FOULQUE — FOUQUÉ
Gosme près Nîmes, assistée à Lausanne et à Genève, avril 1699, allant en Brandebourg. — Elizabeth Foulques de Boisdabert, 63 ans, confesseuse, et Françoise sa sœur, filles d'un notaire de Saumur, assistées à Londres (13 1. 8. 9) en 1702 ; le sont encore en 1710. Bernard Foulques de Boisdabert, de Saumur, 58 ans, et sa femme, assistés à Londres (4 1.), 1706. — Jean Fouly, de Montauban, peigneur de laine, assisté à Genève avec sa femme, sa belle-mère et 3 enf., 1685. — Jean Fouiquié, de Cononteral près Montpellier, assisté à Genève, 1698. — François Foulqmer de Sl-Laurent en Languedoc, assisté à Genève avec sa femme et 2 enf., 1703 ; part pour le Brandebourg en 1709. Jean Foulquier, membre du Comité de secours pour les réfugiés à Lausanne, vers 1750- 1770, s efforce d'intéresser Jean-Jacques Rousseau à leur cause, BuU. III, 328. — Marie-Madelaine Fouquer, 23 ans, enfer mée au couvent des Nouv. cathol. de Rouen en 1775; y était encore en 1781 (Tt 302). — Madelaine Fouquier, de Paris, 47 ans, fille d'un marchand de bois, assistée (5 1.) à Londres, 1702.
FOUQUÉ, famille illustre [Haag, V 158], originaire de la Normandie, mais établie dans la Saintonge où elle possédait les baronnies de Saint-Seurin et de Tonnay- Boutonne.
Lorsque les doctrines de la Réforme se répandirent à Saint-Seurin, en 1560, par le zèle d'un pauvre notaire nommé Jean Frire-Jean, le seigneur du lieu, Gabriel de La Motte- Fouquée entreprit de s'opposer à la propagation de l'hérésie. Averti que les novateurs devaient tenir une assemblée religieuse à Chenac, il se mit à la tête de ses gens dans l'intention de la disperser par la force ; mais il fut repoussé par le père de Frère-Jean, et bientôt ramené à de meilleures dispositions, il se rapprocha d'eux et finit par embrasser leur religion. Dès le mois de mai 1561, on le trouve assistant avec sa femme, qui était fille de Saint-Martin-de-La Coudre, aux prédications du ministre Charles Léopard. L'année suivante, Saint-Seurin s'arma à l'appel de Condé et fut nommé, avec Monguyon, gouverneur de la ville d'Angoulême, à la prise de laquelle il avait contribué. A la tête de 7000 hommes rassemblés dans le Périgord et la Saintonge, les deux
chefs huguenots attaquèrent Châteauneuf et l'emportèrent d'assaut, mais ils ne purent se rendre maîtres du château, faute d'artillerie, et la désunion s'étant mise dans leurs bandes mal disciplinées, ils se virent forcés d'abandonner leur conquête.
Si Saint-Seurin prit part à la seconde guerre civile, il ne s'y distingua par aucun exploit. Dans la troisième, il conduisit à Piles, l'héroïque défenseur de Saint- Jean -d'Angély , un petit secours d'une quarantaine de chevaux à travers le camp ennemi, et il fournit ainsi au vaillant capitaine un motif plausible pour ne point tenir la capitulation qu'il avait dû signer peu de jours auparavant.
Nous n'hésitons pas à attribuer ce beau fait d'armes à Gabriel de Lamotte-Fouqué, qui vivait encore en 1569; nous en avons la preuve dans l'arrêt prononcé contre lui par le parlement de Bordeaux (I, col. 648) ; mais à partir de cette époque, plusieurs années s'écoulant sans que l'histoire fasse mention du seigneur de Saint-Seurin, nous estimons que, lorsqu'il reparait sur la scène comme lieutenant de Henri de Condé, il ne s'agit non plus du père, mais du fils, Charles de La Motte-Fouqué, sieur de Saint-Seurin, baron de Ton nay- Boutonne, qui se montra aussi, en toute occasion, un des chefs les plus braves, les plus expérimentés et les plus dévoués du parti huguenot.
Colonel d'un régiment d'infanterie, il contribua à la déroute de Mercœur, en 1585, suivit Condé au siège de Brouage, mais fut laissé sous les ordres de Saint- Mesme, lorsque le prince partit pour son expédition d'Angers. En 1587, il se distingua à la bataille de Coutras. En 1594, il assista à l'assemblée de Jarnac ( Voy. III, col. 989). On ne connaît pas Tannée de sa mort; on sait seulement qu'il n'existait plus en 1619, tandis que sa femme Elisabeth de La Castagne vivait encore vers 1630, d'après un registre des baptêmes célébrés dans l'église de Pons.
