‹ La France protestante (volume 2)Chapitre 194 sur 252 · FRETON · texte numérisé non relu

FRETON

de Bois-le-Duc. Un an plus tard, nous le retrouvons en France d'où il fut envoyé en Italie par Lesdiguières avec la mission dangereuse de reconnaître le château de Milan et d'en lever le plan, ainsi que ceux d'autres places du Milanais. La mort de Henri IV ayant rompu brusquement les projets de Lesdiguières, Freton retourna en Hollande ; mais il n'y fit pas un long séjour. Il revint auprès de Lesdiguières qui l'envoya au secours de Genève. Le duc de Savoie ayant désarmé, il se rendit en Languedoc, de là en Hollande, où il servit, en 1614, aux sièges d'Emerick et de liées. A la fin de la môme année, il était déjà de retour dans le Languedoc auprès de Châtillon, qui l'employa à des ■égociattons avec le duc de Savoie, et qui, en 1616, l'envoya assiéger le château d'Aimargues que l'on fortifiait en dépit des édits. Freton entra ensuite au service du duc de Savoie, comme colonel d'un régiment d'infanterie, et se signala au combat de Lucedia où il fut fait prisonnier. La paix de 1618 lui ayant rendu la liberté, il repassa en Hollande. En 1620, il était déjà de retour dans le Midi. Il fut un des députée que les Privadois envoyèrent porter leurs plaintes au roi. On sait qu'ils ne purent rien obtenir. Il se rendit ensuite à l'assemblée politique de La Rochelle *, comme représentant du Bas-Languedoc,. et dès son arrivée, il fut nommé membre de la commission chargée de travailler à Tordre général. Au mois d'août, ses collègues lui donnèrent la plus haute marque d'estime en l'élisant président, avec La Cloche pour adjoint, Malleray et Guérin pour secrétaires. Le mois de sa présidence n'offrit rien de particulièrement remarquable. On en était encore aux préparatifs et l'unique préoccupation de l'assemblée était de presser les armements et surtout l'équipement de la flotte, que Favier, Hespérien et La Tour furent spécialement chargés de surveiller. Freton servit ensuite avec le grade de maréchal de camp sous les ordres de Soubise, et prit part à l'entreprise sur Royan. Au mois d'avril 1622, le maire de La Rochelle le fit arrêter, on ne nous apprend pas sous quel prétexte. Aussitôt, sur la plainte de ses collègues Favier

1 Un sieur Freton, nous ne savons si c'est le même, est dépoté, en 1619, A l'assemblée de Sommiéret (Tt 822).

et Rodil, l'assemblée envoya de Loubie, (VEspinay et La Milletière du Poitou, demander des explications aux magistrats de La Rochelle sur cette atteinte à l'inviolabilité de ses membres. Après de longs pourparlers, il rat décidé que Freton serait renvoyé devant le conseil de justice auquel l'assemblée adjoindrait trois commissaires qui furent les deux La Milletière et Montmesart. La sentence fut prononcée le 5 août, et Freton déclaré innocent. L'assemblée ne se contenta pas de lui en faire témoigner sa joie, elle l'élut une seconde fois président pour protester, autant qu'il était en son pouvoir, contre l'injure qu'on lui avait faite. Marchât fut nommé vice-président ; La Grange et Massiot secrétaires. La situation était bien changée, les plus exaltés eux-mêmes ne pouvaient plus songer qu'à conclure la paix aux conditions les plus avantageuses possible. Aussi, lorsque Rohan demanda carte blanche pour traiter, l'assemblée lui aurait-elle accordé sans difficulté de pleins pouvoirs, si Mirande, Berthet et La Lande n'étaient venus, au nom du corps de ville, témoigner le mécontentement de ce que le général huguenot avait de son propre chef entamé des négociations pour la paix.

« Ils ne pouvoient celer que cette procédure leur sembloit estrange, veu qu'estans sy intéressez en affaire de telle importance, ils croy oient en devoir estre ad ver- Us. > L'assemblée promit de ne prendre aucune résolution sans en donner avis à la municipalité rochelloise (Brienne,\o\. 225). Peu de temps après la paix rat signée et Freton retourna dans le Languedoc.

