der Papisten-heiligtumb ; Christlingen, 1606, in -8°.
VII. ErkUerung einer von verschiedentlichen Thieren haltenden...; Strasb., 1608, în-fol.
Quelques biographes prétendent que Fischart a traduit la Prognostication pantagruéline de Rabelais ; mais c'est une erreur. Les deux écrivains ont puisé à la même source, c'est-à-dire dans une satire allemande anonyme. L'ouvrage de Fischart a été publ. en 1574 et en 1598, in-8°. Ce qu'on appelle sa trad. du Gargantua, imp. en 1575 et souvent depuis, est aussi, comme l'a fait observer Le Bûchât, moins une traduction qu'une ingénieuse paraphrase accommodée au goût allemand. On suppose qu'il est aussi le traducteur d'un traité de Calvin et de quelques ouvrages de Marnix, qui ont paru sous le nom de Jacob Eysenberg.
Notre gratitude lui est surtout acquise pour une autre traduction, celle du Réveille-matin des François (voy. ci-dessus I, col. 843-851) qui parait avoir été son premier ouvrage.