‹ La France protestante (volume 2)Chapitre 211 sur 252 · IV. Lettre aux Théatins ; La Haye · texte numérisé non relu

IV. Lettre aux Théatins ; La Haye

1704, in-8« (anonyme).

On lit dans les Nouvelles de la Répub. des Lettres de Jacq. Bernard (nov. 1707) que Gabillon avait écrit l'année précédente un livre contre M. Le Clerc (le pasteur Jean de Clerc auteur de la Bibliothèque universelle). Ce livre contre M. Le Clerc était probablement une réponse à l'écrit de celui-ci intitulé : Lettre à M. Bernard sur l'Apologie de Frédéric-Auguste GabiUon; Amsterdam (réimprimée en 1708, in-8<>).

Le Clerc y racontait que Gabillon avait eu l'audace de se présenter chez divers théologiens anglais, sous son propre nom à lui Jean Le Clerc. Et Jacques Bernard ajoute (Nouv. de la R. des L., nov. 1707) que cette étrange comédie ayant paru pronostiquer quelque friponnerie, on avait publié deux fois (4-7 oct. 1707) dans une Gazette appelée le Post-Boy, un avis invitant les théologiens anglais à se tenir en garde contre le s' Gabillon. — Peut-être est-ce de lui que descendait une honnête personne, Charlotte- Amélie GabiUon, née à Schwerin, qui fut directrice d'un pensionnat à Btitzow et publia : I. Abécédaire avec des exercices à la portée des petits enfans et un recueil des synonymes pour les adolescents, Rott., 1815, in-8o. II. Mehr als ABC und Lèsebuch, nebst einer kurzen Anleitung zum richtigen Buchstabiren fttr meine Schtllerinnen ; GUstow, 1819, in-8°. — Les s" de Oabillou, voy. Hautefort.

GABIOU (Florent), de SMean d'Angély, reçu habitant de Genève, 3 mai 1585. Jacques Gabion, maire de Douhet en Saintonge, fait baptiser sa fille Marie, au château de Douhet, par Audibert Durand, ministre du château. — Pierre Gabarit, ministre de l'église de S1- Fort-sur-Gironde en 1572 (reg. de l'égl. de Saintes). Peut-être est-ce à son occasion qu'on appelait Marie BécaudeUe, brûlée à Fontenay-le-Comte, en 1534, la Gaborite. — La veuve Gaborin et sa fille, de S*-Savignen en Saintonge, assistées d'un viatique à Genève, 1699. — Jeanne Oabourin, de Fontenay-le-Comte, 67 ans, assistée à Londres, 1702 ; et jusqu'en 1710 (1 1. à 1 I. 15).

1. GABRIAC (Claude de) seigneur de Braufort [Haag, V 189] mestre-de-camp

GABRIAC

dans l'armée de Rohan, s'est rendu célèbre dans l'histoire de nos guerres civiles par l'habileté avec laquelle il dirigea, depuis Castres, la marche du secours qui, jeté dans Montauban, détermina Louis XIII à en lever le siège. « Beaufort, gentilhomme des Ce venues, lit-on dans les Mémoires de Richelieu, entreprit d'y faire entrer un secours de 1500 hommes, qu'il mena sûrement jusqu'à Saint-Antonin ; duquel y ayant deux chemins pour aller à Montauban, l'un par une forêt, qui étoit le meilleur pour l'infanterie, l'autre par une plaine découverte, il choisit celui de la plaine, jugeant que, parce qu'il étoit le plus dangereux et qu'on ne jugeroit jamais qu'il l'eût pris, il y seroit aussi moins attendu. Gela lui réussit assez bien. » Divisant sa troupe en trois corps, Beaufort se mit à la tête du premier, fort de 800 hommes environ, et prit, en effet, la route la plus directe pour arriver à Montauban.

Quoique le roi, sur l'avis de sa marche, eût fait doubler et renforcer les gardes du camp, Beaufort franchit l'Aveyron sans obstacle, passa près d'une garde qui ne l'aperçut pas ou qu'il força, comme le rapporte le sieur de Pontis, et entra dans la ville. La seconde division, sous la conduite de Lautrec, fut moins heureuse ; elle tomba dans une embuscade dressée par Bassom pierre et fut mise en déroute. La troisième, commandée par Pagesy, essaya de gagner la forêt ; mais vivement poursuivie par la cavalerie, elle fut sabrée avant d'y atteindre. Beaufort était en sûreté, lorsque, entendant le bruit du combat soutenu par le corps de Lautrec. il voulut aller à son secours. Malheureusement il tomba au milieu des ennemis, fut renversé de son cheval, gravement blessé et fait prisonnier. Selon Castelnaut, il fut envoyé aux galères. Richelieu affirme qu'il fut enfermé à la Bastille. Outre un grand nombre de tués, les protestants perdirent deux ou trois cents prisonniers qui furent tous condamnés aux galères. Le ministre qui accompagnait le secours fut pendu (1622).

