‹ La France protestante (volume 2)Chapitre 232 sur 252 · II. La Ruillière, épUre à M", Paris, 1760, in · texte numérisé non relu

II. La Ruillière, épUre à M", Paris, 1760, in

III. Traité du mélodrame ou Réflexions sur la musique dramatique, Paris, 1772, in-8<>.

IV. Discours sur les romans et sur le choix des amis, trad. du latin du P. Porée et ins. dans le Choix littéraire de Ventes et dans le Choix des anciens Mercures.

V. Odes sacrées ou les psaumes de David en vers français, trad. nouv. par divers auteurs, avec un discours préliminaire, Amst. 1764, in-8°; Yverdun, 1781, in-12.

Il est assez vraisemblable qne Jacques Garcin, qui ne nous est connu d'ailleurs que par son Oratio inauguralis de utiUtate lingues gallicœ, habita Franequerœ (Franeq., 1757, in-4<>) appartenait k la même famille, originaire du Dauphiné, d'où trois mar-

vi. 27

GARCIN — GARDESY

chands de ce nom , Philippe, Etienne et Pierre Garein, allèrent, après la Révocation, s'établir à Lausanne avec leurs femmes Marie Alberge, Madelaine David et Marie loquet. Si nous hésitons à l'y rattacher, c'est que parmi les pasteurs réfugiés en Hollande en 1686 se trouvait un Jacob Garein, d'Orthez en Béarn.

2. GARCIN (Jban), ministre à Abriez, Ristolas et Aiguitte dans l'Embrunois en 1620, puis à La Terrasse, non loin de Grenoble, et déposé en 1626 par le synode de Castres; — Jean Garein, de la Charité, étud. à Genève (J. Garcinus Charitensis), 1679 ; past. à Nyons 1682 ; abjure et se relève; puis en 1686 passe en Hollande où il mourut en 1689.

GARD (Pibrbb de), d'Elbeuf, marchand de tabac, réfugié à Francfort, 1700. — Marie Gardait, de Clérac, assistée à Genève, 1701. — AmietlGardêy coutelier de Lyon, reçu habitant de Genève, 15 déc.

1572; (Antoine), ministre à Calmont et GibeL 1577; à Alets, 1585.— Jean Gardes, dit Armand, pasteur du désert dans le haut Languedoc, présenté au synode du bas Languedoc du 1" juin 1763. — Jean Gardée, de Montauban, assisté à Genève d'un viatique pour l'Allemagne, 1700; (autre Jean), de Saint-Quentin en Picardie, gazier, réfugié à Halberstadt, 1700.

GARDELLE. Dans une famille de ce nom réfugiée du Languedoc à Genève, étaient quatre frères, tous quatre plus ou moins artistes ; l'aîné fut un peintre médiocre, qui faisait de la miniature et des paysages d'invention, à la gouache. Il eut peu de succès à Genève et s'établit en Angleterre, où il mourut.

Le second , Robert [Haag, V 215] eut au contraire une carrière brillante. Né à Genève en 1682, il abandonna les études classiques, auxquelles ses parents l'avaient destine, pour se livrer au dessin. Il se rendit en Allemagne, s'arrêta à Cassel et, accueilli à la cour de Hesse, il y fit quelques portraits. A Rerlin où il alla ensuite, il eut le même bonheur et peignit plusieurs membres de la famille royale ; il y fit aussi des copies de deux portraits de Charles XII et d'Auguste, roi de Pologne, qui sont à la Bibliothèque publique de Genève. En repassant à Cassel, il peignit le landgrave de Hesse et rentra à Genève en 1712. Mais il sentit le besoin d'aller se

perfectionner à Paris dans la peinture à l'huile et travailla toute une année dans l'atelier du célèbre Largillière; il copia plusieurs ouvrages du maître avec un talent remarquable. De retour dans sa ville natale, il y devint le peintre de tontes les familles aisées et exécuta un nombre infini de portraits dont beaucoup subsistent encore. Il parcourut aussi les pays de Vaud, de Neuchâtel, de Berne, le pinceau à la main, laissant partout, an rapport de son premier et principal biographe (J. -C.