Fils du précédent, Henri de La Motte- Fouqué, né au château de Saint-Seurin d'Uzet, a joué un rôle considérable dans les dernières guerres de religion. Gouverneur de Royan, dont la garde lui avait été confiée par Soubise, il envoya, en 1620, Saint-André à l'assemblée de La Rochelle pour l'assurer « de son affection au bien
FOUQUÉ
des églises et de sa fidélité à la conservation de cette ville, » assurance qu'il renouvela, peu de temps après, par La Renaudie et Ghuin. En 1621, il fit avec Soubise et Favas, la conquête de l'île d'Oléron. Le 12 déc. de la même année, secondé par Soubise, il enleva, sans coup férir, Royan à La Chesnaye, qui s'était rangé au parti du roi, et durant tout l'hiver, il harcela les catholiques jusques aux portes de Saintes. Au mois d'avril 1622, il conduisit une partie de sa garnison au secours de Favas, mais battu à Saint-Vivien, il rentra dans Royan. D'Epernon se présenta, le mois suivant, sous les murs de cette place, avec un corps de troupes considérable. La ville était forte, la garnison suffisante, et Saint-Seurin paraissait disposé à se bien défendre ; mais ayant appris que son frère, son beau-frère Jean Bretinauld dePlassayet son cousin avaient été faits prisonniers dans File de Rhé, il se laissa séduire par la promesse du roi de leur rendre la liberté s'il livrait Royan, et consentit à une entrevue avec d'Epernon; mais, pendant qu'il négociait, arrivèrent Favas et les commissaires de rassemblée de La Rochelle, qui se saisirent de la ville, avec le concours des habitants, et en fermèrent les portes à Saint-Seurin. Louis XIII dut donc se résoudre à en faire le siège. Au bout de six jours, Royan capitula, 11 mai, et reçut pour gouverneur Drouet, capitaine au régiment des gardes. Quant à Saint-Seurin, il resta à la suite du roi, qui remit en liberté les trois prisonniers ; mais son zèle pour la Cause n'en souffrit aucune atteinte. En 1627, nous le retrouvons auprès de Buckingham, qui l'envoya au roi pour lui proposer d'évacuer File de Rhé, à condition que le fort Louis serait rasé. Richelieu accueillit fort mal l'ambassadeur et la proposition du favori de Charles 1er. (;e fut pendant son séjour à Paris que Saint-Seurin publia la Lettre du baron de Saint-Seurin à un sien ami, écrite le 10 sept. 1627 de la citadelle de Saint-Martin de Rè, 1627, in-4<>.
En 1630, Henri de La Motte -Fouqué, qui prolongea ses jours au delà de 1677 et mourut dans la religion qu'il avait professée toute sa vie (Tt 247), avait vendu les baronnies de Saint-Seurin et de Tonnay- Boutonne à son beau-père Jean Bretinauld sieur de Plassay, fils d'Antoine Bre-
tinauld et de Nicole de Farnoux-la-Ckh eheterie (Voy. ci-dessus in, col. 110). H est douteux s'il laissa des enfants de ton mariage avec Elisabeth Bretinauld, célébré à Saintes, le 13 déc. 1619. D est certain pourtant que Charles de La Motte- Fouqué, qui se réfugia en Hollande et y épousa Susanne de Robillard, descendait de cette famille ; mais nous ignorons s'il était le fils de Henri ou de son frère d'ailleurs tout à fait inconnu. A côté de loi, mais à une place qui reste ponr nous douteuse, il faut mentionner cette noble et malheureuse Marie de la Motte-Fouqué née en 1631, fille d'un réfugié mort an service de Hollande, et au nom de laquelle une lamentable supplique était adresses, le 22 oct. 1687, aux États Généraux (Voy. Bull. 1887, p. 133).
