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sines. Sur quoi les deux dames d'Exoudan, qui y avaient leur demeure, « ayant fait quantité de jactances et témoigné qu'elles ne souffriroient pas la démolition de leur temple, on jugea qu'il étoit expédient de commencer par la ruine de celui-ci. > (Filleau, Décis. cathol. p. 852). Sur quoi le syndic du clergé à la poursuite de qui, comme presque toujours, la procédure avait été conduite, ne perdit pas de temps pour faire exécuter l'ordonnance et se transporta sur les lieux ne supposant pas que deux femmes osassent opposer la moindre résistance. Or, il trouva les deux châtelaines prêtes à se défendre par la force à la tête de deux ou trois mille gens du pays, assez bien armés pour que les assaillants jugeassent prudent de se retirer. Mais bientôt arriva une lettre de cachet signée de la main du Roi, prescrivant l'occupation du bourg par deux compagnies de chevaux -légers et toutes les troupes d'infanterie en garnison à SLJean d'Angely, Saintes et Angoulesme, qui devaient y séjourner un temps suffisant pour bien pu* nir les habitants. Le temple d'Exoudun, 9 janvier 1667, puis celui de Gouhé, furent aussitôt rasés et les deux dames incarcérées à Poitiers, malgré les excuses que fit la marquise de La Barre, petite -fille de Mme de Forin. Cette dernière y mourut et sa fille, transférée à La Bastille, y passa plus de trois ans; on no lui rendit la liberté qu'au mois d'avril 1671 en exigeant d'elle la promesse de ne pas retourner dans le Poitou.
L'avocat du roi au présidial, inessire Jean Filleau, en rendant compte des faits (p. 834) se livre à un fort bel éloge, sans qu'il s'en doute, des paysans qui s'étaient rendus complices de leurs courageuses dames :
C'est, dit-il, une chose étonnante que de petites gens sujets du plus grand Monarque de la Terre, et qui n'a point de parangon dans les siècles passez et qui n'en trouvera point dans ceux à l'advenir, d'un Roy qui fait trembler toute l'Europe, qui est la terreur de ses ennemis, soient si hardis et si présomptueux que de résistera ses Ordres» de mépriser ses volontez, et mesmes de faire des délibérations dans leurs Synodes opposées et contraires aux Arrestz de son Conseil d'Estat. La postérité s'en étonnera quand elle le lira en cet endroit ; elle ne
pourra comprendre l'exceds de celte outrt cuidance
FORIS (Marie-Annb de) membre de la Société des dames charitables de Haarlem, 1711. — « Stephanus Forlont gallus, masicam docens, » à l'Université de Leyde, déc. 1699. — Bernard Formaiaguer, de Loubieng, ministre à Morlanne en Béarn, épouse en 1570 Jeanne fille de Geoffroy Brun, ministre de Lucq. II eut pour fils Pierre de Fonnalague, ministre à Gastillon, colloque d'Orthez de 1610 à 1618, lieu où lui même parait avoir exercé le saint ministère en 1573. David de Formalaguès, ministre, épouse en 1591, à Pau, Judith fille de Robert Remy, valet de chambre de Henri IV (Arch. des B.-Pyr., E 1425, 1480, 3008). Voy. la liste des pasteurs du Béarn en 1569 donnée par M. Cadier, Bull. XXXIV, 269 et 272. — Marguerite Forman enfermée aux Nouv. cath. de Luçon, 1726. — Claude Formerez sieur de Chausme, avocat au parlera, de Bourgogne, ancien de l'église de Beaune, 1673.
FORMEY (Jban-Hknri-Samukl), né à Berlin, le 31 mai 1711, et mort dans la même ville, le 8 mars 1797 [Haag, V141].
La famille de J.-H.-S. Formey était originaire de Dompierre-sur-Moivre, à cinq lieues de Vitry. Son père, Jean, avait quitté la France, à la Révocation, avec trois de ses sœurs. L'une d'elles, nommée Marguerite, était veuve de Jean Varnier, médecin à Vitry. Elle avait un fils et quatre filles, Susanne, Denise, Anne et Marguerite ou Marie, qui l'accompagnèrent dans son exil volontaire. L'aînée. Susanne, devint la femme de Philémon de Morembert. natif de Metz, officier dans les gardes du Landgrave de liesse, qui la laissa veuve, avec une fille, en 1688. Les deux dernières furent gouvernantes dans les maisons de Kameke et de Golowkin, et une de leurs nièces, Marianne, morte en 1781, remplit la même charge de confiance dans la famille de Schwerin.
