F RÉMONT (Charles), « natif de
PKÉMONT
Quainvenielle (Ganville ?) en Caux, reçu habitant de Genève, novembre 1559; — (Louis) de Gaen, massacré pour avoir refusé d'invoquer la Vierge, 1562 (Crespin). — FrèmotU du Vigier, ministre à SLJeand'Àngely, 1598. Pierre Frémont, imprimeur, et Elisabeth Aumont (alias Osmont) sa femme font baptiser au temple de Charenton, leur fils Jean-Édouard né le 12 janv. 1627 et leur fils Joël né le 26 septemb. 1630. — Le sr Frémont, deSt-Bonnet en Dauphiné, assisté à Genève d'un viatique pour la Suisse, 1704.
2. FREMONT D'ABLANCOURT (Jean Jacobé de), était fils [Haag, V 171] de Jean Jacobb, de Vitry-le-François, et de Marie Bnroty sœur de Nicolas Perrot d'Ablancourt. Né le 5 septemb. 1621, il mourut à La Haye en 1693 ; Bayle marque dans une de ses lettres que la bibliothèque du défunt fut vendue dans le mois de décemb. de cette année-là. Il parait qu'il n'avait jamais été marié. On ne doit donc pas le confondre avec Nicolas de Frémont, conseiller secrétaire du roi, qui épousa l'une des filles du célèbre financier Herwart, laquelle devint veuve avant 1685. Jean avait un frère cadet, Jérkwk, marié à Sara Le Qoulon, de Metz, et une sœur Jeanne, mariée à Christophe Boucherat, seigr d'Atrye, qui tous deux moururent sans enfants (Bull. XI 375).
Jean et son frère furent élevés par le célèbre Perrot d'Ablancourt leur oncle, c Jamais enfans, dit Patru dans sa Vie d'Ablancourt, n'eurent une éducation plus heureuse. Le second est mort ; mais M. de Frémont d'Ablancourt, qui estoit l'aisné des deux, a bien fait voir qu'on n'avoit pas travaillé sur un fonds stérile. » Le grand Turenne l'ayant pris sous son patronage, il fut nommé, à sa demande, en 1663, à l'ambassade de Portugal. Les Mémoires qu'il a écrits, prouvent qu'il n'était pas au-dessous de cette dignité. Puis, en 1675, il fut appelé à la Résidence de Strasbourg. Après la mort de Turenne, il revint à Paris, où c il vécut tranquillement, nous dit Bayle, dans la lecture des bons livres et dans le commerce des gens d'esprit, jusqu'à ce que le dernier coup des persécuteurs, la Révocation, le contraignît a chercher la liberté de conscience dans les pays étrangers. Il s'arrêta à Groningue pendant quelque temps ; après quoi il vint
s'établir à La Haye, et y fut extrêmement considéré de M. le prince et de M»* h princesse d'Orange. Il fut même gratifié d'une pension avec le titre d'historiographe. > C'était, au jugement du savant critique qui a dû le connaître personnellement, .« un homme de mérite, fort zélé pour la religion protestante et -qui ne dédaigna point de composer un Catéchisme françois. Il savoit une infinité de ces choses qui sont bonnes à débiter dans une conversation, et il les débitoit de fort bonne grâce. » C'est ce que remarque aussi Jean Rou (dans ses Mém. H, 128) disant t qu'il se faisoit beaucoup plus goûter par les jolis contes dont il avoit en sa mémoire une source intarissable que par la solidité d'un véritable et profond savoir. Pur ce talent il s'étoit en cent lieux agréablement insinué dans l'esprit des personnes de la plus grande distinction et enfin dans celui de Mm« la princesse d'Orange, depuis reine d'Angleterre, laquelle n'étoit pas plus aise que quand elle l'avoit auprès d'elle à ses heures de récréation. » Il était en relation avec Richard Simon qui le cite souvent dans ses lettres sous le nom de Caraïte. Elles sont au nombre de 14, adressées c au Caraïte, » sous la date de 1692. On voit par l'une d'elles que Frémont l'avait prié de demander au chancelier Boucherat, son parent, l'autorisation de rentrer en France, et que la démarche était restée inutile, Frémont refusant d'abjurer. Frémont a peu écrit; son principal ouvrage n'a même été publié qu'après sa mort. On a de lui :
I. Nouveau dictionnaire de rimes, (anonyme), Paris, 1648, in-8°. — Frémont se serait associé dans ce travail Richelet qui, voyant le succès de l'ouvrage, le refit sur un nouveau plan et en publia seul [1667] une 2 me édit. très augmentée.
II. Dialogues de la santé, (anonyme, Amst., 1684, in-12. — Cet ouvrage avait d'abord paru à Paris, où il mérita, au dire de Bayle, « l"approbation de MM. les beaux-esprits, parmi lesquels l'auteur tient depuis longtemps un rang très considérable. >
III. Jf. Perrot d'Ablancourt vengé, ou Amelot de La Houssayc convaincu de ne pas parler françois et de mal expliquer le latin, Amst., 1686, in-12. — Frémont établit juge du débat Mme de La Haye-
FBÉMONT — FRÈRE
Vantelai; la galanterie ne saurait être pins aimable. Mais ,1a vénération qu'il professait pour son oncle, le fait quelquefois sortir des bornes de la modération. Il s'agissait de la traduction de Tacite, cette bette infidèle, comme l'appelait Ménage.
