FROSSARD
professeur de morale à celle de Clermont- Ferrand. En 1802, le gouvernement l'appela avec Rabaut à travailler à la rédaction des Articles organiques du culte réformé. En 1809, il fut chargé de l'exécution du décret qui fonda à Montauban une Faculté de théologie protestante. La tache était difficile, les obstacles nombreux ; mais à force de prudence et d'énergie, d'esprit d'ordre et de discernement, Frossard, qui fit preuve dans ces circonstances d'une rare capacité administrative, les surmonta tous, en sorte que la Faculté put être installée, en 1810 l. Frossard y remplit les doubles fonctions de doyen et de professeur de morale et d'éloquence de la chaire, fonctions auxquelles il joignit celles de ministre et de président du consistoire.
Un homme qui avait rendu de tels services an protestantisme était désigné pour essuyer la malveillance des réactionnaires de 1815. Frossard fut brusquement destitué de ses fonctions de doyen et de pasteur. Plus tard, il est vrai, à la mort du ministre Lescure, le gouvernement de Louis XVIII se montra disposé à revenir sur une mesure inique ; mais sourd aux vœux de la population protestante de Montauban, Frossard refusa de remonter dans sa chaire. « J'ai été jugé par mes pairs, écrivit-il, le 12 janv. 1818, au consistoire, pour le remercier de ses suffrages unanimes, j'ai été déclaré innocent ; je suis assez vengé des fanatiques et des méchants. »
Depuis sa destitution, Frossard se consacra entièrement aux devoirs du professorat, ne se délassant que par des travaux littéraires. Il continua sa traduction des Sermons de Hugh Blair (Lyon, 1784, 2 vol. in-8° ; nouv. édit. augm., Paris et Montauban, 1807-24, 5 vol. in-8<>), et entreprit celle d'un ouvrage remarquable de Wilberforce, qu'il publia sous ce titre : Le christianisme des gens du monde mis en opposition avec le véritable christianisme (Monta ub., 1821, 2 vol. in- 8o). Cette publication
la formation de 24 écoles primaire» dan» la trille de Lyon, par le citoyen B.-3. Frossard, administrateur et professeur de droit naturel et françois a l'institut ; Lyon, iinp. de Vatar-Delaroche, 1793, in-8°, 36 pages.
1 A cette occasion il fit paraître son discours dans une brochure spéciale: Installation de la faculté de théol. prot. de Montauban ; séance publique du 30 nov. 1810 (20 p.).
obtint aussi beaucoup de succès, et l'on ne saurait douter qu'elle n'ait contribué pour sa part au réveil religieux qui commença à se manifester vers cette époque.
On doit encore au même orateur plusieurs éloquents discours :
Sermon prononcé à Clermont-Ferrand le 15 ami 1792 dans ï église de» ci-devant Carmes, accordée aux protestants de cette ville pour y faire Finauguratûm de leur culte religieux; Riom., 1872, in-8°, 40 p.
De {influence de la liberté sur tes mœurs; Lyon, 30 frimaire, an II (24 p.).
Observationssur les protestants de France, leur population, leur discipline et leur culte, présentées au citoyen Portails, conseiller d'Etat chargé de tout ce qui concerne les cultes, rédigées par B.-S. Frossard (pan. seulement en 1887, par son petit -fils, Charles F., dans la Revue de droit et de jurisp. à V usage des églises prot.), 14 p.
Sermon d'actions de grâces pour le bienfait de la paix générale, prêché par ordre dn gouvernement dans le temple consistorial de Montauban; Montaub., Fontanel, 1814, 29 p.
Discours sur les talents de Feeprit et le» qualités du cœur que doit posséder un aspirant au ministère évangèlique, adressé à MM. les étudiants pour l'ouverture des cours; Montauban, Fontanel, 1817, in-12 de 27 p.
Hommage rendu à la mémoire de J.-F. Pradcl, prof à la foc. de théol.; Montaub., 1824, in-8o, 20 p.
Nous nous dispensons d'énumérer une foule de brochures de circonstance, principalement des mémoires adressés à quelqu'une des nombreuses sociétés savantes auxquelles il était agrégé, comme la Société royale d'agriculture de Lyon, dont il était secrétaire pour la correspondance étrangère, la Société d'agriculture de Bath, la Société littéraire et scientifique de Manchester, les Sociétés de Montpellier, de Villefranche et de Bourg-en-Bresse. A son passage à Oxford, la célèbre université de cette ville lui avait conféré le titre honoraire de docteur en droit, distinction rare dont il se montrait fier à juste titre.
Benj.-Sig. Frossard avait épousé à Paris, à l'ambassade de Hollande en 1785, d"e Emmelie Droûint de Sedan ; mariage d'où naquirent : 1° André, sous-intendant militaire, 1786-1867, auteur d'un Précis