Fueslin; Gesch. der besten KOnstler in der Schweitz, 5 vol. in-#>, 1769-79) des témoignages de son habileté. Cependant ses ouvrages sont généralement négligés, parce que n'exigeant qu'une faible rémunération, il expédiait rapidement son travail. Trois jours lui suffisaient pour peindre de buste un personnage de grandeur naturelle. Aussi se contentait-il de 3 louis. Peu de peintres ont autant travaillé, d'autant plus qu'il avait l'habitude de garder une copie de presque tout ce qu'il livrait Il travaillait encore à 84 ans, lorsqu'il mourut à la suite d'une chute (1766). Un certain nombre de ses portraits ont été gravés, et plusieurs par lui-même, notamment trois grands théologiens de son temps 1 Alph. Turrettini, de Genève ; OsterwsJd, de Neuchâtel et Wehrenfels de Bâle. Il peignit aussi, médiocrement, quelques paysages, deux grandes vues de Genève et des environs, publiées dans l'édit. in-4<> de l'Hist. de Genève par Spon (1730) ont été gravées d'après lui par Ant. Chopy (voy. IV, col. 350). A sa biographie de Gardelle, Fueslin a joint (t. IV, p. 105) un joli portrait de ce laborieux portraitiste.

GARDESY (Jean), ministre à Metz. Arrivé en 1575, il exerça son ministère dans l'église de Burtoncourt, et commença en 1578 à Montoy où s'assemblaient alors les réformés messins, auxquels l'exercice était interdit dans la ville. Cette même année, après la Pentecôte, il alla se marier à Montauban. Soit qu'il fût originaire du midi, soit à cause de son mariage, il quitta Metz, ayant obtenu son congé le 17 déc. 1580. En 1585, il était à Castres (Mém. de Gasches, 298) ; en 1592 à St-Antonin (Bull. XXV, 551); en 1598-1601 à Villemur (Bull. XXXI, 307) à l'assemblée de Castres ; le 25 déc. 1600, il signe le règlement de l'acad. de Montauban {Bull. IX, 407) ; en

GARDESY

GARENCTÈRES

1610, il était à Mauvesin où se trouvait le château de Tinel appartenant à une famille réformée. Appelé & Melx, en 4611, pour succéder à Buffet, il refuse. Sur son refus le consist. de Metz adressa vocation à Paul Ferry qui venait de terminer ses études et n'avait pas encore quitté Montauban. Il assista aussi à divers synodes, rat adjoint du président an XXI°" et secrétaire au Xin»« (Cuvibb).

GARDICHAT (Pierre), maître chirurgien de Yitry en Champagne, avec 2 enf. et une servante, réfugié à Cologne, 1698. — Jean Gardien-Givry était allé, de la Tièraehe, foire ses études de théologie (Joannes Gardien vervinensis thierarchinus) en 1670. Il commença d'exercer les fonctions pastorales quelque temps avant la Révocation, et d'abord pendant sept ans au château de St-Loup-au-Bois, terre appartenant â M. de Briquemaut, à cinq lieues de Sedan ; puis il parcourut le midi et six mois après la Révocation il fut s'embarquer à Bordeaux d'où il gagna l'Angleterre et y étant arrivé il fut préposé par l'évéque d'Exeter à l'église françoise de Plymouth dont il fut le pasteur durant cinq ans et demi. Il revint en France en 1691 et prêcha courageusement dans le désert en diverses provinces, notamment en Champagne ; il finit par être arrêté en mai 1692, et fut mis momentanément à la Bastille (Archiv. de la B., vol. IX). — « Anthoine Gardilion, tailleur d'habitz, natif de Vallore en Auvergne, amené à la Conciergerie de Paris comme estant de la nouvelle oppinion et pour avoir été au camp du prince de Condé et porté les armes, ainsi qu'il a confessé, » 4 juin 1569.

GARDIN, capitaine huguenot [Haag, Y 215]; Gardin commandait avec Ladout à Rabasteins, lorsque cette ville fut assiégée par Monluc en 1570. Le farouche Monluc nous apprend lui-même, dans ses Mémoires, que Rabasteins était voué à la destruction et que son parti était pris d'en passer tous les habitants au fil de l'épée. Une blessure grave qu'il reçut en conduisant ses soldats à l'assaut, augmenta encore sa soif de sang. Laissons parler maintenant l'abbé Poeydavant, qui ne peut être suspect de partialité : < De tous les habitans pris dans Rabastens, il n'en etoit échappé que quatre, dont deux étoient marchands catholiques; les deux autres rachetèrent

leur vie par des présens : la plupart des autres du parti huguenot, y compris les femmes qui périrent sur la brèche en jetant des pierres sur les assiégeans, fut immolé sans compassion. Cinquante ou soixante personnes, parmi lesquelles étoient des ministres et gens de consistoire, s'étoient réfugiées au haut de la grande tour. Les soldats les firent sauter de haut en bas, en sorte qu'ils tombèrent dans la profondeur des fossés remplis d'eau, où ils se noyèrent. » En fait de barbaries, Des Adrets, comme on voit, était inférieur à Monluc. — Six chefe de famille du nom de Gardiol, fugitifs d'Orange, assistés à Genève allant en Allemagne, 1703 ; et un septième, Barthélémy Gardiol, d'Aignières en Provence, id.

