PR088ARD
de Vaud en 1508 et qui signa le 23 mai 1825, comme délégué de la ville, avec un antre notaire, et après noble Fr. de Glannaz, seigneur de Vallardens, an acte solennel de condamnation des opinions de Luther, prononçant trois jours de prison et trois coups d'estrapade contre les contrevenants, plus en cas de récidive le supplice du feu. Mais douze années ne s'étaient pas écoulées que tout* le pays de Vaud, y compris les conseillers de Moudon et leurs familles, s'étaient rangés aux doctrines luthériennes. On croit que ce Michel était l'un des fils de Humbébt Frossard, seigneur de Saugy (au canton de Fribourg) et coseigneur de Brenles, reçu bourgeois de Moudon le 10 mai 1498. Quant à remonter plus haut et vouloir établir (comme on l'a fait) un lien entre ces Frossard et ceux qui purent exister dans le pays au temps du duc Pierre de Savoie dit le petit Charlemagne (1203-1268), c'est une tentative d'autant plus vaine, qu'on ne peut pas même savoir par quels liens étaient unis entre eux les nombreux Frossard des XVI»» et XVIIm« siècles (le Manual de 1594 en mentionne plus de 80) en sorte que la filiation sûre et suivie de la famille dont nous parlions en commençant, loin de remonter voire seulement aux Frossard de Saugy, ne part que de Jsan-Jacqubs Frossard né à Moudon vers 1660, époux de « honorable Marie Frossard, • de la même ville, dont il eut trois fils» L'aîné Jean-Daniel, né vers 1685, fut seigneur banneret (c'est-à-dire maire) de Moudon, eteut pour fils Gabriel, néen 1725, capitaine dans les troupes bernoises et marié àdM« Jeanne-Fr. Ronzel. Six enfants naquirent de cette union, dont le quatrième fut :
Benjamin-Sioismond [Haag, V 178], né et baptisé à Nyon, 23 août 1754, mort à Montauban, le 3 janvier 1830. S'il n'appartient pas à la France protestante par sa naissance, il lui appartient incontestablement par tout ce qu'il a fait dans l'intérêt des églises françaises au service desquelles il a non seulement consacré sa vie, mais voué quatre de ses fils.
A peine eût-il terminé ses études à Genève, qu'il fut appelé comme pasteur à Lyon, 1777, et il y continua ses fonctions sans interruption jusqu'à l'époque du siège de cette ville, sauf un voyage qu'il fit en Angleterre dans l'année 1784. Une grande question commençait à préoccuper
beaucoup d'esprits élevés, d'âmes d'élite en Amérique et dans la Grande-Bretagne. Frossard résolut d'associer ses efforts à ceux de ces philanthropes qui réclamaient l'émancipation des Noirs. 11 recueillit une foule de renseignements exacts et détaillés sur la traite des Nègres, et dès son retour en France, il publia La cause des éteintes nègres et des habitants de la Guinée portée au tribunal de la justice, de la religion et de la politique, Paris, 1788, 2 vol. in-8<>. Ce livre, où la question est traitée avec talent, fit une sensation d'autant plus vive qu'à l'exception de quelques lignes du philosophe Raynal et des discours du protestant Necker, la France n'avait pas entendu une seule voix réclamer les droits de l'humanité en faveur des malheureuses victimes de la cupidité des Européens, depuis le synode national d'Alençon, en 1637 l.
Vers le même temps, le pasteur de Lyon entreprit un travail d'un autre genre, la traduction des Sermons de Hugh Blair, qu'il n'avait point encore terminée, quand la Révolution brisa sa carrière. Il voulut chercher dans le commerce des moyens d'existence, mais il n'y réussit pas au milieu des temps orageux qu'il avait à traverser. L'établissement des écoles centrales lui offrit enfin une occupation qui convenait mieux à ses goûts *; il fut nommé
1 Voici l'article décrété par oe synode : Quoique les hommes aient on droit d'acheter et de garder des esclaves et que cela ne toit paa condamné par la Parole de Dieu, ni hors d'usage parmi les chrétiens dans la pins grande partie de l'Europe; néanmoins, parce qu'on abuse de oe droit-lâ et qu'il s'est glissé insensiblement une coutume très inhumaine, surtout parmi les marchands qui en font trafic et qui en disposent comme de leur propre bien et de leur bétail; qui vont même sur les cotes d'Afrique et aux Indes où oe commerce est permis, pour acheter, des Barbares, a prix d'argent ou pour des marchandises, des hommes et des femmes qu'ils vendent dans les marchés publics on qu'ils troquent pour d'antres choses, — cette assemblée, confirmant le canon fait A cette occasion par le synode provincial de Normandie, exhorte les fidèles de ne pas abuser de cette liberté d'une maniérejqui soit contraire aux régies de la charité chrétienne, et de ne pas remettre ces infidèles an pouvoir des Barbares qui pourraient les traiter inhumaine* ment ni entre les mains de ceux qui sont cruels ; mais de les donner a des chrétiens débonnaires et qui soient en état d'avoir soin de leurs âmes précieuses et immortelles, en tachant de les instruire dans la religion chrétienne.
1 II a publié un écrit intitulé : Rapport sur