Formey perdit sa mère en 1714 et fut élevé par deux de ses tantes. Ses heureuses dispositions s'étant manifestées de bonne heure, il entra, à l'âge de neuf ans, au collège français, et dans toutes les classes il remporta les premiers prix. Ses humanités terminées, il passa en philosophie sous La Croze, en 1726, puis sous Achard,
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en 1728; et en 1730, il commença ses cours de théologie sous Pelloutier, Lenfant et Beausobre. Avec de tels maîtres, il devait faire de rapides progrès, doué, comme il l'était, d'une excellente mémoire, d'un sens droit et d'un goût bien marqué pour l'étude. Aussi n'avait-il pas encore accompli sa vingtième année, qu'il fut consacré au ministère par Forneret, et reçut vocation de l'église française de Brandebourg. Il n'était rendu à son poste que depuis environ deux mois, lorsqu'il fut rappelé à Berlin, en qualité de pasteur adjoint de Forneret, à qui il succéda en 1736. L'année suivante il fut choisi pour remplacer Jean Audouy de Saumur dans la chaire de professeur d'éloquence au collège français, et en 1739, il succéda à La Croze dans celle de philosophie. Le mauvais état de sa santé ne lui permettant pas de remplir avec exactitude ses doubles devoirs, il renonça à sa place de pasteur ; mais sans renoncer à la prédication, car il saisissait toutes les occasions de monter en chaire et calcula, sur la fin de sa vie, qu'il avait prêché 1517 fois. Son successeur fut Jean- Henri de Boistiger.
Les leçons de Formey et ses travaux littéraires établirent en peu d'années sa réputation sur des bases assez solides pour que, lors de l'organisation de l'académie de Berlin, en 1744, on lui offrit les fonctions de secrétaire de la classe de philosophie ; il les accepta, comme il accepta encore, en 1745, la charge d'historiographe et celle de traducteur au département des affaires étrangères. Il est vrai qu'il ne remplit cette dernière place que deux ans ; mais, en 1748, sur la proposition de Maupertuis, il fut nommé secrétaire unique et perpétuel de l'académie. Enfin, vers la fin de sa vie, en 1781), il obtint le fauteuil de directeur de la classe de philosophie.
A ces emplois académiques, il enjoignit d'antres qui lui furent donnés en diverses occasions. En 1778, la princesse douairière de Wurtemberg le choisit pour secrétaire de ses commandements, et après la mort de cette princesse, la cour de Mecklembourg-Schwerin le nomma son agent. Il remplit aussi différentes charges auprès de la colonie française, entre autres, celle de directeur de la Maison d'Orange, et de la liaison de charité, dont il fit la dédicace le 12 septemb. 1747, puis celle de con-
seiller privé du directoire supérieur, à laquelle il parvint en 1772.
Quoique sa santé fut délicate, Formey remplit ses nombreux devoirs avec toute l'activité et la ponctualité désirables jusque dans les dernières années de sa vie, qu'une paralysie des jambes le confina dans son cabinet et le condamna à ne plus s'occuper que de ses travaux littéraires. Il a énormément écrit, et dans tous les genres, sans en excepter la politique; ses ouvrages composeraient une bibliothèque. On y remarque, dit M. Bartolmès, dans son Histoire philosophique de l'académie de Prusse (Paris, 1851, 2 vol. in-8<>), une érudition variée et choisie, un sens droit et ferme, beaucoup de modération et de franchise, un esprit aimable et doux. Dans son Eloge de Formey, Mérian loue également les qualités du style qui est clair, précis, léger, coulant; il aurait dû ajouter simple jusqu'à la négligence, car Formey, écrivant pour de l'argent ne se donnait pas beaucoup de peine. Ce défaut, au reste, ne nuisit en rien à la réputation du secrétaire de l'académie de Berlin. Non seulement ses ouvrages furent parfaitement accueillis, comme le prouvent les trad. que Ton fit de plusieurs en allemand, en hollandais, en anglais, en italien, en russe même, mais les hommes les plus distingués de son siècle se plurent à lui prodiguer des éloges exagérés. Toutefois, nous pouvons répéter, avec l'abbé Guillon (Hist. générale de la philosophie) que la mémoire de Formey restera chère « à tous les amis de la religion, des lettres et de la vraie philosophie. »
Voici la très longue liste de ses écrits :