1707. — César Gardon, d'Orange, et sa femme, assistés à Lausanne d'un viatique pour Schaffhouse, 1693. — Injonction signifiée par le parlement de Grenoble a Jacques Gardy, de Pont en Royans, d'abjurer le protestantisme dans trois mois à compter de la signification sous peine d'expulsion par les mains de la maréchaussée, 1729 (Bull. XI, 242). — Thomas et Jacques Garel, manufacturiers d'Uzès, établis vers 1680 à Magdebourg. Jean Garel, du Vivarais, assisté à Lausanne, 1704. Jacob Garel, de Montauban, assisté à Genève,

GARENCIÈRES (Théophile de), né à Paris d'une famille catholique [Haag, V 216], se fit recevoir docteur en médecine à Caen vers 1635. A l'âge de 20 ans, il suivit à Londres, en qualité de médecin, l'ambassadeur de France. Il embrassa en Angleterre la religion protestante à la persuasion du pasteur Jean d'Espagne, fut admis dans le collège médical de Londres et mourut, après 1676, dans une situation peu fortunée. On a de lui :

I. Flagellum Anglim, seu tabès angHca numeris omnibus abeoluta, Lond., 1647, in-4» et in-18.

II. A discouru conceming the nature of theplague, Lond., 1665, 1666, in-4o.

III. The true prophéties or prognoeties of Michel Nostradamus, 1672, in-fbl.

IV. Ofthe virtues and effects of the Uneture of corals in physick, Lond., 1676, in-

Un de ses descendants, nommé aussi Théophile, nous est connu par la publication suivante ; General instructions, divi-

GARENCIÈRES — GARGOULLEAU

ne, moral, historical, etc., shewing thé progress of religion from thê création to thit titne and to ÏKe end of the world, Yorck , 17*8, in-8o.

Vers 1694, on dénonciateur anonyme signala an gouvernement deux habitants d'Alençon, Garenciires et Chemin-Taunay, comme tenant chez eox des assemblées religieuses et y recevant des ministres (M 670).

GARENJAUD (Pierre), « natif de Monthelinard en Daophiné, cordainier, » reçu habitant de Genève, 25 août 1551 ; Jacques Garinjaud, c cordainier, nat. de Montellimard, c id., 31 août. — Pierre Gareniol, c de Tours en Touraine, veloultier, » id., juill. 1558. — Esaïe Garés, de La Motte Chalençon, assisté à Genève, 1702, pour gagner la Suisse. — Nicolas Oaret, de Sanvigny en Lorraine, reçu habitant de Genève, 5 septemb. 1572.

GARESCHÉ, famille notable de négociants et de marins de la Rochelle. Nathan Garesché, religionnaire fugitif en 1685; ses biens forent confisqués. Isaac Garesché et ses quatre filles, Jeanne, Marie, Suzanne et Esther Garesché enfermés comme religionnaires par lettre de cachet, 1727; celles-ci au couvent des Filles de Notre- Dame à Saintes. En 1727, l'intendant Bignon autorisa un jeune Garesché à se rendre en Hollande pour y apprendre la langue et le commerce, conformément à l'avis du subdélégué que trois enfants de cette famille avaient déjà été en Hollande dans ce but, en étaient repartis régulièrement et étaient devenus d'habiles et riches négociants (Richemond).

