‹ La France protestante (volume 2)Chapitre 241 sur 252 · TOME in · texte numérisé non relu

TOME in

Colonne 6, lig. 37-44 : Bourgubt. Dans ce passage sont mentionnées, sans aucune observation, trois dissertations du savant Louis Bourguet sur la langue étrusque. Il faut ajouter qu'elles avaient été provoquées par l'attention, et le souci, inspirés à plusieurs générations d'antiquaires, depuis Tannée 1520, par sept tablettes de bronze appelées Tables Eugubines du nom de la ville de Gubbio, dans les Apennins, où elles avaient été découvertes et, sur lesquelles étaient gravées des inscriptions en lettres étrusques et en lettres latines. Nous devons rendre à Louis Bourguet la justice qui lui est due et qui ne peut mieux être exprimée qu'en empruntant les paroles d'un philologue des plus compétents, M. Michel Bréal, qui dans un résumé de l'histoire des longs tâtonnements que les Tables eugubines ont subi (Revue des Deux-Mondes, nov. 1875, p. 62), s'exprime ainsi :

« Dès Tannée 1726, il se fonda dans « l'antique ville de Cortone, une aca- « demie étrusque » dont les Tables eugubines attirèrent particulièrement l'attention. Un groupe d'érudits s'en occupa et parmi eux Bourguet tient une place importante. Sous le pseudo-

ADDITIONS ET CORRECTIONS

nyme de Philalète, il publia d'abord sur les tables 11 et VI an traTail qui n'est qu'un roman ; mais peu de temps après, il eut la bonne fortune de faire une découverte qui a été d'une importance capitale dans l'histoire du déchiffrement. Il reconnut que la table VI (en caractères latins) et la table I (en caractères étrusques) donnent le même texte. On devine le secours qui pouvait dèg lors être tiré de cette coïncidence : en s'aidant de la transcription en lettres latines, on arrivait beaucoup plus facilement à une lecture correcte de la table en écriture étrusque. Bourguet réussit à établir la vraie valeur de la plupart des caractères. Quelques-unes de ses identifications auraient même mérité plus d'attention que les contemporains ne parurent leur accorder. »

Colonne 443, ajoutez : Cailhaud (Suzanne- Marie et Marguerite de), de Vieillevigne, condamnées à la prison perpétuelle et rasées pour avoir été trouvées sur un navire anglais en dessein de fuir à l'étranger, 1687.

Eglises réf. de Bretagne par Vaurigaud, t. III, p. LXXII.

Colonne 683, ajoutez : Camusat (Jaques- Olivier) nommé en 1639 diacre à Nyon (Suisse). Dans une plainte adressée en 1642 aux seignenrs de Berne par la Classe de Morges au sujet de « l'ordinaire insolence des Bourguignons réfugiez [c'est-à-dire habitants] en ce pays, > de leurs < discours hautains contre la religion et des scandales qu'ils donnent, > est reproduit comme pièce à l'appui un pasquil c lequel de nuit a été affiché à la porte du sieur Camusat, diacre à Nyon, avec cire jaune. » Ce libelle diffamatoire se compose de quatre huitains, dont voici le second :

Diacre, ta ss beau presehor, Mous buttons tous à empesoher Que tes sermons n'aynt efflesee.

Noetre aura bien pins de vertu ; Car il nons entretient en graee Kn ee pays. Maudit sois-tu De preseher oontre nons sans eesse, Disant tant de mal de la messe !

L'auteur anonyme de ce placard se vante d'avoir prévenu, lui et ses compagnons, un édit leur enjoignant de < changer de pays, > et d'avoir,

en dépit du ministre, fût des prosélytes parmi les huguenots. En 1642, Camusat est nommé pasteur à Pampigny, prés Cossonay. Ce ministre, c d'heureuse mémoire, » est mort en 1654. (Vuillbumibr).

