‹ La France protestante (volume 2)Chapitre 233 sur 252 · GARNIER · texte numérisé non relu

GARNIER

du clergé luthérien ; toutefois la guerre n'éclata entre les deux communions que pendant le ministère de Guillaume Olkrac ou Holbrach, appelé aussi Aulprecht, élève de Calvin, qui avait desservi pendant quelque temps l'église française de Francfort-sur-Ie-Mein. Dès Tannée 1562, Olbrac fut exclu du consistoire, et l'année suivante, son église fut fermée.

Le 23 mai de cette même année 1562, Jean Garnier arriva à Metz. L'église de cette ville avait pris un tel accroissement qu'il fallut à ses deux pasteurs Pierre de Cdogm et Jean Tassin, en adjoindre deux nouveaux qui furent Louis Desmazures et Garnier sans compter plusieurs autres « de moindre étoffe » : J. Poliander, Cl. Gautier, le procureur Fr. Christophe, un instant Holbraque (en 1563) et Jean Albinus qui exerçait encore en 1568. c Garnier arriva, sans doute de la Hesse, et commença de suite à prêcher, faisant sa semaine comme ses collègues. Au mois de juillet il fit une courte absence pour se rendre dans le comtat Venaissin auprès de la comtesse de Sérignan, et il était de retour à Metz le 8 novemb., après avoir passé par Sedan. Ses prédications eurent le plus grand succès auprès des Messins. » Le dimanche 5 septemb. 1563, jour de Gène, et le lendemain, le grand ministre du Retranchement l prêcha sur la messe et la Gène. Le livre des drappiers de Metz ajoute à ce témoignage : c En ceste présente année fut presché en public les grands et merveilleux abus qui sont faicts en la messe par les prêtres et moines. II fut desclairé, au jour de Gène, au temple des évangélistes, par un ministre nommé Jehan Guernier et fust desclairés hautement les abus et idolâtries qui sont faict devant tout l'assemblée *. » C'est à l'occasion de cette prédication que Garnier fit imprimer son Goliath, Conférence de la Messe et de la Cène, 1565. A la Cène de l'année suivante (septemb. 1566), il renouvela ses attaques, dont le clergé catholique s'émut cette fois au point d'obtenir du gouverneur de la ville, le sire d'Ausance, l'expulsion du prédicateur, malgré les instances de ses partisans. Il avait épousé (en secondes noces) au commencement de l'année (24

1 Le Retranchement de Gniee, lien où était situé le temple réformé de Mets.

* Notée de M. 0. Cuvua.

janv. 1566) Anne fille de feu Denys François.

Jean Garnier se montra plus conciliant dans une dernière phase de son ministère qui se passa à Strasbourg de 1569 à 1574. Le nombre des réformés dans cette ville s'était considérablement accru, c Par commisération, > est-il dit, le Conseil, en 1569, permit à Jean Garnier de leur prêcher la Parole de Dieu, à condition qu'il ne toucherait point aux questions controversées, qu'il n'administrerait pas les sacrements, qu'il ne célébrerait aucun mariage, etc. Encore cette permission ne fut-elle accordée que pour un hiver ; mais, comme le ministre eut soin de se renfermer dans les bornes prescrites, le magistrat ferma les yeux, et l'église continua à s'assembler. Garnier eut pour successeur en 1575, Jean Grenon, qui, moins prudent, s'opposa ouvertement aux pas teurs allemands. Sur la plainte de ces derniers, le Conseil intervint et ferma de nouveau l'église française, le 20 février

De Strasbourg, Jean Garnier s'en revint à Cassel, où il mourut le 6 janv. 1574. Voici la liste de ce qu'il a écrit :

I. Briéve et claire confession de la Foy chrestienne, contenant cent articles, selon Tordre du symbole des Apostres, faite et déclarée en V église française de Strasbourg, par Jan Garnier; préface datée du 24 juill. 1549 ; on n'en connaît pas d'édition datée de cette année-là, mais cette préface est reproduite dans l'édition suivante, 1552, s. 1., petit in-8<>, marque de Nie. Paris, imprimeur à Troyes; réimpr. en 1555, Strasbourg, chez Jacques Poullain et René Haudouyn ; 1558, Strasb., Poullain et Ant. Reboul., in-16 ; 1562, traduction anglaise, imp. à Londres, in-8°. — Ces cent articles forment l'exposé de la doctrine des pasteurs attachés aux idées de Calvin. Deux discours adressés par l'auteur à son troupeau, l'un en tête l'autre à la suite de ses cent articles ont été reproduits par M. Ch. Schmidt, dans le Bull. VI, 180 ; avec ces mots pour terminer Quand sera-ce? C'était sa devise.

II. Institutio lingum gaUicm in usum juventutis Germanise, Genève, ap. J. Oispinum, 1558; autre, 151*1, in-8<>.

III. De Epistola S. Pauli ad Eebrssos declamatio, Marbourg, 1559, in-8°. Dis-

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