Henri-Auguste, baron de La Hotte- Fouqué, fils de Charles, naquit à La Haye en 1698. Il fut, dès l'âge de huit ans, admis comme page à la cour du duc Léopokl d'Anhalt-Dessau. Lorsque ce prince partit pour faire la campagne contre les Suédois, il laissa le jeune Fouqué auprès de la duchesse; mais l'adolescent s'échappa secrètement, en 1715, et alla rejoindre l'armée prussienne en Poméranie. Il se signala par son courage et fut, l'année même, admis comme enseigne dans le régiment du Prince. Lieutenant en 1719, capitaine en 1723, il fut, en 1728, décoré de Tordre de la Générosité. Cependant quelques désagréments, qu'il eut à essuyer à cause de son étroite liaison avec le Prince royal dont il partagea la captivité à Custrin, le décidèrent à quitter le service de la Prusse, en 1739. Il passa en Danemark où il obtint le grade de lieutenant-colonel. En montrant sur le trône, Frédéric II s'empressa de rappeler Fouqué. Il le décora de Tordre du Mérite, le nomma colonel du régiment de Camas et grand-bailli de Gramzow et de Lôkenilz.
Fouqué servit avec gloire dans toutes les guerres de Frédéric- le -Grand. Dans la campagne de Silésie, il se battit vaillamment à Neu-Titschin à la tête de six compagnies de grenadiers, opéra sa jonction avec le prince d'Anhalt-Dessau, et conduisit, toujours combattant, l'avant -garde à Troppau. Après la bataille de Czaslau, il retourna à l'armée du roi et fut nommé gouverneur du comté de Glatz. En 1743,
FOUQUÉ
iJ fat élevé an grade de major- général ; cependant il ne prit pas une part active à la seconde guerre de Silésie. En 1751, il fat créé lieutenant-général et décoré de l'Aigle noir.
La guerre de Sept ans le rappela sous les drapeaux. Dans l'invasion de la Bohême, en 1757, il commanda l'avant-garde do corps de Schwerin et l'aile gauche de l'armée prussienne à la bataille de Prague. Schwerin ayant été blessé, il prit le commandement, et quoique blessé à son tour, il refusa de quitter le champ de bataille. Guéri de sa blessure, il prit, au mois de septembre, le commandement du corps de Winterfeld, livra, le 15 décembre, près de Landshnt un combat où l'avantage lui resta, et bloqua Schweidnitz. Le 21 mars 1758, il défit le général autrichien James. Blessé au siège d'OlmUtz, il fut chargé de reconduire à Glatz le train de siège. Quelques mois après, il défendit Landshut contre des forces de beaucoup supérieures, et contraignit les Autrichiens à lever le blocus de Cosel. Élevé au grade de général d'infanterie, en 1759, il se trouvait à Landshut avec un corps de 8000 Prussiens, lorsqu'il y fut attaqué, le 23 juin 1760, par le général Laudon à la tète de 28000 Autrichiens. Après des prodiges de valeur, ses soldats ayant épuisé leurs munitions, il voulut essayer de s'ouvrir un passage à l'arme blanche, mais l'héroïque troupe fut presque entièrement exterminée. Fouqué lui-même, couvert de blessures, fut fait prisonnier et transporté en Croatie. Marie-Thérèse lui offrit du service dans l'armée impériale, mais fidèle à ses serments, il refusa ces offres, en sorte qu'il ne recouvra la liberté qu'à la paix de Hubertsburg, en 1763. De retour en Prusse, Fouqué se retira à Brandebourg, dont il était prévôt depuis 1760 ; mais il faisait de fréquents voyages à Sans-Souci où il était toujours accueilli par Frédéric avec les témoignages de la plus grande estime. Il consacra ses loisirs à écrire des Mémoires qui ont été publiés en français et en allemand, à Berlin, 1788, 2 vol. in-8<>. Sa correspondance avec Frédéric a été imp.
à la suite de ces Mémoires et dans le T. Ier des Œuvres du roi de Prusse.
Fouqué mourut à Brandebourg, le 3 mai 1774. Jusqu'à la fin de ses jours il conserva les sentiments d'une piété fer-
vente. Il laissa, de son mariage avec Elisabeth-Marie Maison, deux fils et une fille. Les biographes ne rapportent aucune circonstance de la vie de ces enfants du général La Motte-Fouqué ; cependant de divers renseignements que MM. Haag se sont procurés en Allemagne, il est permis de conclure que Gustavb-Augustr-Hrnki, baron de La Motte, conseiller au département de la guerre et des domaines, né à Berlin et mort le 16 mars 1798, était un de ses fils. Le silence des biographes paraîtra d'autant plus étonnant, que ce fonctionnaire s'est fait connaître avantageusement par plusieurs ouvrages, dont voici la liste d'après Meusel.
I. Gedanken von der Schxdlichkeit der grossen und unbeweglichen hœlzernen Krambuden, trie auch der hœlzernen Brûeken ûber den Rinnen in den Strassen der Stxdte, Berlin, 1775, in-8o.