GARGOULLEAU, honorable famille de la Rochelle à laquelle appartenait un échevin de la ville, Louis Gargoulleau, qui mourut en 1566. Ce fut dans sa maison que se firent les premières assemblées religieuses tenues parmi les Rochellois partisans de la Réforme. Son fils, également nommé Louis, échevin à son tour, fut tué pendant le siège de 1572. Un troisième Louis Gargoulleau, maire en 1583, se montra vaillant capitaine [Haag, V 116]. Il s'était déjà distingué sous Puyviaut, au siège de Niort, où il avait été blessé, lorsque, en 1572, il fut nommé capitaine d'une des huit compagnies de volontaires levées par la Rochelle, après le massacre de la Saint-Barthélémy, Les sept autres étaient

commandées par Jacques David, Pierre Portier, Jean ColUn, Charles Ckalmot, Méri Marié, tous cinq pairs, et parMathurin Le Grand et Bonnault K En 1573, il entra dans le conseil de guerre, alors composé, soos la présidence du maire, de La Noue, LangutiUer, La Boehe-Esnard, Dos BttarU, Champagne et Le Grand, C'est rai qui rat charge d'arrêter le traître Du Lion qui se fit tuer en se défendant (t v, col. 737). Après la retraite de la Noue, il continua à faire partie do conseil de guerre avec Des Essarte, Normand, La RMère-ls-Lus.

Le capitaine Sauvage ayant été tué, il le remplaça comme sergent- major, et contribua vaillamment à l'héroïque défense de la Rochelle. On sait que le doc d'Anjou, renonçant enfin à l'espoir de soumettre le bonlevart do protestantisme, consentit à on traité de paix (au bas duquel Gargoulleau eut l'honneur d'apposer son nom).

Ea 1575, Gargoulleau rat chargé, avec Texier et Choisy, de porter au doc d' Alençon le subside qui avait été imposé sur La Rochelle, pour la solde de l'armée de Jean-Casimir. En 1577, nous le trouvons qui occupait Rochefort avec une faible garnison. Instruit de la prise de Tonnay- Charente par Mayenne, et ne se sentant pas en état de résister avec quelques hommes à une armée victorieuse, il prit le parti d'évacuer la ville et de se retirer à la Rochelle. La même année, le prince de Condè essaya, mais inutilement, de le faire nommer maire, les habitants ne voulant pas pour leur premier magistrat d'un homme dévoué à la noblesse. En 1586, Gargoulleau fut de l'expédition commandée par Saint-Gelais, laquelle avait pour but de fermer le port de Rrouage, et en 1588, il tenta sans succès de conduire des secours à La Jarrie et à Bois-du-Lys, assiégés dans Marans. La même année, il rat élu maire, et ce fut en cette qualité qu'il assista avec Mathurin Renauld et Jean de Bourdigalle à l'assemblée politique de la Rochelle.

A partir de cette époque, l'histoire de la Rochelle ne parle plus de Gargoulleau.

Nons n'avons rien à ajouter aux renseignements qui nous sont fournis par Ar-

1 Les Mémoires de Charles IX substituent les noms de Sauvage, Bobmeau et Pmaut à ceux de Portier, Collin et Marie.

GARGOULLEAU

GARISSOLES

cère, si ce n'est qu'une demoiselle Gargoulleau sortit de France à la Révocation (Tt 247), tandis que Josué Gargoulleau, sieur des Loges, fils de Louis Gargoulleau sieur du Payault, né en 1600 mort en 1669, et de Catherine dn Tronchay, abjura la religion protestante, le 7 janv. 1686, avec sa femme Marguerite Barbot fille de Pierre Barbât et de Marie Elle, qu'il avait épousée en 1666 dans le temple de Charenton. Cet apostat avait un frère, nommé Michel (reg. de Char.) qui suivit probablement son exemple, tandis que leur belle-mère Judith Benoît passa dans les pays étrangers.

GARILLIAN, marchand de Grenoble, réfugié avec sa femme à Lausanne 1697 ; il lègue 6 liv. aux autres réfugiés de cette ville, 1712. — Françoise Chrimond, de St-Mamet, dioc. d'Uzès, morte à Lausanne 1692. David Qarimon, de Nîmes, assisté à Genève de 40 s. de France et une chemise, 1700. Pierre Garimon ouvrier dans une fabrique d'indiennes, assisté à Genève d'habits et d'un viatique de 4 écus pour Berlin, 1709. — André Cfarin, ministre à Donzère en Dauphiné, 1609-12 ; — Jehan Garin, de Cadanet en Provence, dioc. d' Aix, reçu habit, de Genève, novemb. 1552. Sidrac Garin, de Gap, assisté à Genève, allant en Irlande avec sa femme et deux enf., 1693; assisté de nouveau en y repassant, 1697. Jean Garin de Bousset en Vivarais, id.t 1703. — Gariot, famille originaire de Belfort, établie à Payerne (Vaud) dès 1644. Jean Gariot * de la juridiction de Montauban, » allant en Brandebourg, mais obligé de rebrousser chemin à cause des guerres, est assisté, 1689, à Lausanne.