La paix ayant été conclue quelque temps après, Beaufort fut remis en liberté. En 1626, il fut député, comme ancien de l'église d'Avèze, au synode national de Castres, qui le porta sur la liste des candidats à la dépulation générale. En 1627, Rohan le nomma son lieutenant- général

dans les Cévennes, et le chargea de la défense du pays de Poix. Beaufort prit pour base de ses opérations Pamiers, ville assez grande, mais faible, et 'il faisait travailler avec activité aux fortifications, lorsqu'il fut attaqué par le prince de Condô. Le feu commença le 6 mars 1628; deux jours après, la brèche était praticable. Les habitants offrirent alors de se rendre, la vie sauve ; mais Gondé ne voulut leur accorder aucune capitulation. Beaucoup essayèrent de fuir le sort affreux qui les attendait, entre autres, Beaufort et Auras gouverneur de Mazères; mais presque tous furent rattrapés. Condé fit pendre 28 habitants de Pamiers, au nombre desquels était le premier consul Prctt, à qui, dit-on, la vie avait été promise; 120 furent envoyés aux galères, les autres furent donnés aux soldats pour être mis à rançon. La ville fut abandonnée an pillage, et, de l'aveu des écrivains catholiques, les royaux y exercèrent des violences et des cruautés inouïes. Quant à Beaufort et à Auras, ils ne se rachetèrent point par une abjuration, mais furent livrés au parlement de Toulouse qui les fit exécuter.

Claude de Gabriac laissa de son mariage avec Gabriel le de Vabres deux filles : Louisb, née en 1616, et Françoise, née en 1620, baptisées l'une et l'autre dans le temple d'Avèze. La dernière eut pour parrain Tristan de Gabriac, sieur de Gardiac, particularité qui prouve que d'autres branches de la famille de Gabriac professaient aussi la religion réformée. Et cette preuve n'est pas la seule, car nous trouvons sur le rôle des réfugiés assistés à Genève par la Bourse françoise en 1700 et 1701, un noble Jean de Gabriac, de S'-Michel en Cévennes, qui appartenait évidemment à l'une d'elles. Nous ne prendrons pas sur nous de décider si Beaufort qui, selon Bèze, fut nommé, en 1562, gouverneur de Milhau, et qui, sur l'ordre de Crussol, reprit les armes, en 1563, pour marcher avec Baudinè an secours de Florac, était un ancêtre de Claude de Gabriac ; mais nous pouvons, sans hésiter, le réclamer pour la France protestante, ainsi que Gabriac, qui en 1562, à la tête de 1500 Cévenols, prit Chauac, emporta d'assaut et mit a feu et a sang Chirac, mais échoua dans une entreprise sur Mcnde ; le baron de Beaufort, gouverneur «lu Vigan. en 4573 ; un de Beaufort, dépulé en 1584

GABRIAC

GACHES

à rassemblée de Montauban par la noblesse du Bas-Languedoc ; Annibal de Gabriac Du Gros de Ferrières, qni mourut prisonnier dans la Tour de Constance, en 1680, et quelques autres dont nous avons eu ou aurons l'occasion de parler.

2. GABRIAC (Jean-Pierre), pasteur du désert, né en 1747 au Mas dit Combe, paroisse de St-Michel en Hautes- Ce ven nés ; il entra au séminaire de Lausanne en 1739, obtint la consécration le 8 fév. 1741, et rat dés lors adonné aux périlleux devoirs du ministère jusqu'en 1786. Il exerça principalement dans les Cévennes et quelque temps (1763) en Agenais. Il parvint à créer dans les Cévennes à La Salle-Montvai liant, près de Florac, une école de théologie que les synodes des Hautes-Cévennes (voy. celui de 1761, art. 18) prirent sous leur protection. Son jeune frère, Jacques, qui suivit la môme carrière, écrivait (en 1751) : « Souvent son lit est sous une roche ou dans quelque antre de la terre, heureux de se garantir des mains de ses ennemis furieux » (Corr. de Rabaut, par C. Dardier). En comparant ce que nous avons dit tout à l'heure (col. 776 lig. 40) avec la note de police de l'année 1751 pub. dans le Bull: t. VII, p. 464, on voit que ces deux vaillants pasteurs appartenaient à la noble maison de Gabriac.