II. Vorschlœge zur Abfuhr der Unreinigheiten von den Strassen und Gassen in einer grossen und volkreichen Stadt, Gôtting, 1777, in-8o.
III. Anleitung zur ordentlichen und grundlichen Abnahme der Rechnungen, Berlin, 1778, in-8o.
IV. Pracktische Beytrœge zur Kameraltoissenschaft, l»t«r Theil, Leipz., 1782 ; — neue ausg., Leipz., 1783; — 2*" Theil, Leipz., 1784; — 3nr Theil, Halle, 1785 ; — 4t«r Theil, Halle, 1786, in-8o.
V. Neue praktische Beytrsege zur Kameralwissenschafi, l»ter Theil, Berlin, 1789, in-8o.
VI. Ausfùhrliche Abhandlung von den Landesgesetzen, icelche die Landstrassen in den Preuss. Staaten betreffen, Leipz.,
VII. Abhandlungen 1° Von den Landrsethen in der Kurmark; 2° Von den Spinnprmmien fur die Kinder der Landleute in der Kurmark ; 3° Von den Kolonisien; 4° Von der Rœnde der Schaafe, Berlin, 1793 ; — 2*er Theil, enthaltend V Abhandlungen, Berlin, 1794, in-8<\
Le baron de La Motte a publié, en outre, plusieurs dissertations sur des questions de police municipale, de voirie, d'hygiène publique, etc., dans le Berlin — Monatsschrift (1787-88, 1795-96), dans les Beytràge zur OEconomie de Beckmann, et quelques articles de critique dans la Phys. ôlcon. Bibliotek de Beckmann.
FOUQUÉ
Un petit-fils do général de La Motte- Fouqué , Frédéric-Hbnri-Charles , fat écrivain dramatique, poète et romancier.
Il naquit à Brandebourg, le 12 fév. 1777, et mourut à Berlin, le 23 janv. 1843. Son père était officier de dragons; sa mère, fille du maréchal de la cour de Dessau, M. de Schlegel, mourut en 1788. Le roi de Prusse le tint sur les fonts. Le jeune baron de La Motte-Fouqué suivit d'abord la carrière des armes ; il prit part, en qualité de lieutenant dans le régiment des gardes du corps, à la désastreuse campagne du Rhin. La République française vengeait alors les défaites essuyées sous la Royauté. Soit que le sort de cette campagne l'eût dégoûté du métier de la guerre, soit qu'une passion plus douce l'eût attiré vers les arts de la paix, Fouqué ne tarda pas à solliciter son congé ; mais il ne l'obtint qu'après 1802. S'étant marié, il se retira dans une terre de sa femme, où il se voua entièrement aux lettres, jusqu'à ce qu'en 1813 la guerre de l'Indépendance le rappelât sous les drapeaux. Sa bravoure lui valut le grade de capitaine de cavalerie ; mais son état de santé ne lui permettant pas de continuer son service, il sollicita sa retraite qu'il obtint avec le grade de major. Il vécut depuis, tantôt à Berlin ou à Halle, et tantôt dans sa terre de Nennhausen près Rathenau, occupé du soin de ses nombreuses publications. Son extrême facilité ne lui permettait pas de repos. Il exerça, pendant un temps, une certaine influence sur ce qu'on pourrait appeler la littérature courante ; il fut un des chefs les plus aimés de l'Ecole romantique en Allemagne ; mais sa gloire n'eut qu'un jour.
La Motte-Fouqué publia d'abord sous le nom supposé de Pellégrin. De ses nombreux écrits un seul, à la connaissance de Quérard, le charmant conte d'Ondine, a été traduit dans notre langue '. Sa femme, Caroline de Briest, s'est aussi fait connaître comme romancière. Trois de ses romans ont été traduits ou imités en français. Ses lettres sur l'Education des fem-
1 Quérard se trompe lorsqu'il lui attribue, en outre, Pierre Schlémihl ou l'homme qui a perdu son ombre. Cette boutade fantastique, qui obtint un étrange succès, est de Cbamisso ; Fouqué n'en a été que l'éditeur, en 1814, à l'insu de son ami qui a tini par l'avouer.
mes et celles sur la Mythologie grecque sont estimées en Allemagne. — Quant à K.-A. de La Motte-Fouqué, dont H. Kaiser indique un volume de drames : Schauspiele, Mann., 1806, in-8<>, c'est peut-être un frère de l'auteur, ou plutôt sa femme. Il serait difficile de connaître tontes les publications de notre anteur, mais nons indiquerons au moins les principales.