GARIPUY, famille de Fezensaguet dont plusieurs membres se distinguèrent dans l'armée et la magistrature. Vers 1580 un P. de Garipuy épousa une des filles de Dominique de Lascostes S* de Barjeau. jPlus tard un autre Pierre de Garipuy fut procureur au présidial d'Auch. Au milieu du XVIIIm siècle, nous trouvons à Mauvezin un Sébastien Garipuy marié à D"« de Bigos et par là alliée à la famille d'Astugue d'£ngaûn, et un Pierre Garipuy lieutenant au régiment de Guyenne, qui épouse Marie de Bridiers de la maison des Bridiers Villemor. Il existe encore des Garipuy, mais dont nous ne pouvons établir la parenté avec les précédents (Barjeau).

GARISSOLES ou Garrisoles (Antoine), pasteur et professeur de théologie à Montauban [Haag, V 216], naquit dans cette ville, de Guillaume Garissoles, marchand, et de Marie Gauside, au mois de juin 1587. Après avoir fait ses études dans sa ville natale, il rat donné pour pasteur, en 1610, à l'église de Puylaurens et la desservit jusqu'en 1620. A cette époque se tint à Alais le synode national auquel les églises du haut Languedoc l'envoyèrent pour les représenter. Montauban, depuis quelques années déjà, désirait l'avoir pour pasteur et obtint du synode d'Alais qu'il lui serait prêté pour six mois. Au bout dès six mois, les Montalbanais ne voulurent pas le laisser partir et obtinrent du synode du haut Languedoc que Garissoles fût attaché définitivement à leur église. Mais sur l'appel de Puylaurens et malgré les efforts de leur député, Dubois, le synode national de Charenton leur ordonna, en 1623, de le rendre à son ancien troupeau. Ne renonçant pas toutefois à l'espoir d'enlever définitivement un de leurs concitoyens qui jouissait d'une légitime réputation de science et d'éloquence, ils envoyèrent les consuls Roques et Laeresse au synode national de Castres, 1626, pour le demander comme second professeur de théologie, et cette fois, la requête leur fut accordée, bien que Garissoles insistât pour rester à Puylaurens où l'attachaient des liens de famille. Cette translation, confirmée par le synode national de Charenton, en 1631, était déjà un fait accompli, car le nouveau proiesseur avait pris possession de sa chaire au mois d'octobre 1627.

Il montra dans son professorat un caractère et des vertus bien rares. La guerre civile désolait le Languedoc et Montauban était entouré des troupes royales qui le menaçaient sans que son académie songeât à suspendre ses leçons ; mais le gouvernement ayant supprimé les allocations, les professeurs n'avaient plus de traitement et il était impossible de pourvoir au remplacement de ceux d'entre eux qui décédaient. Garissoles remplit à lui seul les deux lacunes : à ses leçons de théologie il ajouta bénévolement l'hébreu et la philosophie en remplacement de collègues décédés et il paya de sa bourse, d'ailleurs richement pourvue, les traitements de ceux que l'État ne payait plus. M. Michel Ni-

GARISSOLES

colas mentionne (Hist. de ïacad. de Mont., 1885, p. 171), cinq actes notariés par lesquels cinq professeurs de l'académie, reconnaissent avoir reçu fours traitements des deniers de Garissoles montant à 500, à 800 et pour trois d'entre eux à plus de mille livres. Enfin, il Ini arriva plusieurs fois, de 1630 à 1645, de se trouver le senl professeur de l'académie enseignant à la fois le grec, l'hébreu, la théologie et la philosophie.