La guerre s'étant rallumée en 1625, Freton servit sous Rohan comme maréchal de camp. Dans la nuit du 5 au 6 juillet, il emporta Sommières au moyen d'un pétard ; mais les protestants ayant été obligés d'évacuer la ville, il reçut dans la retraite une blessure dont il mourut à Lezan, le 29 août, ne laissant de son mariage avec Madelaine de Montcalm, fille de Louis, sieur de Saint- Véran et de Candiac, et d'Anne de Clermont du Bosc9 qu'une fille nommée Madelaink, née le 9 fév. 1621 et morte à Nîmes, le 8 mars 1690, étant veuve de François de Rozel, lieutenant principal au présidial de Nîmes qui était lui-même mort à Paris en 1675.

Freton a laissé des Mémoires remplis de

FRETON — FRIQUAT

détails curieux sur sa vie et les événements contemporains. Ils ont été publiés dans les Pièces fugitives d'Aubaïs.

FRÉVAL du Rozel (Annibal de), de Bernières en Normandie, < prosélyte laïque, » 64 ans, assisté (15 1.) à Londres, 1702 ; Test encore en 1706. — Desaulses de Freycinet famille dauphinoise originairement protestante, et rentrée récemment dans le protestantisme, à laquelle appartiennent plusieurs navigateurs du commencement de notre siècle dont le plus connu est Louis-Charles Desaulses de Freycinet, auteur du Voyage autour du monde, exécuté par les corvettes YUrani» et la Physicienne pendant les années 1817 à 1820; Paris, Pillet, in-4<> ; il était né en 1779 et mourut dans sa terre de Freycinet prés Loriol le 18 août 1842. Son neveu, Louis-Charles, né le 14 nov. 1828, ingénieur des mines (15 nov. 1848), préfet à Montauban et délégué à la guerre, à Tours et à Bordeaux (en 1870), sénateur en 1876, est devenu quatre fois ministre des affaires étrangères et président du Conseil des ministres de la République française, du 28 déc. 1879 au 7 janvier 1886. — Robert Freysse, rubantier, d* Auvergne, reçu habitant de Genève, août 1554. — Abraham Frèxelles, maître d'école à Metz, mort en 1677.— Frézières, fugitif des Cévennes, assisté à Lausanne, 1688. — Frèzon, de Castres, t prosélyte, » id.,1707. — Madeleine Frezonde, de Mens, id. à Genève, 1691.

— Pierre Frezoul, ministre à Barre en 1568, au Collet de Dèze, 1569-72 ; à S*- Martin de Corconnac et Saumane, 1er janv. 1579-95 ; à St-Marcei 1596-1606 ; déchargé en 1606 ; (Louis) de Lautrec en Languedoc, assisté à Genève, 1706.

FRIAND (Anne) de Mérindol, dont le mari est allé joindre les Vaudois, assistée à Lausanne, novemb. 1689. — Chrestien Friart, de Marsal, apothicaire à Metz, 1579-1603 ; avait épousé avant 1579 Anne Joly; (Daniel) « apothicaire stipendié • fournisseur de remèdes aux pestiférés, mort en 1632 ; (Auguste), chirurgien au régiment de Foug en 1658, au régim.

d'Arfeld en 1680 ; Suzanne, sa sœur, née en 1655, épouse en 1674 Pierre Faisant $T de La Roche et Grateloup ; en 1703, son mari étant colonel des milices du pays Messin, elle est enfermée au couvent de la Propagation de la foi, par ordre de M. de

Varenne, commandant de la Généralité; Auguste Friard, de Metz, perruquier, 45 ans, assisté à Londres (5 1.) avec sa femme et 6 enf. , 1702 ; voy. ci-dessus col. 519, lig. 3 en rem. — Isaac Friau, de Valence, assisté à Genève, 1705. — Ulrich Fribergius, pseudonyme pris par Hubert Longuet. — Claude Fribour « natim de Treschateau auprès de Dijon, » reçu habitant de Genève, avril 1559. — Marie JWbourg, retenue au couvent des Nouv. cathol. de Caen en 1781 ; elle y était depuis 1771 (Tt 302).

FR1ED (Jran-Jacqubs), de Strasbourg [Haag, V 174], fut nommé, en 1738, professeur d'accouchement à l'hôpital civil de sa ville natale. Il mourut en sept. 1760» après avoir, pendant trente ans, rempli sa charge avec la plus grande distinction.