Prémont c n'entreprend pas, nous apprend Bayle, de justifier le célèbre M. d'Ablanoourt, car il le regarde comme un homme dont la gloire est trop solidement établie pour avoir besoin qu'on descende dans le détail des reproches qui lui sont faits. Il se borne donc à soutenir que M. de LaHoussaye, qui s'est élevé contre une réputation a générale, écrit très mal en françois et ne traduit pas mieux le latin. »
IV. Mémoires concernant l'histoire de Portugal, depuis le traité des Pyrénées [1659] jusqu'en 1668 avec les révolutions arrivées, pendant ce temps-là, à la cour de Lisbonne, Paris, 1701, in-12 ; réimpr., même année, à Amst. — Frémont revit la traduction de la Description de l'Afrique par Marmol-Carvajal, qui est due à son onde, et ajouta deux morceaux de sa façon à la fin de sa traduction des Œuvres de Lucien : 1° Dialogue des Lettres de F Alphabet où F Usage et la Grammaire partout (pag. 424-60, édit. de Paris, 1707, 3 vol. pet. in-8°). Ce petit écrit, qui ne serait pas indigne du sophiste grec, n'a été mis là que pour tenir lieu du Jugement des Voyelles que le traducteur n'avait pu rendre dans notre langue, < avec toutes ses naïvetés et ses grâces, > et qu'il avait renoncé à traduire. — 2* Supplément de rHistoire véritable (pag. 461 -522) y Lucien, ayant dit à la fin du second livre de son Histoire véritable qu'il alloit décrire ensuite les merveilles qu'il avoit vues aux Antipodes, et cela ne se trouvant point, soit que les livres ayent esté perdus ou autrement, il a pris envie à celai qui a lait le précédent Dialogue, de se jouer, à son exemple, en des aventures étranges et inouïes. Mais comme il n'y a rien de si facile que de feindre des choses qui n'ont aucun fondement dans la raison ni dans la nature, il n'a pas cru le devoir imiter en ce point, et n'a rien dit qui n'ait quelque sens allégorique, ou quelque instruction mêlée avec le plaisir. »
Outre le Catéchisme dont parle Bayle, on attribue encore à Frémont i'Epitre dèdicatoire [à BossuetJ des Cérémonies et Cou-
tumes qui s'observent parmi les Juifs, par Richard Simon.
Une branche collatérale de la famille de Nicolas Frémont fournit aussi son contingent au refuge. Par un rôle de Réfugiés dressé en 1687, nous voyons que Judith Du Pré, veuve de Pierre de Frémont, secrétaire du roi, réussit à passer en pays étranger avec ses deux fils Pibrrb, sieur de Bévanne, et Jean-François, sieur de Vaine, abandonnant, nous apprend Quick, une fortune de plus de 200,000 livres.
D'une autre branche descend Juan-Charles Frémont, né le 21 janv. 1813, voyageur intrépide et savant distingué, qui en 1861 commanda en chef pendant un temps le principal corps de l'armée fédérale des États-Unis.
FRÉMY (Claude), ministre à Montpellier en 1560 [Haag, X 55]; — (Claude), de Sancerre, 60 ans, assisté (18 sh.) à Londres, 1710; — (Jean), de Sedan, 19 ans, id. (2 sh. 6), Londres, 1710 ; condamné en 1736 pour s'être marié à l'étranger (M 668). — Jean de Frêne, de Calais, laboureur, réfugié avec sa femme et 5 enf. à Strasbourg en Uckermarck, 1698 ; voy. Defresne, V 193. — Joseph de Frennes, officier dans l'armée hollandaise, 1717-30.
— De Frenoi, famille bressane, établie dans le pays de Vaud, vers 1550-84 ; — Louis Frenoy, c conseiller inspecteur des manufactures de la ville d'Arras, > réfugié à Berlin avec sa femme, 3 enf. et une servante, 1698 ; — André de Fresnoy, officier dans l'armée hollandaise, 1701. —
— Aubin Fréque, c de Pont-d'Aully en Normandie, » reçu habitant de Genève, fév. 1559. — Georges de Frérart, ancien de l'église de Vitré, 1641 (Filleau, Décis. cath. p. 246). — Frère, ancien de l'église de Chirac, 1601 ; — Frère, maître des requêtes, commissaire du roi pour l'établissement de l'Édit de Nantes en Bourbonnais, 1603 {Bull. XII 388); — (Jean), orfèvre, épouse au temple de Charenton Rachel, fille de Pierre de France, architecte et de Marie Noiret, août 1640; — (Jean) marchand à Pont-de-Veyle, 1669 ; (François), de Pont-de-Veyle, étudiant à Genève (Francisais Frère ponsvellensis), 1682; — (Charles), de La Ferté-sous- Jouarre, fondeur, assisté à Genève et à Lausanne, 1698. (La veuve de Barthélémy), de La Ferté en Brie, serrurier, ré-