Garissoles, qui avait été député, en 1614, à l'assemblée de Pamiers avec d'imbert et de Fournée par l'église de Puylaurens, le fut; en 1645, an synode national de Charenton par le haut Languedoc ; il en lut élu modérateur, et en cette qualité, il répondit au discours du commissaire royal (voy. IV, col. 975). Après s'être félicité de l'avènement de Louis XIV au trône c cette étoile d'Orient qui a paru avec un éclat qui fait revivre toutes les espérances de ses fidèles sujets, et qui a rempli d'étonnement et d'admiration tous les peuples du christianisme, » il se contente de paraphraser le discours d'Abimélec de tumont. Il promet, au nom du synode, de se soumettre à toutes les volontés du roi, seulement il prie S. M. de bien vouloir arrêter les entreprises du clergé catholique ; il la supplie de se souvenir que la Confession de foi des églises réformées de France date de cent ans et qu'on n'y peut rien changer sans prévarication; il proteste qne le synode ne saurait y toucher sans se rendre coupable d'impostures et sans trahir la foi réformée. Quant aux accusations portées contre ses coreligionnaires, il les repousse avec force, sans sortir des bornes de la modération, et prouve qu'elles sont mal fondées ou au moins entachées d'une singulière exagération. Sa réponse au reproche relatif aux écoles est surtout pleine d'habileté et d'adresse : Si nous nous opposons, dit-il, à ce que les protestants envoient leurs enfants chez les jésuites, c'est pour qu'ils ne sucent pas ces maudits principes de certains casuistes romains qui ont plongé le royaume dans une mer de pleurs et d'amertumes. Nous ne sommes pas, au reste, les seuls coupables, puisqu'à l'heure même l'Université de Paris vient d'intenter un procès aux jésuites pour avoir corrompu la jeunesse et l'avoir empoisonnée de leur morale. Le discours se termine

par une prière adressée au gouvernement de ne pas se montrer plus sévère envers les protestants qu'envers les autres Français, et de ne pas défendre aux uns d'aller étudier à Genève, tandis qu'il permet aux autres de suivre les cours des Universités de Padoue ou de Bologne. Rien dans cette réponse ne justifie le bruit dont un historien, Cathala-Coutare» s'est fait l'écho, que Garissoles et son collègue Timothée Delon, ancien pasteur de Montreuil-Bonnin qui desservait depuis plus de vingt ans l'église de Montauban, avaient promis d'appuyer le fameux projet de réunion imaginé par Richelieu, qui les aurait en conséquence gratifiés de pensions.

Le synode députa au nouveau roi les pasteurs Vincent et Chabrol et les anciens de Pagniires ou Pannieuvre et de Clèrè, pour lui offrir ses félicitations sur son avènement et le remercier d'avoir permis la tenue d'un synode national. Le jeune Louis XIV, la régente, le duc d'Orléans, les principaux fonctionnaires firent à l'envi les plus belles promesses, ce qui n'empêcha pas le gouvernement de porter, fort peu de jours après, une grave atteinte aux privilèges des réformés, en nommant directement, sans l'intervention des églises, le baron â'Arzilliere pour remplacer le marquis de Clermont dans la charge de député général. Le synode, qui ne s'était point encore séparé, c requit très humblement S. M. d'accorder le rétablissement de l'ancienne pratique. » Il s'occupa ensuite à dresser le cahier des plaintes ; mais cette fois, sur l'ordre du roi, il dut y travailler en comité secret. De V Angle, Cottiby, Morande et Pellevè furent chargés de le mettre entre les mains du prince. Au reste le synode ne fit aucune addition à la Confession, et il introduisit seulement quelques modifications dans la Discipline. La plus importante fut de permettre les mariages entre beaux-frères et belles-soeurs et entre beaux-fils et belles- mères. On trouve aussi au nombre de ses décrets un formulaire de baptême pour les païens, les juifs et les mahométans qui se convertiraient.

La session close, Garissoles retourna à Montauban où il continua à s'acquitter de ses doubles fonctions avec un zèle remarquable, jusqu'à sa mort, arrivée le 20 mars

GARRISSOLES — GARNAUD

Voici la liste de ses ouvrages. Noos avons dit qu'il passait, de son temps, pour un prédicateur habile; nous ajouterons qu'il cultiva aussi la poésie avec quelque succès.

I. La voye du salut exposé en huit set' mons, Montauban, 1637, in-12.

II. Decreti synodici Carentoniensis, de imputations primi peccati Adœ, explicatio et defensio, Montalban., 1646, in-4° ; 1648, in-8o.

III. Thèses theolog. de religions et cultu sive adorations réligiosd, Montalb., 1648, in-4°.

IV. Adolphidos, sive de Bello germanico quod incomparabilis héros Gustavus AdoL phus, magnas Suecorum, Gothorum, Vandalorumque rex, pro Oermaniss procerum et statuum libsrtatê gessit, Montalb., 1649, in-4°. — Garissoles dédia ce poème héroïque en douze chants à la reine Christine, à qui il le fit présenter par son fils.