Colonne 839-41 : Castrlnau de La Mauvissière en Touraine, ajoutez : La famille des Castelnau est originaire du comté de Bigorre et tire son nom de la forteresse de Castelnau en Azun, au bailliage de Lavedan, dans les Pyrénées. Elle a formé plusieurs branches dont les principales sont : de la Loubère, de Coarraze, de Miélan, de Rouvres, de la Princerie, de Lévis, de Bochetel, de la Mauvissière, et d'autres encore. = Armes : Ecartelé an 1er et 4me d'azur au château ouvert d'argent, maçonné de sable, crénelé et sommé de trois donjons pavillonnés avec leurs girouettes ; au 2m« et 3*« d'or à deux loups passants de sable qui sont la Loubère, et sur le tout l'écusson des Lévis qui est d'or à trois chevrons de sable.

Les branches de la Loubère et de Lévis ont-elles eu de leurs représentants parmi les partisans de la Réforme ? C'est probable, et c'est sûr si Jean-Claude de Lévis, baron d'Àudon et son frère, Gaston de Lévis, sieur de Léran appartiennent à cette famille.

Le petit-fils de ce dernier, Jean-Claude, avait épousé, en 1629, Angélique de Castelnau, fille d'Etienne, baron de la Loubère, leurs trois enfants étaient protestants, car ils se convertirent au catholicisme après la Révocation.

En tout cas une partie de la branche de la Mauvissière embrassa la Réforme au XVII»* siècle. Le premier qui fait acte de protestantisme est un petit neveu du fameux Michel de Castelnau de la Mauvissière dont les curieux c Mémoires » ont été édités et commentés par le Laboureur. Ce neveu s'appelait Louis de Castelnau ; il se maria, le 2 décembre 1624, à S*-Foy, avec Marguerite de Tours, dame de la Grâce, fille de Jean de Tours et de Marguerite de Belrien, deux familles huguenotes ; le mariage rot exclusivement protestant. Il en sortit 3 enfants : Christophe, Gabriel et Margubriti.

ADDITIONS ET CORRECTIONS

Celle-ci épousa, 24 mai 1653, à Bergerac, Jean-Pierre de Belrieu, seigneur de la Borie, sieur de S'-Dizier (voir t. II, col. 245). Christophe ne s'est pas marié. Au moment de partir pour l'armée, appelé par le service du roi, le 5 février 1654, il fait son testament par lequel il lègue aux pauvres de l'Eglise réformée la somme de 20 liv.

qu'il veut être payées au syndic du Consistoire et distribuées par lui suivant la prudence et l'avis dudit Consistoire et de son héritier qui est Gabriel de Castelnau, son frère. Pour des causes qu'il ne fait pas connaître et que nous ignorons, Christophe, fait un autre testament, le 28 sept. 1666, où il déclare qu'il veut être inhumé comme vrai catholique, et désire mourir dans cette foi ; il lègue 30 liv. pour réparer l'église du Canet, à la convenance du curé; il déshérite son frère Gabriel et institue pour héritière sa sœur Marguerite. Gabriel épousa Jeanne Charpentier. Le contrat de mariage, en date du 27 mai 1660, porte que « les futurs époux feront bénir leur mariage en l'Eglise réformée de Dieu. » Le 6 juin 1670, Marguerite, leur sœur, épouse de Jean- Pierre de Belrieu, fait son testament par lequel elle veut que « son corps soit enseveli dans les formes que messieurs de la Religion réformée ont accoutumé de faire et à l'endroit que désignera son mari. « Le 18 mars 4675, son mari, Jean-Pierre de Belrieu fait la même recommandation dans son testament. De son mariage avec Jeanne Charpentier, Gabriel eut un fils, Pibrrk, qui épousa Jeanne Dauroux dont il n'eut pas d'enfant. Il mourut vers 1724, car le 11 juillet 1724 sa mère fait un testament par lequel elle institue pour son héritier Jean de Belrieu, sieur de la Grâce, ce qu'elle n'eût pas fait si son fils eut vécu à cette date. Ces documents démontrent évidemment qu'un rameau de la branche des Castelnau de la Mauvissière avait adopté la Béforme. Il a fourni tout juste un siècle de protestantisme, commençant avec Louis de Castelnau par son alliance avec les familles de Tours et de Belrieu, en 1624, et finis-

sant avec Pierre de Castelnau mort sans postérité, vers 1724.

Notes tirées des archives de la Camille de Belrien. (Ghahluaud).

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