GABRIEL (Damirn) et Jehan son Gis, merciers à La Grave, dioc. de Grenoble, admis à l'habitation à Genève, juin 1556 ; — (Estienne), avocat au siège présidial de Saintes, 1571. — Etienne Gabry, du Pont de Camarès, 76 ans, condamué aux galères (par contumace l) 1754 (M 663). — De Gâchât, ancien de l'Isle Jourdain au synode de Réalmont, 1658 (Tt 258).

GACHES (Pibrrb), né à Castres en 1523 [Haag, V 191] et simple marchand de cette ville, fut un de ses premiers habitants qui embrassèrent les doctrines évangéliques, pour lesquelles il montra un grand zèle durant toute sa vie. Bravant les bûchers de l'inquisition , il osa recevoir chez

1 Ainsi que nous l'avons indiqué en note, ool. 356, notre liste de galériens ci-dessus insérée, col. 213-358, a été presque entièrement composée an moyen des Listes que l'on faisait courir en France et & l'étranger pour appeler l'attention sur lee malheureux qui souffraient sur les galères. Ceux qui avaient pu s'échapper, les contumaces, ne s'y trouvent naturellement pas souvent.

lui Geoffroy Brun, lorsque celui-ci arriva à Castres en 1560. C'était dans sa maison et dans celle do son voisin Bernard Giraud que se tenaient les assemblées des huguenots, mais quelque soin que Brun mit à se cacher, il fut découvert dès le mois d'octobre et dut retourner à Genève. Privés de leur guide spirituel, les protestants castrais persistèrent à se réunir en secret, et ils continuèrent ainsi leurs assemblées clandestines jusqu'à ce que les abominables calomnies de leurs ennemis les forçassent en quelque sorte, l'honneur parlant plus haut que la crainte de la mort, à se montrer au grand jour. Ils firent donc venir de Toulouse Nicolas Folion, dit La Vallée ; mais les poursuites du parlement mirent promptement un terme à ses prédications. Il eut pour successeur, au mois de février 1561, Lostan que Brun envoya de Genève, et qui dut bientôt demander un aide, tant la moisson était abondante. Barthe arriva, le 18 avril, pour le seconder. Les conversions se multiplièrent de telle sorte que, peu de mois après, on comptait à Castres 400 familles protestantes, au nombre desquelles figuraient celles des quatre consuls, l'avocat Déplante, le notaire Etienne Vignevieille, Pierre Séguier et Raimond Caire, et celle du procureur du roi Melou. L'audace des huguenots croissant avec leur nombre, ils firent revenir Brun et ils osèrent même enterrer publiquement selon le rite calviniste, un enfant de Jacques Misse, membre de leur église. Cependant les menaces de Joyeuse les obligèrent à prendre plus de précautions, en attendant des temps meilleurs.

Les progrès des réformés ne se ralentirent pas néanmoins. Dès 1562, ils l'emportèrent sur les catholiques dans les élections pour le consulat. L'année suivante, Pierre Gâches, qui n'avait pas médiocrement contribué à ces succès, fut élu consul avec François Bouitsm, Bernard Bourjade et Jean Bourdairac. Il signala sa magistrature par sa charité pendant une peste horrible qui désola Castres, et il fit jeter les premiers fondements d'un temple protestant. C'est lui probablement qui assista, après la Saint- Barthélémy, à l'assemblée de Pierreségade. Elu premier consul en 1585 (ses collègues étaient Jean Bissol, François Atari et Olivier Lucas), il eut, en cette qualité, l'honneur de recevoir chez lui le roi de Navarre,

GACHES

lorsque ce prince passa par Castres. Il mourut le 29 déc. 1595.

Son fils Jacques, né à Castres 1, suivit la carrière et les exemples de son père.

Nommé consul, en 1596, avec Hélias Le Roi, Isaac Bernard et Pierre Aimèric, il fat, une seconde fois, appelé à remplir les mêmes fonctions, en 1604. On ne connaît pas d'autre particularité de sa vie dont la grande préoccupation fut la rédaction d'an livre sur l'histoire de son temps, auquel il attachait une grande importance et qui en effet n'en manque pas. C'est un précieux manuscrit dont l'original s'est perdu, maïs dont on a de nombreuses copies et qui a été récemment imprimé avec beaucoup de soin et d'érudition par M. Ch. Pradel. Dès l'année 1625, on s'était occupé d'en préparer l'impression. Le duc de Rohan étant à Castres à cette époque, d'Aubigné le fit prier de lui envoyer à Genève l'histoire du s* J. Gâches, pour corriger sa propre Histoire des fautes qui s'y trouvaient en plusieurs endroits, avec promesse solennelle de restitution dans le temps accordé ; mais le duc de Rohan ne put l'obtenir dudit Gâches qui était fort jaloux de son œuvre et qui consentit seulement à la prêter feuillet après feuillet pour la faire imprimer. Ce projet d'impression n'eut pas de suite.