V. Thèses theolog. adv. eultum sive ado~ rationem religiosam ereaturarum, Montalb., 1649, in-4o.

VI. Disputationes eknchticm de capitibus fidei inter Reformatas et Pontifieios controversis in acad. Montalbanensi habitas, sub prsssid. Ant. Oarissolii et Joan. Verderii, Montalb., 1650, in-12. — Quatre de ces dissert, appartiennent à Jean Verdier, les autres à Garissoles.

VII. Panegyricus super triumphalis eoronationis pompa serenissimm potentissimseque Çhristinm Augustse9 Amst., 1650, in-fol.

Vil!. Poème latin en Vhonneur des cantons protestans de la Suisse. — Cité par Watt, sans autre indication.

IX. Cateeheseos ecelesiarum in GaUiâ reformatarum explicatio, Gen., P. Chouet, 1656, in -4°. — Ouv. posthume commencé par son collègue Paul Charles que la mort empêcha d'aller plus loin, et continué par Garissoles depuis la 30«« section du catéchisme.

X. Tractatus de Christo mediatore ; Gênera, sumptibus P. Chouet, 1662, in-4o de VI et 752 p., plus deux index. — M. Michel Nicolas qui a refait toute cette bibliographie de Garissoles avec un luxe de détails où nous ne pouvons nous engager, mais qu'on fera bien de voir dans son Hist. ds l'acad. de Montauban, p. 182-84, a publié dans le Bull, t. XXV, p. 93, un

acte notarié passé à Montauban, le 8 juin 1659, par lequel le libraire genevois Chouet achète d'Antoine Garissoles, avocat, fils aîné de l'auteur, ce Tractatus de C. médiat, moyennant une somme de 300 liv. et deux exemplaires.

Garissoles avait épousé, juillet 1612, Esther de Terson, de Puylaurens, qui mourut peu de temps après son mariage, laissant un fils Abrl, mort jeune ; il se remaria avec Catherine de Bissol, veuve d'Ant. Sabatier, avocat à Castres et en eut cinq enfants : 1<> Antoine, avocat, marié en 1653 à Esther Bardon et mort en mars 1681 ; 2<> Abrl, mort en nov. 1668 ; 3° Jacques, né le 22 janv. 1636, étud. à Genève en 1649, ministre de l'église de Castelmoron, puis de la maison du duc de La Force, puis de Bergerac et retiré lors de la Révocation en Hollande où il fut l'un des pasteurs de l'église wallonne d'Amsterdam ; 4<> Pauls, mariée à nob. Jean Codera, de Montauban, escuyer, morte en oct. 1663 ; 5<> Françoise, mariée d'abord à Jean d'Amalvy s' de Farinières et secondement, mars 1661, au médecin Pierre de Bédé sr de Cheru ; cette dernière parait avoir abjuré, avec son mari, en 1667 (Nicolas, Acad. de Montaub., p. 182).

GARLAU, de Chalon-sur-Saône, voy.

Garlot. — Joannes Garlharsus vapincensis, theolog. stud. Genev», 21 nov. 1654. — Charles Garlin, de Clermont en Beauvaisis, manufacturier de bas, 1698 ; autre Ch. G. de Clerm. en Beanv., charron, réfugiés à Berlin, 1700. — Susanne Garlot mise à l'hôpital général de Dijon, 1688. Antoine Garlot de Bussy en Bourgogne et Olympe sa femme, assistés à Lausanne, 1691; (Théophile), marchand à Chalonsur-Saône, et sa femme Suzanne Lambert sont assistés à Lausanne, 1697, et y obtiennent une attestation de foi, 9 juin 1699, pour se rendre en Allemagne ; Théophile Garlau (pour Garlot) et Pierre Garlaut, Bourguignon, sont établis à Berlin en

1. GARNAUD, ministre dans l'Angoumois en 1579. — Jean Garnaud, de Châtellerault, fut le premier proposant français examiné et admis au saint ministère à Berlin où il reçut l'imposition des mains, le 28 oct. 1687. D'abord aumônier de l'ambassade de Prusse à Stockholm il lut appelé, en octobre 1691,

GARNAUD — GARNIES

à remplir la charge de troisième pasteur de la colonie de Francfort-sur-Oder, en remplacement de Bancelin fils. C'était un homme bien doué et instruit, excellent père de famille, prédicateur de talent, mais peu propre à la cure d'âmes. Il était lié avec plusieurs Messins, le général de Streif, le conseiller d'ambassade Le Goullon s* de Régnier et autres. Le il sept. 1692, éclatèrent dans l'Église, des dissensions dont il ne fut peut-être pas innocent et qui ne cessèrent que le 17 fév. 1695. La longue maladie, et la mort de sa femme Bsther de Vallayy fille d'un orfèvre de Metz, la perte de deux de ses enfants qui suivirent de près leur mère, altérèrent sa santé et l'obligèrent à se décharger d'une partie de ses fonctions qu'il ne reprit entièrement qu'en 1705. Il quitta Francfort en 1710 pour desservir l'église française de Magdebourg où il mourut en 1734. Il s'était remarié en 1705 à Berlin avec Suzanne Nocrê, de Metz (0. Cuvibr).