I. Recueil des pièces sur les affaires de l'élection du roi de Pologne, 1732, in-4°.
II. Le fidèle fortifié par la grâce, ou Sermon sur Phil. /K, 13, Berlin, 1736, 4<>.
III. Articles des Pacta contenta d'Auguste, trad. du latin, 1736, in-4°.
IV. Commerce de lettres entre deux amis, 1738, in -4°. — Ecrites au sujet de l'élection du roi de Pologne.
V. Ducatiana ou Remarques de Le Duchat, sur divers sujets d'histoire et de littérature, Amst., P. Humbert, 1738, 2 part, en 1 vol. in-8°. — La 1" partie contient les Remarques détachées et celles qui concernent le Dict. de Bayle ; la 2m#, des Remarques sur divers auteurs et sur les proverbes français.
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VI. Mercure et Minerve, ou Choix des nouvelles politiques et littéraires les plus intéressantes pour Tannée 1738, Berlin, 1738, in-8°. — Au bout de trois mois d'existence (janv. fév. et mars), cet écrit périodique prit le titre à'Amusemens littéraires moraux et politiques, mais il cessa de paraître au mois de juillet.
VII. Sermons de Reinbeck, trad. de l'allemand, Berlin, 1738, in-8<>.
VIII. Correspondance entre deux amis sur la succession de Juliers et de Bergues, Berlin, 1738, in-4<> ; réimp. à la suite de Y Histoire de la succession de Juliers et de Bergues; 1739, in-12.
IX. Sermons sur divers textes de Y Ecriture sainte, Berlin, 1739, in-8© ; Leyde, 1772, 2 vol. in-8o.
X. Remarques historiques sur les médailles et les monnoyes, trad. de l'allem. de Kôhler, T. I«r, Berlin, 1740, in-4o.
XI. Journal de Berlin ou nouvelles politiques et littéraires, Berlin, 1740, in -4°. — Frédéric II fournit des articles a ce journal jusqu'à la guerre de Silésie.
XII. Mémoires pour servir à l'histoire et au droit public de Pologne, trad. du latin de Lengnich, La Haye, 1741, in-8<> ; Francf., 1754, in-8«.
XIII. Vie de J.-Ph. Baratier, Utrecht, 1741, in-8o; Brunsw.. 1755, in-8o.
XIV. La belle Wolfienne, ou Abrégé de la philosophie wolfienne, La Haye, 1741- 53, 6 vol. in-8o ; nouv. édit., avec deux Lettres philosophiques, l'une sur Yimmortalitè de l'âme et Vautre sur l'harmonie préétablie, La Haye, 1752-53-60, 6 vol.
in-8°. — Admirateur, mais non pas jusqu'au fanatisme, de la philosophie de Wolf, Formey employa tous ses efforts à la répandre, et l'on s'accorde à reconnaître que, plus que personne, il en a accru la vogue par le talent avec lequel il en a éclairci les parties obscures. Voici le jugement porté par M. Bartholmès sur la belle Wolfienne : « C'est une dame allemande, citoyenne de Berlin, ayant nom Espérance, qui en se promenant sur les rives de la Sprée et dans les jardins de Charlottenbourg, disserte correctement sur les divers principes de la logique et de la morale, mais qui ne produit sur le lecteur d'autre impression que celle dont à la fin elle se trouve accablée elle-même, un profond ennui. » Formey avait voulu marcher
sur les traces de Fonienelle ; mais, comme il en convient franchement lai -même, il resta fort au-dessous de son modèle. Mécontent de son travail, il finit par y renoncer, et au lieu de traiter la métaphysique de Wolf comme il avait traité la logique, il se borna à en donner une trad. fidèle.
XV. Les Œuvres de François Villon, avec les notes de Clément Marot, Ewtèbe de Laurier e, Le Duchat et Formey, publ. par Prosper Marchand, La Haye, 1742»
in-8».
XVI. L Anti-Saint-Pierre; Berlin, 1742, in-8o ; s. 1., 1748, in-8<>. — Béfutation de l'Enigme politique où Bernardin de Saint- Pierre avait censuré la conduite du roi de Prusse comme contraire aux principes posés dans Y Anti-Machiavel.