J. Gâches mourut vers 1646. Quoique fort attaché à sa religion, il a su conserver une grande impartialité dans ses Mémoires qui comprennent l'histoire de tout ce qui s'est passé à Castres et aux environs depuis 1555 jusqu'en 1610. Gâches raconte les événements en témoin oculaire, et son récit a un air de bonne foi qui prévient en faveur de sa véracité. Aussi dom Vaissète lui a-t-il accordé ce témoignage : t Cet auteur est un zélé religionnaire ; mais il rend justice aux catholiques en bien dos choses, et il nous a paru exact et assez désintéressé. » Il a inscrit pour titre en tête de son livre : Mémoires du sieur Jacques Gâches où sont rapportées toutes les choses qui se sont passées et faites en Languedoc, et particulièrement à Castres et ez environs despuis l'année 1555. L'ouvrage est divisé en trois parties : la première comprend les guerres de religion propre -

1 Le 14 janvier 1553, suivant les Biographies castraises de Narrai ; vers 1555, suivant M. Ch. Pradel.

ment dites de 1555 à 1575 ; la *■«, les guerres de l'Union ou des Politiques en Languedoc, de 1575 à 1584 ; la 3**, les guer res de la Ligue et le règne de Henri IV, 1585-1610.

Les Mémoires de Jacques Gâches, pub.

par Ch. Pradel forment un vol. in-8* de 538 p. (Paris, Fischbacher, 1879, in-8*), précédé du portrait de l'auteur et suivi d'une trentaine de pièces et documents inédits.

Un autre Jacques Gâches, contemporain du précédent et son cousin * était avocat et occupa longtemps la charge de juge du comté de Lacaze pour le m» de Bourbon- Malauze. 11 mourut à Vabre, âgé de 77 ans, le 27 juin 1651. Il eut pour fils un pasteur distingué, Raymond Gâches.

Né à Castres au commencement du XYIIme siècle, Raymond Gâches qui exerçait le saint ministère à St-Affrique depuis 1644, fut nommé, en 1649. ministre dans sa ville natale. La réputation qu'il acquit comme prédicateur le fit appeler à Paris, en 1654, et il desservit l'église de Charenton jusqu'à sa mort, arrivée au mois de déc. 1668. Outre un assez grand nombre de sermons où brillent une imagination gracieuse et qui se lisent encore avec plaisir, Gâches, qui était membre de l'académie de Castres, a laissé quelques pièces de vers qui ne nous sont connues que par leurs titres. Voici la liste de ses ouvrages :

I. Le consolateur promis aux apostres, ou Sermon sur Jean XVI, 7; Charent., L. Vendosme, 1654, in-8° ; 1655, in-8<> ; — Dédié à Mm« la princesse de Turenne.

II. Le triomphe de l'Evangile, ou Sermon sur II Cor. Il, prononcé au synode deCarjac, oct. 1652; Charent., 1654, in-8<> : 1655, in-Ho, 82 pages. — Dédié à M. de Bourbon-Malauze.

III. Jésus dans l'Agonie, ou Sermon sur Malt. XXVI, 37, 38; Charent., 165*, in-8<>; 1655, in-8o, 46 p. — Dédié à Mme la duchesse de la Trèmoille.

IV. Actions de grâces pour la publication de la paix entre l'Angleterre et les Provin-

1 Ils signent ensemble un contrat de mariage de leur cousin Jean Gâches, fils d'Antoine, seigv de Prades avec Elisabeth de Lacger, le 9 mai 1599 (Ch. Tradel, préf. p. VIII), — Conf. ci dessus, col. 273, n° 957. On trouve sur la liste des gentilhommes assistés à Londres en 1702 : Jean Antoine Gâches de Prades et sa femme.

GACHE8 — GACHON

ces-Unies, ou Sermon sur Ps. CXXII, 6, prononcé dans l'hostel de Mgr l'ambassadeur des Provinces-Unies; Charent., 1654, in-8».

Y. L'athéisme confondu, ou Sermon sur ces paroles : L'insensé a dit en son coeur : Il n'y a point de Dieu ; Charent., Samuel Périer. 1655, in*.

VI. Le fondement de V espérance du chrétien, ou Sermon sur Rom. V, 5; Charent., L. Vendosme, 1655, in-8°.

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