A la môme famille appartenait Anne Garnault de La Maillardière, 59 ans, veuve d'un officier, et demeurant à Chatellerault, assistée à Londres, 1702 et années suiv. ; et MUe Garnault des Marsins, mise au couvent des religieuses de Chatellerault en 1730, convertie en 1731 (E 3567).

2. GARNAUD (Joachim), ci-devant lieutenant au régiment de Champagne, et sa femme, assistés à Genève d'un viatique de 6 écus pour aller en Hollande, 1691. — Jacob Garnkhat, maître chirurgien, né à Vitry-le-François en 1647, réfugié à Lausanne en 1688 et mort dans cette ville en

1. GARNIER (Jean), successeur du martyr Pierre Brully (t. III, col. 327), dans la chaire de l'église française de Strasbourg (Haag, V 219), fut digne d'une telle place par son zèle et sa piété. 11 avait été d'abord religieux jacobin au couvent des cordeliers d'Avignon. Plus tard, il s'accusait lui-même d'avoir été plongé < jusques oreilles » dans les superstitions papistiques et d'avoir persécuté, voire jusqu'à la mort, ceux qui outrageaient l'Eglise romaine. Sa conversion Payant forcé de prendre la fuite, il se retira à Strasbourg et y remplit dès 1544 les fonctions pastorales après Brully qui périt l'année suivante à Tournay. En 1549, il fut de ceux qui repoussèrent l'Intérim, c'est-à-dire le

mode de conciliation institué par Charles- Quint et dut quitter Strasbourg, mais il y revint quand l'Église eut repris sa liberté en 1552, et dut la quitter encore en 1555, par suite de l'opposition qu'il avait à subir de la part des pasteurs luthériens. Malheureusement le tolérant Bueer et ses collègues avaient été remplacés par des luthériens fanatiques, qui, s'il faut en croire une lettre de Calvin l, eurent recours à d'indignes machinations pour le contraindre à s'éloigner de nouveau. Peut-être Garnier, de son côté, ne mit-il pas assez de ménagements dans sa polémique contre les doctrines luthériennes; ce qui est certain, c'est qu'il se fit des ennemis dans son troupeau même, en essayant de maintenir avec trop de rigueur la sévère discipline introduite par Calvin. Le conseil ecclésiastique le somma de se justifier d'avoir proféré des injures contre plusieurs membres de son église et principalement d'avoir des idées erronées sur le dogme de la présence réelle. Garnier promit de s'en tenir sur cette question à la Confession d' Augabourg, et probablement, l'affaire en serait demeurée là sans l'imprudence de Richard François, dit VaumUe, son collègue, qui devait bientôt devenir son parent par alliance ; celui-ci prit trop vivement sa défense et ne craignit pas de signaler en chaire les accusateurs de Garnier comme des perturbateurs du repos public. Le magistrat ne voulut pas souffrir cette licence, et il le fit mettre en prison. Garnier consentit alors à un accommodement, qui fut lu en chaire, le 25 mars 1555, par les délégués du magistrat ; mais soit qu'il se repentit de sa condescendance, soit que l'accord eût été réellement altéré dans quelqu'un de ses articles, il osa se plaindre de ce qu'on l'avait falsifié, et il n'échappa à un procès criminel qu'en donnant sa démission. Vers cette époque (1555-62) il fut professeur de théologie à la Marbourg et prédicateur à la cour de Gassel (Strieder, Hist. littér. de la Hesse). 11 eut pour successeur à Strasbourg Pierre Boquin, qui fut remplacé, la même année, par Pierre Alexandre, anglais réfugié à Strasbourg depuis 1554, et par Jean Loquet, qui, comme Garnier, eurent beaucoup à souffrir de l'intolérance

1 Plusieurs lettres de Calvin qu'on trouve dans les Opéra Cclv. témoignent des relations étroites de J. Garnier avec le réformateur.

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