‹ La France protestante (volume 2)Chapitre 170 sur 252 · FOULLON — FOULQUE · texte numérisé non relu

FOULLON — FOULQUE

ments chez maistre Pierre, le corapassier, rue de la Vieille drapperie à renseigne de Sl«-Geneviefve) ; in-&>, 35 feuillets avec de belles grav. sur bois qui semblent (trois paysages) être de la main de Jean Cousin (voy. IV col. 842).

L'auteur explique d'abord son intéressant petit volume :

Et faut, lecteur, que tu en saches gré à M. le maréchal de Brissac qui pour eatre autant amoureurs des lettres comme vertueux et sage en l'exercice et conduite des armes, fut moteur de m'en faire commander l'invention que j'ay conférée avecques ceus qui sont ornez de scavoir et bon jugement. Entre lesquelz M. de S. Gelays a nommé l'instrument holomètrey signifiant que par luy on peut mesurer toutes choses; et maistre Jehan Maignan docteur en médecine (de qui seul j'ai appris les commencementz des mathématiques) a augmenté de démonstrations la description que j'ay

fait te. . .

Il fait valoir auprès du Roi les mérites qui peuvent lui valoir un privilège :

Encores que M. de Boisdauphin evesque d'Agde m'eust longtemps norry en l'essay et poursuitte d'icelles petites entreprises scientifiques, tant pour constater l'envie insatiable qu'il a d'entendre la raison de toutes choses grandes, comme pour dresser l'un des siens à telle diversité d'entreprises qui les unes peussent apporter quelque plaisir a V. M. et les autres service et profit à vostre royaume, comme de fondre en tin cuyvre caractères, figures et artillerie, nettement et sans réparer; de faire machines et moulins sur citernes et eaux dormantes, de faire mouvoir et rouller chariots par la seule pesanteur de leurs charges et plusieurs autres mouvemans et engins qui n'ont esté congnuz (que je sache) des siècles passez...

Et en effet le volume se termine par un privilège du Roi en date du 17 juin 1551 assurant à Foullon le bénéfice de ce qu'il a « inventé certains artifices pour réduire les lettres, caractères et planches en cuivre, arpent et autre métal solide, accoutumés en plomb, estain et bois. »

Son holomètre eut du succès : le libraire P. Béguin en donna une seconde édition en 1564 l. Un libraire de Venise, Gior-

1 La Bibliothèque de l'Arsenal en possède un

dano Ziletti, en publia la même année une traduction qu'il dédia au gouverneur de la ville, le seigneur Sforaa Palavkino : Descritthne et uso delïholometro per taper misurare tutte le cose che si poesonô wder... Ritrovato per Abel FuUone vaOetto di caméra del Re di Franeia ; in Venetia appresso G. Ziletti al segno délia Stella, 1564 ; in-4<> de vi et 60 feuillets. Enfin l'ouvrage fut traduit en latin par on médecin et professeur suisse, de la famille de Stoppa, sous ce titre : De hohmetri fabriea et mu, instrumento geometrico ab A. Fuilonio olim invento nunc vero NicoiaiSt*parti opéra sermons latino explicato ; Basile» ap. Petrum Pernam, 1557, in-folio.

— Enfin en tête de l'édition originale figure un joli sonnet du jurisconsulte André Tiraqueau à la louange des inventeurs français :

je pais bien dire aajomd*hny que la France Est eelle-la qui emporte le pris Quant à nourrir les merveille»» esprit, Eaprita divins pour chasser Pignorance.

Maint art subtil, mainte et mainte seienes MUle secrets que jamais n'ont compris Tons nos ayenx, aujonrdlraj tout appris. Nostre Fonllon en mit l'ezpérienee.

Gentil FonUon, FonUon ingénions, etc.

La Croix du Maine cite encore d'Abel Foulon un Traité de machines, engùu, mouvement, fontes métalliques et autres belles inventions, puis La description du mouvement perpétuel ; enfin une traduction d'un poème d'Ovide (in Ibin) qui seraient tous restés manuscrits. — On dit aussi qu'il fut le père de Benjamin Foulon, peintre de Catherine de Médicis.

La Croix du Maine et du Verdier. — Haaréas Hist. litt. du Maine. — Catalogue de la bibliothèque d'Amb. Firmin-Didot, I, 203. — Brunet, Manuel dn libraire. — Deschamps, Snpplém. a Brunet, I, 515.

2. Foulon (Jean), de Rouen, passementier, assisté à Genève, avec sa femme et 3 enf., de 1692 à 1699. La veuve de M' Jacques Foulon, du Vivarais, capitaine réformé, réfugiée à Berlin, 1698. Anne, veuve de Pierre Foulon, de Dieppe, 68 ans, assistée à Londres, 1705.

FOULQUE (Honoré) noyé, à Manosqae, 1562 ; — veuve Foulque, de Gap, assistée à Genève, 1705. — Marie Foulques, de St-

ezemplaire (cité par Brunet) qui semble daté de 1561 ; mais qui est en réalité de 1555, arec 1m deux derniers chiffres refaits à la main.

Page 1