Fried n'a rien écrit, mais il a mit mieux : il a fondé la première école publique pour l'instruction des sages-femmes, qui ait été établie, soit en France, soit en Allemagne. Son fils, Georges- Albert, étudia également la médecine et fut reçu docteur, te 13 août 1760, après avoir soutenu une thèse publiée sous le titre de DxssertaHo medicoobstetricalis de fostu intestinis plané nméie extra abdomen propendentibut nota (Argent., 1760, in-4o). 11 fut appelé à Copenhague comme professeur de médecine, puis, à la mort de son père, il fut nommé second professeur de l'école d'accouchement de Strasbourg, place qu'il occupa jusqu'à sa mort, arrivée à la fin de sept. 1773. Il est auteur d'un manuel d'accouchement dans lequel il refondit l'ouvrage de Thebesius et qu'il mit au jour sous ce titre : Anfangsgrûnde der Geburtshûlfe zum Gebrauche seiner Vorlesungen, Strasb., 1769, in-8o ; 2*e édit., 1787, in-8«.

FRIES, pasteur dans TAngoumois vers 1760; un autre, pasteur à Couthenans en Franche-Comté, qui se retira chez les frères moraves (BuU. XII 122). — Jean- Pierre Frigoulier, d'Anduze, assisté à Genève, 1687. — Abraham Friolet, tabatier, réfugié àManheim, 1700. — Pierre Frion, d'Anduze, ayant déserté du service de France, * admis à la paix de l'Église, > et assisté, à Lausanne, 5 déc. 1699 ; (Jean), de S1 -Germain en Cévennes, assisté à Genève, 1706. — Samuel Friot, de Metz, boulanger, réfugié (4 pers.) à Brandenbourg, 1700. — Bernard Friquat, • de

FRIQUET — FRŒREISEN

Rigent en Gascoigne, » maréchal, habit, de Genève, décemb. 1558. — Jean Friquet, pasteur dans la vallée de Pragelas, assisté à Lausanne avec sa famille de 1690 à 1699 ; ils gagnent l'Allemagne en 1699; (Salomon), de Pragelas, établi à Berlin, 1700 ; (Etienne), des • Traverses en Prazelas,» assisté à Genève d'un viatique pour les Grisons, 1703 ; (Jean), officier dans l'armée hollandaise, 1700-1713. Abraham Friquet, maître passementier de Nîmes, 40 ans, mort à l'hôpital de Lausanne, avril 1690. Un fils de Jean-Louis Friquet de Nîmes et de d»« Marie Sellon, id., mai 1693. — ■ Catherine Frisquet, de Sauve, assistée à Genève d'un viatique pour la Suisse, 1699. — Pierre Frise, étudiant en droit à l'acad. de Genève (P. Frizius delphinas), 1584. — Pierre de Frise, de Vallon, réfugié à Berlin, 1700; Vincent de Frise avec sa famille (7 pers.), id., 1700. — Jeanne Friston, de Poitiers, • fille infirme de la vue,» 50 ans, assistée (2 1. 10) à Londres, 1702.

FRIT (Jean). Dans un recueil de vers, manuscrit de la fin du XVI*™ siècle et qui semble parisien, nous trouvons la petite pièce que voici :

Icy giat màlttre Jean Fritua Qui faieoit fort de l'tntitiis > Et du docteur eeientiAque ; Mais d'autant qu'il fut hérétique D fut jeté vif dana le feu.

Ce n'eatoit pour avoir trop beu ; Mali ce fuet bien, ne roui doaplaiae Pour aon sèle ohaud comme braiae Qu*U fut bruilé, frieaeaé, frit Ainay mourut maistre Jean Frit

Nous n'avons rien trouvé d'autre sur ce malheureux.

FRŒREISEN (Isaac), né en 1590 et mort le 5 juin 1632 [Haag, V 174], docteur et professeur en théologie à l'université de Strasbourg. Il a publié :

I. De Verbo Dei et Scripturis sacris dissertatio, Argent., 1621, in-4<>.

H. Scrutinium Panoplies BeUarminianœ, Argent., 1622-30, 3 vol.

ÙI. Gymnasmata academica, Argent., 1621, in-4<>.

IV. Vindicte synopticte pro sacrosancto Qeneseos codice adv. Rob. Bellarminum, Argent., 1624, in-4° ; 1634, in-4o.

V. Anatomia $eu exauctoratio draconis fanaticif Argent., 1624.

1 Opposant, rebella.

VI. Anti-Christologia seu Apocalypsis Antichristi, Argent., 1624.

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